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Les clématites sont des plantes très attachantes, et pas seulement pour leur côté volubile ! Une floraison généreuse, des coloris profonds et variés, des fleurs somptueuses et parfois parfumées… Leur succès n’a rien d’usurpé ! Mais saviez-vous que ces belles grimpantes à l’aspect exotique sont pour nombre d’entre elles issues de simples plantes de nos campagnes ? Pas moins de 6 espèces de clématites sauvages se rencontrent en effet en France !
La plus commune, la clématite des haies
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Clematis vitalba est aussi appelée “clématite vigne-blanche”, “herbe aux gueux”, ou encore “bois de pipe” ou “herbe à fumer” (car son bois poreux pouvait être fumé, bien qu’il provoque dans la bouche d’insupportables irritations), entre autres noms vernaculaires.
Le saviez-vous ? Mais pourquoi donc “herbe aux gueux” ? Eh bien car au Moyen-Age, les mendiants se frottaient avec ce végétal caustique pour montrer aux passants des plaies ulcéreuses qui entraînaient la pitié, et donc l’octroi de quelques piécettes ! En effet, la clématite libère une substance, la protoanémonine, qui présente des effets irritants, rubéfiants (qui dilate les capillaires sanguins) et vésicants (qui produit des vésicules, des gonflements sur la peau). Il est d’ailleurs recommandé de se protéger de son contact.
La clématite des haies fait partie de la famille des Renonculacées, les clématites étant les seules grimpantes de ce groupe. Cette espèce s’affiche comme une liane caduque pleine de vigueur que sa fructification rend très reconnaissable en hiver : les fruits sont en effet des akènes (fruit sec qui reste fermé et qui contient une seule graine) prolongés par une queue plumeuse. Comme ils sont groupés, ils semblent emballés dans des cocons blancs argentés très plumeux et légers qui restent sur la plante tout au long de l’hiver, finissant par être dispersés par le vent.

Les feuilles, opposées, sont composées de 3 à 7 folioles en forme de cœurs allongés dont les pétioles sont volubiles et se vrillent. Ces pétioles s’accrochent à tout ce qui pousse autour d’elles, arbres et arbustes, haies, grillages… et ne tombent pas avec les feuilles. La floraison estivale (de juin à août), blanc-vert, est typique des clématites avec un grand nombre d’étamines longues et hérissées entourées par des pétales recourbées (qui sont en fait le calice). Les fleurs sont disposées en cymes et exhalent un doux parfum en fin de journée. La clématite des haies vit longtemps, entre 25 et 30 ans, et sa croissance est rapide. C’est pourquoi les lianes formées par cette clématite sauvage s’étendent considérablement, jusqu’à 25 mètres. Elles se ramifient en de nombreuses tiges latérales cannelées. Tout d’abord souples et vertes, les lianes se lignifient progressivement. Elles restent cependant assez souples pour pouvoir être travaillées et sont pour cette raison parfois utilisées en vannerie. L’écorce de ces lianes, lisse dans sa jeunesse, se détache ensuite en longues lanières.
Cette espèce de clématite sauvage est très commune en France comme dans toute la zone froide et tempérée de l’hémisphère nord. Elle s’épanouit dans les fourrés d‘arbustes en pleine ou basse montagne, en milieux assez riches en nutriments, notamment en azote. Elle se plaît dans des sols relativement secs, caillouteux, ou bien argileux et limoneux et aime le soleil bien que son pied soit généralement à l’ombre. La clématite des haies attire de nombreux insectes pollinisateurs et nectarifères : papillons, bourdons et autres abeilles se pressent autour de ses cymes fleuries, tout comme les perce-oreilles, certaines mouches, coléoptères… La clématite sauvage est comestible, on en cueille les toutes jeunes extrémités (il est important qu’elles soient jeunes car elles sont bien moins irritantes) au printemps pour les faire cuire comme des asperges. Attention, du fait de ses caractéristiques très irritantes, elle ne se consomme pas crue. Malgré ses nombreuses qualités, cette clématite sauvage est considérée comme envahissante dans de nombreuses régions.
La clématite des haies au jardin
La clématite vigne-blanche s’invite souvent au jardin lorsqu’elle y trouve les bonnes conditions, notamment s’il s’agit d’un jardin naturel qui se veut riche en biodiversité. Mais il se peut aussi que vous décidiez de l’y installer, charmé par sa simplicité de sauvageonne. Dans tous les cas, il est important de contrôler son expansion, car elle peut vite devenir envahissante et si elle est mêlée à un autre végétal, l’empêcher de respirer et de se développer. Pour ce faire, rabattez-la au sol à la fin de l’hiver. Bouturer cette clématite sauvage est très facile : en juillet-août récupérez des morceaux de tiges (entre 2 nœuds) que vous installerez dans du sable humide. En quelques semaines, vous obtiendrez de jolis petits plants que vous pourrez installer au printemps suivant.
La plus méditerranéenne, la clématite odorante
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Clematis flammula pousse plutôt dans les régions méridionales de l’Europe, mais on la trouve également le long de la côte Atlantique, jusqu’en Bretagne, voire en Normandie dans les zones bien protégées. Elle pousse dans les haies et les buissons. Son nom “flammula”, qui signifie “petite flamme”, lui a été donné à cause du suc brûlant qu’elle sécrète. Elle est d’ailleurs parfois nommée “clématite flamme”, “clématite poivrée” voire “clématite brûlante”. Elle est volubile, grimpant sur n’importe quel support auquel elle peut s’accrocher grâce à ses pétioles. Elle peut ainsi grimper jusqu’à 5 mètres environ. Ses feuilles sont divisées en 3, chaque partie étant composée de 13 folioles légèrement coriaces. Son feuillage est persistant lorsque l’hiver est doux. Sa floraison tardive, entre mai et août, est très parfumée, groupée en cymes lâches de fleurs blanches dont les 5 sépales entourent des étamines hérissées.
La clématite odorante au jardin
Cette clématite sauvage a été déclinée en variétés horticoles encore peu nombreuses mais très originales avec leurs longs sépales très écartés. Elle fait partie du groupe 3, c’est-à-dire qu’elle fleurit sur les pousses de l’année (certaines variétés cependant font partie d’autres groupes). Elle aime les climats doux car elle est frileuse, elle sera protégée dans les régions aux hivers froids. Par contre elle ne craint pas la sécheresse et les sols secs et pauvres. À la fin de l’hiver, vous pourrez rabattre ses rameaux à 30 centimètres du sol.
Une des plus rares, la clématite dressée
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Clematis recta tranche parmi ses cousines car elle n’est pas grimpante. Elle forme une touffe dressée d’environ 1 mètre de haut, au feuillage délicat. Ses feuilles opposées sont ovales et pointues, vert clair, composées de 2 à 3 paires de folioles. Sa floraison se produit entre mai et juillet. Elle est formée de cymes terminales de petites fleurs blanches très odorantes. Elle se trouve dans les clairières, les haies et lisières de sous-bois de basse altitude (moins de 1300 mètres), en sol léger et frais. Elle est spontanée dans toute l’Europe méridionale et centrale, jusqu’en Asie.
La clématite dressée au jardin
Il existe une variété horticole répandue issue de cette clématite sauvage, Clematis recta ‘Purpurea’ qui affiche un feuillage pourpre à sa naissance, très décoratif. Elle peut être tuteurée pour soutenir ses tiges grêles ou bien la laisser au sol. Elle se plaira au soleil, dans un sol riche et frais. Il n’est pas besoin de tailler cette espèce.
La plus sauvage, la clématite des Alpes
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Clematis alpina est également une liane, que l’on trouve uniquement dans les Alpes (entre 1000 et 2400 mètres) escaladant les arbres et arbustes. Elle se développe en terrain ordinaire, plutôt sec et argileux. Ses tiges sarmenteuses portent des feuilles composées de folioles ovales et pointues. Elle est de taille modeste, entre 30 centimètres et 2 mètres. Ses fleurs solitaires à 4 longs sépales pendent telles des clochettes d’une teinte bleu clair parfois tirant sur le mauve. Elles apparaissent en début d’été.

La clématite des Alpes au jardin
La plus sauvageonne s’est acclimatée à des zones “civilisées”, en l’occurrence nos jardins, après quelques sélections qui ont donné naissance à de belles variétés. Elle y fleurit précocement, dès la fin de l’hiver. Offrez lui un sol drainé, du soleil, et un bon support sur lequel vous l’aiderez à s’accrocher au début. Une taille sévère des tiges de l’année précédente sera réalisée avant la reprise de végétation, en les rabattant à une vingtaine de centimètres du sol, au-dessus d’une paire d’yeux.
Une fleur d’hiver, la clématite cireuse
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Clematis cirrhosa est une clématite qui fleurit en hiver. Cette liane montre un feuillage persistant, denté et luisant, qui grimpe dans les haies et buissons. Sa floraison est composée de petites fleurs solitaires en clochettes blanches dont l’intérieur est piqueté de pourpre. Elle débute dès la fin de l’automne, jusqu'au mois de mai. C’est une plante méditerranéenne, aimant le soleil et les sols rocailleux et secs des maquis.
La clématite cireuse au jardin
C’est la fameuse “clématite de Noël”, dont on peut trouver de nombreuses variétés à l’approche des fêtes, certaines étant même discrètement odorantes. Une fois en place, vous pourrez la tailler légèrement au printemps pour provoquer l’apparition de nouvelles ramifications et donc de nouvelles branches fleuries.
Une fleur bleue, la clématite fausse-vigne
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Clematis viticella est aussi appelée “clématite italienne” ou “clématite bleue”. Il ne s’agit pas d’une espèce indigène, mais elle s’est naturalisée depuis au moins le début du 20e siècle. Petit arbuste grimpant qui ne dépasse pas 4 mètres de hauteur, cette clématite sauvage bleue présente elle aussi des tiges cannelées qui deviennent ligneuses avec le temps. De grande longévité, environ 50 ans, la clématite fausse-vigne possède des feuilles caduques composées de pennes ou de folioles irrégulièrement dentées. Elle fleurit en été, de petites fleurs bleu mauve à 4 sépales vrillées groupées en cymes bipares.
La clématite fausse-vigne au jardin
Cette espèce a beaucoup intéressé les horticulteurs et pépiniéristes, avec pour résultat de nombreux cultivars très variés en formes et en coloris, du blanc au pourpre en passant par toutes les nuances de rose et de mauve, des fleurs très simples aux clochettes ou aux fleurs très doubles. Très florifère, elle est de culture facile, idéale pour les débutants. Elle devra être rabattue à la fin de l’hiver, pas plus tard que le mois de mars cependant.
Conclusion On y réfléchit peu souvent mais ce sont des espèces spontanées qui ont donné naissance à toutes les merveilles que l’on peut installer dans nos jardins. Certaines se trouvent tout simplement dans nos champs et l’on a du mal à reconnaître en ces plantes toutes simples les variétés plus raffinées que l’on achète en jardinerie. Que ce soit les “boutons d’or”, nos jolies renoncules, les “coucous”, petites primevères pourtant assez proches des variétés horticoles, ou donc nos fascinantes clématites, l’homme n’a fait que révéler la magie dont elles étaient déjà empreintes. Ne sont-elles pas magnifiques ces clématites sauvages ?
