Partager
Bien que l’oranger aime plutôt la chaleur, rien n’interdit de le cultiver partout à condition qu’il soit planté en pot. Cela permet en effet de le mettre à l’abri du froid pendant l’hiver, ce qui ne sera pas pour lui déplaire ! Comment planter l’oranger en pot pour qu’il démarre sa vie dans de bonnes conditions ? Quelle terre et quel type de pot lui faut-il, quel est le meilleur moment, que faut-il faire après la plantation ? Voici quelques réponses pour vous aider à bien installer votre oranger !
Quand et comment planter un oranger ?
Pour une bonne reprise de votre oranger, et surtout pour une installation avant le froid, c’est au début du printemps que vous le planterez. Dans les régions aux hivers doux, le long de la côte méditerranéenne notamment, vous opterez plutôt pour une plantation de l’oranger en fin d’été.
L’oranger est un arbre frileux, -4° étant sa limite, qui ne pourra donc pas être installé partout en pleine terre sous peine de le voir rapidement péricliter. Ce n’est que dans la zone dite “de l’oranger” (côte méditerranéenne, Corse) et dans quelques zones abritées sur le littoral atlantique que vous pourrez le planter directement dans le jardin. Partout ailleurs, il sera préférable de planter l'oranger en pot pour pouvoir le mettre à l’abri dans un endroit hors gel durant tout l’hiver. Heureusement les agrumes s’adaptent très bien à ce type de culture.
En dehors de cet aspect, la plantation de l’oranger en pot permet de profiter de ce bel agrume sur une terrasse, dans une cour, dans une allée, et même sur un balcon !
Comment planter un oranger en pot ?
Quelle terre pour les agrumes ?
L’oranger va s’épanouir dans une terre non calcaire (pH de 5 à 6) et riche, bien drainée, relativement fraîche, cependant le porte-greffe va aussi être plus important pour l’adaptation au sol. Choisissez donc un porte-greffe qui convient à la terre de votre jardin.
Pour planter un oranger en bac c’est plus simple puisque vous choisirez le substrat qui convient le mieux à l’oranger.
Voici quelques mélanges qui pourront plaire à votre oranger en pot :
60% de terreau pour plantation de bonne qualité, 30% de terre de jardin, 10% de pouzzolane ou autre matériau drainant,
50 % terreau + 50% chips de coco,
du terreau pour agrumes ou plantes méditerranéennes, du compost et un peu de poudre de corne broyée.
Quel contenant pour l’oranger ?
L’oranger mérite un bac de grande taille mais cette dimension doit être atteinte progressivement. En effet, si vous donnez beaucoup d’espace aux racines de l’oranger, celles-ci vont beaucoup se développer et entraîner une croissance rapide des parties aériennes, branches et feuillage, au détriment de la fructification. Les agrumes offrent une meilleure production lorsqu’ils sont légèrement à l’étroit. Vous adapterez le volume du pot au volume du feuillage.
La terre cuite est un très bon matériau, sa porosité permettant une bonne circulation de l’air et de l’eau. Cependant cette porosité peut avoir des inconvénients : en régions chaudes et sèches, la terre cuite va absorber une partie de l’eau d’arrosage et celle-ci va s’évaporer rapidement du fait de la chaleur (a contrario, la terre cuite limite les excès d’arrosages) ; si vous utilisez des engrais non organiques, il peut y avoir des résidus qui s’accumulent dans les parois du pot et qui provoquent des excès de certaines substances, l’oranger peut alors montrer un certain manque de vigueur ou un feuillage jaunissant. De plus, la terre cuite est peu isolante, la protection hivernale sera de ce fait importante.
Les bacs en bois style “orangerie” sont également conseillés. Le bois est un très bon isolant et peu poreux.

Les bacs en plastique ne sont pas très conseillés dans les endroits ventés car trop légers. Par contre ils sont isolants et permettent à la plante de profiter de tous les apports d’eau, ce qui est un avantage intéressant à partir du moment où les trous de drainage sont nombreux et efficaces et que les apports en eau sont bien maîtrisés.
Les bacs à réserve d’eau sont à éviter, l’asphyxie des racines y est fréquente.
Évitez aussi les bacs sombres, surtout en plastique, l’été en plein soleil ils concentrent la chaleur dans le substrat, brûlant les racines. Cette destruction du système racinaire entraîne des symptômes du même type que le phytophtora, une maladie qui fait pourrir les racines.
Quel qu’il soit, le contenant doit être percé au fond, des spécialistes recommandent même de percer des trous en bas du pot tout autour. Et pour apporter un bon drainage, une couche d’un matériau drainant est indispensable : gravier, pouzzolane ou encore billes d’argile.
Ne placez pas de soucoupe en dessous du pot, cela permettra à l’eau en surplus de s’écouler plutôt que de provoquer un excès d’humidité au fond du pot, excès qui est fort préjudiciable aux racines de l’oranger. Si vous tenez cependant à la soucoupe, une petite astuce : remplissez-la de gravier ou de billes d’argile et posez le pot par dessus, il sera ainsi isolé de l’eau stagnante. Une soucoupe plus petite et retournée est également une possibilité pour surélever le pot.
La plantation
L'oranger s’achète uniquement en conteneur.
Une fois la motte sortie de son contenant, vous la mettrez à tremper dans un seau d’eau afin qu’elle se réhydrate. Patientez jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bulles remontant à la surface, cela signifie que l’eau a partout remplacé les bulles d’air. Cette étape est importante pour la reprise de l’arbuste : une motte desséchée gardera de nombreuses poches d’air dans le volume de terre, limitant l’accès des racines aux nutriments contenus dans le substrat.
Pendant ce temps préparez le substrat.
Une fois la motte prête, laissez-la s'égoutter puis placez-la dans le pot sur une couche de drainage épaisse. Le drainage peut être composé de gravier, de billes d’argile ou encore de pierre de lave, étalés sur une épaisseur de 10 cm environ.
Il est important que le point de greffe de l’oranger ne soit pas enterré, ajoutez de la terre sous la motte si besoin.
Complétez avec le substrat préparé et tassez légèrement avant d’arroser abondamment. Le substrat va se tasser avec l’eau, il est possible que la motte dépasse du substrat une fois que l’eau sera absorbée, vous devrez alors en remettre.
Une fois l’oranger mis en bac, une petite taille de ses branches va rééquilibrer les besoins. En effet, une ramure trop importante par rapport aux racines empêche ces racines de croître en utilisant la majeure partie des ressources en eau et en nourriture présents dans le substrat.

Question : je voudrais planter un oranger en sol dans un pot. Le déménagement d’un oranger en pleine terre peut se révéler très délicat mais tout dépend de son âge et du développement des racines sous terre. Un oranger jeune va encore présenter une motte sous terre, il sera alors relativement simple de le transplanter dans un pot. S'il est âgé et que son système s’est largement étendu sous le sol, sa reprise est très compromise, il est fortement conseillé de le greffer avant toute tentative pour sauvegarder sa variété. Lorsque vous sortirez la motte du sol, taillez les racines qui dépassent puis taillez les branches d’⅓ de leur longueur.
Quelle exposition pour un oranger ?
Les orangers et autres agrumes se plaisent au chaud, sous le soleil pour des fruits sucrés. Le vent a pour effet d’assécher terre et feuillage, ainsi que de renforcer les températures, un bon emplacement doit donc être à l’abri du vent . Un mur exposé au sud est l’idéal dans les régions situées au nord de la Loire.
Rempoter un oranger
Un oranger en pot doit être rempoté régulièrement, dans l’idéal tous les 2 ans, tant que sa taille le permet. C’est avant l’hivernage que doit se faire cette opération, donc vers le mois d’octobre. Les températures douces permettent à l’oranger de refaire rapidement des racines, et de ce fait de ne pas perdre en quantité de fruits.
Ne passez pas à un pot trop grand, une à 2 tailles au-dessus (2 doigts de chaque côté) suffisent à permettre aux racines de se développer sans faire baisser la quantité de fruits.
Lorsque l’oranger est trop âgé, trop volumineux, il devient impossible de le rempoter. Vous devrez alors vous contenter d’un surfaçage annuel au printemps. Le surfaçage consiste à ôter la surface du terreau et à la remplacer par un terreau enrichi, voire directement par du compost ou tout autre fumier organique. Ce geste doit être fait avec précaution car l’oranger, comme tous les agrumes, possède des racines très superficielles, il faut donc veiller à ne pas les abîmer en enlevant la terre.
Il est toutefois judicieux de choisir, comme dernier contenant, un bac d'orangerie en bois. Déjà car leur grande taille est tout à fait adaptée aux grands sujets, mais aussi car ils sont justement conçus pour permettre de changer la terre sans rempotage : leurs 4 côtés sont en effet démontables indépendamment l’un de l’autre. Vous devez enlever les côtés, ôter la terre autant que possible et tailler les racines (une réduction d’un tiers est judicieuse). Vous pourrez ensuite replacer les parois et combler de terreau pour rempotage.
Entretenir un oranger en pot
Lorsqu’il est planté en pot, l’oranger doit être objet d’attentions car sa culture y est plus contraignante.
Les arrosages doivent être bien suivis, un oranger a de gros besoins d’eau, y compris en hiver lorsqu’il porte ses fruits. Durant toute la période chaude, vous l’arroserez 2 à 3 fois par semaine, la terre ne doit jamais être sèche. En hiver les arrosages baissent mais la terre doit rester fraîche jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fruits, donc environ 2 à 3 arrosages par mois. Par la suite, jusqu'au retour de la douceur, 1 arrosage mensuel devrait suffire.
La fertilisation peut être réalisée avec de la matière organique (fumier, compost, or brun, sang desséché) durant l’hiver ou bien un engrais minéral apporté tout au long de la belle saison, entre mars et octobre.
Conclusion Les orangers sont assez frileux et sont de ce fait très souvent cultivés en pot. Cette culture leur convient très bien, dès lors qu’ils ont été plantés selon leurs besoins. Car les orangers ne sont pas que frileux, ils ont souvent soifs mais n’aiment pas l’humidité stagnante, ils n’aiment pas le vent, et ils sont en plus assez gourmands ! Oui, on peut le dire, l’agrume est un peu difficile, mais le tout est de le savoir !
