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Bien qu’elles ne soient pas les plus fréquentes, les poules noires sont pourtant assez nombreuses, aussi bien parmi les races locales françaises que parmi des races plus exotiques. Leur plumage souvent doté de beaux reflets métalliques les rend précieuses dans un poulailler, et elles montrent pour la plupart de nombreuses qualités : les unes sont de très bonnes pondeuses, les autres ont une chair raffinée, certaines sont particulièrement aimables, et certaines regroupent toutes les qualités. Que ce soient de belles poules du terroir ou des petites poules de l’autre bout du monde, n’en privez surtout pas votre poulailler !
Des races locales noires
La Noire du Berry
La Noire du Berry affiche fièrement son plumage lustré, totalement noir à reflets métalliques, une crête rouge vif, des pattes gris ardoise et des yeux rouges. Rustique et résistante, elle s’adapte à peu près partout. C’est une poule mixte :
La poule Noire du Berry est une bonne pondeuse, précoce, environ 200 œufs par an, des œufs moyens (environ 60 g) à coquille blanche légèrement rosée.
Sa chair est fine et savoureuse, grâce à un développement lent, et elle engraisse vite. Ses qualités en tant que volaille de chair sont régulièrement comparées à celles de la Géline, fort réputée.
Il faut au minimum 135 jours de croissance pour que cette poule soit prête à être consommée, offrant alors une chair tendre et ferme, très goûteuse. Ce sont d’ailleurs les restaurateurs qui offrent le meilleur débouché à cette race encore méconnue.
Le standard de la poule Noire du Berry
Le poids du coq est de 3 3 kg, 2,3 pour la poule.
La tête : fine et longue ;
La crête : rouge et simple, droite à 5 ou 6 dents assez profondes pour le coq, peu développée pour la poule, texture fine ;
Les oreillons et barbillons : rouge vif, arrondis ;
Les yeux : rouge orangé ;
Le bec : gris foncé, arqué, pointe claire ;
Le cou : assez large, longueur moyenne ;
La silhouette : dos et épaules larges, ailes bien développées, forme générale en “bateau” ;
La queue : fournie avec longues faucilles ;
La peau : blanche ;
Les tarses : nues, gris ardoise ;
Le plumage : noir ;
Les œufs : 70 g, blancs à blanc rosé.
Les origines de la poule Noire du Berry
Cette race de poule est assez récente et est issue de sélections réalisées à partir des années 1900, notamment par le Baron Henri de Laage, dont la propriété se situait dans l’Indre, qui était un passionné d’aviculture. Son standard a été validé en 1913 par les instances locales et par la Fédération des sociétés d’aviculture de France et elle est très réputée jusque dans les années 1940, présente chez de nombreux éleveurs de cette région. Ses belles plumes noires étaient même utilisées dans la mode. Cependant, elle n’est pas répandue hors du Berry et disparaît peu à peu des élevages, jusque dans les années 1980, période à partir de laquelle M. Gaston Touraine, autre aviculteur passionné, s’intéresse à cette race de poule noire du Berry. Il va s’attacher à retrouver les caractéristiques de cette volaille en la recréant à partir des races utilisées à l’époque pour sa création : la Noire de Challans, la Gauloise Noire et la Orpington Noire ; puis à la propager afin de lui rendre ses lettres de noblesse. Il est aidé en cela par le Club Français de la poule Noire du Berry créé en 2004.
Le caractère de la poule Noire du Berry
Cette gallinacée montre un caractère vif et indépendant. Relativement sauvage, elle est cependant sociable.

Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur l'élevage de poules pondeuses dans son jardin
La Gauloise Noire
La Bresse accueille des volailles réputées. La poule Gauloise noire est une variété de Gauloise (ou Bresse-Gauloise), fort appréciée pour ses qualités de pondeuse et sa sociabilité. Assez légère, 2 à 2, 5 kg pour la coq, 1,8 à 2 kg pour la poule, elle garde les caractéristiques de la race : oreillons blancs, tarses bleus. Son bec est sombre, crête rouge. De taille moyenne, elle a une silhouette allongée et bien proportionnée, une queue fournie avec de belles faucilles.
La Gasconne
Race ancienne originaire de la vallée de la Garonne, la poule gasconne était très répandue dans le Sud-Ouest. La légende dit que c’est avec cette volaille que l’on y cuisinait la fameuse poule-au-pot chère à Henri XIV. Comme tant d’autres races régionales, elle a été supplantée à partir des années 1930 par les races asiatiques et par des hybrides à croissance rapide et adaptées à l’élevage en batterie, plus rentables. Et comme pour nombre d’autres de ces races, ce sont des passionnés qui l’ont recréée, les associations jouant un rôle prépondérant dans la reconquête du territoire par ces poules locales aux grandes qualités.
La Gasconne est une poule au plumage noir brillant, montrant des reflets métalliques verts. Ses pattes sont grises et fines, la crête et les oreillons rouge vif, les yeux noirs, la chair blanche et fine. De taille moyenne, svelte, elle a une queue bien fournie qu’elle tient presque verticale. Le coq pèse 2,5 à 3 kg, la poule de 1,8 à 2,3 kg. Poule fermière rustique, la Gasconne est une bonne pondeuse (200 œufs par an) et couveuse. Elle est vendue sous la marque “Noire d’Astarac-Bigorre”.
La Barbezieux
Originaire du sud-ouest de la Charente, cette race ancienne qui a failli disparaître revoit le jour grâce à une association de sauvegarde, comme c’est souvent le cas pour ces races très locales. Il s’agit de la plus grande race en France, le coq pèse au minimum 4,5 kg, la poule 3,5 kg, voire plus. Son standard : un plumage noir à reflets verts, des yeux brun rouge, crête et barbillons rouges, oreillons blancs et ronds, tarses gris ardoise, peau blanche. Son corps est puissant, avec un long cou, de larges épaules et une queue moyennement fournie qu’elle porte haut. À la fois bonne pondeuse (200 gros œufs de 75 g en moyenne par an) et volaille à la chair délicate, la Barbezieux se développe fort lentement et a besoin d’être très bien nourrie pour que sa croissance soit harmonieuse. Elle a également besoin d’espace.
Attention : les perchoirs doivent être situés assez bas, 55 à 60 centimètres, car elle est lourde et pourrait se blesser en voulant atteindre des perchoirs plus hauts.
La Noire de Challans
Originaire des pays de Loire, ce sont les échanges maritimes courants durant l’Empire qui ont donné naissance à cette race ancienne. Elle est issue de croisements entre des poules locales présentes dans le bocage vendéen, des Orpington noires et des Langshan. Elle a alors été nommée “poulet Nantais”, tellement elle était présente dans la région. Ce n’est cependant qu’en 1967 que la race a été reconnue. La Noire de Challans est une poule rustique, à la chair goûteuse, à la fois ferme et tendre. Elle pond correctement, environ 130 œufs par an de 60 g en moyenne. Calme et docile, la Noire de Challans est une poule facile à élever.
Le poids : de 3 à 3,5 kg pour le coq, de 2 à 2,5 kg pour la poule ;
Les yeux : brun foncé à noirs ;
Le bec : légèrement arqué ;
La crête : simple, épaisse, rouge clair ;
Les barbillons : moyens ;
Les oreillons : rouges, longs ;
La silhouette : en bateau, avec un dos large et allongé, des ailes bien serrées contre les flancs ;
La queue : courte avec des petites faucilles ;
La peau : blanche ;
Les tarses : gris ardoise sombre ;
Attention : on trouve des poulets fermiers de Challans, mais ceux-ci n’ont rien à voir avec la Noire de Challans, ils sont issus de souches industrielles.
D’autres poules noires
La poule Soie
Cette petite poule au physique atypique est originaire de Chine, où sa présence semble très ancienne. Certainement arrivée en Occident via la route de la soie et autres routes du commerce maritime, c’est rapidement que son standard y est validé. La poule Soie noire affiche plusieurs caractéristiques originales : son plumage tout d’abord, qui est abondant, mou, long et très soyeux, ressemblant plus à du duvet ou à des poils qu’à de vraies plumes ; ses os et sa chair noirs (en réalité, c’est seulement la peau qui les recouvre qui est noire, la chair est blanche) ; elle possède 5 doigts aux pattes. La crête est toute petite chez le coq, inexistante chez la poule. Elle a un corps court et arrondi, avec un dos et un cou également courts, des épaules larges. Ses ailes sont courtes, serrées contre le corps (elle ne vole pas), une petite tête, des barbillons bleu noir, des oreillons bleu turquoise, de grands yeux bruns à noirs, un bec court bleu à noir. Le coq Soie pèse au moins 1,4 kg, la poule Soie 1,1 kg. Il existe une Soie naine, race dont le coq pèse à peine 600 g et la poule 500 g. La poule Soie noire et blanche tachetée est une autre variété, en réalité d’un blanc pur tacheté de noir. On trouve galement les variétés coucou chocolat, chocolat, perdrix argenté, perdrix doré, coucou, gris perle, rouge, fauve, splash, bleu, blanc. La poule Soie noire (et les autres variétés) est une poule très appréciée car elle est très calme et sociable, d’un caractère particulièrement doux et affectueux. Moyenne pondeuse, c’est par contre une excellente couveuse et une très bonne mère.
La poule Ayam cemani
Poule indonésienne de race très ancienne, elle montre une hyper-pigmentation (due à une anomalie, la fibromélanose) qui la rend totalement noire, aussi bien le plumage que le bec, la crête, les pattes, les os, la chair, ses œufs par contre sont crème clair… Sa présence en Europe est très récente, datant de 1998. Assez bonne pondeuse, environ 150 œufs par an, elle est par contre une piètre couveuse. De petite taille, de 2 à 2,5 kg pour le coq e de 1,5 à 2 kg pour la poule, elle a de longs tarses, un corps léger, mince mais musclé, un cou long et fort.

La poule Padoue
Race européenne très ancienne, la poule Padoue est une poule d’ornement dont les origines sont pour le moment sujettes à de nombreuses théories. De taille moyenne (2 kg pour le coq, 1,5 pour la poule), elle est caractérisée par une huppe arrondie qui entoure sa tête. Dépourvue de crête et avec de petits oreillons blancs, des yeux rouges, elle affiche une barbe et des favoris épais. On trouve également des Padoue naines, 900 g pour le coq et 800 g pour la poule. Elle montre des coloris très variés (doré liseré noir, fauve liseré blanc, noir, blanc, bleu liseré, coucou, gris perle, porcelaine bariolé), et certaines variétés naines ont des plumes frisées. La poule Padoue noire et blanche (il s’agit de la variété argentée à liserés noirs) est une très belle volaille : chacune de ses plumes blanche est entourée d’un liseré noir assez large du plus bel effet. La poule Padoue noire est une pondeuse très moyenne, environ 120 œufs dans l’année, mais elle est une couveuse médiocre, par contre sa chair fine est excellente. Sa belle huppe la rend fragile, à surveiller. Très amicale, tranquille, elle se montre familière avec les humains.
Conclusion Nous avons l’habitude des belles poules rousses fréquentes dans les cours de nos fermes. Mais races et variétés de poules montrent en fait des coloris très variés, et le noir est une teinte assez répandue, notamment parmi les races locales françaises. Ces volailles qui ont pour la plupart failli disparaître du fait de leur croissance plus lente reviennent heureusement sur le devant de la scène grâce à des associations de sauvegarde qui ont toutes en commun le souci de la protection du patrimoine français et de sa biodiversité.
