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Les races de poules anciennes sont nombreuses, chacune offrant une histoire qui la rattache à son terroir. C’est de cette histoire qu’elles tirent leurs spécificités, telle la poule de Marans dont les origines lui valent ses somptueux plumages, sa stature, et ses œufs particulièrement colorés. Comme toute poule de race, elle est d’ailleurs soumise à des standards extrêmement précis quant à son allure et à ses couleurs. C’est donc une poule assez précieuse, mais elle est également tout à fait rustique et résistante, n’aimant rien tant que picorer dans le grand pré que vous allez bien sûr lui procurer !
Ses origines
La poule de Marans est une race de poule très ancienne, dont le nom vient du village de Marans, situé en Charente-Maritime. Elle est issu de 2 croisements décisifs :
Le premier entre les coqs de combat qui voyageaient sur les bateaux anglais pour distraire les marins et les poules des marais poitevins qui étaient embarquées pour leurs œufs et leur chair. C’était aux alentours du XIIIe siècle, durant la domination anglaise de plusieurs provinces du sud-ouest de la France. Ces coqs de combat de variétés très diverses, fiers et querelleurs, sont à l’origine du caractère bien trempé de la Marans, ainsi que de sa silhouette robuste.
Le deuxième au XIXe siècle : un éleveur habitant près de La Rochelle possédait de nombreuses poules asiatiques Langshan, qui se sont alors mélangées aux poules Marans présentes dans les alentours. Ces Langshan ne présentaient pas les pattes jaunes décriées à cette époque, étaient dotées d’une chair savoureuse et pondaient de gros œufs très colorés (ce qui a renforcé le gène des premières Marans qui pondaient déjà des œufs colorés).
Au début du XXe siècle, c’est une éleveuse habitant tout près du village de Marans qui a été à l’origine de la création de la poule marandaise. Par la suite, elle a poursuivi un travail sur ces poules pour obtenir des caractéristiques plus homogènes. C’est en 1930 qu’a finalement été créée la race, avec ses caractéristiques toujours actuelles.
Description
La Marans est une poule robuste, rustique et résistante. Le coq pèse entre 3,5 et 4 kg, la poule entre 2,5 et 3 kg. De hauteur moyenne, elle est massive sans être lourde, avec des tarses plumées, mais loin des manchettes de la poule Brahma.
La Marans est ce que l’on appelle une poule mixte :
Bonne pondeuse, elle donne entre 150 et 200 œufs par an, de gros œufs allant jusqu’à 80 g. Bonne mère pour ses poussins, elle est par contre une couveuse assez moyenne.
Elle est également une bonne poule de chair, car elle offre une viande fondante, persillée et goûteuse, fort réputée chez les gastronomes.
Son caractère
Elle s’entendra bien avec d’autres pondeuses de races différentes. Elle est en effet calme et sociable, et même assez docile. Le coq, lui, est souvent, dit-on, chevaleresque, et donc relativement bagarreur, et parfois ce caractère marqué se retrouve chez certaines poules. Dévoué à ses poules, il leur offre fréquemment de la nourriture. La Marans ne vole pas très haut, est indépendante, parfaite pour vivre au grand air.
La poule aux œufs d’or
On appelle souvent cette poule “la poule aux œufs d’or”, car ses œufs ont une couleur allant d’acajou à chocolat, spécifique à cette race, et ont une surface satinée, voire brillante. Leur coloris est dû au dépôt sur l’œuf d’un liquide coloré (par une protéine, la protoporphyrine) produit par l’oviducte et déposé juste avant la ponte, ce qui explique que la coquille ne soit pas teintée dans la masse, offrant un intérieur tout blanc. Ce dépôt peut ne pas être uniforme, présentant soit des pointillés soit des taches plus claires ou plus foncées. La ponte est de plus hétérogène en terme de couleur, car ce liquide, présent en grande quantité au début de la saison de ponte, se raréfie petit à petit, le “stock” se refaisant après la période de repos de l’oviducte. Pesant en moyenne 70 g, ils sont de belle taille et ont une forme globuleuse rendant peu distinguable leur sommet de leur base. La coquille est plus résistante et moins perméable que celle des poules classiques, et de ce fait protège mieux l’intérieur des bactéries, d’où une meilleure conservation.
À savoir : il existe une échelle colorimétrique pour la couleur des œufs, allant de 1 (blanc) à 9 (presque noir). Un œuf de poule de Marans doit être situé au moins à 4 sur cette échelle que vous trouverez sur le site du club.

Le standard de la Marans
Comme toutes races pures animales, une poule de Marans doit afficher un certain nombre de caractéristiques précises pour être homologuée comme appartenant à cette race.
Voici le standard officiel 2015 de cette poule, valable au niveau européen :
Caractéristiques du coq :
Un corps plutôt long et large,
Un cou fort et allongé, avec un camail recouvrant ses larges épaules,
Un dos bien plat avec une légère inclination,
Des ailes plutôt courtes, prés du corps, portées à l'horizontale,
Une selle large,
Une queue élargie à la base, assez courte,
Une poitrine et un abdomen larges et forts,
Une tête assez forte, un peu allongée, avec une face rouge portant un léger duvet,
Une crête bien rouge, plutôt épaisse, simple, pas trop grande, avec une particularité : le lobe ne touche pas la nuque,
Des barbillons et des oreillons rouges, de taille moyenne.
Des yeux rouge orange,
Un bec plutôt marqué et un peu busqué, sa couleur dépend de la variété,
Des cuisses musclées,
Des tarses portant quelques plumes et dont le coloris varie selon la variété,
4 doigts dont l'un, l'externe peux porter des plumes, les semelles ont une couleur différente selon la variété,
Un plumage bien compact.
Caractéristiques de la poule :
idem que le coq, avec les différences sexuelles habituelles,
Le dos est plus droit, plus horizontal.
La queue est plus petite,
La crête est fine, et peut être horizontale ou un peu inclinée.
Les couleurs de la Marans
C’est souvent avec sa robe noire à camail cuivré que l’on repère une Marans, mais c’est loin d’être la seule variété. Elle existe en effet en une dizaine de variétés différentes, dont 2 très récentes (postérieures à 2010) : blanc, noir, froment doré, noir à camail cuivré, noir à camail argenté, bleu à camail cuivré, bleu à camail argenté, coucou à camail doré, coucou à camail argenté, fauve acajou à queue noire, blanc herminé noir, saumon.

La Marans naine
Elle possède les mêmes caractéristiques que la grande race mais pèse environ 1,3 kg pour le coq et 1,1 kg pour la poule. Elle présente par contre moins de variétés, seulement 5 : blanc, noir, noir à camail cuivré, noir à camail argenté, coucou à camail argenté. Ses œufs sont également plus petits, 45 g en moyenne.
Les défauts éliminatoires
Les tarses non emplumés ou trop emplumés, formant des manchettes,
une forme globale triangulaire,
des œufs montrant un indice de couleur inférieur à 4,
un poids supérieur ou inférieur aux standards : pour la marans, moins de 3 kg pour le coq et moins de 2 kg pour la poule, pour la naine, plus de 1,4 kg pour le coq et plus de 1,3 kg pour la poule.
Attention, ce ne sont pas les seuls défauts éliminatoires, chaque variété en présente également, plus spécifiques. Par exemple :
La poule de Marans noire cuivrée : des parures du plumage (camail, lancettes, miroirs…) peu marquées, des miroirs bruns pour le coq, du brun sur le plumage de la poule, représentent des défauts majeurs.
Pour la poule de Marans bleu et cuivre, les défauts sont les mêmes que pour les noires et cuivre. Un plumage trop bouffant est également rédhibitoire, tout comme des taches fauves sur les flancs.
La poule de Marans blanche ne doit pas présenter de tarses bleuâtres, elle doit être d’un blanc pur.
Chez la poule de Marans coucou doré, le coq ne doit pas être trop foncé. Un camail brun rouge chez un coq de Marans froment est un défaut, il doit être d’une teinte assez claire, orangée.
Élever des poules de Marans
Parcours et poulailler
Prévoyez un bon espace herbeux (le parcours) pour vos Marans, au moins 20 m² par poule. Celles-ci apprécient en effet d’être en plein air, au soleil. De plus, un terrain enherbé leur offre un complément de nourriture qui leur est tout à fait bénéfique. Vous y placerez un abreuvoir (les poules boivent jusqu’à 1 L d’eau par jour), un abri pour les jours de pluie, des arbres ou arbustes pour l’ombre. Un bac à sable est également fort apprécié, qui leur sert à se débarrasser des parasites enfouis dans leurs plumes. Le poulailler doit être adapté au nombre de poules que vous désirez y accueillir. Il contient des perchoirs et des pondoirs, une mangeoire. La litière au sol est renouvelée régulièrement, pour limiter l’humidité et le développement de pathogènes. Le poulailler en lui-même, aéré et sec, doit être nettoyé et traité régulièrement. Une bonne isolation évite aux poules de s'enrhumer durant l’hiver, par contre même s’il fait très froid l’aération y est primordiale.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur l'installation du poulailler et sur le parcours des poules.
La nourriture
Une nourriture équilibrée est indispensable pour leur santé, leur vitalité, et le nombre d’œufs qu’elles vont vous offrir ! Leur alimentation doit leur offrir des protéines, des matières grasses, des vitamines et des oligo-éléments, à raison d’une ration quotidienne de 120 à 250 g (selon l'âge et la taille de la poule). À la belle saison, l’herbe, les insectes et vers du parcours peuvent suffire à condition que l’espace soit suffisant. Sinon, des mélanges de graines et de céréales sont un bon complément. Vous pouvez également leur donner les déchets verts de la cuisine, ainsi que des restes non salés et non épicés. Pour en savoir plus, lisez nos conseils pour bien choisir l'alimentation de vos poules
Durant l’hiver, les graines et céréales sont par contre indispensables car l’herbe s’appauvrit, leurs sources habituelles de protéines se font plus rares à cette saison, et les poules passent plus de temps dans le poulailler. Des céréales complètes type maïs ou pois sont idéales pour apporter de l’énergie, tandis que le colza ou le tournesol leur fourniront des protéines. Les matières grasses limitent les déperditions de températures, et pensez à leur donner des épluchures de légumes pour remplacer l’herbe habituelle. Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur le poulailler en hiver et faites votre choix dans nos enclos pour poule.
L’astuce : offrez à vos pondeuses des coquilles d'huîtres broyées (ou de moules), riches en calcium, pour les aider à fabriquer la coquille des œufs.
Conclusion Poule de chair et super pondeuse, bon caractère, indépendante, la poule “de Marans” (le “de” étant là pour marquer son origine locale) est une volaille très intéressante à tous points de vue. Et ce ne sont pas ses beaux gros œufs chocolat et son plumage varié et typique qui vont me contredire ! Mais ce n’est pas tout : la Marans est une poule de race ancienne, dont le patrimoine génétique est précieux pour la biodiversité et pour le terroir, c’est pourquoi de nombreux éleveurs s’emploient à conserver tous ses caractères spécifiques.

