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4 auxiliaires du jardin à savoir reconnaître

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7 min de lecture

Modifié le 21/10/2026

Un jardin avec des plantes en pleine santé est un jardin dans lequel la biodiversité s'épanouit, permettant une limitation du nombre de ravageurs par la présence d'insectes auxiliaires. Pour les favoriser en leur offrant le gite et le couvert, il est judicieux de les connaître, et de les reconnaître !

Les auxiliaires du jardin
Les auxiliaires du jardin - © ON-Photography - stock.adobe.com

Picto ruche, abeille, apiculture

Qu'est-ce qu'un auxiliaire du jardin et comment le reconnaître ?

Un auxiliaire du jardin est un organisme dont l'activité protège les cultures et soutient l'écosystème. Selon la base de données en ligne de l'INRAE sur le biocontrôle (révisions décembre 2023), les agents de régulation biologique des bioagresseurs se divisent en trois catégories principales : les prédateurs (qui chassent plusieurs proies), les parasitoïdes (dont la larve se développe aux dépens d'un hôte) et les pathogènes (micro-organismes ciblant les ravageurs).

Trois critères permettent de distinguer un auxiliaire d'un ravageur :

  • Ce qu'ils mangent : les ravageurs consomment les végétaux (sève, feuillage, racines), alors que les auxiliaires se nourrissent de ces nuisibles, de nectar, de pollen ou de matière en décomposition.

  • Où ils vivent : les ravageurs colonisent massivement la plante hôte. Les auxiliaires occupent des milieux variés (sol, paillis, écorces) ou volent de fleur en fleur, sauf les larves d’insectes aphidiphages (qui se nourrissent de pucerons) qui vivent au milieu de leurs proies.

  • Comment ils se comportent : les ravageurs restent souvent stationnaires sur les organes végétaux qu'ils dévorent, alors que les auxiliaires sont en déplacement constant de prospection (vol stationnaire, course au sol, inspection sous les feuilles).



Reconnaître les auxiliaires au jardin

On repère souvent assez bien la forme adulte des auxiliaires du jardin les plus connus, mais leur forme larvaire est beaucoup moins identifiée, d’autant plus qu'adultes et larves sont souvent très dissemblables. Les adultes d’auxiliaires sont aussi très souvent actifs quand ils sont en chasse, vol stationnaire ou course étant très différents du comportement de leurs larves, mais aussi de celui des ravageurs en train de se nourrir.

Pour en savoir plus, lisez nos conseils pour utiliser les insectes auxiliaires dans la lutte biologique.

Voici un tableau qui va vous aider à reconnaître ces aides indispensables du jardinier, en tout cas les plus connus d’entre eux.

Auxiliaire & période

Aspect & habitat

Confusions fréquentes

Coccinelle adulte (Coccinellidae)

d'avril à octobre

Petit dôme bombé rouge, orange ou jaune à points noirs. S'observe sur le feuillage, les tiges et les fleurs infestées.

Coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) : possède une marque noire en « M » ou « W » sur le thorax.

Chrysomèle du lis : corps rouge vif uni sans aucun point noir, corps plus allongé et antennes longues.

Larve de coccinelle de mai à août

Corps allongé gris-bleu à noir avec verrues orangées ou blanches et 6 pattes. S'observe au cœur des colonies de pucerons.

Larve de doryphore : corps dodu, rouge orangé avec deux rangées de points noirs lisses sur les côtés, sans relief ni verrues.

Chenille : possède des fausses pattes sous l'abdomen (la larve de coccinelle n'a que 6 pattes à l'avant).

Larve de chrysope (Chrysoperla carnea)

de mai à septembre

Corps allongé brun-gris doté de fortes mandibules en crochets. Dissimulée sous le feuillage, dans les paillis et sur les tiges.

Larve de coccinelle : corps plus large, écailleux, sans les crochets buccaux proéminents de la chrysope.

Larve de syrphe : totalement dépourvue de pattes, translucide et de forme effilée vers l'avant.

Syrphe adulte

(Episyrphus balteatus)

d'avril à octobre

Abdomen rayé de jaune et de noir (apparence de guêpe), vol stationnaire fluide. Fréquente les fleurs mellifères.

Guêpe ou abeille : le syrphe n'a que 2 ailes (et non 4), de très gros yeux globuleux, des antennes très courtes et pas d'étranglement (« taille de guêpe ») au niveau du corps.

Larve de syrphe

de mai à septembre

Petit asticot translucide, vert ou blanchâtre, sans pattes, au corps effilé. Rampe parmi les pucerons.

Petite chenille : la chenille possède des pattes et une tête rigide bien visible, contrairement au syrphe qui est un asticot fluide.

Limace naine : la limace laisse un sillage translucide de bave et possède des tentacules rétractiles sur la tête.

Carabe

(Carabus)

toute l'année (pic d'avril à octobre)

Grand coléoptère allongé (15 à 30 mm), noir, bleuâtre ou métallique foncé, très rapide. Vit au sol, sous les pierres, souches et paillages.

Staphylin noir : le staphylin a des élytres très courts qui laissent l'abdomen à nu (qu'il relève en menace comme un scorpion).

Lucane cerf-volant femelle : corps plat, beaucoup plus massif et large, aux élytres lisses sans reflets métalliques.


Une larve de coccinelle
Une larve de coccinelle - © Pawich Sattalerd - stock.adobe.com

Quel auxiliaire pour quel problème ?

  • Contre les pucerons : les larves de coccinelles, de chrysopes et de syrphes éradiquent les colonies de pucerons installées sur les jeunes pousses de vos plantations et sous les feuilles. Les larves de coccinelles sont particulièrement voraces. Au cours de ses deux à trois semaines de croissance, la larve de coccinelle augmente progressivement son appétit pour dévorer jusqu'à 100 pucerons par jour lors de son dernier stade larvaire. Selon les travaux de 2023 de l'INRAE, un seul individu peut ainsi éliminer près de 1 000 pucerons avant sa métamorphose.

  • Contre les limaces : laissez agir les carabes, très efficaces, mais aussi les staphylins odorants, la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF, fiches techniques Jardiner Autrement, 2022) indique que les uns comme les autres sont utiles tant pour se débarrasser de jeunes gastéropodes que de leurs œufs cachés sous les feuilles ou le paillage.

  • Contre les moustiques : les chauves-souris et les hirondelles chassent les adultes au crépuscule, et près de l’eau, ce sont les larves de libellules et de demoiselles qui se chargent des larves de moustiques.

  • Pour la pollinisation : les abeilles solitaires, les osmies par exemple, les bourdons et les papillons sont ceux qui assurent le plus couramment la pollinisation. Selon le pôle pollinisateurs de l'INRAE, une seule femelle osmie assure la pollinisation d'autant de fleurs de fruitiers que 120 à 300 abeilles domestiques. Et les guêpes ou encore les mouches participent aussi à cette tâche.

Pour en savoir plus, lisez notre article sur l'abeille solitaire.

Un carabe en activité
Un carabe en activité - © Stefan - stock.adobe.com

Aménager son jardin pour les faire venir, et les garder !

Les leviers concrets

  • Multipliez les fleurs et toutes les ressources en sucres (miellat, écoulements de sève, fruits mûrs) : choisissez de nombreuses espèces de fleurs et de fruitiers pour offrir des floraisons échelonnées une grande partie de l’année. Les astéracées et les apiacées sont particulièrement riches en pollen et en nectar et attirent les syrphes, les chrysopes et les guêpes solitaires.

  • Offrez-leur des abris : les micro-habitats sont des refuges pour de nombreux auxiliaires, paillis organiques, tas de bois mort, muret de pierres sèches, zone d’herbe non tondue accueilleront carabes, staphylins et coccinelles durant l’hiver et resteront frais en plein été, notamment pour les crapauds et autres bêtes utiles. Au printemps, tiges creuses et parcelles de terre nues et non tassées sont choisies par les abeilles solitaires ou les bourdons pour leurs nids. En automne, tas de feuilles mortes ou compost sont un refuge pour se protéger des intempéries.

  • Prévoyez des points d’eau aménagés : tous ont besoin de boire, préparez des coupelles peu profondes, dans lesquelles des cailloux ou de la mousse permettront aux oiseaux, insectes et petits mammifères de s’hydrater sans risque.

  • Gérez raisonnablement l’éclairage nocturne : nécessaires tant qu’il y a de l’activité humaine dans le jardin, encore qu’elles puissent être seulement allumées au besoin, les lumières extérieures sont un piège et une gêne pour toute la vie nocturne (oiseaux, chauves-souris, carabes, papillons de nuit, chrysopes…).


Une syrphe sur une fleur de chardon
Une syrphe sur une fleur de chardon - © Aerials Wind - stock.adobe.com

Pour en savoir plus, lisez nos conseils pour choisir vos plantes mellifères et pour installer un hôtel à insectes.


Les erreurs qui les font fuir

  • Utiliser des traitements insecticides polyvalents : ils tuent tout aussi bien les ravageurs que les auxiliaires.

  • Nettoyer systématiquement le jardin : c’est détruire tous les refuges qui permettent aux auxiliaires de s’installer durablement dans un jardin.

  • Garder la pelouse rase : la surface du sol et ses tout premiers centimètres abritent une micro-faune très importante pour la santé des plantes, qui ne peut survivre si l’herbe est trop courte.

  • Travailler la terre en profondeur (plus de 15 à 20 cm) : ça perturbe les couches du sol et ça détruit les nymphes et les adultes des auxiliaires qui s’y abritent.

Pour en savoir plus, lisez notre article sur les produits de biocontrôle.

Achat d'auxiliaires et calendrier saisonnier

Les insectes auxiliaires peuvent tout à fait être achetés, dans les jardineries comme dans des magasins spécialisés. Néanmoins, cet achat doit être accompagné de gestes favorisant leur installation, sinon l'apport devra être renouvelé tous les ans.

Calendrier saisonnier des auxiliaires

  • Printemps : réveil des adultes (coccinelles, chrysopes, pollinisateurs) et ponte. Période idéale pour l'achat et l'introduction de larves en cas de pic de pucerons.

  • Été : pic d'activité prédatrice et de pollinisation. Les larves de syrphes, chrysopes et coccinelles régulent les populations de ravageurs.

  • Automne : recherche active d'abris pour l'hibernation.

  • Hiver : diapause et repos hivernal.



FAQ

Quels sont les auxiliaires du jardin ? Quels sont les 3 auxiliaires ?

Un auxiliaire du jardin est un insecte, un oiseau ou un petit animal qui aide à limiter les ravageurs, à polliniser les fleurs ou à enrichir le sol. Parmi eux, coccinelles (et leurs larves), chrysopes et syrphes forment le trio à connaître en priorité contre les pucerons.


Comment reconnaître les principaux auxiliaires du jardin ?

Chaque auxiliaire a une silhouette, un lieu de vie et une période d'activité qui lui sont propres, souvent très différents entre la forme adulte et la larve. Le tableau ci-dessus détaille ces repères pour les quatre espèces les plus fréquentes au jardin, ainsi que les confusions à éviter.


Pourquoi les auxiliaires du jardin sont-ils essentiels au potager et aux massifs ?

Ils remplacent les traitements chimiques en régulant naturellement pucerons, limaces et autres ravageurs, tout en assurant la pollinisation des fleurs et des fruitiers. Un jardin qui les accueille limite les dégâts sans intervention et gagne en équilibre écologique.


Quel insecte auxiliaire est efficace contre les pucerons ? Quels auxiliaires du jardin mangent les pucerons ?

Les larves de coccinelles, de chrysopes et de syrphes sont les plus voraces contre les pucerons, qu'elles dévorent en grand nombre durant leur développement. Elles s'attaquent aussi bien aux colonies installées sur les jeunes pousses qu'à celles cachées sous les feuilles.