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Le jardinage met forcément, à un moment ou à un autre, le jardinier face à des maladies. Pas d’exception pour le verger, dans lequel le mirabellier et autres pruniers peuvent être confrontés à diverses maladies. Pour soigner celles-ci, il est important de savoir les identifier, même s’il est toujours mieux de faire en sorte qu’elles soient évitées !
Quelles sont les maladies du mirabellier ?
Feuilles trouées, maladie du tronc ou autres, les maladies du mirabellier sont assez nombreuses et variées, souvent dues à des champignons.
La moniliose, une maladie des plus courantes

Un printemps pluvieux représente des conditions idéales pour le développement de la moniliose, qui va attaquer l’arbre alors que la floraison de celui-ci n’est pas encore épanouie. Installé dans les tissus du fruitier, il empêche la circulation de la sève, ce qui fait faner les fleurs mais celles-ci ne tombent pas. Si la contamination est plus tardive, les fruits arrivent à se former mais ils ne parviennent pas à maturité. Ils se marquent de minuscules pustules brunes cerclées de jaune qui s’étendent. Fleurs et fruits restent attachés sur l’arbre.
C’est la précocité de la contamination qui empêche souvent de repérer rapidement la présence du champignon, celui-ci sera plus repérable sur les fruits mais la récolte est alors déjà compromise si la colonisation s’est faite tôt.
Il est possible d’agir préventivement en taillant le mirabellier pour limiter le nombre de fruits ou, un peu plus tard, en éclaircissant les fruits. Une décoction de prêle pourra être réalisée et pulvérisée sur l’arbre lors de la floraison puis de la formation des fruits. Si votre fruitier a été contaminé au printemps, veillez à détruire les fruits restés accrochés ainsi que les feuilles et les fruits tombés au sol. Vous pourrez ensuite traiter avec de la bouillie bordelaise, 2 fois en 1 mois en commençant à la chute des feuilles puis 1 fois au printemps à l’ouverture des bourgeons.
La gommose, un écoulement de sève
La gommose n’est pas une maladie mais une conséquence d’une blessure au niveau du tronc ou des branches, bien que ce problème puisse parfois être dû à une maladie. Une sorte de gomme jaune et translucide, collante, coule de cette blessure.
L’arbre doit être soigné rapidement car non seulement cet écoulement va l’affaiblir mais en plus il pourrait être la porte ouverte à des maladies.
Il est tout à fait possible d’appliquer un mastic cicatrisant (goudron) après avoir curé la plaie.
Le plomb parasitaire
La maladie du plomb est, elle aussi, due à un champignon. C’est suite à une blessure que ce champignon contamine le mirabellier, une plaie de taille notamment. La contamination se fait grâce à la pluie au cours de l’automne. Les symptômes de la maladie sont visibles au printemps suivant, dès l’apparition du feuillage. Celui-ci prend une teinte pâle anormale, terne, métallique. Une partie des branches seulement est touchée au début. Ces branches ne poussent pas normalement, leur croissance est lente et leur port est plus dense et ramifié, comme buissonnant. L’arbre peut mourir en quelques années.
Pour limiter les risques de contamination, il est judicieux de protéger les plaies de taille à l’aide d’un mastic fongicide et de ne tailler qu’en période sèche. Il n’y a pas de traitement pour cette maladie, l’arbre atteint doit être abattu et brûlé.
L’oïdium, un feutrage blanc caractéristique
L’oïdium est une maladie fréquente pour la plupart des végétaux. Elle s’identifie facilement grâce aux taches farineuses qui se forment sur le feuillage. Ces taches s’étendent sur les feuilles qui finissent par sécher.
Comme toujours, supprimez les parties de l’arbre touchées et détruisez-les. Vous pouvez ensuite traiter avec une décoction de prêle ou avec du soufre, si l’infection en est à ses débuts le traitement sera efficace.
Pour en savoir plus sur les problèmes de santé qui peuvent affecter vos arbres et arbustes fruitiers, lisez notre article Savoir reconnaître des maladies au verger : oïdium, cèphe, maladie des pochettes.
La tavelure
Le champignon qui provoque la tavelure est favorisé par un printemps pluvieux et frais. Les branches, les feuilles et les fruits peuvent être touchés, mais seuls les symptômes sur les fruits sont vraiment visibles : des taches rondes apparaissent qui s’étendent formant de grosses taches liégeuses.
En prévention, appliquez à la fin de la chute des pétales une infusion d’écorce de saule, 1 fois par semaine durant 1,5 mois.
Et pour éviter une recontamination, vous effectuerez une application de bouillie bordelaise - ou, mieux, d’hydroxyde de cuivre - au tout début de la chute des feuilles, puis avant l’ouverture des bourgeons et pour finir juste avant la floraison.
Le botrytis ou pourriture grise
Les conditions chaudes et humides favorisent le développement du botrytis, ce champignon assez redoutable. Il est susceptible de s'attaquer à toutes les parties molles de l’arbre, recouvrant celles-ci de taches brunes qui s’ornent ensuite de pourriture grise avant de se dessécher.
Cette maladie peut être très rapide, il est important d’agir au plus vite : suppression et destruction des parties atteintes puis application d’une décoction de prêle.
Le chancre, une maladie du tronc et des branches
Le champignon qui provoque cette maladie du mirabellier a une action très rapide. Les feuilles commencent par jaunir puis les branches dépérissent et meurent, généralement au cours de l’été. C’est suite à une blessure que le champignon s’introduit dans les tissus du mirabellier, blessure de taille, attaque d’insecte ou autre.
Une fois en place, il est difficile de se débarrasser du chancre. Si l’attaque est peu étendue, vous pouvez néanmoins essayer d’appliquer de la bouillie bordelaise après avoir nettoyé et curé les chancres.
La criblure, des feuilles criblées de trous
C’est la pluie qui transporte les spores de ce champignon jusqu’aux fleurs et jeunes feuilles. Des petites taches rouges, oranges ou pourpres sur les feuilles alertent sur la présence du champignon, taches qui deviennent ensuite des trous. Les rameaux sont également touchés, il est possible d'y voir des chancres qui seront un moyen de conservation du champignon durant l’hiver. Ces rameaux finissent par mourir.
Il faut supprimer et brûler toutes les branches atteintes de la criblure. En prévention, à la chute des feuilles, appliquez de la bouillie bordelaise ou un autre fongicide cuprique, puis renouvelez l'application au débourrement (ouverture des bourgeons) au printemps.
La rouille, des taches et des pustules

Les champignons qui provoquent cette maladie du mirabellier et du prunier apprécient les printemps pluvieux et en profitent pour s’installer sur les feuilles de leur hôte. Les feuilles touchées montrent des taches brun rouge sur l’endroit qui correspondent à des pustules de même teinte sur leur revers. La contamination va vite et l’arbre peut perdre un grand nombre de feuilles, principalement au cours de l’été. Ce qui compromet sérieusement la récolte car les fruits ont du mal à se développer.
En prévention de la rouille, pulvérisez une décoction de prêle tous les 15 jours du mois du début du printemps jusqu’à la mi-juillet. Dès les premiers signes de la maladie, supprimez les feuilles touchées et détruisez-les. Ramassez également celles qui sont au sol. Réalisez ensuite une décoction de prêle, à pulvériser sur l'arbre à 2 reprises à 2 semaines d’écart. Vous pouvez aussi utiliser de la bouillie bordelaise, ou alterner.
La prophylaxie, ou les bons gestes pour limiter les maladies
Nombre de maladies du mirabellier pourraient être évitées, ou du moins rendues moins sévères, grâce à de bonnes conditions de culture. Et c’est dès le choix de votre fruitier que vous veillerez à ses bonnes conditions, en sélectionnant une variété adaptée tant à votre climat qu’au sol que vous allez lui offrir. Pour choisir au mieux le mirabellier le plus adapté à ce milieu, pensez à interroger votre voisinage et/ou des professionnels. C’est ainsi que vous lui éviterez le plus grand nombre de stress, stress qui peuvent être entraînés par un sol pas assez calcaire ou argileux, trop sec ou encore trop chaud. Car ces agressions engendrent des faiblesses et peuvent limiter les défenses naturelles de l’arbre.
Vous constaterez également, lors du choix de la variété, que certaines sont plus résistantes aux maladies que d’autres. Il y a par exemple le prunier ‘Mirabelle de Metz’, connu pour sa large résistance à toutes les maladies qui peuvent affecter un prunier ou un mirabellier.
Autre point important : la plantation. Installez votre fruitier à l’emplacement le plus favorable en termes d’exposition et de protection contre le vent, tout en veillant à ce qu’il y ait assez d’espace entre lui et les autres arbres et que l’emplacement soit bien aéré.
Des arrosages au bon moment et en réalisés fonction des précipitations, et une fertilisation sur-mesure seront également des gages de bonne santé et donc de robustesse.
La taille est aussi un geste qui a du poids dans la sensibilité aux maladies. Tout d’abord parce qu’un arbre fruitier dont la ramure est bien aérée et reçoit la lumière du soleil en toutes ses parties y conservera moins d’humidité. Ensuite parce qu’un bon geste de taille avec un outil adéquat et bien affûté évite au maximum de déchirer l’écorce, la plaie cicatrisera donc mieux et plus vite. Il ne faut pas non plus négliger de choisir le bon moment pour tailler, en évitant les périodes pluvieuses ou très humides. Et enfin parce qu’un outil bien désinfecté entre chaque arbre ne transmettra aucun champignon ni n’importe quel autre agent pathogène.
Pour limiter au mieux les risques de maladie pour votre mirabellier, privilégiez les gestes prophylactiques, un arbre bien traité pourra se défendre seul contre les agressions. Par ailleurs, soyez vigilant et observateur, car plus rapidement vous agirez plus le traitement sera efficace. Et une fois soigné, votre mirabellier recouvrira forme et pleine santé. Il pourra vous offrir des fruits de qualité et juteux lors de la période de récolte.
