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Les graminées sont la famille végétale la plus importante pour l’homme qui se l’est appropriées depuis la nuit des temps. Elles lui sont tout aussi précieuses pour son alimentation que pour construire des objets et peuvent même agrémenter son jardin. Très présentes dans les prairies, steppes et savanes partout dans le monde, elles ont des spécificités marquées qui les rendent incontournables. Une grande facilité de culture, un entretien inexistant, les graminées ont largement de quoi tirer leur épingle du jeu !
La famille des graminées
Les Poacées forment une immense famille de plantes, environ 12 000 espèces, ce qui fait d’elle la plus importante famille du règne végétal. Elles ont une importance capitale à la fois pour le paysage et pour l’homme. Très anciennes, les graminées jouent notamment un grand rôle dans l’alimentation mondiale puisque très cultivées et consommées, aussi bien par l’homme que par les mammifères herbivores dont il consomme la viande. Déjà très présentes dans la nature, la main de l’homme a grandement contribué à établir leur domination, au détriment des surfaces forestières. Par ailleurs, de nombreuses graminées sauvages jouent un rôle important dans la construction des habitations ou encore des outils, pour exemple le bambou en Asie. En tant que plantes ornementales, elles sont également très présentes : elles constitue le gazon de nos jardins, habillent les massifs et les bordures…
Reconnaître les graminées
L’identification des graminées sauvages est assez simple. Elles montrent en effet des éléments qui les caractérisent, quoique de manière plus ou moins visible !
Les graminées peuvent être des vivaces ou des annuelles.
Le système racinaire des graminées vivaces est un rhizome couvert d’écailles. Il peut être court et renflé ou bien long et fin, certains sont traçants alors que les autres sont cespiteux, formant des touffes serrées. Les graminées annuelles, elles, disposent d’un système racinaire classique bien que très dense.
Le chaume : la tige principale de la graminée est le chaume. Il se constitue de nœuds et d’entre-nœuds qui se déboitent au fur et à mesure de la croissance de la plante comme une canne à pêche télescopique. Il est creux et cylindrique. Lorsqu’il vieillit, ce chaume se sclérifie : ses cellules meurent, il devient jaune et ligneux.
Les talles : il s’agit des tiges secondaires qui démarrent à la base du chaume principal. Elles possèdent leur propre système racinaire. C’est ce qui permet aux graminées de former des touffes denses, qui le sont encore plus lorsqu’elles sont broutées par les mammifères, ou tondues (le tallage du gazon).
Les feuilles : elles sont alternes et se composent de la gaine, fendue, du limbe et d’une ligule. La gaine foliaire entoure le chaume au niveau d’un nœud et peut envelopper plusieurs entre-nœuds. Le limbe est directement issu de la gaine. Il se présente comme rubané, simple, parfois plié en 2 sur la longueur. Entre la gaine et le limbe se situe la ligule, petite membrane parfois poilue.
L’épillet : l’inflorescence des graminées est le plus souvent constituée d’épillets situés en extrémité de tige. Chacun porte plusieurs petites fleurs incomplètes protégées par des bractées qui sont ici des glumes, généralement au nombre de 2, et des glumelles. Le nombre de fleurs par épillet est variable selon les espèces. Les épillets peuvent former une inflorescence en épi ou bien en panicule.
Les fleurs donnent naissance à des fruits indéhiscents (se dit d’un fruit qui ne s’ouvre pas seul), les caryopses, un grain de blé est un caryopse. Les céréales dites “à grain vêtu” sont celles dont les glumes restent collés au fruit : avoine, riz, orge. Les céréales “à grain nu” perdent leur glume (la balle) lors du battage : maïs, blé tendre.
Des graminées sauvages comestibles ?
De nombreuses plantes sauvages sont aujourd’hui cultivées dans nos potagers ou nos champs, le plus souvent après de multiples sélections. Les céréales composant notre alimentation sont des graminées : blé, avoine, orge, seigle, maïs, riz, canne à sucre, bambous. Parmi les graminées sauvages comestibles, on trouve le maïs doux, le sorgho et les pousses de bambou.
Le saviez-vous ? C’est dès le début du Néolithique que certaines graminées sauvages comestibles ont commencé à être cultivées et suivant les régions du monde, les groupes humains se sont rapprochés de l’une ou de l’autre céréale présente qui est devenue alors telle une déesse mère pour ces groupes humains. Le mot “céréale” vient d’ailleurs de la déesse Cérès, la mère des moissons.
Des herbes folles ornementales
De nombreuses graminées sauvages animent les jardins, soit sous leur espèce botanique soit sous des formes horticoles plus travaillées. Les graminées forment de belles touffes vivaces et graphiques dans le jardin. Faciles à cultiver, la plupart du temps persistantes, elles demandent très peu d’entretien, sont peu exigeantes, demandant surtout du soleil et un sol bien drainé. Ces plantes sont d’ailleurs souvent utilisés dans les jardins secs où l’économie d’eau est le maître mot ou bien dans les jardins de bord de mer. Elles sont très utiles dans les massifs où elles apportent de la légèreté, de la hauteur et du mouvement. Très polyvalentes, la plupart conviendront aux zones sèches du jardin tandis que d’autres préfèreront les terrains humides, elles aiment généralement le soleil mais d’autres se trouvent parfaitement bien à l’ombre. Elles demandent généralement peu d’entretien :
Un rabattage de la touffe à 10 cm en fin d’hiver permet de bien débuter la saison.
Une division régulière pour rajeunir la graminée et pour la multiplier.
Quelques arrosages pour certaines au cours des périodes sèches ou lorsqu’elles sont cultivées en pot.
Les stipas
Le stipa est une Poacée que l’on trouve surtout en Amérique du sud, mais aussi dans le sud de l’Europe et en Asie de l’ouest. Elle est une habituée des steppes et fait partie de la sous-famille des Festucoïdées. Cette graminée est très courante dans les jardins. Sa floraison est particulièrement attrayante et très variée selon les espèces. Elle se développe sur un rhizome en une touffe dense hérissée ou légèrement retombante. Elle tolère sans problème tout sol bien drainé ou sec, au soleil et se révèle très rustique. Quelques espèces ont colonisé les jardins :
Le Stipa tenuifolia, appelé “cheveux d‘ange”, est la plus connue d’entre elles, qui forme une petite touffe de feuilles extrêmement fines et souples.
Le Stipa gigantea forme une touffe de feuilles très retombantes d’où surgissent de bien plus longues tiges florales terminées par des inflorescences en épis légers et peu serrés.
Le Stipa pennata est une petite graminée aux longs et souples épis argentés.
Les miscanthus
Les miscanthus sont aussi connus sous les noms d’herbe à éléphant ou de roseaux de Chine. Leur forme évoque en effet les cannes du bambou. À l’état sauvage, ils poussent spontanément en Asie du sud et en Afrique, dans les montagnes ou les marais. De taille très variée, puisque le plus petit mesure à peine 50 centimètres et le plus grand dépasse les 3 mètres, les miscanthus sont des graminées très intéressantes au jardin avec leur floraison de fin d’été. Les épillets duveteux se déclinent en teintes variées, du beige au brun, de l’argenté au doré, du rosé au pourpre. Ils prennent chez les miscanthus une forme caractéristique d’éventail. Leur développement lui aussi est assez tardif, il faut attendre le milieu du printemps pour voir se développer à nouveau des tiges feuillées au-dessus de la souche que l’on a rabattu à la fin de l’hiver. La plupart des miscanthus forment des touffes cespiteuses mais certaines espèces sont traçantes et ont un développement assez vigoureux. Ils forment des touffes à longues feuilles rubanées plus ou moins retombantes. Les épis floraux sont le plus souvent au-dessus du feuillage. Au cours de l’automne, le feuillage et les tiges florales de ces graminées vont sécher peu à peu tout en restant en place, ce qui donne un véritable attrait à ces plantes durant tout l’hiver. Ils se plaisent au soleil ou à mi-ombre si celle-ci est modérée. Très rustiques et résistants au vent, ils s’épanouiront dans le plupart des sols. Vous les utiliserez comme haie ou bordure, basse ou haute, en isolés, dans des massifs, et même en brise-vent. Ils se mettent en place au printemps et bénéficieront d’apports d’eau réguliers le premier été. Le miscanthus sinensis est une graminée sauvage, originaire d’Asie orientale : Chine, Japon, Corée, Indonésie, Philippines, qui est très commune dans les jardins et dans nos paysage car elle s’y est naturalisée. Elle a été très travaillée par les horticulteurs pour donner naissance à de très nombreuses variétés à l’aspect très différents de l’espèce type.
Les calamagrostis
Leur nom vient du grec calamus, pour roseau, et agrostis, pour herbe. Ces graminées ont une croissance rapide, un port dressé, 50 centimètres de large pour 60 centimètres à 1,80 mètre de haut. Le feuillage est linéaire, rubanné, légèrement brillant, généralement vert bien qu’il y ait des variétés horticoles à feuillage panaché. En automne, le feuillage se teinte de brun clair ou de jaune. Il est ornemental tout au long de l’année, car il ne sera rabattu qu’en fin d’hiver. La plupart forment des touffes cespiteuses. Ces graminées vivaces fleurissent en panicules à l’extrémité des tiges, au-dessus des feuilles. Ces panicules sont formées de nombreux épillets, chacun portant une unique fleur que l’on devine à peine. Les inflorescences sont parfois très longues, jusqu’à 30 cm, sortes de plumeaux très légers de teinte bronze, brun clair, crème, voire pourpre. Comme souvent chez les graminées, elles peuvent changer de couleur au fil des saisons. Leur floraison est très longue, du début de l’été jusqu’à l’automne selon les variétés. Comme beaucoup de Poacées, elles vivent dans l’hémisphère nord, en zones tempérées. On trouve beaucoup de calamagrostis en Asie, en Amérique du Nord et en Europe, la France en compte d’ailleurs plusieurs espèces qui poussent naturellement :
C. arundinacea (syn. C. brachytricha) : cette variété fleurit tardivement, en fin d’été. Les inflorescences sont alors argentées rosées, puis l’automne les voit tourner au doré. On l’appelle souvent Herbe au diamant.
C. canescens : de longs et très fins épis pourprés.
C. epigejos : celui-ci possède un rhizome traçant. Au jardin, ce sont les C. acutiflora qui sont les plus présentes. Très rustiques, peu exigeantes, elles s’installent de préférence au soleil dans un sol frais et riche en humus, maïs tolérant aussi bien les sols argileux et collants que les terres pauvres et arides.
Les fétuques
Cette sous-famille, les Festucoïdées, nous est particulièrement familière. Nos prairies en sont remplies, tout comme les champs que l’on cultive puisque nos céréales appartiennent à cette sous-famille, le blé en tête. On la connaît également très bien du fait que plusieurs espèces sont des composantes du gazon, mais elle prend également sa place comme ornementale. Très résistante aux terres pauvres et sèches, voire pierreuse, elle s’étale lentement.
La plus répandue est la petite fétuque bleue, aux feuilles bleu vert argenté et épillets bleus qui jaunissent en mûrissant.
La fétuque de l’Atlas est une haute graminée aux teintes gris vert.
Conclusion Que ferait l’homme sans les graminées ? Ces plantes pourtant assez discrètes, si ce n’est pas leur nombre, lui sont absolument indispensables. Et leur beauté subtile, toute en souplesse et en douceur, ne fait que renforcer leur intérêt. Au jardin, on ne peut que profiter sereinement de leur présence, admirer leur mouvement et la lumière qu’elles offrent sous le soleil d’hiver.



