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Les maladies du pommier, les champignons et parasites variés sont malheureusement nombreux à prendre pour cible vos beaux fruitiers. Il existe cependant quelques solutions pour éviter chacun de ces agresseurs, mais pour la plupart préventives ou à appliquer dès l’apparition des premiers symptômes. Autre solution, qui n’empêche pas les premières : choisissez des variétés de pommiers résistants !
Les maladies du pommier
Les chancres
Cette maladie qui affecte le tronc du pommier, mais aussi ses branches, est en fait une maladie de l’écorce ou bien un symptôme d’une maladie plus générale (notamment le feu bactérien). Il existe plusieurs sortes de chancres, mais on observe toujours une tache en creux, sombre, qui se développe et s’étend, flanquée de divers bourrelets et autres crevasses. C’est la nécrose de l’écorce qui provoque ces symptômes, nécrose qui va se propager au bois lui-même. La partie atteinte s’affaiblit, perd d’abord ses bourgeons, feuilles et fruits avant de mourir. Lorsque c’est une branche charpentière ou le tronc qui est attaqué, l’arbre lui-même peut mourir. De plus, les chancres sont très contagieux et peuvent se répandre tout autour.
On distingue 2 types de chancre :
Le chancre bactérien est parfois accompagné d’écoulements de gomme (gommose) et les feuilles présentent de nombreuses petites perforations et des taches rougeâtres. La bactérie en cause est généralement du type Pseudomonas, ou bien Xanthosoma. Présente sur l’arbre dès la belle saison, elle peut y rester en latence jusqu’à ce que les conditions deviennent propices à son développement, généralement au cours de l’automne, après la chute des feuilles.
Le chancre fongique : les spores des champignons Coryneum cardinale ou Nectria galligena sont dispersés par le vent, l’eau, les insectes, les outils... et s’insinuent dans l’écorce par tout point d’entrée (plaie, fissure…).
Les solutions
La partie atteinte doit être supprimée et brûlée, au minimum 30 cm en-dessous des symptômes. Vous appliquerez ensuite de la bouillie bordelaise sur la plaie si le chancre était d’origine fongique. L’arbre entier peut dans ce cas être traité avec cette solution cuprique. Dans le cas d’un chancre bactérien, vous pourrez utiliser Bacillus subtilis.
Le chancre peut être cureté : supprimez toutes les zones atteintes et grattant puis passez rapidement (quelques secondes) la flamme d’un chalumeau à une vingtaine de centimètres de l’écorce. Appliquez ensuite un fongicide le cas échéant et traitez l’arbre à la bouillie bordelaise ou au Bacillus subtilis.
La bouillie bordelaise peut être utilisée en prévention avant la chute des feuilles.
Mesure prophylactique importante : la désinfection de tous les outils de taille.
Le chaulage des troncs évite que les spores et les bactéries n’y prolifèrent.
Évitez de tailler sous la pluie, les spores étant facilement dispersables dans l’eau.
Un arbre trop atteint doit être abattu et brûlé.
Le feu bactérien
Parmi les maladies des pommiers, poiriers et autres Rosacées, le feu bactérien est une des plus fréquentes et des plus dangereuses. Elle est provoquée par la bactérie Erwinia amylovora qui va pénétrer dans l’organisme végétal par les fleurs et les plaies, progressant ensuite jusqu’aux racines. Cette maladie du feu bactérien chez le pommier peut, en quelques jours, faire se flétrir des branches entières. Les fleurs et les feuilles deviennent noires et l’extrémité des plus jeunes rameaux, pas encore lignifiée, s’enroule en forme de crosse. Les fruits, bien que desséchés restent accrochés à l’arbre. Des chancres apparaissent généralement sur le tronc ou les branches. Si le temps est suffisamment humide, on peut voir des gouttelettes visqueuses sur les feuilles et fruits. Ces petites gouttes permettront à la bactérie de se disséminer grâce aux insectes pollinisateurs, au vent, à la pluie, aux oiseaux. Durant l’hiver, c’est dans les chancres qui se sont formés que survit la bactérie, en attendant les conditions plus favorables du printemps.
Les solutions
Éviter de planter près de pommiers d’autres espèces sensibles : cognassier du Japon, cotonéaster, aubépine, sorbier, pyracantha et autres Rosacées…
Supprimez et détruisez immédiatement toutes les parties atteintes, au moins 30 cm en dessous des symptômes, y compris les chancres (voir plus haut). Pensez à désinfecter vos outils.
Si le pommier est trop atteint, il doit être abattu.
La tavelure

Maladie fréquente du pommier, la tavelure est d’origine cryptogamique, causée par le champignon Venturia inaequalis. Les symptômes sont : taches brunes sur le feuillage qui se déforme et tombe, fruits déformés, crevassés, qui finissent par pourrir, dessèchement des rameaux. Les spores stagnent dans les fruits et feuilles et se dispersent au sol à l’automne. Au printemps, le vent les emportera sur les pommiers alentours. Une forte humidité au moment du débourrement est favorable à la contamination, possible pendant 10 semaines, avec un pic lorsque les fleurs perdent leurs pétales.
Les solutions
Des pulvérisations préventives à la bouillie bordelaise après la chute des feuilles, au débourrement puisque lorsque les fruits commencent à prendre forme (à la taille d’un noyau de cerise).
La décoction de prêle peut remplacer certaines pulvérisations de bouillie bordelaise.
En prévention également, l’application de blanc arboricole permet de se débarrasser de nombreux spores de champignons et parasites.
Ramassez les feuilles et débris végétaux à l’automne.
Lorsque la tavelure est installée, traitez à la bouillie nantaise les parties atteintes après les avoir humidifiées (ou après la pluie). Il est important d’agir très rapidement pour obtenir un résultat probant.
L’oïdium

L’oïdium est une maladie du pommier fréquente et malheureusement grave. Elle est due à un champignon, le Podosphaera leucotricha. Les spores passent l’hiver dans l’écaille des bourgeons et se réveillent au printemps avant de se propager à l’ensemble de l’arbre. Les bourgeons prennent un aspect ébouriffé, tous les jeunes organes (feuilles, rameaux) se couvrent du caractéristique feutrage blanc. Les fruits également peuvent être touchés, affichant un aspect liégeux et décoloré.
Les solutions
Évitez les endroits mal aérés pour y planter vos pommiers.
Supprimez et détruisez les parties atteintes dès les premiers signes.
La maladie des tâches noires
La maladie du pommier bitter pit (taches amères), appelée aussi taches noires, est due à à un rapport déséquilibré entre la teneur en calcium et la teneur en potassium et magnésium. Elle touche les fruits, le plus souvent durant leur conservation, entre décembre et janvier. Certaines variétés sont plus sensibles que d’autres : Gravenstein, Golden delicious, Reinettes, belle de Boskoop, Braeburn notamment. Les pommes montrent des taches sombres et sèches de 3 à 5 mm sous la peau, qui noircissent au fur et à mesure que la nécrose évolue et qui deviennent visibles sur l’épiderme. Elles donnent une amertume désagréable aux fruits atteints.
Les solutions
Après une analyse du sol préalable, vous pourrez prévenir ce déséquilibre minéral :
En réalisant un chaulage en sol acide, à raison de 100 g/m2. Cela améliore l’assimilation du calcium, mais la modification du pH prend toutefois quelques années.
En évitant les apports d’engrais azotés.
En favorisant le feuillage par rapport aux fruits par une taille raisonnée, plus légère (taillez en vert et long) et un éclaircissage des fruits. En effet, la sève du feuillage est plus riche en calcium que celle des fruits, et lorsque le temps est chaud et sec les feuilles perdent du calcium en transpirant.
En effectuant des apports en eau réguliers si besoin, en paillant le pied des pommiers en sol sec, en drainant les sols humides. Les épisodes de stress hydriques ont tendance à défavoriser l’assimilation du calcium par l’arbre.
Des pulvérisations de calcium peuvent être réalisées sur les fruits (attention, ce produit doit absolument être appliqué seul). Elles auront lieu 4 fois toutes les 3 semaines, à partir de la 12e semaine avant la récolte. Les applications doivent surtout être fréquentes et régulières pour bien profiter aux fruits.
Une autre méthode de prévention est de choisir des variétés de pommier résistant à cette maladie.
À savoir : le bitter pit peut parfois être confondu avec la maladie du liège qui provoque les mêmes symptômes, mais les taches causées par cette maladie ne sont pas amères. On remarque également dans ce cas des décolorations du feuillage, des rameaux déformés, cassants.
Les ravageurs
Le carpocapse
Appelée tordeuse ou ver des pommes, cette chenille n’entraîne pas de maladie du pommier mais fait beaucoup de ravages dans les fruits. Elle pénètre dans les pommes dès son éclosion et s’en nourrit. Lorsque la ponte a été précoce, les fruits peuvent tomber avant terme. Dans les régions du sud de la France, le carpocapse peut engendrer plusieurs cycles de chenilles, dont la dernière trouvera refuge pour l’hiver sous l’écorce de son hôte.
Les solutions
Le blanc arboricole appliqué sur l’écorce en hiver permet de détruire de nombreuses larves de ces chenilles ravageuses.
Toujours en hiver, réalisez des pulvérisations d’huile blanche sur le tronc et les branches.
Les pucerons
Quelle maladie du pommier montre des feuilles recroquevillées ? En fait ce n’est pas une maladie mais une invasion de pucerons. Parmi le grand nombre d’espèces du parasite, 2 sont fréquentes chez le pommier.
Les pucerons lanigères
On voit fréquemment se développer le long des rameaux de pommier comme une écume, un duvet blanc. Cette sorte de mousse blanche n’est pas due à une maladie du pommier mais à un ravageur : le puceron lanigère. Celui-ci est en réalité de couleur brune, mais son corps est recouvert d’une pruine blanche et cotonneuse. Il se regroupe en colonies, principalement sur les jeunes branches mais aussi sur le tronc et peut également atteindre les racines. Sa reproduction est très rapide, jusqu’à 12 générations dans l’année. Les pucerons lanigères prélèvent la sève de l’arbre pour se nourrir et ce faisant l’affaiblissent, lorsqu’ils sont très nombreux, et entraînent l’apparition de pathogènes. Les pommiers envahis de pucerons lanigères développent fréquemment des chancres, des boursouflures sur les rameaux, les feuilles se crispent, s’enroulent sur elles-mêmes. Les fruits se tachent à cause de la pruine et du miellat. Non traité et subissant des attaques année après année, le pommier peut dépérir et mourir. Durant l’automne, les larves et les femelles entrent en diapause, cachées dans les anfractuosités des écorces ou autour des racines situées près du collet. Elles reprendront activité et développement dès le mois de mars.
Les pucerons cendrés

Une autre espèce de puceron se trouve fréquemment sur le pommier, le puceron cendré. Rose ou vert, il forme également des colonies nombreuses et produit plusieurs générations par an, entre 6 et 9. En prélevant la sève des feuilles et des bourgeons, il gêne le développement de l’arbre et l’activité foliaire. La salive toxique du puceron cendré provoque une sorte de gaufrage des feuilles, qui vont ensuite s’enrouler et sécher. Ce puceron produit du miellat en très grande quantité, d’où la fumagine qui recouvre de nombreuses feuilles et fruits.
Les solutions
Elles sont variées et peuvent être simples et efficaces si le problème est pris au début de l’invasion.
Pour les pucerons lanigères, si la colonie est encore petite, appliquez de l’alcool à brûler au pinceau sur toutes les traces de duvet blanc.
Pour une colonie plus importante, réalisez des pulvérisations d’alcool à brûler mélangé à du produit vaisselle ou du savon noir, dilués dans de l’eau. Mouillez en abondance et n’hésitez pas à recommencer tant qu’il reste des pucerons. Évitez les jours de pluie pour que le mélange ne soit pas immédiatement lessivé par la pluie.
Le savon noir en lui-même, dilué à 5%, empêche les fonctions respiratoires des pucerons.
L’extrait de tanaisie est efficace contre ces parasites, à pulvériser non dilué.
En lutte biologique, on utilise une guêpe parasitoïde, Aphelinus mali, les coccinelles ou encore les forficules.
En prévention, on appliquera après la chute des feuilles et avant le débourrement de l’huile blanche sur le pommier.
Le saviez-vous ? Le petit arbre que l’on nomme pommier d’amour n’a rien à voir avec le pommier. Il s’agit d’une plante exotique qui appartient à la famille des Solanacées et qui offre en fin d’été de petites baies rondes et rouges ressemblant à des pommes. La principale maladie du pommier d’amour est le botrytis, et les parasites fréquents sont les aleurodes, les araignées rouges et les pucerons.
Choisir des variétés résistantes
Bien que des solutions préventives existent pour prémunir vos fruitiers des agresseurs qui les menacent, il est toujours plus prudent de choisir des pommiers résistant aux maladies et aux parasites. Certaines variétés anciennes affichent une relativement bonne résistance globale : Transparente de Croncel, Melrose, Reinette grise du Canada, Patte de Loup, Fil jaune, Bénédictin... En terme de porte-greffe, préférez les M7 ou Geneva au très courant M9.
Puceron lanigère : variétés Harmonie, Florina Querina , Rebell, porte-greffes M106, M111, M116
Puceron cendré : variétés Querina Florina, Goldrush, Golden Orange
Feu bactérien : variétés Initial, Latica, Akane, Red Delicious, Liberty, Remo, Rubinola, Melrose, porte-greffes M9, M7, Geneva
Tavelure : variétés Reinette du Mans, Fenouillet gris, Patte de Loup, Belle de Boskoop, Melrose, Florina, Initial, Harmonie, Topaz, Florina Querina, Rebella, Karneval, Delbardivine… La résistance à la tavelure est toutefois limitée, car ce parasite s’adapte en quelques années.
Oïdium : variétés Ligita, Initial, Pomme d’Adam, Reinette de Champagne, Akane, Reinette Clochard, Discovery
Bitter pit : variétés Florina Querina, Fenouillet gris
Conclusion
Le pommier est un bel arbre fruitier mais qu’il faut choisir avec beaucoup de soin pour éviter les maladies et parasites qui sont susceptibles de nuire à la récolte, voire à l’arbre tout entier. Certes des solutions existent pour les variétés plus sensibles, mais elles consistent pour la plupart en méthodes préventives, qui se révèlent plus ou moins efficaces. Elles sont pour autant à appliquer, y compris sur des pommiers résistants, pour éviter tout souci de santé à vos fruitiers. Et la base pour des pommiers beaux et sains, c’est le choix de variétés adaptées au terroir et des soins sur mesure !
