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Conseils jardinage et plantes

Maladies du noyer

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Le noyer est un arbre très apprécié. La beauté de sa ramure et son ombre dense très agréable en été, les savoureux et riches cerneaux de ses noix sont des attraits incontestables au moment de choisir des arbres pour son jardin. Quelque peu exigeant quant à ses conditions de culture, le noyer est pourtant facile à cultiver lorsque ces conditions sont réunies car il est assez robuste. Pourtant, il arrive au noyer d‘être malade, attaqué par des insectes ravageurs ou par des pathogènes bien plus petits. Quelles sont les principales maladies du noyer et comment lutter contre ces agresseurs ?

Malgré sa robustesse, le noyer peut tomber malade à cause d'insectes ravageurs ou de champignons - © Petair - stock.adobe.com

Voir tous nos traitements des maladies des plantes

Noyer malade : les insectes

Le carpocapse des pommes et des poires

Contrairement à ce qu’indique son nom, ces fruitiers à pépins ne sont pas les seules victimes de ce ravageur, Cydia pomonella, qui ne dédaigne pas d’attaquer quelques noyers (ainsi que des abricotiers, cognassiers, pêchers). La femelle de ce petit papillon pond ses œufs sur les fruits et sur les feuilles et les branches à proximité des fruits. Il y a aujourd'hui jusqu’à 3 générations par an, le nombre de générations augmentant avec la température. Les larves de la dernière génération de l’année hibernent sous l’écorce de l’arbre ou dans le sol, pendant leur nymphose et prendront leur envol au printemps suivant.

Le carpocapse des pommes s'attaque aussi au noyer et y fait des dégâts - © Tomasz - stock.adobe.com

La maladie

Les larves pondues sur les fruits pénètrent jusqu’aux cerneaux encore tendres et s’en nourrissent. Les fruits tombent prématurément. Il y a peu de symptômes puisque les larves vont très rapidement dans le fruit. Elles connaissent néanmoins au tout début de leur vie un stade baladeur qui dure quelques jours, le temps de trouver un fruit. Sachant que les premières larves naissent à la fin mai.

Lutter contre le carpocapse

  • La diffusion de phéromones synthétiques est un moyen de lutte efficace contre le carpocapse, qui fait chuter drastiquement le nombre d'Å“ufs fécondés.

  • Le piégeage des mâles, également grâce aux phéromones sexuelles, est une autre méthode qui peut compléter la première.

Pour en savoir plus, lisez la fiche maladie du carpocapse.


La mouche du brou

Il semble que cette mouche du brou de noix, Rhagoletis completa, soit très présente dans le Sud-Est de la France depuis une trentaine d'années. On aperçoit les adultes au début de l’été, qui vont se reproduire et pondre dans le brou des noix à peine formées. Cette enveloppe va les nourrir jusqu’à leur avant-dernière phase, à ce moment-là, elles se laissent tomber au sol (ou le fruit lui-même tombe au sol) pour devenir des nymphes, bien cachées sous la surface.


La maladie

Les larves présentes dans le brou dégradent celui-ci qui devient progressivement noir, par taches, et commence à se décomposer. Le brou devient alors collant et mou. Une ponte précoce est plus grave qu’une ponte tardive. En effet, dans le premier cas, les fruits tombent alors qu’ils ne sont pas matures, la récolte est donc perdue. Dans le second cas, par contre, même si le brou est difficile à décoller de la coque et que celle-ci porte aussi des taches noires, le fruit à l’intérieur est indemne et tout à fait comestible. Il sera néanmoins difficile de faire sécher les noix, le risque étant qu’elles pourrissent rapidement.

Pour vous aider, lisez aussi notre conseil : pourquoi la bogue des noix devient noire ?


Lutter contre la mouche du brou

Si vous vivez dans une région où cette mouche est très présente, vous devrez dès le mois de juin (en fait dès la fin de la floraison) installer des pièges à mouche chromatiques, 1 par mètre dans les branches du noyer.

Si l’attaque a déjà eu lieu, vous devrez ramasser toutes les noix qui ont pu être touchées et vous devrez les brûler. Prenez le soin de bien biner et griffer la terre autour des racines pour retirer toutes les larves qui peuvent s’y être enfouies. Une bonne solution pour empêcher les larves de se cacher dans le sol pour y accomplir leur nymphose est de placer une bâche sur le sol, tout autour du tronc. Les larves seront tuées par le froid ou mangées par les oiseaux.


Les pucerons du noyer

Plusieurs espèces de pucerons sont susceptibles de s’attaquer au noyer, notamment des pucerons jaunes (Chomaphis juglandicola et Panaphis juglandis). Ces parasites piqueurs suceurs se nourrissent de la sève des feuilles, provoquant en cas de colonies importantes un affaiblissement marqué de l’arbre, non seulement par ce manque de sève mais aussi par la fumagine qui se développe sur celles-ci du fait du miellat que les pucerons excrètent en quantité. Les fruits peuvent être touchés, notamment par un retard de croissance.


Les pucerons affaiblissent le noyer - © TSViPhoto - stock.adobe.com

La maladie

Souvent sur l’envers des feuilles, ces pucerons ne sont pas très visibles. Par contre ils sont généralement accompagnés de fourmis, qui sont de ce fait très nombreuses à circuler de leur nid vers les branches. La fumagine est également un signe visible, elle ressemble à une espèce de suie noire et collante posée sur les feuilles. Il peut y en avoir aussi sur les fruits mais cela n’a pas d’incidence sur leur consommabilité.

Les pucerons peuvent être vecteurs de maladies car porteurs de virus.


Lutter contre les pucerons du noyer

Installez des bandes de glu autour du tronc de l’arbre afin que les fourmis ne puissent plus protéger les pucerons de certains de leurs agresseurs.

Ces agresseurs sont des auxiliaires du jardin, des insectes prédateurs de pucerons tels que le syrphe ou la coccinelle, et plus particulièrement leurs larves, très voraces, les pince-oreilles. Cette faune auxiliaire doit être favorisée pour arriver à maintenir les parasites à un niveau acceptable.

Pour en savoir plus, retrouvez tous nos conseils sur les pucerons.


Les micro-organismes

Plusieurs micro-organismes, du type champignons, parasites ou bactéries, peuvent rendre malade le noyer. Comment les reconnaître et comment lutter, lorsque c’est possible ? 


L’encre du noyer

Due à un parasite de type Phytophthora (Phytophthora cambivora, Phytophthora cinnamomi ou Phytophthora cactorum), cette maladie est située dans les racines. 


La maladie

Des blessures qui laissent s’écouler un liquide noir, les feuilles des extrémités des branches et rameaux qui se flétrissent et sèchent, tels sont les signes de la maladie. 


Lutter contre l’encre du noyer

Malheureusement, lorsque les symptômes apparaissent, il est trop tard pour tenter de sauver l’arbre. Il faut couper et détruire celui-ci et ôter au moins 1 m² de terre puisque ce parasite y demeure et peut contaminer d’autres sujets.

En prévention : choisissez des variétés résistantes dans les zones à risque, apportez du purin de prêle aux jeunes noyers, taillez la ramure de façon à ce que l’air et la lumière circulent aisément, appliquez de la bouillie bordelaise en toute fin d’hiver.


La bactériose ou brûlure du noyer

Comme son nom l’indique, c’est une bactérie, Xanthomonas campestris pv. juglandis, qui est responsable de cette maladie. Elle arrive dans l’organisme de l’arbre par les écailles des futurs bourgeons et y reste bien au chaud jusqu’au printemps suivant où elle va pouvoir contaminer les bourgeons des feuilles et des fruits.


La maladie

Les chatons sont les premiers organes à montrer des symptômes de la maladie : des taches sombres aux bords flous. Puis des taches jaune clair à marron clair apparaissent sur les feuilles, qui s’arrêtent aux nervures. Les fruits, eux, montrent des taches noires, qui sont mouillées et molles au toucher. Quand l’attaque se fait tôt dans la saison, les fruits eux-mêmes sont noirs, immangeables. Ils peuvent tomber. Une attaque tardive peut épargner les cerneaux.


Lutter contre la bactériose

  • Pulvérisez du cuivre tous les 8 jours en juin et juillet pour limiter les dégâts.

  • Il est conseillé de sélectionner des variétés de noyer insensibles à cette maladie et d’éviter les apports d’azote trop importants qui peuvent attirer les pathogènes.

  • Ramassez les feuilles et les branches au sol et détruisez-les. Si vous taillez le sujet, désinfectez vos outils de coupe avant de passer à un autre végétal.

L’anthracnose

Cette maladie du noyer est due à un champignon, Marssonina juglandis (ou Ophiognomonia leptostyla). Le vent transporte les spores jusqu’aux feuilles du noyer qui sera contaminé au cours de l’été. Le champignon hiverne au sol, tombant avec les feuilles.


La maladie

On voit facilement que le noyer est malade d’abord à ses feuilles, qui portent des taches circulaires entourées d’un halo jaunâtre, puis aux taches en creux également sombres sur les fruits. Les taches sur les feuilles touchent leur entièreté, y compris les nervures, et les feuilles atteintes tombent au cours de l’été. Les cerneaux en eux-mêmes ne sont pas marqués mais ils ne se développent pas.

L'anthracnose empêche les noix de se développer - © stylefoto24 - stock.adobe.com

Lutter contre l’anthracnose

Il n’y a pas vraiment de solution contre ce champignon, mais détruisez par le feu feuilles et fruits car même une montée en température lors de la décomposition dans le compost ne détruit pas les spores.

Pour en savoir plus, lisez la fiche maladie de l'anthracnose.

Le noyer n’est pas un arbre particulièrement fragile, mais lorsqu’il tombe malade, c’est sa production qui peut être impactée, ce qui est fort dommage pour cette récolte tant attendue. C’est pourquoi il est important d’être attentif, car plus vite vous vous apercevrez de cette atteinte, plus vous aurez de chance d’agir avant qu’il ne soit trop tard.