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C’est au printemps que les cerisiers à fleurs, couramment appelés cerisiers du Japon, offrent leur exceptionnelle floraison. Celle-ci est d’ailleurs abondamment fêtée au Japon, car elle marque le retour des beaux jours et symbolise l’éphémère beauté de la vie. Cette fête y est un rituel, nommé hanami, les Japonais se retrouvent sous les cerisiers en fleurs pour y pique-niquer en famille. Ces beaux arbres offrent beaucoup de variété autant dans leur forme que dans leur floraison, un merveilleux spectacle dans votre jardin !
Le cerisier du Japon
La fête des cerisiers en fleur au Japon
Le temps de la floraison du cerisier au Japon, sakura, est sacré et donne lieu à un rituel, le hanami, qui signifie littéralement “regarder les fleurs”. Ce rituel immuable date de l’époque Heian (794-1185), période phare en ce qui concerne la culture et les arts. Le cerisier en fleur prend alors au Japon une signification sacrée : il annonce le temps de la plantation du riz et donc le moment des offrandes aux kami (les dieux). Il est aussi le symbole du caractère éphémère de la vie, de la beauté de l’impermanence. Ce symbolisme a été très utilisé par les Samouraïs et pendant la Seconde Guerre Mondiale, la réincarnation en sakura était le cadeau réservé aux hommes (bushi, les guerriers) qui mouraient au combat. Le sakura est au Japon un événement national, une vraie fête. C’est au cours du printemps qu’elle se produit, enchantant les parcs et jardins durant deux semaines.

Heureusement, entre le sud du Japon et le nord cet événement affiche un gros décalage. La période pour voir les cerisiers du Japon en fleur peut débuter au début du mois de janvier dans les régions les plus méridionales, dans l’île de Kyushu, alors que cette floraison ne se produira qu’en mai dans les régions les plus froides, c’est-à-dire l’île d’Hokkaido. De plus, des centaines de variétés de cerisiers sont présentes au Japon, qui ne fleurissent pas toutes en même temps. Il est même une variété de cerisier du Japon qui est en fleur du mois d’octobre au mois de janvier, c’est Ugatsuzakura, ce qui signifie cerisier d’octobre. Cette variété est présente à Tokyo et dans sa région. Et sur les îles d’Okinawa, qui sont les plus au sud, on peut admirer Kanhizakura, un cerisier qui montre au mois de février des fleurs rose foncé en forme de clochettes.
Le débourrement, période au cours de laquelle les bourgeons floraux s’ouvrent, dure environ 7 jours et se nomme kaika. Les fleurs elles-mêmes sont assez fugaces, s’épanouissant pendant une petite semaine. Ce moment est nommé mankai. Bien évidemment les conditions météorologiques peuvent accélérer ou au contraire retarder la floraison, et elle peut aussi être raccourcie si elle tombe au cours d’une période pluvieuse, venteuse ou trop froide. Le service météorologique du pays est fort attentif au front de floraison des cerisiers, sakura zensen, et annonce tous les jours sa progression à la population. Celle-ci est basée sur la floraison de sujets échantillons répartis sur tout l’archipel.

Quelques variétés de cerisiers du Japon
Arbre d’ornement très apprécié en Asie, le cerisier du Japon appartient à la famille des Rosacées comme le cerisier à fruits. Il offre une floraison splendide et un feuillage qui prend des couleurs flamboyantes l’automne venu. Généralement de petite taille lorsqu’il est cultivé en Europe, il s’épanouit mieux dans son climat d’origine de nature tropicale humide et tempérée, pouvant y atteindre les 12 m de hauteur. Il présente généralement un port assez évasé, qui s’arrondit lorsque l’arbre vieillit. Les fleurs printanières se produisent au moment du redoux, regroupées en bouquets de 3 à 5. C’est leur nombre très important qui fait toute la beauté de cette floraison, recouvrant presque totalement la ramure, d’autant plus remarquables qu’elles apparaissent souvent avant le feuillage. Ces cerisiers diffèrent par le nombre de pétales de leurs fleurs, de 5 à une centaine pour les doubles, aussi bien que par la teinte de celles-ci qui parcourt un nuancier large, entre le blanc et le rose foncé. Certaines variétés offrent des fleurs d’un jaune pâle. Les plus grandes variétés forment de grands arbres, les plus petites sont très compactes et peuvent même être cultivées en pot. Leur aspect décoratif est également présent en hiver, grâce à leur écorce luisante souvent rouge sombre ornée de lenticelles horizontales. La floraison donne naissance chez les espèces botaniques à des petits fruits noirs, des drupes en réalité, mais qui n’ont aucun intérêt gustatif. Les variétés horticoles, elles, sont stériles.
L’espèce la plus fréquente est le Prunus serrulata aux feuilles dentelées (d’où le nom de serrulata), mais on trouve également des Prunus incisa, des P. glandulosa, P. subhirtella… Ces espèces ont fait l’objet de très nombreuses sélections et se déclinent de ce fait en un nombre de cultivars impressionnant. Au Japon on trouve notamment :
Le cerisier Somei yoshino (Somei yoshino sakura) est la plus répandue, qui affiche des fleurs très simples aux pétales d’un tendre rose très pâle. Ce cerisier a été planté sur tout l’archipel à partir des années 1800, c’est donc celui qui est le plus observé pour le sakura zensen.
Shidare sakura est une variété de cerisier du Japon pleureur, à fleurs blanches, roses ou rouges. Il fleurit peu de temps avant le Somei yoshino.
Yama sakura est un cerisier robuste et très haut, pouvant atteindre 30 m de hauteur. Sa floraison est l’une des premières du printemps. Le cerisier d’hiver fleurit en effet 2 fois dans l’année, au cours de l’hiver puis au printemps. Ses fleurs sont blanches ou rose pâle.
Le cerisier d’Oshima offre de belles fleurs simples d’un blanc pur. Il est originaire de la pointe nord de l’archipel.
Les cerisiers du Japon cultivés dans nos jardins :
Le Prunus glandulosa est fort intéressant du fait de sa petite taille qui ne dépassera pas 1,50 m. Il tend à prendre un port buissonnant.
Les Prunus incisa comptent dans leurs membres la variété ‘Kojo no mai’, de petite taille avec de belles branches tortueuses. Ce cerisier à fleurs est idéal pour former des bonsaïs.
Le Prunus ‘Amanogawa’ affiche un port dressé et étroit. Sa floraison rose tendre est délicatement parfumée.
Parmi les Prunus serrulata, on peut remarquer la variété ‘Kanzan’ dont les fleurs forment de délicats pompons d’un rose soutenu. Très résistant au froid, il supporte aussi la chaleur. De relativement haute taille, il montre un port bien dressé.
Dans la même espèce, la variété ‘Royal burgundy’ affiche des feuilles pourpre sombre qui forment un beau contraste avec la floraison rose.
Pour une floraison plus tardive, vous choisirez le Prunus subhirtella ‘Automnalis rosea’ qui fleurit en automne et peut offrir sa floraison gracieuse blanc rosé jusqu'au printemps dans les régions à hivers doux.
Un cerisier du Japon dans votre jardin
Le cerisier du Japon est parfait pour une installation en isolé, pour profiter au mieux de sa floraison et de son charme tout au long de l’année. Cet usage convient particulièrement aux variétés de haute taille qui seront ainsi idéalement mises en valeur. Le cerisier à fleurs sera cependant tout aussi charmant en fond de massif. Ici vous installerez plutôt des variétés plus compactes à port arbustif que vous pourrez marier avec des bulbes de printemps comme les narcisses ou les tulipes, associées à des plantes à feuillage décoratif et des vivaces qui prolongeront l’attrait du massif. Ces petits cerisiers à fleurs conviennent également à une haie mixte, dans laquelle vous pourrez d’ailleurs multiplier les variétés afin d’échelonner les floraisons. Multipliez également les essences en ajoutant des viornes, des céanothes, des charmes, pour un spectacle changeant tout au long de l’année. Les variétés naines, quant à elles, orneront en pot n’importe quelle terrasse bien exposée.

Planter et entretenir un cerisier du Japon
Les cerisiers du Japon sont le plus souvent des arbres rustiques, résistant à des températures de -15 à -20° sans problème, certaines variétés supportant -30°. Ils apprécient des sols drainants, frais, riches et profonds mais se révèlent peu exigeants, tolérant facilement des sols légèrement calcaires ou acides. Le drainage est très important, préférez installer votre sujet sur une butte ou placez une couche de drainage au fond du trou de plantation. Ils se plaisent plutôt au soleil et à l’abri du vent, mais une exposition moins brûlante sera préférable dans les régions du sud de la France.
Préférez une plantation en automne, afin que l’arbre ait le temps de bien s’installer avant l’été et de vous offrir une première floraison.
Surveillez que le sol ne reste pas sec au cours des premières années. Un paillage sera fort utile pour maintenir la terre fraîche.
Des apports de compost en automne bénéficient à la floraison et au développement du cerisier à fleurs.
Un tuteur durant les premières années permet à l’arbre de rester bien droit.
La taille est déconseillée, contentez-vous d’un léger entretien au cours de l’automne : supprimez les rameaux morts ou abîmés, rabattez légèrement les branches si besoin.
Peut-on multiplier un cerisier du Japon ?
Le cerisier à fleurs se multiplie de la même manière que le cerisier à fruits, c’est-à-dire par greffage. Le porte-greffe le plus utilisé est un merisier, Prunus avium, et vous pourrez réaliser une greffe en écusson au cours de l’été ou bien une greffe en fente au mois de mars.
Des maladies ?
La moniliose : si vous voyez le feuillage et les fleurs de votre cerisier du Japon se flétrir et ses rameaux se dessécher, il s’agit sans doute de cette maladie due à un champignon. Coupez les rameaux atteints et détruisez-les.
Le coryneum : cette maladie cryptogamique également appelée criblure touche principalement le feuillage, lui occasionnant des petites perforations cernées de brun. Comme précédemment, supprimez les branches atteintes. Vous pouvez ensuite appliquer un traitement au soufre.
Le chancre bactérien : grave maladie due à une bactérie qui provoque des déformations et crevasses dans l’écorce ainsi que des écoulements de gomme. Le feuillage proche se dessèche. La partie atteinte doit être supprimée jusqu’à 1 m sous le chancre, et détruite. Réalisez ensuite un traitement à la bouillie bordelaise.
L’armillaire : ce champignon s’attaque à l’arbre par les racines et les fait pourrir. Il n’y a pas de traitement, l‘arbre doit être abattu et aucune plantation ne peut être faite au même endroit car le champignon reste dans le sol.
Les pucerons noirs : quelques pulvérisations de savon noir dilué éviteront un trop grand nombre de pucerons, dont le miellat abondant entraîne le développement de fumagine sur le feuillage.
Symbolique
Ce petit arbre somme toute assez discret en dehors de sa période de floraison revêt une grande importance culturelle dans son pays d’origine. Symbole fort de la culture japonaise, il est très présent dans la poésie, la peinture, la littérature, mais aussi dans la guerre, et jusque dans la vie quotidienne puisqu’il apparaît sur une pièce de monnaie. Installé dans nos jardins européens, il y apporte toute sa grâce mais aussi une part du raffinement particulier de la culture japonaise.
Caractéristiques
Entretien & plantation
Caractéristiques végétales
Botanique
