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Le cytise est un grand arbuste dont la floraison printanière en grappes jaunes égaye les jardins. Malgré sa robustesse, ce beau petit arbre d’ornement n’est malheureusement pas à l’abri de diverses maladies qui peuvent affecter sa santé, voire le faire dépérir. Quelles sont les causes de ces maladies du cytise, comment en repérer les symptômes, quel traitement appliquer, et comment prévenir leur apparition ? Cet article vous aidera, nous l’espérons, à bien prendre soin de vos arbustes.
Quelles sont les maladies du cytise ?
Ce beau petit arbre, dont le port buissonnant et longues branches retombantes permettent de le palisser contre un support, affiche au printemps une merveilleuse floraison. De longues grappes d’une trentaine de centimètres au moins, formées de délicates petites fleurs jaunes, recouvrent littéralement le feuillage et diffusent un parfum léger mais très agréable.
À savoir : toutes les parties du cytise sont toxiques à l’ingestion pour les animaux comme pour les humains, il faut particulièrement faire attention à ses gousses, très ressemblantes à celles des haricots et qui contiennent des graines semblables aux petits pois.
La rouille

Cette maladie cryptogamique (causée par un champignon) est très courante chez les arbres, les plantes ornementales, les légumes, les fruitiers… Elle est favorisée par des températures douces et une humidité importante au printemps. Les spores présents sur un hôte sont dispersés par le vent ou par le contact avec un outil, par exemple, et déposés sur une autre plante-hôte, le cytise en l’occurrence.
Vont se développer sur l’endroit des feuilles de cet arbre des taches claires, qui correspondent sur leur envers à des pustules brun orangé (d’où le nom de rouille). Les taches s’assombrissent au fil de la saison et les feuilles finissent par tomber.
La rouille n’est pas une maladie grave mais l’arbre s’affaiblit dès la première attaque, son développement ralentit et il fleurit moins. Sans traitement, les attaques seront plus virulentes d’année en année.
En prévention comme en curation, utilisez une décoction de prêle diluée dans de l’eau à 10 %. Dans le premier cas, vous l’appliquerez dès le débourrement (l’ouverture des bourgeons), 2 fois à 1 semaine d’intervalle puis renouveler de la même manière les 2 mois suivants. Et tous les 3 jours dès les premiers symptômes, dans le second cas.
La bouillie bordelaise est également efficace contre la rouille, comme d’autres traitements fongicides à base de cuivre. Vous l’utiliserez préventivement au début du printemps si votre cytise a été malade l’année précédente.
Supprimez les feuilles atteintes dès que vous en repérez.
L’oïdium
Encore une maladie courante chez de très nombreux végétaux, et encore due à un champignon. Ce sont des périodes très humides suivant une période de sécheresse qui forment des conditions favorables pour le développement du champignon.
L’oïdium est très reconnaissable. Il provoque en effet le développement de taches farineuses blanchâtres sur les feuilles et parfois sur les jeunes tiges des arbres atteints. Lorsque ces taches sont très étendues, elles peuvent perturber la photosynthèse et donc affaiblir le cytise qui peut perdre des rameaux entiers. La maladie peut aussi déformer les feuilles, il arrive également que celles-ci sèchent et tombent prématurément.
En prévention, appliquez une décoction de prêle plusieurs fois au cours du printemps.
Un traitement au soufre peut être effectué si la maladie en est à son début. Le lait est également un fongicide efficace contre l’oïdium, à diluer dans de l’eau, à raison de 400 g de lait maximum pour 10 l d’eau.
La maladie du plomb
Un cytise planté dans une terre trop compacte et humide, mais aussi des hivers doux et humides forment des conditions favorables pour que votre arbre risque de développer cette maladie cryptogamique. Les spores pénètrent dans les tissus via des plaies fraîches
Les feuilles prennent une teinte grisâtre, métallique et terne. Elles peuvent s’enrouler sur elles-mêmes et/ou montrer des taches nécrosées ou prendre une teinte rouge. Au dernier stade de la maladie du plomb, les feuilles sont groupées et petites et les branches prennent un aspect plus dense. La maladie peut évoluer plus ou moins vite, les premiers symptômes peuvent même apparaître des années après la contamination. Non traité, l’arbre peut mourir.
Pour prévenir tout risque de cette maladie du cytise, respectez les bons gestes de taille, c’est-à-dire agir par temps sec et protégez les plaies de taille.
Pour couper court à la contamination, il faut rabattre les branches atteintes jusqu’au bois sain. Mastiquez ensuite les plaies pour une bonne cicatrisation. Vous pouvez sauver votre arbre si vous agissez tôt et que le champignon n’a pas atteint le tronc.
Un cytise trop atteint doit être arraché et brûlé, si possible avant l’hiver.
Les taches foliaires
Cette maladie du cytise se développe sur les feuilles, les marquant de taches brunâtres bordées de gris, taches dont le centre s’éclaircit avec le temps. Si les jeunes pousses sont touchées par les taches foliaires, elles peuvent dépérir. Un temps doux à chaud associé à une forte humidité favorise le développement de la maladie.
Des pulvérisations de prêle ou de cuivre peuvent être utilisées en prévention.
En curation, appliquez de la bouillie bordelaise et supprimez les rameaux atteints puis détruisez-les.
Il faudra penser, à l’automne, à ramasser toutes les feuilles au sol et à les détruire également, pour éviter une recontamination l’année suivante.
Le pourridié
Le pourridié est un risque important si votre cytise est planté dans un sol argileux, lourd, qui reste souvent humide de l’automne jusqu’à la fin du printemps. Il est aussi connu sous le nom de pourridié-agaric ou armillaire couleur de miel.
Les symptômes de cette maladie du cytise sont difficiles à identifier, et comme souvent lorsque le mal attaque les racines, il est difficile de repérer des symptômes avant qu’il ne soit trop tard. De plus, une fois que ce champignon est présent dans le sol, il y est très persistant et peut contaminer un autre végétal des années plus tard.
Le drainage du sol doit être amélioré mais les racines traçantes du cytise n’aiment pas être déterrées.
La fumagine
C’est la présence de pucerons qui entraîne la formation de fumagine sur les feuilles du cytise. Les pucerons excrètent en effet du miellat, un résidu de leur repas composé quasi exclusivement de sucres. Ce miellat se colle sur les feuilles et permet à un champignon de s’y installer, qui va former une couche de suie grasse sur ces feuilles. Ce n’est généralement pas grave, par contre ces taches noires sont disgracieuses. Et en quantité importante, la fumagine peut empêcher la photosynthèse et rendre l’arbre plus fragile.
Pour empêcher le développement de la fumagine, il faut restreindre les colonies de pucerons présentes, par exemple en favorisant leurs prédateurs. Les feuilles peuvent être nettoyées avec du savon noir dilué dans de l’eau.
La prophylaxie, ou les bons gestes pour limiter les maladies

Car de bonnes conditions de culture associées à des bonnes pratiques permettent à vos végétaux d’être assez vigoureux pour se défendre eux-mêmes contre les champignons et autres agents pathogènes. Ce sont les stress qui les fragilisent : manque ou excès d’eau, sol inadapté, carences…
Lors de la plantation de votre cytise, installez-le dans une zone ensoleillée et aérée, pour que l’humidité puisse rapidement disparaître. Veillez également à ne pas trop serrer vos plantations, pour la même raison. Par ailleurs, le cytise se plaît dans des sols sableux et calcaires, très légers et drainants. Une terre trop compacte ne lui conviendra pas et le risque de développement de champignons sur les racines est important.
La taille du cytise n’est vraiment pas obligatoire du fait de sa densité naturelle et de sa silhouette régulière, et cela tombe bien car il ne la supporte pas très bien. Si elle s’avérait nécessaire, il faudra veiller à réaliser des coupes très nettes, donc avec un outil bien aiguisé, d’attendre une période où le temps est bien sec et chaud, et d’appliquer ensuite un mastic cicatrisant ou une peinture fongicide qui évitera aux branches blessées de pourrir.
Pensez à systématiquement désinfecter vos outils de taille entre 2 sujets pour limiter les transferts d'agents pathogènes. d'une plante à l'autre.
Évitez les excès d’azote qui peuvent favoriser de nombreuses maladies.
Les maladies du cytise sont généralement possibles à enrayer, dès lors que le jardinier est attentif à ses végétaux et sait reconnaître les signes de détresse qu’ils émettent. Le mieux est, néanmoins, de prévenir le développement de ces maladies plutôt que d’avoir à les soigner ! Premièrement grâce à des bonnes conditions de culture mais aussi en utilisant des méthodes préventives.
