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Le voile d’hivernage est un accessoire indispensable en hiver, en tout cas dans toutes les régions qui subissent un vrai hiver ! Ce tissage plus ou moins épais est spécifiquement conçu pour éviter à vos végétaux de geler, bien que la protection qu’il offre ne soit parfois pas suffisante aux yeux des plus frileuses de vos plantes. Quand et comment mettre un voile d’hivernage en place ? Comment bien protéger vos plantes d’ornement mais aussi vos productions de fruits et de légumes ?
Quand utiliser un voile d’hivernage ?
Le voile d’hivernage est une toile thermique, perméable à l’eau et à l’air. Le voile d'hivernage n’est pas une protection absolue, par contre il permet de gagner quelques degrés, ce qui peut sauver vos plantations.
Il peut être proposé en sacs de différentes tailles ou en rouleaux ou grandes pièces à découper à l’aide d’un cutter ou d’une paire de ciseaux. Il existe également en plusieurs densités, indiquées par la lettre P et un nombre qui donne cette densité en grammes par m2.
Quand mettre un voile d'hivernage sur les plantes et quelle température nécessite un voile d’hivernage ? Il est judicieux de disposer de deux densités de voile au moins, afin de mieux adapter la protection au froid. Lorsque celui-ci commence à pointer son nez, vers octobre ou novembre, vous pouvez utiliser un voile P17 qui vous fera gagner environ 2° au sol. Puis, quand l’hiver et les froids plus intenses arrivent, optez pour un voile P30 pour un gain de 3 à 4°. Soyez attentif à la météo, les nuits peuvent être beaucoup plus froides que les journées.
Les nuits de printemps peuvent être piégeuses, les températures qui remontent font baisser la vigilance alors que des gelées tardives peuvent survenir.
Le voile ne sera pas posé systématiquement et au même moment sur toutes vos plantes, certaines sont plus fragiles que d’autres. Voici quelques exemples.

Le laurier rose est une plante assez frileuse, elle fait même partie des plantes dites d’orangerie qui sont cultivées sous serres, au moins de l’automne jusqu’au printemps. Le laurier rose a en effet du mal à supporter longtemps des températures de l’ordre de 10°, comme certains fuchsias, les hibiscus, certains solanums... Vérifiez cependant la résistance des variétés que vous possédez, certaines sont plus rustiques et n’auront pas besoin d’être mises sous abri en plus de la protection apportée par le voile.
Les agrumes sont typiquement des plantes d’orangerie qui ont non seulement besoin d’être hivernés hors gel mais aussi besoin d’un voile d’hivernage. Pour autant, tous ne montrent pas le même seuil de résistance. Le yuzu est relativement rustique, il peut tolérer jusqu'à -10°.
Certaines plantes comme les camélias, les clérodendrons, les orangers du Mexique sont relativement rustiques pourront rester à l’extérieur avec un voile d’hivernage.
Les rhododendrons, les camélias et autres arbustes ainsi que les arbres fruitiers qui montrent tôt au printemps des jeunes pousses doivent garder leur protection jusqu’à ce que toute gelée soit écartée, en tout cas durant la nuit.
Tous les palmiers ne sont pas de grands frileux, mais pour ceux qui le sont, un voile est recommandé.
Les hortensias sont très rustiques, jusqu’à -15° en moyenne, le voile sera seulement utile en dessous de cette température.
Au potager, vous protégerez en premier lieu les salades dont les feuilles tendres sont rapidement brûlées par le froid. La mâche et la laitue résistent jusqu’à -5°, comme les poireaux, le chou-fleur, la carotte, l’asperge sont un peu moins rustiques, jusqu’à -2 ou -4°.
L’olivier, lui, bien que méditerranéen, est un arbre rustique, qui ne craint pas le gel et qui supporte jusqu’à -18° sans broncher lorsqu’il est planté dans une terre très bien drainée et qu’il est bien enraciné. Pour en savoir plus, lisez notre conseil pour protéger du froid l'olivier.
Pensez à ôter ou relever le voile d’hivernage lorsque le temps est ensoleillé et plus doux.
Comment poser un voile d’hivernage ?
Avant de mettre le voile d’hivernage en place, ôtez les fleurs s’il y en a et raccourcissez les branches ou tiges qui pourraient gêner cette mise en place.
À moins d’être abritée ou d’une longue absence de pluie, la plante protégée n’aura pas besoin d’être arrosée puisque le voile permet à l’eau de passer.
Autant que possible, ne collez pas le voile contre la végétation, afin d’éviter un pourrissement dû à l’humidité.
N’hésitez pas à multiplier les couches selon le degré de sensibilité des plantes au froid.
Le paillage est un bon complément au voile d’hivernage. Il isole la surface du terreau et limite un peu son refroidissement, et donc celui des racines.
Comment mettre un voile d’hivernage sur des arbres ou arbustes ?
Si quelques-uns de vos jeunes arbres, arbres fruitiers ou arbustes nécessitent une protection, il vous suffira de couvrir leur ramure avec le voile et de ramener les bords autour du tronc, en-dessous des premières branches. Maintenez le voile en place avec un lien et veillez à ce que le vent ne puisse pas s'engouffrer dessous.
Le palmier n’est certes pas considéré comme un arbre mais sa taille peut être imposante. Pour ceux-là, c’est le cœur qu’il vous faudra protéger, le bourgeon central est en effet le plus fragile et ce qu’il faut préserver à tout prix. Enroulez le voile en plusieurs épaisseurs autour de ce cœur et pensez à renforcer cette protection avec de la paille ou des fougères sèches à placer entre les palmes si un froid intense est prévu. Pour en savoir plus, lisez notre conseil pour protéger du froid le palmier.

Et sur des plantes basses ?
Les massifs de vivaces et le potager peuvent également avoir besoin d’être protégés du gel. Vous pouvez directement poser le voile sur les végétaux, sans le tendre et en laissant de la marge tout autour. Elle va vous servir à bloquer le voile. Posez le long de toute cette marge des poids qui maintiennent le voile au sol, par exemple des pierres, des bûches. Il ne faut pas laisser de trous par lesquels le vent pourrait passer.
Si les cultures à protéger sont fragiles et que vous craignez de les abîmer, utilisez une structure ou des supports sur lesquels vous déposerez le voile. Il est possible par exemple de réaliser une structure avec du grillage à poules, ou bien d’utiliser des arceaux à planter dans le sol, ou encore de planter des piquets en bois.

Comment faire pour les plantes en pot ?
Il est judicieux de protéger du gel autant le pot que la plante qui y est cultivée. En effet, avec un volume limité de terre, les racines auront tôt fait de ressentir les effets du gel. Vous avez deux possibilités.
Protéger le pot avec le voile en rouleau qui va donc en faire le tour et remonter au-dessus de la plante, ou bien enfiler la protection comme une chaussette pour les modèles en sac. Cette méthode est efficace mais elle est peu pratique si les températures sont très changeantes, ne nécessitant pas la présence du voile durant tout l’hiver, sauf si le pot et la plante sont de petite taille, ce qui permet de facilement mettre ou ôter la protection.
Pensez à ôter préalablement l’éventuelle soucoupe placée sous le pot et surélevez le pot afin que l’eau de pluie ou des arrosages puisse s’écouler. Un des plus gros dangers que courent les plantes en pot en hiver est que l’eau restant dans le terreau gèle, abimant et asphyxiant le système racinaire. Attachez solidement la protection autour du pot.
Envelopper le pot dans un autre matériau isolant : papier bulle, grand sac ou bâche à l’intérieur duquel vous mettez des feuilles sèches, des fougères ou encore de la paille. La plante, elle, sera habillée du voile qui protégera la totalité des branches et de l’éventuel feuillage. Cette méthode est appropriée pour des grandes plantes et des arbustes en pot. La protection du pot peut rester en place tout l’hiver tandis que vous pourrez facilement relever le voile si le temps se radoucit ponctuellement.
Surélever les plantes en pot évite à celui-ci d’être en contact avec le froid qui remonte du sol. Le pot a moins de possibilités de se briser et la motte de terre est un peu isolée du froid.
Mettre un voile d’hivernage en place pour offrir quelques degrés bienvenus à vos plantes n’est pas difficile. Ce qui est important par contre c’est de prévoir les besoins de chaque plante et les périodes de protection. C’est grâce à ces préparatifs que vous protégerez efficacement chacune de vos cultures et que vous aurez le plaisir de les retrouver intactes lorsque la température redevient clémente.
