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Conseils aménagement extérieur et équipement jardin

Les dégâts du froid sur les végétaux

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Comprendre les méfaits des frimas perpétrés sur nos chères plantes permet de mieux les protéger en hiver. Pour ce faire, raisonnons en fonction des organes en présence…

Les dégâts du froid sur les végétaux

Les parties feuillées

Tout ce qui pousse au-dessus de la terre est soumis à diverses agressions en hiver. Le vent est un facteur non négligeable, car il exacerbe l'action du froid tout en asséchant les tissus végétaux. Une plante placée à l'abri du vent sera donc en principe plus résistante aux basses températures. Au besoin, et pour les jeunes plantations, placez en protection contre les vents dominants des écrans de toile ou de filet brise-vent fixés à des pieux.

Il faut aussi déplorer les méfaits mécaniques inévitables sur les arbres mal tuteurés. Leur motte soulevée n'en est que plus exposée aux morsures du froid. Vérifiez donc l'efficacité des haubanages dès l'automne.

La température est le facteur le plus redoutable en hiver en conjonction avec l'humidité. Les plantes persistantes sont plus ou moins aguerries en fonction de leur origine géographique pour les espèces (issues de régions altitudinales ou non), mais aussi du lieu de production. Imaginez un fruitier planté en montagne et provenant d'une pépinière de plaine. S'ensuit une notion d'acclimatation. En effet, une plante précieuse, mais réputée en limite de rusticité en un lieu donné sera choyée comme il se doit durant ses deux ou trois premiers hivers grâce à des protections adéquates (paillis, voile protecteur, emmaillotage…).

Rassurez-vous cependant : nombre de plantes à feuilles persistantes résistent parfaitement aux grands froids et même si vos arums d'Italie ou hellébores semblent raplapla, leur feuillage se requinque au moindre redoux.

Comment les plantes peuvent-elles ainsi supporter des températures en dessous de zéro sans que leurs tissus n'éclatent sous l'effet du gel, me questionnerez-vous ? La réponse réside dans la concentration en sucres des cellules. Ces sucres agissent comme l'antigel (glycol sucré) contenu dans le circuit de refroidissement de votre voiture. Vous comprendrez aisément qu'une plante trop turgescente et aqueuse du fait d'un excès d'arrosage, de pluie ou d'humidité du sol sera plus sensible au froid, faible concentration en sucres oblige. D'où l'intérêt de mener les plantes plutôt "à la dure" et, surtout, de soigner le drainage du sol. Ainsi est-il très important de placer les pots ou jardinières sur des cales afin d'optimiser le drainage du substrat.


Attention aux branches qui cassent sous le poids de la neige et l'effet du gel

Un autre phénomène moins connu peut affecter la résistance des feuillages au froid. Il s'agit du laps de temps entre le gel et le dégel. Pour certains arbustes persistants (camellias) ou sensibles aux gelées tardives (hortensias), une exposition au soleil levant implique un dégel très rapide. Dès lors, les tissus n'ont guère le temps de s'adapter à ces sautes de température et leurs tissus éclatent. Conclusion: mieux vaut les placer au soleil couchant.

De même, les plantes semi-rustiques et sensibles au froid comme de nombreuses méditerranéennes caduques ou bien des penstémons, phygelius, fuchsias ne doivent pas être rabattues en automne, mais bien plutôt en fin d'hiver. Ainsi leurs tiges et rameaux, même secs, offriront une protection naturelle pour les jeunes bourgeons latents de la base.

La neige, par son poids sur les rameaux, représente un handicap hivernal de taille, un risque de casse irrémédiable. Si les bouleaux et autres arbres souples supportent assez bien un tel poids, tel n'est pas le cas d'essences plus fragiles. Il en va ainsi des formes dressées de cyprès de Provence ou l'if d'Irlande par exemple qui deviennent alors vite dépenaillés si elles ne sont pas régulièrement apprêtées par la taille ou corsetées. Il en est de même pour les bambous. La parade consiste à alléger les branches ployées en les secouant vigoureusement. Quant aux camélias, leur feuillage est sensible aux morsures de la neige, surtout nous l'avons vu au soleil levant. Là encore, secouez les branches pour les soulager de leur poids.


Pailler avant les gelées !


Le collet

Les plantes à feuillage velu et de nombreux sujets de rocaille sont particulièrement sensibles à l'humidité au niveau de leur collet, cette partie située entre les premières feuilles ou tiges et les premières racines. Il s'avérera de fait très efficace de leur procurer un paillis minéral (sable grossier, gravillons, cailloux…) afin d'assurer un drainage très efficace.

De même, nombre de vivaces au tempérament de cigale fleurissent sans compter plusieurs mois durant. La base de ces plantes étant quelque peu lignifiée limite la potentialité de nouveaux bourgeons de renouvellement à se développer après l'hiver. Tel est le cas des achillées hybrides, des gaillardes, de nombreux coréopsis… Il convient donc de sacrifier la fin de leur floraison en rabattant les touffes à quelques centimètres en fin septembre. Ainsi, de nouveaux bourgeons de rajeunissement seront initiés dès l'automne et la plante passera l'hiver sans encombre.


Les racines

On les oublie bien souvent, du fait qu'elles ne sont pas visibles. Les racines sont aussi très sensibles au froid. Ceci est d'autant flagrant si elles sont emprisonnées dans des pots ou jardinières étroits, le froid sévissant alors de toutes parts. Protégez les parois de ces contenants d'une couche de film bullé ou de polystyrène.

De même, en pleine terre, ne vous contentez pas de protéger les souches de plantes fragiles juste autour du collet, mais étalez cette protection pour couvrir toute la surface explorée par les racines. Employez pour ce faire des matériaux très poreux pour une isolation optimale : fougère sèche et aiguilles de pin sont idéales, sinon employez feuilles sèches voire écorces broyées. Évitez d'épandre ces doux édredons sur une terre gorgée d'eau et surtout un sol déjà gelé. Vous emprisonneriez ainsi humidité et glace pour de longs mois, du moins des semaines inutiles. Dès que le temps le permet, en fin d'hiver, écartez ces paillis protecteurs pour aider la terre à se réchauffer et évacuer l'humidité stagnante.

Philippe Ferret