Partager
Vous rêvez d’offrir à votre cheval un pré pour qu’il y passe de beaux moments de liberté ? Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas comme si vous cherchiez une aiguille dans la botte de foin dont il se nourrit durant l’hiver ! Un pré pour chevaux doit respecter leurs besoins fondamentaux en matière de nourriture et de sécurité, que vous souhaitiez les y installer toute l’année ou seulement la journée.
Les critères de choix d'un pré pour chevaux
Que vous souhaitiez acquérir un pré pour votre cheval ou le louer, vous prêterez attention à quelques détails importants, qui contribueront au bien-être de l’animal, et au vôtre !
La situation
L’idéal est bien sûr que le pré jouxte votre propriété, pour vous rendre plus simples les visites quotidiennes et l’entretien du pré en lui-même, dans tous les cas choisissez un endroit peu éloigné de votre domicile.
Il doit être d’accès facile, par un chemin carrossable. Car un pré pour chevaux doit être régulièrement entretenu : ôter les crottins (ou les étaler lorsque le pré est vaste) et la paille souillée, vérifier les clôtures, ressemer les zones mises à nu, analyser l’herbe… Pouvoir y accéder avec un véhicule est donc plus pratique.
Pour autant, une situation trop proche d’une route très passante voire en pleine agglomération n’est pas très propice à la tranquillité d’un cheval. Il est important de trouver le juste milieu entre un trop grand isolement et une relative tranquillité.
La surface
Il est conseillé de fournir au minimum 1 ha par cheval, ce qui va lui fournir de quoi se nourrir toute l’année. Bien que la complémentation hivernale à base de foin puisse permettre une plus petite surface.
Le cheval, avec ses sabots, a une action de tassement sur le terrain. Et lorsque la surface est trop petite (on parle de surpâturage), le tassement du terrain et le manque d’herbe engendrent un sol moins productif dans lequel l’herbe pousse difficilement et qui se couvre d’herbes indésirables dont certaines sont toxiques pour les animaux. Et à la saison hivernale, le pré se transforme en champ de boue. C’est pourquoi il sera important une fois le pré mis en place de prévoir une rotation des parcelles.
Autre aspect : une grande surface offre au cheval de plus grandes possibilités de déplacement.
Concernant le terrain, la présence d’arbres est importante ainsi que l'ensoleillement. Privilégiez les terrains plats et non marécageux, constitués d’une terre qui ne se transforme pas en lac de boue dès qu’il pleut. Les dénivellations et la boue peuvent en effet finir par provoquer des blessures au niveau des tendons, voire des chutes.
L’herbe
Lorsque le cheval est au pré, il va passer une grande partie de la journée à brouter (60%). L’herbe va lui apporter un apport nutritif, à condition d’être de bonne qualité. Toutes les herbes ne se valent pas. Des tests peuvent d’ailleurs être réalisés pour mesurer leur qualité, vous saurez ainsi si vous devrez donner des compléments au cheval. Les plantes très appréciées par les chevaux : ray-grass, dactyle, trèfle, pissenlit.
L’herbe doit être en quantité suffisante, car le cheval a besoin d’un certain volume d’herbe ingérée pour assurer un bon transit intestinal.
Avant que la bonne herbe ne commence à se raréfier, il faudra en resemer ainsi que diverses plantes fourragères. Et ce aussi souvent que le pré en a besoin, cela fait partie des tâches d’entretien d’un pré pour chevaux.
Astuce : au printemps, l’herbe est très grasse et le cheval a tendance à se jeter dessus ! Créez-lui des zones restreintes pour éviter les risques de fourbure, une maladie inflammatoire grave qui touche les pieds du cheval. Vous pouvez sinon limiter la hauteur de l’herbe à 10 ou 20 cm, ce qui restreindra d’autant la quantité qu’il peut ingérer.
Certaines plantes sont toxiques pour les chevaux, un désherbage est indispensable : tanaisie commune, cytise, boutons d’or, chardons, trèfle des foins et surtout absinthe, aconit, arnica, porcelle enracinée ou encore belladone. Cette liste est informative et pas du tout exhaustive car, malheureusement, ces plantes toxiques sont très nombreuses. Il est important de connaître les plantes qui poussent dans votre région et votre pré en particulier.
Généralement, le cheval va de lui-même éviter de manger ces plantes, mais elles peuvent poser des problèmes de reconnaissance lorsqu’elles sont sèches. En cas de surpâturage, le cheval risquera de consommer ce qu’il trouve.
À savoir : la gestion des zones de refus est très importante. Il s’agit de zones, souvent fixes dans le temps, dans lesquelles le cheval ne broute pas, par contre il y fait ses besoins. Si ceux-ci ne sont pas nettoyés et les herbes régulièrement fauchées, cela finit par former des zones à risques d’intoxication ou d’infestation.
Le bois
Des arbres et arbustes ne sont pas que des éléments décoratifs dans un pré pour cheval. Ils leur offrent bien sûr un abri bienvenu contre le soleil, mais aussi contre la pluie, et les arbres et autre végétation de fourrés enrichissent le pré, le rendant plus attractif pour l’animal.
De plus, les chevaux adorent ronger du bois, particulièrement lorsqu'arrive l’automne.
Il faut éviter les conifères, sauf les espèces de futaies qui sont tout à fait adaptées : sorbiers, noisetiers, églantiers, frênes…
Le saviez-vous ? Il semble que le seul moyen pour un cheval de pouvoir réellement dormir (on parle de sommeil paradoxal) est de ne pas être seul : la compagnie d’un autre cheval ou d’un animal “compagnon” lui assurant suffisamment de tranquillité pour lâcher prise.

Quel équipement dans mon pré ?
Le plus souvent, il est conseillé de mettre le cheval au pré du printemps à la fin de l’automne, pour le faire profiter du confort d’un box durant l’hiver. Néanmoins, il est tout à fait possible de laisser les chevaux au pré tout au long de l’année, à condition de continuer à lui rendre visite tous les jours pour vérifier que tout va bien.
Autre possibilité : la journée au pré et la nuit au box.
Quel que soit votre choix, le cheval a besoin d’être en liberté à l’extérieur quelques heures dans la journée afin de gambader, de se défouler et de brouter bien sûr !
La clôture

La clôture d’un pré pour cheval est un élément incontournable, autant pour empêcher les animaux de se sauver que pour les protéger, ou encore pour former des parcelles.
La clôture idéale pour fermer un pré pour cheval doit comporter au moins 2 fils voire 3 : 1 à 80 cm, 1 à 120 cm, et le plus haut à 150 ou 160 cm. Généralement, c’est une clôture électrique qui est utilisée, les fils barbelés ou simples en fer sont à éviter car il y a risque de blessure. Les fils en plastique ou une simple barrière en bois conviennent très bien au cheval. Sélectionnez des fils ou rubans bleus ou blancs, ce sont des couleurs que les chevaux voient bien.
Envie d’une clôture électrique ? Vous trouverez sur le site GoSpark toutes les informations pour dimensionner et composer votre clôture électrique. Puis rendez-vous dans votre magasin Gamm vert pour vous lancer !
Une mangeoire et un râtelier
Les besoins nutritifs du cheval au pré ne sont pas forcément remplis par l'herbe, surtout s’il a une activité de travail, ou en hiver. De plus, certains éléments, notamment les protéines, ne peuvent lui être apportés que par une complémentation : fourrage et compléments alimentaires.
Pour le foin, un râtelier peut être prévu, mais quelle que soit la manière dont vous lui présentez la balle de foin, pensez à la recouvrir avec un filet à foin qui empêchera le cheval de manger trop rapidement. Une mangeoire recevra ses céréales, nécessaires en cas de travail.
Astuce : le râtelier n’est pas obligatoire, le foin peut être dispersé en petits tas dans le pré, ce qui évitera, notamment en hiver, que se forme de la boue tout autour du foin. De plus les chevaux seront obligés de se déplacer pour manger.

La pierre à sel
Les sels minéraux sont indispensables, notamment le sodium, qui sera fourni au cheval grâce à une pierre à lécher. Un support fixe pour des blocs de sel sera donc installé à un endroit stratégique du pré.
L’abreuvoir
Bien que l’herbe soit composée de beaucoup d’eau, un abreuvoir est également un accessoire indispensable pour un cheval au pré. Vous adapterez sa capacité au nombre d’animaux dans le pré, sachant qu’un seul cheval peut boire entre 20 et 40 litres d’eau par jour, parfois plus lorsqu’il est nourri avec des matières sèches telles que le foin ou la paille. L’abreuvoir doit être installé à l’ombre lorsqu’il fait chaud, et être toujours plein d’une eau propre.

Un abri
L’utilité d’un abri dans un pré pour chevaux ne fait aucun doute, surtout en l’absence d’arbres. Il permettra aux bêtes de se mettre à l’abri de la pluie, du vent, du froid, du soleil, des insectes lorsqu’il fait très chaud… Le minimum de surface est de 3 x 3 m par cheval et il est important d’orienter le mur du fond pour qu’il fasse contre-vent. Un sol bétonné est plus facile à nettoyer et vous veillerez à placer une épaisse couche de litière au sol pour le confort et la chaleur.
Vous garderez près ou à l’intérieur de l’abri une fourche et un seau pour nettoyer. Étrille et brosse douce vous serviront lors du pansage de votre bête, ainsi que cure-pied et brosse métallique pour ses sabots, à utiliser au quotidien en période humide.
Trouver LE parfait pré pour chevaux paraît plutôt impossible, au regard de tous les critères à respecter. Mais rassurez-vous, il s’agit plutôt de faire le meilleur choix pour le cheval en compensant les manques, sachant que certains points seront plus faciles à compenser que d’autres ! De l’eau et de la nourriture à volonté, un abri adapté, de la place pour galoper et un maître attentionné, voilà de quoi rendre un cheval bien dans ses sabots !
