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Le froid, et surtout le gel, peuvent abîmer même les légumes les moins frileux. Heureusement divers procédés permettent de protéger les plantes du potager, du simple buttage à la serre tunnel plus sophistiquée. Quelles sont les différentes solutions d'hivernage pour protéger du froid les légumes du potager ? Mais attention, si vous couvrez, pensez à aérer !!
Quels sont les légumes à protéger du froid ?
Les légumes d’hiver ne sont pas tous des frileux, mais certains ont grand besoin d’être protégés des frimas. Les chicorées, mâches et autres salades notamment, bien que rustiques, peuvent voir leurs feuilles cuites par le gel.
Mais au potager, il n’y a pas que les légumes d’hiver à protéger du froid. De nombreux légumes d’été se sèment très tôt, avant même la fin de l’hiver ou un peu plus tard au printemps, alors que les températures ne sont pas assez chaudes pour eux. Quant à leur plantation, même en attendant les fameux saints de glace, il arrive que des gelées tardives anéantissent des pieds de tomates, entre autres.
Comment protéger son potager du froid : les différentes méthodes
Les protections pour les plantes sont nombreuses et variées, qu’il s’agisse des protections au sol, des films et voiles d'hivernage ou des protections couvrantes rigides. Elles sont relativement polyvalentes mais certaines seront plus adaptées que d’autres à vos plants. Et vous pourrez en associer plusieurs pour encore mieux protéger les plantes du potager du froid.
Le buttage
Le buttage consiste à amonceler de la terre autour de la tige d’une plante, ou même sur elle, par exemple pour les artichauts. Il est utile pour stabiliser la plante, pour augmenter la surface du système racinaire, mais aussi pour protéger certaines plantes du potager du froid.
Le buttage est très courant pour l’artichaut, dont le cœur est particulièrement sensible au froid. En octobre/novembre, on ramène de la terre autour du pied pour former une butte d’une trentaine de centimètres de hauteur. On enlève cette terre une fois l’hiver terminé.
Les pommes de terre sont également buttées, à peu près 45 jours après leur plantation. Cela sert à augmenter le nombre de tubercules qui vont se développer, mais les jeunes pousses des pommes de terre sont aussi protégées des gelées matinales.
Les autres légumes racines tels que panais, carottes, betteraves, navets, sont buttés pour ne pas geler. La terre protège le haut de la racine.
Le buttage des poireaux permet, en plus blanchir le fût, de les protéger des grosses gelées.
Le paillage
Le paillage est une méthode simple et efficace pour protéger le potager du froid. Constitué de matières organiques ou de toiles généralement synthétiques, il protège le sol à la base des plantes et donc leur système racinaire.
Pour être efficace, le paillage organique doit être d’une bonne épaisseur, et cette épaisseur dépend de la matière utilisée : 10 à 15 cm pour la paille, 10 cm pour les feuilles (à couper en morceaux si elles sont grandes et épaisses), 5 à 8 cm pour les paillettes de lin ou de chanvre (à préférer pour les cultures printanières), 3 à 5 cm pour les copeaux de bois ou BRF.
Quelle est la meilleure matière organique ?
Pour les carottes, panais, betteraves, navets, poireaux : paille, feuilles mortes.
Pour les légumes feuilles, salades d’hiver, épinards, mâche : paillettes de lin ou de chanvre.
Pour les oignons, échalotes, aulx : éventuellement des paillettes de lin, en tout cas le paillage doit être léger et ne pas être en contact avec les plants, ils n’aiment pas l’humidité au niveau de leur collet.
Les artichauts, les fraisiers : paille ou fougères en couche épaisse.

Ces matières ont, en plus d’être efficaces, l’avantage de se décomposer dans le sol. Elles sont de ce fait autant un amendement, même léger, qu’une protection.
Les toiles de paillage sont plus efficaces au printemps qu’en hiver. La toile tissée noire ou verte, très couramment employée, permet au sol de se réchauffer plus rapidement au printemps. Le film plastique est encore plus efficace que la toile tissée, mais il est imperméable, ce qui n’est pas très bon pour le sol. Les toiles biodégradables (coco, amidon de maïs, jute) de plus en plus courantes, se décomposent en nourrissant le sol en plus de le réchauffer, donc elles évitent le geste de dépose.
Au potager, comment protéger l’artichaut du froid ? C’est son cœur, le bourgeon terminal, qui doit être protégé, une humidité associée au gel (-5°) peut faire périr celui-ci. Commencez par le butter sur 25 à 30 centimètres (attention, pas de terre dans le cœur), puis mettez de la paille tout autour de la tige, jusqu’aux feuilles, avant de placer un voile d’hivernage sur le tout, qui sera maintenu en place avec un lien passé au niveau de la butte. Découvrez progressivement l’artichaut quand il ne gèle plus tous les jours.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur le paillage : pourquoi et comment le réaliser.
Les cloches
Les cloches sont une protection individuelle, à poser sur chaque légume, remplissent leur fonction parfaitement, à condition de les enlever régulièrement pour l’aération. Elles sont réservées aux légumes de petite taille et bas.
En hiver : salades d’hiver, y compris les plus rustiques, aromatiques, jeunes pousses d’épinards, jeunes blettes.
Au printemps, elles permettent de hâter une levée ou de faire se développer les légumes plus vite : radis, carottes, petits pois, tomates, poivrons, aubergines, fraisiers.

Les voiles d'hivernage
On peut recourir au voile d’hivernage, qui va permettre de gagner environ 2 à 4°C par rapport aux températures extérieures. Il est suffisamment léger pour ne pas empêcher le développement des plantes potagères et est perméable à l’air et à l’eau, ce qui évite la condensation. Et bien sûr la lumière accède sans problème aux plantes.
Ce voile ne se pose pas directement sur les légumes, il est préférable de le poser sur l’extrémité de tuteurs ou sur un arceau afin de laisser quelques centimètres entre le voile et la plante. En effet, la partie de la plante en contact avec le voile peut geler, entre autres problèmes. Par ailleurs, le voile doit être bloqué sur les côtés pour ne pas s’envoler. On en trouve de diverses épaisseurs, les plus épais étant bien adaptés aux grands froids.
En hiver : il va protéger du froid les salades du potager (scarole, chicorée, mâche), les choux, dont la pomme peut ne pas poursuivre son développement à partir de -4 ou -5°, les épinards et les blettes, l’artichaut, les poireaux, les carottes, les navets, les radis d’hiver − il s’agit plus pour ces derniers d’arriver à les récolter !
Au printemps : pommes de terre, radis, carottes, pois, fèves, puis, en mai, tomates, aubergines, courgettes en cas de gelée matinale annoncée.

Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur la mise en place d'un voile d'hivernage.
Le tunnel d'hivernage
Le tunnel d’hivernage ou tunnel de forçage est souvent composé d’un film en plastique ou en toile qui repose sur des arceaux en métal. Certains sont en accordéon, aisés à replier. Il peut aussi être composé de modules rigides en plastique, qui se joignent les uns aux autres. Transparent, il laisse passer la lumière et sa conception permet de facilement aérer dès que les températures se radoucissent.
De différentes tailles, il peut s’adapter à de multiples plantations. On l’installera pour protéger du froid les cultures hivernales du potager comme celles du printemps, les plantes concernées étant les mêmes que celles qui peuvent avoir besoin du voile d’hivernage. Il sera notamment placé au-dessus des épinards, des blettes, des poireaux, et surtout des pommes de terre, des fraisiers… Mais le tunnel est plus simple à mettre en place et à ouvrir quand il y a un redoux dans la journée.
Les serres tunnels
Les serres tunnels sont constituées d’arceaux métalliques qui portent un film en polypropylène plus ou moins épais. Elles sont généralement équipées de trappes qui permettent de les ouvrir pour aérer ou récolter.
Il en existe de diverses tailles. Elles sont installées en permanence et accueillent les plantations les plus frileuses. Sachant que plus le volume est grand, plus le fameux effet de serre est important.
Quelle que soit la protection utilisée pour vos plantes potagères, il est indispensable de l’enlever ou de l’ouvrir lorsque le temps est beau. Ça permet aux plantes de mieux respirer, l’air intérieur est renouvelé et l’humidité est évacuée.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur comment bâcher une serre tunnel.
Quelles protections choisir en fonction du climat ?
En climat continental
Les régions de l’est et du nord-est sont marquées par des hivers longs et rigoureux, avec des printemps qui arrivent tard.
Un paillage épais, au moins 20 cm pour la paille, qui protégera les racines des gelées de longue durée qui se ressentent en profondeur.
Vous associerez au paillage la pose d’un tunnel en plastique rigide que vous doublerez si besoin par la pose à l’intérieur du tunnel d’un voile d’hivernage.
En climat océanique
La côte atlantique, la Normandie et le Bretagne ont des hivers très humides et peu froids, même si des gels soudains peuvent advenir.
Privilégiez les tunnels en plastique, qui protégeront surtout les plants de l'humidité et des éventuels coups de froid.
Si vous paillez, préférez les paillages qui sèchent rapidement car aérés, types paillettes de lin ou de chanvre, en couches peu épaisses.
En climat méditerranéen
Des hivers doux mais qui peuvent être refroidis du fait de périodes de fort gel qui arrivent brutalement, un vent qui souffle de manière récurrente, qu’il s’agisse du Mistral, du vent d’Autan ou d’autres typiques de cette partie du pays, un ensoleillement qui peut être chaud, même en février, telles sont les conditions globales du sud et du sud-est de la France.
Le voile d’hivernage est le plus simple car il est respirant et perméable, il sera donc efficace pour protéger les plantes la nuit, sans qu’elles soient exposées à une grosse chaleur la journée car l’effet de serre y est moins important que dans les protections rigides.
Le buttage y est aussi avantageux pour stabiliser les plants face au vent et pour limiter le dessèchement.
En climat montagnard
Quel que soit le massif montagneux, on y vit des hivers très froids et très longs, qui grignotent tant sur l’automne que sur le printemps. La neige, certes bien moins présente aujourd’hui, peut tomber ponctuellement en grande quantité.
Optez pour des tunnels robustes, idéalement avec châssis bois et avec des parois inclinées, par exemple en polycarbonate, pour l’inertie thermique de ces matières et pour une bonne résistance s’il neige.
Le paillage est, lui aussi, indispensable en montagne où les températures changent très rapidement.
Tous les jardiniers se posent au moins une fois la question : comment puis-je couvrir mon potager pour l'hiver, ou comment puis-je protéger mon potager du gel ou du froid ? Les méthodes sont heureusement assez variées pour que chaque jardin puisse être protégé en fonction de ses particularités !
