Partager
Le gendarme de jardin est une petite bête très connue du jardinier, et de quiconque fréquente les parcs, les jardins, ou la nature. Sa livrée rouge et noire ne passe en effet pas inaperçue, et son habitude de se regrouper en tas grouillant le rend d’autant plus visible. Et certainement d’autant moins sympathique. Qu’en est-il de la peur du gendarme au jardin ? Est-elle justifiée ?
Rôle d’auxiliaire du jardin
La petite bête de jardin que l’on appelle couramment “gendarme” n’est pas du tout un nuisible, et il est même totalement inoffensif, pour les humains comme pour les végétaux que ceux-ci cultivent d’ailleurs ! Et ce même si les groupes de ces insectes agglutinés sur un mur du jardin déplaisent au jardinier.
En fait, le gendarme de jardin est même plutôt utile car en se nourrissant d’insectes, morts ou vifs, et de leurs larves ou œufs, il fait un travail de nettoyage, décomposant ainsi la matière organique. Et accessoirement il élimine des parasites et ravageurs de nos cultures, le puceron et la cochenille particulièrement, au grand plaisir du jardinier observateur !
Pour en savoir plus, découvrez nos conseils pour lutter contre les pucerons et sur la lutte biologique contre les cochenilles
Et eux-mêmes servent de nourriture à quelques oiseaux ainsi qu’aux guêpes et aux frelons. Ils sont donc partie intégrante de la chaîne alimentaire et de la biodiversité de votre jardin.

Carte d’identité du gendarme de jardin
De son nom latin Pyrrhocoris apterus, (c’est-à-dire punaise rouge feu sans ailes), le gendarme appartient à la famille des punaises, les Hétéroptères. Il est également nommé “suisse”, “cherche-midi” ou encore “punaise de feu”, entre autres. Quel est le vrai nom du gendarme ? Il s’appelle en fait pyrrhocore, mais il est appelé gendarme de jardin depuis longtemps en France du fait de son habit rouge et noir, les couleurs de l’uniforme des gendarmes du XVIIIème siècle. Couleurs vives et dessins ont pour but de dissuader les potentiels prédateurs, généralement avec succès. Contrairement aux autres punaises, le gendarme ne dégage pas de mauvaise odeur, certainement du fait que l’habit est suffisamment efficace ! Il est quand même prédaté, frelons, oiseaux, guêpes ne se faisant pas (ou plus) avoir par son costume.
Mesurant environ 10 mm de long, le pyrrhocore affiche sur son dos ce qui peut ressembler à un masque africain rouge orangé et noir. Cette cuticule cache des ailes mais le gendarme ne vole pas et la majorité des individus sont dits aptères (sans ailes) mais en réalité leurs ailes existent mais sont atrophiées et inutilisables. Son corps est ovale et plat.
Le gendarme vit en colonies importantes qui peuvent compter parfois des milliers d’individus. Pour autant, ce n’est pas ce que l’on appelle un insecte social, il a juste un instinct grégaire très poussé et aime des endroits très particuliers, où il se retrouve donc en nombre.
À savoir : le gendarme de jardin peut être confondu avec une autre punaise, la punaise rouge du chou.

Son habitat
On trouve le pyrrhocore dans toutes les zones tempérées d’Europe, ainsi que sur le bord de la Méditerranée, vivant dans tous les types d’environnement hormis en haute montagne. Il se plaît particulièrement au pied des tilleuls, arbres qu’il affectionne, ou de murs, à condition que ceux-ci soient au soleil mais on peut rencontrer des colonies un peu partout, dans les bois comme dans les milieux urbains.
Son régime alimentaire
Le gendarme est un insecte piqueur-suceur et polyphage. Il peut se nourrir d’un grand nombre d’aliments mais en réalité son menu se compose principalement de graines de plantes appartenant à la famille des mauves et roses trémières (les Malvacées) et à celle des tilleuls (les Tiliacées). Il apprécie également le nectar des fleurs. Le gendarme consomme également des œufs et des larves d’insectes, et parfois des insectes adultes, morts ou vivants. Est-ce que les gendarmes mangent les pucerons ? Eh oui, ces derniers peuvent faire partie du menu, tout comme leurs œufs, ainsi que les cochenilles.
En tant que piqueur-suceur, il se nourrit des sucs des graines, fruits et larves, œufs, insectes, après les avoir piqué avec son rostre.
Son cycle de vie

C’est au printemps, vers mars avril, que se produit l’accouplement du gendarme, on rencontre d’ailleurs fréquemment à cette époque deux punaises attachées longuement l’une à l’autre (l’accouplement peut durer jusqu’à 24 heures, voire plus). La femelle cache ses œufs par lots sous ce qu’elle peut trouver, cailloux, bois mort, écorce, ou sous terre (peu profondément). Chaque femelle pond de 50 à 70 œufs blancs qui deviennent jaune orangé un peu avant l’éclosion.
Les œufs éclosent environ quinze jours plus tard, le cycle larvaire, qui compte 5 stades, dure jusqu’à la fin de l’été. Les larves sont d’abord jaunes et foncent peu à peu, stade après stade., mais ne se marquent de noir que lorsqu’elles atteignent l’âge adulte, le stade de l’imago, donc, qui est également le moment où le jeune gendarme va hiverner dans le même genre d’endroit où les femelles ont l’habitude de pondre.
Les menaces qui pèsent sur le gendarme
Outre leurs prédateurs naturels, les gendarmes peuvent être tués par les insecticides. Cependant l’espèce est aujourd’hui commune, que ce soit dans les espaces ruraux ou dans les zones urbanisées. Elle n’est donc pas protégée ni en risque de disparition.
Comment sauver les gendarmes dans son jardin ?
Un jardin pour les gendarmes
Qu'est-ce qui attire les gendarmes ? Les végétaux préférés de cette sympathique punaise sont donc le tilleul et les roses trémières, les mauves et les hibiscus ainsi que tous les cousins de la famille des Malvacées. Il est d’autant plus facile de lui faire plaisir que ce sont des végétaux que l’on aime également, à planter en nombre dans le jardin. Il aura ainsi le couvert, en tout cas une bonne partie.
Et bien sûr, pour le gendarme comme pour les autres auxiliaires du jardin, vous éviterez d’utiliser tout insecticide et pesticide qui pourrait leur nuire.
Un abri pour les gendarmes
Pour le gîte, vous veillerez à faire dans votre jardin des petits tas de feuilles sèches, par exemple au pied des végétaux pour un double usage : “gendarmerie” (ben oui, là où habitent les gendarmes !) et paillis. Des pierres de rocaille et du bois sont aussi un gîte apprécié.
Peut-être pas aussi mignon que “la bête à bon dieu” mais finalement sympathique et utile, le gendarme de jardin fait partie des nombreux insectes auxiliaires du jardinier, ou tout simplement inoffensifs, à protéger de ce fait. Même si le pyrrhocore, au contraire de nombre d’insectes, n’est pour l’instant pas en danger. Et c’est tant mieux !
Découvrez aussi notre article : Les auxiliaires : nos alliés contre les nuisibles
