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Malgré leur caractère piquant, les piments n’en sont pas moins victimes de nombreuses maladies et parasites que leurs cousins tomates, pommes de terre et aubergines. Les champignons tels que le mildiou et l’oïdium sont des plus courants mais bactéries et virus sont aussi de la partie, tout comme les pucerons et autres piqueurs-suceurs. Quels traitements apporter aux maladies du piment ?
Le piment est un légume exigeant
Le piment est un excellent légume, très riche en vitamine C mais qui demande certaines attentions pour pousser dans les meilleures conditions. Les raisons pour lesquelles le piment peut être en mauvaise santé sont assez variées :
L'emplacement est la première raison qu’il faut prendre en compte. Le piment exige d'être au soleil, c'est la seule exposition possible, jamais à l’ombre. Cela peut en effet l’affaiblir.
L'espacement entre chaque pied doit être de 60 cm, le plant pouvant atteindre 1 mètre de hauteur. Si le piment ne possède pas assez d’espace, l’air et la chaleur ne pourront pas circuler entre les plants.
Un arrosage régulier est indispensable pour la production de piments. Si la terre est trop sèche, vous devrez absolument lui apporter régulièrement un arrosage généreux, au pied uniquement et de préférence en goutte-à-goutte ou le matin.
Soyez judicieux et modéré dans vos apports d’engrais, notamment au niveau de l’azote.
Sur chaque pied, il est conseillé de limiter le nombre de fruits à 8 ou 10. En effet, trop de fruits sur un seul pied peut épuiser la plante et donner une production de qualité inférieure.

Quelles sont les maladies du piment et quels sont les traitements ?
Plusieurs maladies peuvent atteindre les piments, relativement fragiles comme toutes les Solanacées (la famille des tomates, pommes de terre, aubergines…).

L’oïdium
Maladie très courante parmi les légumes d’été, l’oïdium est causé par le développement d’un champignon, favorisé par des températures supérieures à 20° et peu différentes entre le jour et la nuit, et la sécheresse du sol.
La présence du champignon entraîne le développement d’un feutrage blanc sur la face inférieure des feuilles, correspondant à des taches jaunâtres sur leur face supérieure. Les feuilles finissent par pourrir et tomber tandis que le plant s’affaiblit, la production en étant affectée.
En prévention, pulvérisez sur le feuillage une décoction de prêle tous les 15 jours.
Si vos piments sont déjà malades, supprimez et détruisez dès que possible les feuilles atteintes.
Le mildiou
Le mildiou, autre maladie fongique du piment, peut se révéler très dévastateur car de développement très rapide. Il est favorisé par l’humidité et par les écarts importants de températures entre le jour et la nuit.
La face supérieure des feuilles se marque de taches brunes cerclées de jaune. Les feuilles flétrissent et la plante s’affaiblit et se dessèche.
En prévention, vous éviterez de cultiver le piment à proximité d’autres Solanacées et vous pulvériserez tous les 15 jours de la décoction de prêle sur les feuilles, en période sensible.
Comment traiter le mildiou du piment ? Aux premiers signes de contamination, supprimez et détruisez les feuilles atteintes.
La fonte des semis
Cette maladie fongique est provoquée par des champignons, parfois les mêmes que ceux qui touchent les plants plus âgés, celui qui provoque le mildiou par exemple.
Les plantules pourrissent par leurs racines ou par leur collet, ce qui provoque leur flétrissement et leur mort. On peut parfois voir un amincissement au niveau du collet, la plantule va alors se coucher avant de disparaître.
Pour éviter que vos semis de piments ne tombent malades, semez dans un terreau pour semis, que vous pouvez par précaution passer quelques minutes au micro-ondes, dans un contenant préalablement désinfecté, tout comme les outils que vous utilisez. Placez vos semis à une température douce et humidifiez régulièrement mais sans excès. Prévoyez un bon drainage.
Le virus de la mosaïque du concombre
Cette maladie est très reconnaissable. Les feuilles des plants atteints se couvrent de motifs réguliers marbrés verts et jaunes et les fruits sont déformés et prennent également une coloration à motifs ou présentent une peau rugueuse et mate pour les fruits déjà présents. À la consommation, ceux-ci ont une saveur très amère. La production peut stopper. Le plant en lui-même se développe peu et reste en forme de buisson.
Le virus peut se transmettre par plusieurs voies : souvent par des insectes piqueurs-suceurs tels que pucerons, thrips, mais aussi par certaines herbes ou débris végétaux à proximité. Il est favorisé par un temps humide et une faible luminosité.
Comment traiter la mosaïque du piment ? Une fois installé dans les tissus de la plante, le virus ne peut être éradiqué et il faut détruire les pieds de piments malades. Il est par contre possible, à l’aide de quelques gestes, de limiter les risques de contagion :
Sélectionnez des variétés résistantes.
Veillez à correctement nettoyer le sol avant de planter ou semer vos piments en désherbant.
Protégez vos plants des pucerons et ne plantez pas à proximité des végétaux qui les attirent.
La gale bactérienne ou bactériose
Provoquée par une bactérie résistante qui peut survivre dans le sol ou dans des débris végétaux contaminés, cette bactériose est favorisée par des températures chaudes, de 24 à 30°, accompagnées d’une forte humidité.
Des taches sur la face inférieure des feuilles apparaissent, circulaires et en relief, de petite taille au début. Elles deviennent ensuite des lésions brunes au cœur clair. Les feuilles atteintes finissent par tomber. Des lésions en longueur apparaissent sur les tiges. Sur les fruits, des petites taches circulaires se forment, vertes puis brunes, qui deviennent ensuite des lésions.
Pour prévenir la gale bactérienne, désinfectez les outils (et vos mains !) entre deux végétaux si l’un d’eux semble malade. Nettoyez bien le sol de tous les débris végétaux de cultures sensibles. Pratiquez la rotation des cultures.
Quels sont les insectes ravageurs du piment ?
Les ravageurs qui colonisent leurs plantes hôtes peuvent parfois transmettre des maladies, mais il arrive aussi fréquemment que, affaiblie, la plante attaquée ne soit plus en mesure de résister à des organismes pathogènes. Quels insectes mangent les feuilles de piment ?
Les thrips
Minuscules et ailés, les thrips vont se nourrir de la sève des plantes qu’ils colonisent, leur nombre compensant leur petite taille. Ils s’installent au bout des fleurs et sur les feuilles. Les fleurs avortent souvent diminuant drastiquement la production, et le plant attaqué peut rester de petite taille. De plus, comme les pucerons, ils peuvent porter des maladies.
Un produit à base de pyrèthre peut être utilisé, en complément de pièges à glu bleus.

Les pucerons
Particulièrement attirés par les jeunes tiges et bourgeons, les pucerons s’installent par colonies sur l’extrémité des tiges, sous les feuilles. Ils affaiblissent la plante par leurs piqûres et la diminution de la sève. Ces piqûres-succions entraînent également un enroulement des feuilles et des jeunes tiges, ainsi que la déformation des bourgeons. Par ailleurs, ils peuvent être vecteurs de certaines maladies, notamment du virus de la mosaïque du concombre.
Pour protéger vos pieds de piments, pulvérisez une décoction ou un purin d’ortie, ou encore un produit à base de pyrèthre.
Les aleurodes
Ces petits insectes volants, aussi appelés mouches blanches, colonisent les feuilles des pieds de piment pour s’y nourrir. Ils y pondent également et les larves se développent et se nourrissent sur la face inférieure des feuilles tandis que les adultes se trouvent sur la face supérieure. Les générations se chevauchent, les colonies peuvent donc devenir très importantes.
Les feuilles vont sécher et tombent, les fleurs avortent et la plante ralentit sa croissance. De plus, les aleurodes excrètent du miellat. Cette substance sucrée permet le développement d’un champignon, la fumagine, qui recouvre les feuilles d’une sorte de suie noire.
La présence des aleurodes est favorisée par des températures chaudes et par l'humidité. C’est pourquoi ils sont souvent présents sur les cultures sous serre.
Pour éviter que les aleurodes colonisent vos plants de piment sous serre, arrosez-les en goutte-à-goutte et aérez quotidiennement la serre. En milieu ouvert, un arrosage par aspersion, effectué le matin pour que les feuilles ne restent pas humides, devrait suffire à les éloigner. Vous pouvez également utiliser une décoction d’ortie.
Le tétranyque tisserand
Cet acarien aime lui aussi la chaleur et la sécheresse. Il est peu visible sur la face inférieure des feuilles, mis à part par les taches rougeâtres qu’il peut laisser et par les fines toiles qu’il tisse pour se protéger. Il se nourrit en aspirant le contenu des cellules de la feuille sur laquelle il est installé, laissant chaque fois une lésion. La feuille va prendre petit à petit un aspect moucheté. Un nombre important de tétranyques sur une plante peut considérablement affaiblir celle-ci qui ne peut plus correctement procéder à la photosynthèse. Ils pondent sur les feuilles et de nombreuses générations peuvent se succéder dans l’année.
Vous pourrez lutter efficacement contre le tétranyque en arrosant vos piments par aspersion. Limitez les apports en azote. La lutte biologique offre plusieurs possibilités de prédation par d’autres acariens, par des punaises ou encore des chrysopes. Lisez notre article sur les moyens de lutte biologique contre les araignées rouges pour en savoir plus.
À savoir : toutes les maladies et ravageurs présentés peuvent également atteindre le poivron, les piments étant des espèces de poivron plus dosés en capsaïcine (la substance qui pique) et aux fruits plus petits et moins charnus.
Les maladies du piment sont souvent résolues par les traitements et autres solutions existantes, y compris par les méthodes préventives. Les bonnes conditions de culture font partie de cette prévention et sont des plus importantes pour garantir au mieux la bonne santé de vos légumes et une belle et bonne production !
