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Les cochenilles sont des parasites assez courants, dans les jardins et les vergers, comme dans la maison, car elles choisissent comme hĂŽtes de trĂšs nombreux vĂ©gĂ©taux et se rĂ©vĂšlent assez coriaces lorsque lâon souhaite sâen dĂ©barrasser. Un de ses hĂŽtes possibles est le pommier. Cet insecte piqueur-suceur Ă la salive toxique peut faire de vĂ©ritables dĂ©gĂąts sur du long terme. Comment se dĂ©barrasser des cochenilles sur un pommier ?Â
Quelles cochenilles sur le pommier ?
La cochenille est un parasite qui attaque trĂšs frĂ©quemment les pommiers et qui peut faire de vĂ©ritables dĂ©gĂąts sur du long terme : les branches porteuses sâaffaiblissent peu Ă peu et dĂ©pĂ©rissent, lâarbre entier peut dĂ©pĂ©rir Ă terme. Les piqĂ»res sur les fruits jaunes contaminĂ©s portent un halo rouge violacĂ© tandis que les fruits rouges affichent des halos clairs. De plus, une fois lâarbre affaibli, il est courant quâil soit attaquĂ© par dâautres ravageurs, notamment par des insectes xylophages (qui se nourrissent de bois).
Lâimportance de ces dĂ©gĂąts dĂ©pend de lâespĂšce de cochenille prĂ©sente et de la taille de la colonie.
Plusieurs espĂšces de cochenilles sont susceptibles de coloniser un pommier. Et il est important de connaĂźtre lâespĂšce des coupables, car la lutte peut diffĂ©rer selon leur type.
Le pou de San José
Quadraspidiotus perniciosus est la cochenille la plus nuisible pour les pommiers. Bien quâil prĂ©fĂšre les parties ligneuses (le bois) des arbres, les gĂ©nĂ©rations de lâĂ©tĂ© peuvent sâinstaller sur les fruits.
Cette cochenille Ă bouclier porte une protection blanche au premier stade de son dĂ©veloppement, protection qui devient plus sombre pour ĂȘtre noire lorsque le stade adulte est atteint. Sa forme est circulaire, allongĂ©e chez les mĂąles adultes. Sa capacitĂ© de nuisance est due au fait quâil peut y avoir 2 Ă 4 gĂ©nĂ©rations dans lâannĂ©e.
La premiĂšre ponte dĂ©bute fin mai et se poursuit pendant 6 semaines, Ă raison de 8 Ă 10 Ćufs par jour. Les suivantes sont Ă peu prĂšs dĂ©but aoĂ»t et fin septembre. La larve du pou de San JosĂ© est mobile durant 1 ou 2 jours avant de se fixer.
La cochenille virgule

Lepidosaphes ulmi fait aussi partie des cochenilles Ă bouclier. Chez elle, le bouclier en question est brun et recourbĂ© comme une virgule, dâoĂč son nom. Elle est de petite taille, entre 1 et 5 mm. Le bouclier est prĂ©sent Ă tous les stades, des Ćufs Ă l'Ăąge adulte, protĂ©geant ainsi lâinsecte contre les prĂ©dateurs et nâimporte quelle agression.
La cochenille virgule se reproduit et pond au mois de juillet. Les Ćufs restent cachĂ©s sous le bouclier jusquâau mois de mai suivant, moment oĂč ils Ă©closent. Les larves sortent alors du bouclier, câest le seul moment oĂč elles peuvent se dĂ©placer, la suite des stades larvaires se passeront sous bouclier.
Ces cochenilles sâinstallent sur lâĂ©corce des troncs et des branches. Elles sont de ce fait assez difficiles Ă repĂ©rer, il faut sâapprocher de trĂšs prĂšs pour apercevoir les boucliers confondus avec lâĂ©corce.Â
Contrairement Ă dâautres espĂšces, la cochenille virgule ne produit pas de miellat, il nây a donc pas de fourmis circulant sur lâarbre qui pourraient alerter de la prĂ©sence du ravageur.
La cochenille rouge du poirier
Epidiaspis leperii apprĂ©cie tous les arbres de la famille des rosacĂ©es, dont le pommier, mĂȘme si elle est particuliĂšrement attirĂ©e par le poirier.Â
Le bouclier circulaire des femelles est clair, de couleur variable entre le gris et le jaune, avec un centre rouge sombre. Le bouclier des mĂąles est plus petit, ovale et de couleur blanche.
Il nây a quâune gĂ©nĂ©ration par an. La ponte dĂ©bute tĂŽt, au mois de mai, car ce sont les femelles fĂ©condĂ©es qui hibernent, et continue jusquâĂ lâautomne. Juste aprĂšs lâĂ©closion des Ćufs, les larves sont mobiles quelques heures, jusquâĂ ce quâelles trouvent un emplacement et quâelles sây fixent avant de sĂ©crĂ©ter leur bouclier.
En plus des dĂ©gĂąts habituels commis sur les arbres, cette cochenille peut entraĂźner des retards de dĂ©veloppement ainsi que des fissures et dĂ©formations sur les branches attaquĂ©es. Et si les colonies sont importantes, lâarbre va commencer Ă produire de la gomme et les branches atteintes se dessĂšchent tandis quâau niveau des fruits, la production va ĂȘtre impactĂ©e.
La cochenille jaune

Quadraspidiotus piri nâest gĂ©nĂ©ralement pas problĂ©matique pour le pommier, car les colonies sont le plus souvent petites.
De teinte ocre jaune, le corps de cette cochenille est protĂ©gĂ© par un bouclier gris ou noir. Celui des femelles affiche une partie jaune orangĂ©, celui des mĂąles et plus petit que celui des femelles et de forme plus allongĂ©e. Il y a une seule gĂ©nĂ©ration par an. La pĂ©riode hivernale est une pause dans le dĂ©veloppement des larves qui reprendront celui-ci Ă la fin de lâhiver.
La cochenille ostréiforme
Celle-ci est la moins dangereuse pour les pommiers. Quadraspidiotus ostraeiformis est Ă©galement une cochenille Ă bouclier. Celui-ci change de couleur et de forme au fur et Ă mesure du dĂ©veloppement de la larve. Blanc et circulaire au premier stade, il fonce peu Ă peu, devenant allongĂ© pour les mĂąles. Lorsque les larves atteignent le dernier stade avant lâĂąge adulte, le bouclier devient noir.Â
Comme la cochenille Ă virgule, la cochenille ostrĂ©iforme se reproduit au dĂ©but de lâĂ©tĂ© et le dernier stade larvaire est enclenchĂ© avant lâhiver, avec une pause des fonctions de lâorganisme Ă cette saison. Lorsque l'Ćuf Ă©clot, la larve est mobile un petit moment.
Comment se débarrasser des cochenilles sur un arbre ?

Si vous ĂȘtes certain que ce sont des cochenilles et que vous avez une idĂ©e de lâespĂšce, voici plusieurs solutions prĂ©ventives ou curatives.
Comme les pucerons, les cochenilles vont ĂȘtre attirĂ©es par une croissance importante des jeunes pousses et feuilles, câest-Ă -dire lorsque celle-ci est dopĂ©e par un apport excessif dâazote. Soyez modĂ©rĂ© dans lâapport de cet Ă©lĂ©ment nutritif.
Les cochenilles Ă bouclier ont des prĂ©dateurs naturels, notamment des guĂȘpes microscopiques et des coccinelles. Il est donc judicieux de favoriser leur prĂ©sence, par exemple en installant Ă proximitĂ© de cet arbre fruitier, un hĂŽtel Ă insectes et en offrant Ă ceux-ci un jardin sans pesticide et riche en espĂšces vĂ©gĂ©tales.
Sur un trĂšs jeune pommier ou un sujet en bac : lâemploi d'une solution d'alcool Ă 70° avec
un peu d'eau savonneuse est assez efficace au dĂ©but dâune invasion. Imbiber un chiffon et le passer sur les cochenilles pour en dĂ©barrasser lâarbre.
Le brossage des parties colonisées puis un badigeon de lait de chaux réalisés en hiver élimine les parasites présents et évite de nouvelles attaques.
Il est aussi possible dâutiliser un jet dâeau trĂšs puissant que vous passerez sur les branches et les feuilles de vos pommiers. La puissance du jet permettra de faire disparaĂźtre toutes les cochenilles qui ont pu se loger dans vos arbres.
MalgrĂ© sa protection, la cochenille Ă bouclier est vulnĂ©rable Ă un moment prĂ©cis : celui de la sortie de la diapause (il sâagit dâun arrĂȘt du dĂ©veloppement, ici pour passer la pĂ©riode hivernale), lorsque toutes leurs fonctions se rĂ©activent et que leur dĂ©veloppement reprend. Cette reprise des fonctions se produit en fin dâhiver, un traitement Ă lâhuile blanche sera fait Ă cette pĂ©riode, au moment du dĂ©bourrement (lorsque les bourgeons commencent Ă sâouvrir). Câest plus compliquĂ© avec la cochenille rouge, car elle sâinstalle sur lâĂ©corce sur plusieurs Ă©paisseurs de bouclier.
Le stade durant lequel la larve est mobile est aussi opportun pour effectuer un traitement. Il se produit fin juillet ou dĂ©but aoĂ»t, sauf pour le pou de San JosĂ© dont le premier essaimage se produit entre mai et juin. Il faudra faire 2 traitements sur un intervalle de 15 jours.Â
Dans le cas dâune trĂšs forte infestation, il est possible de retirer les branches touchĂ©es, s'il s'agit de petites branches secondaires, et de les brĂ»ler sans attendre pour Ă©viter une invasion gĂ©nĂ©rale.
Notre conseil : un traitement au lait de chaux réalisé en automne ou au début du printemps réduit considérablement ce type d'attaques. Les arbres sont beaucoup plus sains.
Les cochenilles du pommier sont de plusieurs espĂšces, quâil est prĂ©fĂ©rable de reconnaĂźtre pour pouvoir lutter correctement. En effet, elles ont chacune leur spĂ©cificitĂ©s, ce qui peut modifier notamment la pĂ©riode du traitement Ă appliquer. Par ailleurs, toutes ne sont pas dangereuses, une surveillance rĂ©guliĂšre peut alors et ĂȘtre mise en place pour sâassurer quâil nây a pas une forte progression.
