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Jardinage au naturel

Lutter contre les pucerons

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Attaquant en masse nos précieuses plantes, les pucerons, malgré leur petite taille, peuvent y faire de gros dégâts. Repérer leur présence au plus tôt, faire de la lutte préventive, sont les moyens idéaux de protéger les végétaux mais une fois envahis, il est heureusement possible de s’en débarrasser, et naturellement si possible !

Lutter contre les pucerons

L’attaque des pucerons

Ces parasites, de la famille des Aphidoidés, sont répartis en de très nombreuses espèces : les pucerons noirs, les verts qui envahissent les rosiers, les pucerons lanigères, les pucerons jaunes, les cendrés, et tant d’autres. Les pucerons ont deux modes de reproduction : la parthénogénèse, non sexuée, se produit du printemps à l’automne, ce qui explique la rapidité de leur multiplication, et la reproduction sexuée qui a lieu en fin d’automne. Une fois pondus, les œufs resteront en terre tout l’hiver pour naître au printemps. Les pucerons sont donc présents tout le temps hormis en hiver et s’attroupent aussi bien sur les feuilles que sur les tiges et les racines. Leur présence peut être difficile à voir au début, mais ce sont les fourmis sur vos plantes qui peuvent vous alerter. Celles-ci sont en effet très friandes du miellat sécrété par ces parasites, elles vont du coup les protéger et les élever. En eux-mêmes, les pucerons ne sont pas dangereux pour les végétaux dont ils sucent la sève, mais par leur nombre ils peuvent les affaiblir, les rendant ainsi plus sensibles aux maladies. Ils provoquent des déformations au niveau des feuilles, voire leur chute, ils peuvent eux-mêmes être vecteurs de maladies comme la mosaïque du concombre, et leur miellat peut entraîner la formation de fumagine, un champignon qui enraye le processus de photosynthèse.



La lutte préventive

Les plantes attractives

Attirant une grande quantité de pucerons, elles seront en quelque sorte sacrifiées pour éviter que vos rosiers et végétaux sensibles soient eux-mêmes attaqués.

  • La capucine,

  • Le rumex attire également les coccinelles et les syrphes.

Les plantes répulsives

  • absinthe (qui sont en plus un refuge pour les coccinelles)

  • cresson,

  • lavande,

  • menthe,

  • œillets d’Inde,

  • rue,

  • sarriette,

  • thym.

L’entretien des plantes

Des plantes en bonne santé résistent mieux aux attaques des parasites : bien choisir leur emplacement, dans un sol qui leur est adapté, bon climat, fertilisation adéquate... Le travail du sol en hiver expose les œufs au froid, tuant ainsi un grand nombre de parasites à venir. Les apports d’engrais chimiques sont à éviter, principalement lorsqu’ils sont riches en azote, ils favorisent en effet l’apparition de pucerons à cause du développement rapide de jeunes pousses. Préférez nourrir vos végétaux avec des engrais organiques qui ont une action plus longue dans le temps. Protégez vos arbres et arbustes en entourant leur tronc de bandes de glu, qui empêcheront les fourmis de grimper.


Les remèdes contre les pucerons

  • Au début de l’invasion, vous pouvez déloger les pucerons grâce à un jet d’eau, plus ou moins fort selon la résistance de la plante que vous désirez protéger.

  • Le savon noir est un répulsif très efficace contre les pucerons grâce à son alcalinité. De plus il n’endommage absolument pas les végétaux. Vous devez choisir du savon noir pur, sans ingrédients chimiques ajoutés, et le diluer à 5% dans de l’eau.

  • Les purins : rue, ortie.

  • Les décoctions : tanaisie, feuilles de rhubarbe, feuilles de tomates, ail, absinthe.

  • Les produits phytosanitaires sont à éviter, mais si toutefois c’est ce que vous voulez utiliser, les traitements doivent être courts et très ciblés. Évitez les périodes de floraison pour ne pas atteindre les insectes mellifères et préférez les produits à base de pyréthrinoïdes qui touchent seulement les êtres à sang froid, de contact.


Coccinelle

Lutter avec des auxiliaires

Les prédateurs des pucerons sont un excellent moyen de s’en débarrasser, de manière prolongée si ces auxiliaires sont installés de manière durable dans votre jardin, limitant grandement le développement de ces parasites. Pour leur faire un bon accueil, évitez l’utilisation de produits chimiques, diversifiez au maximum les végétaux dans votre jardin, conservez haies, tas de cailloux, de branchages et autres abris naturels. Les hôtels à insectes sont également un bon moyen d’attirer et de conserver une population d’insectes.


Les coccinelles

C’est aussi bien en tant que larve qu’adulte que la coccinelle est gourmande de pucerons, mais la larve est quand même bien plus efficace avec une cinquantaine de pucerons avalés par jour. Abriter des coccinelles dans son jardin est donc très bénéfique. Vous pouvez également acheter des larves, mais prêtez beaucoup d’attention à l’espèce que vous sélectionnez, la coccinelle asiatique, Harmonia axyridis est invasive et nuisible, faisant disparaître les espèces locales. Elle est souvent proposée car elle consomme deux fois plus que les coccinelles indigènes.


Chrysope Chrysoperla carnea contre pucerons (préventif) sur plantes basses Biotop


Les larves de chrysopes

Dévorant jusqu’à 60 pucerons par jour, la larve de cette petite mouche est particulièrement efficace.


Les larves de syrphes

Les syrphes sont des petites mouches qui ressemblent à des guêpes. Leurs larves sont très voraces et peuvent dévorer des centaines de pucerons au cours de leur vie de larve. Les syrphes apprécient la présence au jardin des astéracées et des apiacées.


Les perce-oreilles

Installez leur des pots retournés remplis de feuilles, de paille ou de mousse auprès des végétaux sensibles. Les perce-oreilles mangent un peu de tout mais entre autre beaucoup de pucerons.


Les hyménoptères parasitoïdes

Ces toutes petites guêpes sont le prédateur spécifique de quelques pucerons. Attirez les dans votre jardin en semant quelques apiacées : carottes, aneth, fenouil, dont elles sont friandes du nectar.


Les mésanges

Placez des nichoirs dans votre jardin, les mésanges raffolent des pucerons et des carpocapses.


Tableau des prédateurs par espèces


Espèce

Plantes attaquées

Prédateurs

Aphis fabae - Puceron noir de la fève

 

fusain, viorne obier, seringat, artichaut, betterave, carotte, fève, haricot, pomme de terre, capucine

Aphidius colemani

Aphis gossypii - Puceron du cotonnier et du melon

 

cucurbitacées, plantes sous serre, solanacées, malvacées, agrumes

Aphidius colemani

Brevicoryne brassicae - Puceron cendré du chou

 

pommier, plantain, puis brassicacées

Aphidius colemani

Macrosiphum euphorbiae - Puceron vert et rose de la pomme de terre

 

pomme de terre, betterave, chou, concombre, laitue, poivron, dahlia, glaïeuls, pois de senteur, rose trémière, ...

Aphidius ervi, Aphelinus abdominalis

Macrosiphum rosae - Puceron vert du rosier

 

rosier

coccinelle

Myzus cerasi - Puceron noir du cerisier

 


cerisier, merisier, puis aspérule, gaillet, véronique

coccinelle

Myzus persicae - Puceron vert du pêcher


 

syrphes, coccinelles, chrysopes, Aphidius matricariae et Aphidius colemani (hyménoptères)

Pemphigus bursarius - Puceron lanigère des racines

 

peuplier, chicorées, scaroles, laitues, endives