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Jardinage au naturel

Feu bactérien du poirier

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Les maladies des végétaux entraînent rarement de gros risques, bien que les arbres fruitiers puissent perdre leur production. Mais parfois pourtant le danger est bien présent. Attaqué par la bactérie qui provoque le feu bactérien, un poirier peut mourir en quelques mois. Il n’existe malheureusement aucun traitement curatif contre cette maladie qui brûle feuilles, fleurs et fruits de ce fruitier, et dont le mode de propagation est particulièrement bien rôdé. C’est pourquoi la période de floraison, qui est la plus sensible, doit être suivie avec beaucoup d’attention, pour agir en conséquence dès les premiers symptômes de cette maladie.


Feu bactérien du poirier

Périodes d'attaque

  • Printemps

  • Été


Parties touchées

  • Branches

  • Feuilles

  • Fleurs

  • Fruits


Description

C’est quoi le feu bactérien du poirier ?

Le feu bactérien est une maladie bactérienne qui touche la famille des Rosacées dont le poirier fait partie, qui est un des hôtes principaux (les autres étant le pommier et le cognassier). Très dangereuse pour les arbres fruitiers à pépins, elle est également extrêmement contagieuse. Originaire d’Amérique du Nord, c’est dans les années 1950 qu’elle est apparue en Europe, elle est aujourd’hui présente dans de nombreuses régions du monde.


Symptômes

  • La bactérie qui en est la cause est Erwinia amylovora. Elle pénètre dans les tissus de l'arbre par des plaies (taille, impacts de grêle) ou des ouvertures, y compris celles, tout à fait naturelles, provoquées par la chute des pétales ou les fentes de croissance. C’est d’ailleurs majoritairement durant la floraison que débute l’infection, les fleurs et les jeunes pousses étant facilement accessibles. Ses conditions optimum de développement sont une température entre 18 et 27° et une humidité élevée (80°). Au-delà de 30° environ, la bactérie devient inopérante. Touché par le feu bactérien, le poirier montre des feuilles noires sur une ou plusieurs branches, les fleurs également noircissent. Les feuilles peuvent commencer à présenter ces brûlures à partir de leurs bords ou bien à partir des pétioles et de la nervure centrale. Les fruits brunissent, puis se ratatinent et se dessèchent. L’extrémité verte des jeunes rameaux se recourbe en forme de crosses caractéristiques. Fleurs, feuilles et fruits, même secs, restent attachés aux branches et peuvent être parsemés de gouttes très chargées en pathogènes, si le temps est suffisamment humide. De teinte laiteuse, elles brunissent progressivement. Cet exsudat (l’inoculum secondaire) est riche en polysaccharides pour attirer des abeilles et autres insectes pollinisateurs, des oiseaux, agents qui vont contribuer, avec le vent, la pluie, les insectes suceurs type pucerons, à propager la bactérie. Le jardinier est également un facteur de transmission : arrosages, tailles, prélèvement de greffons…

  • La bactérie se répand à partir de l’organe infecté sous l’écorce via la sève, provoquant dans les zones infectées des affaissements qui développeront des chancres. Aux alentours les tissus sont rougeâtres et humides. Les branches infectées peuvent totalement dépérir en quelques jours si la bactérie rencontre des conditions favorables. Après les rameaux et les branches, ce sont généralement les charpentières puis le tronc et enfin le système racinaire qui sont atteints puisque la bactérie se développe de façon basipète, de la source de l’infection jusqu’à la base du végétal infecté. À l’automne la bactérie hivernera dans les chancres formés pour se réactiver dès le printemps et sera exsudée, formant la première source d’inoculum, les bactéries pouvant être transportées sur des kilomètres par les oiseaux et les insectes..

  • À savoir : cette maladie fait l’objet d’une réglementation très stricte tant en Europe que dans le reste du monde. Dans les pépinières comme dans les vergers et les espaces verts sa présence oblige à un assainissement ou à un arrachage (directive européenne 2000/29 CE, Arrêté ministériel du 31 juillet 2000 modifié par Arrêté du 25 août 2011, Arrêté du 21 décembre 2017). Des variétés sont interdites à l’importation car trop sensibles au feu bactérien, notamment les poiriers ‘Passe-Crassane’, ‘Bronstar’, ‘Madame Ballet’, ‘Laxton’s superb’, ‘Durondeau’.


Évolution

Si l’arbre est particulièrement sensible, s’il est en état de stress, dans de mauvaises conditions de culture ou en cas d’attaque très forte, la bactérie va alors atteindre le tronc et le porte-greffe et l’arbre meurt rapidement.

Ne pas confondre avec :

  • Le Pseudomonas syringae est également une bactérie qui touche le poirier. Elle provoque aussi un noircissement des fleurs et des fruits mais ceux-ci tombent rapidement. Tout l’arbre est atteint en même temps et il n’y a aucune sécrétion. La confusion reste néanmoins importante et demande des analyses bactériologiques pour écarter Erwinia amylovora.

  • Un stress hydrique peut entraîner un noircissement du feuillage, mais dans ce cas la nervure principale reste verte.

  • Le cèphe est un insecte qui pique la base des pousses, entraînant un noircissement et une déformation en arc. Les piqûres en spirale sont bien visibles et caractéristiques.

  • La moniliose fait dépérir rapidement les bouquets floraux mais ils tombent et ne présentent aucune sécrétion.


Confusions possibles


Lutte curative

Conseils de traitement

Il n’existe pas à ce jour de traitement du poirier contre le feu bactérien. Une fois atteint, seule la suppression rapide des parties infectées peut sauver le poirier, sinon il doit être abattu et brûlé. Les seules mesures efficaces sont préventives.

Traitement écojardinage

  • Supprimez les parties atteintes au minimum 30 cm au-dessous des symptômes, si possible dès les premiers signes : fleurs et fruits momifiés, rameaux et branches. En hiver, supprimez les chancres. Vous brûlerez tous ces déchets de taille. Les plaies occasionnées sont traitées au cuivre et fermées par un produit cicatrisant.

  • Des pulvérisations d’argile ou de purin de prêle peuvent aider l’arbre à se défendre. Pour vous aider, lisez nos conseils sur les purins et décoctions à faire soi-même.

Des moyens efficaces pour combattre la maladie ou le nuisible qui ronge votre plante.


Lutte préventive

Gestes de culture

  • La première mesure prophylactique à prendre est de choisir des variétés de poiriers résistants au feu bactérien :

    • ‘Harrow sweet’ cov : variété très productive, fruits de taille moyenne à épiderme jaune, chair sucrée et légèrement musquée.

    • ‘Gem’ : variété très productive, de bonne qualité gustative.

    • ‘Elliot’ cov : de productivité moyenne, cette variété apprécie la chaleur. Fruit bronzé et cuivré légèrement rugueux, chair très juteuse et parfumée.

  • Supprimez la floraison secondaire du poirier qui est la majeure source d’infection car se produisant à une période où les conditions climatiques sont idéales pour cette bactérie.

  • Attention aux apports en azote et à l’humidité excessive du sol.

  • Ne pas planter d’autres plantes hôtes à moins de 500 m de votre poirier : cotonéasters, cognassier, pommier du Japon, pyracantha, aubépine, sorbier, néflier, amélanchier, ronce…

  • Pensez toujours à désinfecter le matériel de coupe à l’eau de Javel entre 2 végétaux.

  • Évitez les arrosages par aspersion qui diffusent la bactérie.

Méthodes douces

La prévention et le choix de variétés tolérantes sont les meilleures méthodes pour limiter les risques d’un feu bactérien chez vos poiriers et autres fruitiers à pépins. Et le moindre bouquet de fleurs ou de feuilles noircies doit vous alerter immédiatement : la suppression immédiate des parties infectées est la seule façon de stopper la progression de cette bactérie dont les dégâts sont foudroyants.

Lieu de culture

Verger

Des moyens efficaces pour prévenir toute nouvelle attaque de la maladie ou des nuisibles qui se sont déjà attaqué à vos plantes ou qui risquent de recommencer.