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Jardinage au naturel

Mon compost est mal décomposé, que faire ?

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Adepte du compost individuel, vous vous êtes lancé dans cette aventure écologique et enrichissante il y a peu. Or, vous avez constaté que votre compost est mal décomposé. Pas de panique ! Il existe plusieurs raisons pour lesquelles votre compost peut stagner ou suivre une mauvaise pente. Dans cet article, nous allons explorer les causes les plus courantes de ce problème et vous proposer des solutions concrètes pour relancer la décomposition. 

Le compost - © jbphotographylt stock.adobe.com

Tout pour le compostage

Mon compost est mal décomposé, pourquoi et que faire ?

Le compostage, c’est-à-dire la décomposition des matières organiques, est un processus qui fait appel à de nombreux organismes et qui nécessite des conditions particulières pour pouvoir se faire correctement. Or, il arrive que 1 ou plusieurs de ces facteurs manque(nt) à l’appel et que le compost qui en résulte soit mal décomposé.


Trop d’humidité

Un bon compost est humide mais sans excès. Trop humide, il va rapidement manquer d’oxygène, ce qui va défavoriser les organismes décomposeurs. Le résultat : un compost mal décomposé et, très souvent, une odeur désagréable d’œuf pourri.

Le remède : ajoutez des matières sèches telles que de la paille ou du carton à votre compost puis aérez-le en le retournant. Couvrir le compost avec un couvercle ou une bâche est recommandé durant les périodes pluvieuses.


Testez la qualité du compost - © pingpao - stock.adobe.com

Trop sec

Les microorganismes du sol ont besoin d’un minimum d’humidité pour être actifs. Dans un mélange trop sec, la température va stagner.

Le remède : arrosez votre compost et couvrez-le pendant la saison sèche car ce couvercle va limiter la déperdition d’humidité. Il peut aussi être judicieux de déplacer le composteur s’il se trouve dans un endroit très venté et/ou en plein soleil.



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Manque d’oxygène

Sans oxygène, les microorganismes décomposeurs meurent. Les matières sont beaucoup trop tassées, la température ne monte pas et le compost est mal décomposé.

Le remède : le compost doit être aéré et retourné régulièrement pour amener de l’oxygène partout. Vous utiliserez une bêche ou une fourche pour bien le mêler et passer le dessous dessus, à faire à peu près toutes les 2 semaines à 1 mois.


Déséquilibre carbone/azote

Lorsqu’il y a une trop grande proportion de matières sèches (carbonées), la décomposition ralentit, le mélange paraît sec. Inversement, une trop grande proportion de matières humides, azotées, va entraîner une décomposition trop rapide et mal faite, avec un dégagement d’odeurs ammoniaquées et un compost liquide et noir peu ragoûtant.

Le remède : ajoutez, selon le cas, de la matière azotée, par exemple des tontes de gazon ou de la matière carbonée, par exemple des feuilles sèches ou des déchets de taille.


Morceaux trop gros

Les morceaux les plus gros, qu’il s’agisse de fruits entiers ou de branches non découpées, mettent beaucoup plus de temps à se désagréger. Cela est particulièrement marqué lorsqu’il s’agit de matières très dures comme les coquilles d’huîtres ou les os. D’où un compost mal décomposé. 

Le remède : récupérez ces gros morceaux et broyez-les.


Manque de micro-organismes

Un compost qui manque de vie va avoir du mal à se décomposer. Cela peut notamment arriver lorsque le compost est récent.

Le remède : ajoutez à vos matières du compost bien mûr ou un activateur de compost. Cela peut être des feuilles d’orties, de fougères ou de consoudes, découpées en très petits morceaux ou préparées sous forme de purins.


Le compost : explication et mode d’emploi

Ce que l’on appelle le compostage a été inspiré par un processus des plus naturels qui se produit tous les jours dans la nature. Les végétaux perdent leurs feuilles, perdent des branches, ou meurent, tout simplement, et rejoignent le sol où s’activent tout un tas de petits organismes et insectes qui vont peu à peu les désintégrer, les digérer, les enfouir dans le sol, formant le précieux humus. Comme dans la nature, le compostage individuel transforme les matières organiques en produit très proche de cet humus, via leur décomposition par des microorganismes en présence d’air et d’humidité. 

Il existe plusieurs méthodes pour faire son compost : le compostage en tas, le compostage en silo, ou encore le compostage de surface. Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous sur notre article “Compostage : les différentes techniques”. 

Le compost, comment ça marche ?

Les matières organiques passent par plusieurs étapes de décomposition et de transformation avant d’arriver à former le résultat attendu. 

  1. Durant les semaines 1 et 2 se produit une forte augmentation de la température (entre 40 et 70°) tandis que les matières organiques pourrissent sous l’effet des bactéries aérobies. La température atteint un pic puis redescend. C’est la phase de décomposition.

  2. Pendant les semaines 3 à 5, les bactéries deviennent moins nombreuses tandis que les champignons poursuivent leur travail de pourrissement des matières. C’est la phase de dégradation.

  3. À partir des semaines 5 à 6, la température est redescendue sous les 30° et ce sont des vers de compost et autres coléoptères, mille-pattes, collemboles qui sont sur le devant de la scène et qui se nourrissent des matières précédemment transformées. Celles-ci sont molles et les macro-organismes en réduisent progressivement la taille. De nouveaux microorganismes s’attaquent aux plus petites particules. C’est la phase de maturation.

  4. À partir de la semaine 8 le compost se trouve dans une phase de minéralisation. Les vers de compost transforment les particules en des substances minérales qui pourront être assimilées par les végétaux.

Le déroulement dans le temps est celui qui se produit en conditions idéales de température, humidité et proportions de matières.


Les bonnes pratiques

Pour que le processus de compostage se produise correctement, il faut respecter quelques règles. Mais il faut aussi de la patience, car si dans les conditions optimales il ne faut que 2 à 3 mois pour obtenir un compost mûr, cela peut prendre jusqu’à 2 ans si les conditions sont mauvaises.


Remplir le compost de manière équilibrée - © Electric Egg Ltd. - stock.adobe.com

Les matières

On distingue 2 types de matières à mettre dans le compost : 

  • Les matières carbonées, que l’on appelle aussi le brun ou les matières brunes, sont des matières qui contiennent de la cellulose et de la lignine. Les feuilles mortes, les branches, les fanes des carottes ou des pommes de terre, les copeaux ou la sciure de bois, la paille, mais aussi le marc de café, les coquilles d’œufs, les cartons… sont des matières brunes. Ces matières se décomposent lentement et produisent peu de chaleur.

  • Les matières azotées ou matières vertes sont des matières qui contiennent de l’azote, qui se décomposent très vite et produisent beaucoup de chaleur. On met dans cette catégorie les tontes de gazon, les feuilles fraîches, le résultat du désherbage, les épluchures des fruits et légumes, les cheveux, poils et plumes…

Les déchets sont d’abord broyés ou coupés en petits morceaux. Ils sont ensuite mélangés et mis sur le tas de compost et non l’inverse. Et si vous avez beaucoup d’un élément, par exemple les restes des pieds de tomates après la dernière récolte, ne mettez pas tout en même temps.

Pour vous aider, suivez nos conseils pour savoir que mettre dans le compost.

Comment mener son compost ?

Quelque soit la technique de compostage, en bac ou en tas, il est fortement conseillé de bêcher, décompacter le sol sur lequel vont être mises les matières organiques. Et éventuellement d’ajouter quelques branches de façon à ce que sa base soit aérée. Cela facilitera l’accès des microorganismes aux matières et accélérera le démarrage du processus.

  • La quantité de matières azotées et carbonées doit être équilibrée, sachant que la proportion à respecter est d’⅓ de matières vertes pour ⅓ de matières brunes. Il est possible d’augmenter la proportion de matières brunes, ce qui va produire un compost riche et très stable, mais il prendra beaucoup plus de temps pour se décomposer. 

  •  Les organismes décomposeurs ont tous besoin d’eau, il faut donc arroser de temps en temps le compost mais sans le détremper, un excès d’eau va asphyxier ces organismes. Pour connaître le taux d’humidité de votre compost, prenez-en une poignée et serrez, si de l’eau s’égoutte votre compost est idéalement humide. Si l’eau s’écoule en filet, il est trop humide.

  • Pour un bon équilibre de structure, le tas de matières organiques ne doit être ni trop tassé ni trop aéré. Dans le premier cas les organismes vont manquer d’air, dans le second le mélange va s’assécher. Le tas doit être retourné au minimum une fois par mois.


Comment savoir si mon compost est mûr ?

Lorsqu’il est mûr, le compost a un aspect très homogène, on ne voit plus aucune des matières qui l’ont composé. Il est de couleur sombre et a une odeur de terre, de forêt. Sa texture est fine, facile à émietter. Il peut rester quelques éléments mal décomposés comme des gros morceaux de bois ou des trognons de pommes, ces éléments seront remis sur le tas après que vous ayez récupéré ce dont vous avez besoin.

Suivez nos conseils pour savoir que vaut votre compost.


Un compost qui est mal décomposé peut être source de découragement. En comprenant les facteurs clés qui influencent la décomposition, tels que l'humidité, l'aération, l'équilibre carbone/azote et la taille des morceaux, vous serez en mesure de diagnostiquer et de résoudre les problèmes de votre compost. En l’ajustant régulièrement, vous obtiendrez un engrais naturel de qualité pour votre jardin.