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À chaque changement de jardin, nous nous retrouvons confrontés à de nouvelles adventices à combattre, surtout si la zone géographique et le terroir s'avèrent très différents. Lors de mon dernier déménagement, en banlieue est de Paris, je pensais retrouver les mêmes mauvaises herbes que dans le jardin précédent, situé dans la vallée de l'Eure. Que nenni ! Bien sûr, j'y ai harcelé certaines pestes communes à de nombreux jardins tels que chiendent "envahisseur", cardamine "explosive" ou bien liseron "constrictor" car le jardin avait été quelque peu délaissé durant deux années. Je dus lutter également pour éradiquer de nouvelles espèces pugnaces comme les semis de frêne et le lierre terrestre.
D'autres cadeaux de bienvenue !
Ma première découverte fut la benoîte. Non pas de ces benoîtes à fleurs rouges ou jaunes, coquettes et naïves, que l'on côtoie dans les plates-bandes de plantes vivaces bien ordonnées mais bien plutôt celle de la plus perfide engeance. Geum urbanum, car tel est son petit nom, est en fait fort peu " urbaine " et forme rapidement une touffe dense aux racines cassantes, ce qui ne facilite pas l'affaire. Ses fleurs sont des plus insignifiantes, suivies de fruits en aigrette. Elle prend plaisir à se loger au pied des rosiers déjà bien développés. Une gouge ou bien une vieille fourchette en argent très solide en viennent à bout rapidement si le sujet n'est pas trop développé. En fait, elle se multiplie par graines et il convient d'agir sur les jeunes semis naturels.
Autre mauvaise herbe, mais bien plus pacifique, cette fois-ci, la chélidoine signe une terre riche en humus. Sa croissance est également rapide et elle forme très vite de nombreuses fleurs d'un jaune étincelant (d'où son nom de « grande éclaire »). Elle se plaît à l'ombre. Ses pétioles coupés laissent écouler une sève orange et caustique employée empiriquement pour soigner, par contact, les verrues. Fort décorative, elle se ressème à foison au pied des murs frais ou dans les plates-bandes. Je la supprime aisément par arrachage à l'état jeune.
Plus sournoise et volubile, la bryone est en fait une liane exubérante qui se disperse par semis. Laissée en place, elle forme une énorme et profonde « carotte » tourmentée, rappelant celle d'une mandragore géante, fort difficile à déterrer. Un bon louchet (bêche longue et étroite utilisée afin de creuser des tranchées) est particulièrement conseillé pour l'extirper totalement. En prévention, ne laissez surtout pas cette plante former des graines sur ses longues tiges qui s'agrippent au moindre arbuste au point de l'étouffer.
Vous l'aurez compris. La morale de cette histoire est de ne jamais laisser les mauvaises herbes se développer. Du reste un vieux dicton nous rappelle qu'un an de graines punit à sept ans de désherbages.
