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Jardinage au naturel

Qu'est-ce que la lutte biologique intégrée ?

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La lutte biologique intégrée gagne le monde agricole, mais si on visualise à peu près le terme de biologique, ce n’est pas vraiment le cas pour la lutte intégrée ! La lutte biologique intégrée est en fait la réunion de l’utilisation d’auxiliaires pour défendre les cultures, et de l’utilisation raisonnée de produits phytosanitaires. Elle fait une très grande place à la prévention, qui permet de donner aux végétaux de quoi se défendre contre leurs bioagresseurs et de limiter le développement de ceux-ci.

Qu'est-ce que la lutte biologique intégrée ?

Définition de la lutte biologique intégrée

Le principe premier de cette méthode est la prévention. Les végétaux doivent être cultivés dans les meilleures conditions, afin de ne pas offrir un terrain favorable à leurs bioagresseurs (ravageurs, organismes pathogènes, adventices). Mais il peut être utile, lorsque la prévention n’a pas suffit à protéger les cultures, de lutter contre leurs agresseurs. La lutte biologique et les produits de biocontrôle sont privilégiés et utilisés en premier lieu, c’est-à-dire les mécanismes naturels de défense : macro et micro-organismes, substances naturelles, médiateurs chimiques (phéromones sexuelles et kairomones). Les méthodes physiques sont également envisageables : filets contre les insectes ou oiseaux, paillage ou désherbage contre les adventices, brumisations contre les acariens, … Les interventions chimiques, elles, sont à employer en dernier recours et de façon raisonnée : moindres quantité et fréquence, choix de produits à faible impact, opportunité du traitement, optimisation du traitement selon la végétation, la période et le bioagresseur. Les aspects économiques sont également pris en compte dans la LBI. Celle-ci doit permettre d’optimiser au mieux les résultats économiques du cultivateur.


La lutte biologique et la protection intégrée

La lutte biologique

Elle se compose d’un arsenal destiné à limiter les agressions des ravageurs et des maladies, arsenal composé principalement de leurs ennemis naturels, nommés agents de lutte biologique ou auxiliaires. Ces agents sont principalement des insectes, des micro-organismes et des parasites, qui sont introduits ou réintroduits dans un milieu qui en est pauvre.

  • Les prédateurs naturels : composés principalement d’insectes, on trouve également dans ce groupe des oiseaux, des batraciens et des petits mammifères. Ils sont souvent appelés les auxiliaires du jardin. Les insectes peuvent être “artificiellement” introduits dans le milieu par l’apport de larves ou d’adultes lorsque des nuisibles s’attaquent à des végétaux. Une autre méthode, dite “par conservation” : on adapte l’environnement aux auxiliaires afin qu’ils reviennent y habiter. Cela se réalise par la plantation de plantes refuges, par l’arrêt de l’utilisation de produits pĥytosanitaires, par la mise en place de zones de “friches”...

  • Les parasitoïdes sont des organismes qui s’introduisent dans leur hôte et entraînent sa mort. Les nématodes, ces petits vers microscopiques, font partie de ce groupe, tout comme de nombreuses espèces d’acariens ou de guêpes.

  • Les agents pathogènes ou biopesticides sont des micro-organismes : bactéries, champignons, virus, …

Les parasitoïdes et les agents pathogènes sont généralement assez spécifiques à un hôte ou à une espèce. C’est un avantage important car ils sont de ce fait inoffensifs pour les auxiliaires et les autres organismes vivants.


De la lutte biologique à la lutte intégrée

Cette méthode de lutte fait aujourd’hui partie d’un ensemble de mesures stratégiques écologiques et durables pour sauvegarder les cultures, mais elle a été utilisée dans le passé, jusqu’à l’avènement des insecticides et autres produits phytosanitaires. Elle a même débuté il y a fort longtemps, par exemple avec les chats introduits il y a des siècles dans les habitations pour lutter contre les rongeurs. La lutte chimique a vu peu à peu naître une prise de conscience due à ses effets secondaires et à ses dangers : développement de résistances chez les “ennemis des cultures”, effets néfastes pour la faune et la flore, nouvelles explosions de ravageurs, … De cette prise de conscience sont nées de nombreuses recherches et expériences de lutte biologique, ainsi que la création en 1950 d’une organisation, la CILB qui deviendra plus tard l’OILB (Organisation Internationale de Lutte Biologique). L’INRA participe très activement depuis le début à cette structure.

Afin de protéger les auxiliaires, la protection chimique raisonnée a été mise en place : éviter que les traitements chimiques ne détruisent les agents en même temps que les nuisibles, conception de produits compatibles : la lutte intégrée était là, qui s’appuie sur une considérable connaissance des sciences du vivant.


La protection intégrée

Le concept de lutte intégrée est assez fluctuant et a beaucoup évolué depuis son apparition, mais il se base par contre toujours sur la lutte biologique, en l’associant aux produits phytopharmaceutiques. La protection intégrée (ou lutte intégrée) est également nommée lutte biologique intégrée.

Elle est définie ainsi par la Directive 2009/128/CE du parlement Européen dans le but d’établir un cadre pour utiliser les pesticides de manière durable : “la prise en considération attentive de toutes les méthodes de protection des plantes disponibles et, par conséquent, l’intégration des mesures appropriées qui découragent le développement des populations d’organismes nuisibles et maintiennent le recours aux produits phytopharmaceutiques et à d’autres types d’interventions à des niveaux justifiés des points de vue économique et environnemental, et réduisent ou limitent au maximum les risques pour la santé humaine et l’environnement. La lutte intégrée contre les ennemis des cultures privilégie la croissance de cultures saines en veillant à perturber le moins possible les agro-écosystèmes et encourage les mécanismes naturels de lutte contre les ennemis des cultures.”

Elle s’appuie sur plusieurs principes :

  • La prévention : gestion des cultures, choix des variétés, hygiène, méthodes de cultures.

  • La surveillance : mise en place de méthodes scientifiques et/ou d’observations pour lancer rapidement les moyens de lutte.

  • L’établissement de “seuils d’alerte” qui indiquent à quel moment il est avantageux d’intervenir. Ces seuils sont définis en fonction des agresseurs, de la région, du climat, entre autres.

  • La lutte contre les bioagresseurs privilégie la lutte biologique et les méthodes de lutte physique tant que celles-ci sont efficaces.

  • Si des moyens chimiques sont utilisés, ils le sont de manière raisonnée.

  • Le choix des moyens chimiques s’appuie également sur les éventuelles résistances que les bioagresseurs ont pu développer.

  • Le choix des moyens chimiques est réalisé en fonction de leur efficacité reconnue contre le bio agresseur ciblé.

La prévention est le maître mot de la LBI. Les mesures prophylactiques retenues sont les suivantes :

  • Un sol sain grâce à la rotation des cultures et à la répartition des cultures (ou des variétés).

  • La bonne santé des végétaux : densité, techniques de semis, taille, fertilisation raisonnée du sol, amélioration du sol, ...

  • Un choix de variétés résistantes.

  • La protection des auxiliaires de culture.

On y met en œuvre en même temps diverses méthodes pour protéger les cultures, méthodes allant de cette protection biologique à l’utilisation (raisonnée) de moyens chimiques. Les méthodes utilisées n’allant bien sûr pas à l’encontre l’une de l’autre, leur combinaison est destinée à rendre l’ensemble plus efficient. La protection intégrée demande une importante connaissance technique, car elle implique de définir quels produits utiliser en quelle quantité pour garantir l’absence de risques aussi bien en terme de santé humaine que pour l’environnement.


Conclusion

Fruit de l’évolution des méthodes de culture et des effets néfastes des pesticides à outrance, la lutte biologique intégrée est une étape importante dans l’agriculture. Elle permet de renouer le dialogue entre agriculture bio et agriculture traditionnelle, tout en allant au bout des connaissances actuelles des écosystèmes culturaux. Il est désormais possible d’allier les mécanismes naturels de défense de la nature avec des produits phytosanitaires développés et utilisés de manière raisonnée pour protéger notre environnement.