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Quel traitement bio des maladies du poirier ? Comment protéger les poiriers de votre jardin ? Ceux-ci sont en effet trop souvent victimes de maladies, qu’elles soient provoquées par des champignons ou par des bactéries. Pour les défendre sans utiliser de produits phytosanitaires, il est conseillé d’appliquer quelques règles basiques d’hygiène et d’entretien, en plus des traitements bio que vous pourrez leur octroyer en prévention ou en curation. Et bien sûr, le principal est d’installer vos poiriers et autres végétaux dans les meilleures conditions afin qu’ils conservent leur bonne santé !
Des traitements bio des maladies du poirier
Contre la rouille grillagée du poirier
C’est le champignon Gymnosporangium sabinae qui est responsable de ce type de maladie chez le poirier. Il a besoin d’un genévrier à proximité (moins d’1 km), en plus de ce fruitier, pour pouvoir se développer. Celui-ci est l’hôte primaire, qui abrite le champignon durant l’hiver, tandis que le poirier est l’hôte secondaire, infecté à partir du printemps, ce Gymnosporangium passant de l’un à l’autre grâce au vent, à la pluie ou aux oiseaux et insectes. En hiver, le genévrier montre des chancres ou des galles noires sur ses branches. Au printemps, lorsque le temps est doux et humide, le genévrier affiche sur ses rameaux des masses coniques brunes qui deviennent des galles brillantes et orangées. Celles-ci vont libérer les spores dans l’air. C’est vers le mois de mai que les premiers symptômes vont apparaître sur les feuilles du poirier : des taches concentriques allant du jaune au rouge. Ces taches s’agrandissent et se multiplient. Plus tard, sur la face inférieure des feuilles, correspondant avec les taches, vont se développer des sortes de tumeurs brun rouge qui vont prendre une forme conique, surplombées de filaments gris.

À la fin de la saison, les cônes vont lâcher des spores qui iront hiverner sur un genévrier. Il arrive parfois, lors d’attaques particulièrement fortes, que les fruits soient atteints et se marquent de taches orangé. Les branches elles aussi peuvent être touchées et montrent alors des renflements au-delà desquels la branche dépérit.
Prévention
C’est la présence conjointe de genévriers et de poiriers qui permet à ce champignon de prospérer, supprimer les genévriers aux alentours est donc un moyen efficace de prévenir la maladie. De plus, seules certaines espèces de genévrier sont concernées, le Juniperus communis notamment semble être résistant à la rouille.
Certaines espèces de poirier sont moins sensibles à la rouille : Beurré d’Anjou, Lebrun et d’Hardenpont, Joséphine de Malines, Jeanne d’Arc...
Un traitement bio contre cette maladie du poirier peut être réalisé à l’aide d’une solution cuprique comme la bouillie bordelaise. Une première application est réalisée à la chute des feuilles, puis tous les 15 jours à partir du mois de mai. Il est possible d’alterner avec des pulvérisations de purin de prêle pour limiter les apports en cuivre.
Contre le feu bactérien
C’est une bactérie, Erwinia amylovora, qui est responsable de cette grave maladie. Elle pénètre dans l’organisme du poirier par les fleurs et les éventuelles plaies et va affecter progressivement la totalité de l’arbre : feuilles et fruits, rameaux, tronc, racines. Les parties atteintes vont se dessécher, les jeunes rameaux s’enroulent en crosse et tous les organes au-dessus de symptômes sont voués à dépérir rapidement. En hiver, la bactérie s’abrite dans les chancres qui se sont formés dans la saison.
Prévention
Un environnement sain limitera les risques, évitez de planter votre poirier à proximité d’autres espèces sensibles au feu bactérien : aubépine, cotonéaster, cognassier du Japon, néflier, sorbier, pyracantha.
Des variétés moins sensibles au feu bactérien existent, à privilégier : Angelys, Général Leclerc, Harrow Street.
En traitement bio, réalisez des pulvérisations de prêle au printemps, durant la floraison.
Soyez attentif aux moindres symptômes et supprimez immédiatement la partie atteinte 1 m en-dessous de ces symptômes. Les sujets trop atteints sont arrachés et détruits.
Supprimez en évidant les chancres formés sur le tronc et les charpentières.
Désinfectez vos outils entre chaque coupe.
Contre l’entomosporiose
Des taches rondes brun rouge sur les jeunes feuilles sont le signe d’une entomosporiose, maladie due au champignon Entomosporium maculatum. Les vieilles feuilles, elles, montrent des taches plus brunes avec en leur centre une zone grise et des petits points noirs, ces derniers étant des producteurs de spores. La maladie s’étend aux pétioles, aux jeunes rameaux et aux fruits qui affichent des marques noires et croûteuses. L’entomosporiose n’est pas fatale au poirier, par contre celui-ci s’affaiblit à cause de la défoliation qui ne manque pas de survenir, ralentit son développement, et les fruits sont inconsommables.
Prévention
Préférez à l’achat des variétés peu sensibles à cette maladie cryptogamique.
Veillez, lors de la plantation de vos poiriers puis de leur entretien, à ce que l’air circule entre les végétaux et au cœur même de leur ramure.
Le traitement bio de prévention consiste en des pulvérisations de bouillie bordelaise lors de la chute des feuilles, au débourrement, puis une fois par mois jusqu’à ce que les fruits apparaissent, en alternance avec du purin de prêle.
Contre la tavelure du poirier
C’est surtout sur les fruits que se concentre la tavelure, même si les feuilles se tachent également. Les poires sont marquées de taches circulaires noires, se crevassent et deviennent liégeuses, alors impropres à la consommation. Le champignon, Venturia pirina, passe l’hiver dans les feuilles tombées au sol et dans les chancres qui se sont développé sur le bois.

Prévention Achetez des variétés de poiriers résistantes ou moins sensibles à la tavelure : Conférence, Williams, Jeanne d’Arc, Harrow street... Ne laissez pas au sol les feuilles et autres déchets végétaux qui pourraient être source de nouvelles contaminations. Supprimez et détruisez au fur et à mesure les branches touchées et réalisez un nettoyage après la chute des feuilles. Purin de prêle et bouillie bordelaise seront appliqués en alternance à la descente et à la remontée de sève, puis régulièrement à partir de la floraison.
Curation
En traitement bio curatif, la bouillie bordelaise pourra également être utilisée si les applications sont effectuées dès les premiers signes.
Contre le pourridié
Cette maladie cryptogamique s’attaque aux racines, elle est de ce fait particulièrement dangereuse car impossible à repérer avant le dépérissement des parties aériennes et un développement plus faible. Le pourridié entraîne pour finir un dessèchement du fruitier et sa mort. C’est principalement Armillariella mellea qui provoque cette maladie, se développant sur le système racinaire puis à la base du tronc en y détruisant les cellules de l’écorce et du cambium où circule la sève brute. Les filaments mycéliens issus des spores présents dans le sol pénètrent dans l’arbre par des plaies situées autour du collet ou au niveau des racines superficielles.
Prévention
L’armillaire s’attaque uniquement aux arbres affaiblis par des stress abiotiques ou des mauvaises conditions de culture : manque ou excès d’eau, sol trop pauvre…
L’arbre atteint doit être arraché et brûlé, y compris sa souche.
Il n’y a malheureusement aucun traitement bio pour lutter contre cette maladie du poirier.
Curation Des recherches sont en cours sur la racine de seigle, qui serait inhibitrice du développement de ce champignon, et sur un champignon antagoniste.
Contre la moniliose
Cette maladie cryptogamique se repère facilement grâce aux cercles concentriques de pourriture brune qui se forment sur les fruits. Avant ce stade, il est toutefois possible de repérer les symptômes sur les boutons floraux et les rameaux qui se dessèchent. Les chancres, pédoncules et fruits momifiés conservent le champignon durant l’hiver.
Prévention
Supprimez les branches portant des chancres et les fruits momifiés au sol et sur l’arbre.
Les fongicides cupriques sont efficaces pour éviter le développement des spores. Ils s’appliquent lorsque la sève descend, après la chute des feuilles, puis au début du printemps, au débourrement. Pour réduire l’utilisation de cuivre et éviter l’accumulation, vous pouvez y adjoindre une décoction de prêle que vous diluerez à 10%.
Curation
Si la moniliose en est à ses débuts, utilisez comme traitement bio de la bouillie bordelaise pour soigner votre poirier, additionné d’un agent mouillant qui limitera le lessivage par la pluie.
À un stade plus avancé par contre, vous préfèrerez le permanganate de potassium qui sera plus efficace.
Un mélange à base de solution hydroalcoolique de propolis, de soufre, de cuivre et de lithothame peut être préparé. Il sera ensuite dilué dans de l’eau et pulvérisé sur le poirier.
Les soins de base
Certaines règles d’hygiène et conditions de culture permettent de limiter les risques de développement de maladies chez le poirier. Même si bien sûr ils ne garantissent pas une santé à toute épreuve, ils évitent certaines faiblesses chez le fruitier qui vont le rendre plus sensible aux agents pathogènes et aux parasites.
Sélectionnez pour votre jardin des variétés adaptées aux caractéristiques de votre sol et du climat. Le poirier ne résistera pas en altitude car ses fleurs sont sensibles au gel. Dans les régions froides, il sera plutôt palissé contre un mur bien exposé qu’installé en plein vent.
Pensez à vérifier la résistance aux maladies du porte-greffe. Il existe des certificats de bonne santé pour les végétaux qui assurent un achat exempt de toute maladie.
Lors de la plantation, veillez à assurer un bon drainage au niveau des racines, l’humidité stagnante favorise les maladies.
Les apports d’eau et de fertilisants doivent être réalisés à bon escient. Des excès ou manques en eau ou en éléments minéraux affaiblissent l’arbre.
Évitez les arrosages par aspersion qui entretiennent une humidité fort plaisante pour les champignons.
Entretenez vos poiriers : supprimez les branches mortes ou abîmées, aérez leur centre, nettoyez leur pied des feuilles mortes et fruits tombés au sol. Les fruits momifiés sur l’arbre sont également supprimés.
Brûlez les déchets végétaux qui peuvent abriter des spores.
Désinfectez vos outils après chaque taille.
Vous pourrez également réaliser quelques traitements bio préventifs :
Appliquez de la bouillie bordelaise ou du purin de prêle après la chute des feuilles et au moment du débourrement.
Juste avant la floraison, appliquez du soufre.
Durant toute la période de croissance, pulvérisez régulièrement une décoction de prêle, idéalement une fois par mois.
Des applications de blanc arboricole sur les troncs avant l’hiver permet de détruire un grand nombre de pathogènes et de parasites.

Conclusion
Les maladies sont souvent un effet secondaire de mauvaises conditions de culture, de périodes de stress, d’un manque d’entretien, ou encore d’une fertilisation inappropriée. C’est pourquoi offrir un bon environnement et des soins adaptés sont des mesures préventives efficaces pour que les arbres résistent par eux-mêmes aux agents pathogènes susceptibles de les attaquer. Un petit coup de pouce leur est apporté par des traitements bio, mais toujours à utiliser avec parcimonie même s’ils sont naturels !
