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Jardinage au naturel

Galéruque de la viorne : symptômes et traitements

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Cette grande famille d’arbustes est très appréciée et courante dans les jardins, les viornes sont en effet résistantes, rustiques, avec une belle floraison et un feuillage flamboyant pour les espèces caduques. Et en plus, elles sont bonnes pour la diversité. Leur point faible : la galéruque de la viorne, un petit coléoptère, qui les trouve tout aussi attirantes que nous, mais qui, contrairement au jardinier, en dévore le feuillage. Comment reconnaître ce ravageur et éviter une trop grande présence sur ces beaux arbustes ?

Galéruque de la viorne
Galéruque de la viorne - © Svetliy - stock.adobe.com

Voir tous nos anti-nuisibles et répulsifs

Description de la galéruque de la viorne

La galéruque de la viorne, Pyrrhalta viburni, est un petit coléoptère de la famille des Chrysomèles. Adultes et larves se nourrissent du feuillage, mais comme souvent, ce sont les larves qui font le plus de dégâts. Cette galéruque est une espèce européenne

Mesurant 5 mm de long, la galéruque de la viorne est brun gris irisé, avec de longues antennes beiges à pointillés sombres. Sa larve est beige crème tirant plus ou moins vers le jaune, avec sur chaque segment un trait brun central et plusieurs petits traits de même couleur de chaque côté. À la naissance, elles mesurent 1 mm, 10 à 11 mm à leur dernier stade larvaire. Elles accomplissent leur cycle en 8 à 10 semaines, avec trois stades.

Les adultes s’accouplent en juillet et août et les femelles pondent jusqu’aux premiers froids, à l’extrémité des jeunes rameaux de leurs hôtes de prédilection. Les œufs minuscules, 0,4 mm, sont pondus à la queue leu leu, et ils sont protégés par un petit amas de bois mâché. Après avoir passé l’hiver à l’abri, les œufs, à peu près 500 par femelle, éclosent entre avril et mai. Les larves naissent donc lorsque les feuilles sont encore jeunes et tendres. 


Larve de galéruque de la viorne sur une feuille
Larve de galéruque de la viorne sur une feuille - © Thijs de Graaf - stock.adobe.com

Dès la fin mai, elles commencent à migrer vers le sol pour y faire leur nymphose, réapparaissant sous leur forme adulte au mois de juillet, dix à trente jours après le début de la nymphose. Elles remontent alors dans l’arbuste pour se nourrir, y restant jusqu’aux premières gelées. La ponte commence trois à cinq jours après la sortie des adultes.

Il n’y a qu'une génération dans l’année.

La galéruque de la viorne peut être confondue avec d’autres galéruques, mais c’est la seule qui ait comme hôte les viornes.

Symptômes

Les femelles pondent généralement sur les petites branches inférieures, c’est donc là qu’apparaîtront les symptômes de la présence de galéruques de la viorne.

En septembre, les œufs sont visibles le long des tiges, formant comme des petites coques noires et brunes.

À partir de juillet, le limbe des feuilles est grignoté peu à peu, formant une dentelle du fait des perforations circulaires et irrégulières par les adultes puis par les larves, puis ne restent que les nervures. Les larves sont visibles sur les revers des feuilles, sauf au début où, minuscules, elles sont souvent dissimulées contre les nervures. Les adultes sont aussi visibles, mais ils fuient très rapidement au moindre mouvement. Lorsque les printemps sont doux, les adultes peuvent apparaître plus tôt.

Il est important d’agir, en prévention comme en curation, car des attaques répétées sur les mêmes arbustes peuvent considérablement les affaiblir. Et le nombre de ravageurs augmentant d’année en année finit par entraîner des défoliations totales, et le dépérissement. Les jeunes viornes, plus fragiles, peuvent ainsi mourir en trois ans d’attaques consécutives.


Une viorne bien défoliée
Une viorne bien défoliée - © rodimovpavel - stock.adobe.com

Lutte préventive

Gestes de culture

  • Choisir des espèces de viornes moins sensibles, notamment Viburnum lentago, V. plicatum, V. plicatum var. tomentosum, V. rhytidophyllum, V. sieboldii, V. setigerum.

  • Et éviter les plus sensibles : la viorne boule de neige, V. opulus, surtout la variété ‘Roseum’, synonyme ‘Sterilis’, mais aussi le laurier-tin, V. tinus, la V. lantana, et la viorne trilobée, V. trilobum ou V. opulus americanus.

  • Éviter de planter ces viornes sous une ombre dense, une ombre légère sera moins favorable aux galéruques.

  • Réaliser une taille des jeunes rameaux entre octobre et avril et détruire ces branches. C’est là où pondent les femelles et les œufs y sont très visibles. Cette taille élimine donc une grande partie des œufs, 80 à 90 % de la génération est détruite. Agir au plus tôt vous garantira de pouvoir profiter d’une floraison.

  • Un jardin sans pesticides et très diversifié en termes de végétaux, et donc en termes d’insectes et autre faune, va pouvoir fournir aux viornes une défense via des prédateurs naturels. La punaise bleue, Zicrona caerulea, est un prédateur naturel de la galéruque, dont elle chasse tant les adultes que les larves. Elle sera certainement présente si d’autres espèces de chrysomèles sont là, celle du romarin ou de la menthe par exemple, très commune. La punaise des peupliers, Anthocoris nemorum, prédate les œufs comme les larves de ce coléoptère. Les haies mixtes les attirent, ainsi que les plantes de la famille des ombellifères. Les guêpes parasitoïdes, qui pondent leurs œufs dans les œufs des galéruques, aiment les zones en friche et les tiges creuses. Grâce à ces auxiliaires, la pression sera moins importante sur vos arbustes et pourra donc être tolérée.


Quel(s) produit(s) ?

  • Au printemps, avant le débourrement (l’ouverture des bourgeons), une application d’huile horticole, l’huile de colza par exemple, peut se montrer très efficace en détruisant jusqu’à 80 % des œufs. Elle doit bien couvrir les rameaux, n’hésitez pas à en mettre en quantité. Vous pourrez aussi la trouver sous le nom de traitement d’hiver.


Lutte curative

Comment traiter la galéruque de la viorne une fois la larve éclose ?


Conseils de traitement

L’utilisation d’insectes prédateurs est assez efficace, d’autant que les origines locales de la galéruque fond qu’elle a quantité de prédateurs naturels :  

  • La chrysope, Chrysoperla carnea, est un bel insecte dont les larves sont terriblement voraces et se nourrissent d’autres larves, dont celle de la galéruque.

  • Les nématodes contre les otiorhynques et les vers blancs, Steinernema feltiae, peuvent être appliqués au moment où les larves migrent vers le sol, au mois de juin. Ils vont parasiter les nymphes.

  • La coccinelle à deux points, Adalia punctata, peut se nourrir des œufs ou des jeunes larves en attendant qu’il y ait plus de pucerons, leur met préféré.


En écojardinage

  • Ôter les larves à la main. Elles peuvent être données aux poules ou mises dans un seau d’eau savonneuse, en tout cas détruites.

  • En juin, placer des bandes de glu sur les troncs pour stopper les larves qui descendent faire leur nymphose au sol. 

  • Entre juin et juillet, biner régulièrement au pied des viornes pour exposer les nymphes aux intempéries et aux prédateurs.


Quel(s) produit(s) ?

Parmi les traitements des maladies des plantes, quel anti-nuisible et répulsif utiliser contre cette galéruque ?

  • Un insecticide à base de pyrèthre, à utiliser sur les larves après la floraison et le soir, une fois le soleil couché, car cette substance n’est pas sélective ou sur les adultes en juillet quand ils sont encore moyennement rapides.

Une fois votre viorne débarrassée des galéruques, veillez à bien l’arroser au cours de l’été, elle ne doit pas manquer d’eau. Un apport de compost ou de fumier décomposé en début d’automne lui offrira des nutriments qui l’aideront également à se remettre de cette attaque.