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Arbuste de l’ombre, ne se plaisant qu’en terre acide, le rhododendron n’est pas un arbuste “facile”. Réaliser une bouture demande beaucoup d’attentions, malgré lesquelles l’opération ne sera pas forcément couronnée de succès. Et les tout jeunes plants seront aussi à traiter avec délicatesse pour une plantation réussie. Malgré ces quelques difficultés, les amoureux et collectionneurs de rhododendrons sont extrêmement nombreux. Son feuillage lustré persistant et sa floraison prolifique qui illumine les coins d’ombre en font une vraie star pour qui l’on peut faire quelques efforts !
Comment faire une bouture de rhododendron ?
C’est à la fin de l’été, au mois de septembre, que vous réaliserez le bouturage de vos rhododendrons. Sélectionnez des sujets vigoureux et sains et prévoyez de nombreuses boutures pour compenser les pertes généralement importantes. Les boutures du rhododendron sont des tiges latérales de l’année, qui ne sont pas encore complètement lignifiées (rigides mais pas dures). Prélevez-les plutôt au bas de la plante et côté nord. Un arrosage la veille du prélèvement permet d’obtenir des boutures bien hydratées. Coupez proprement 10 cm en bout de ces tiges. Agir très tôt dans la journée permet que les tiges soient bien gorgées de sève, préférez agir le matin de bonne heure. Dans le cas où vous ne pouvez pas repiquer ces tiges immédiatement, placez-les dans un sachet en plastique qui conservera leur humidité.
Préparez ensuite vos boutures : supprimez les feuilles de la base pour ne garder que les 4 feuilles à l’extrémité de chaque tige que vous couperez à moitié. Ôtez également un peu d’écorce à la base, sur 2 à 3 cm sur 2 faces opposées. L’utilisation de poudre d’hormones n’est pas obligatoire mais elle facilite bien le développement des racines dans le cas de végétaux difficiles à bouturer comme le rhododendron. Trempez la base des tiges dans cette poudre puis installez-les dans des godets de tourbe blonde humidifiée. Tassez puis arrosez légèrement avec de l’eau non calcaire. Les boutures devront être gardées à une température de 20 à 25° (idéalement entre 23 et 24°) et à la lumière sans soleil direct. L’enracinement de chaque bouture de rhododendron est assez long, environ 4 mois. Repiquez vos boutures enracinées dans des pots emplis d’un mélange tourbe terreau. Vous les mettrez en place 1 an plus tard (le volume de racines doit alors occuper un contenant de 2,5 litres).
Le bouturage à l’étouffée
Une atmosphère confinée est indispensable à la réussite du bouturage. Vous pouvez créer cet environnement dans une mini-serre ou bien entourer le pot d’une poche en plastique serrée par un élastique (les feuilles ne doivent pas toucher le plastique). Placer la bouture du rhododendron en bouteille est une méthode simple :
Récupérez une bouteille d’eau d’1,5 litre que vous couperez à mi-hauteur sans séparer entièrement les 2 moitiés.
Remplissez de tourbe blonde humide assez légèrement et installez la bouture.
Brumisez pour humidifier le tout avant de refermer la bouteille avec du ruban adhésif large.
Astuce : pensez à pincer vos jeunes plants durant la première année pour qu’ils se ramifient.

Marcotter le rhododendron
Il est plus facile de réussir le marcottage du rhododendron que sa bouture. La bonne période pour marcotter ce végétal est le mois de septembre, période où ce sont les parties souterraines (le système racinaire) qui sont en activité. La marcotte pourra être sevrée au printemps, 18 mois plus tard, pour les meilleures chances de réussites.
Le marcottage au sol
Il est préférable d’utiliser de jeunes branches basses, pour cela vous pourrez tailler les basses branches du rhododendron choisi pour induire le développement de nouvelles branches.
Vous répandrez au sol une couche de tourbe ou bien d’un mélange de terreau de feuilles et de terre qui sera le substrat de votre marcotte, à mélanger légèrement à la terre par griffage.
L’été venu, réalisez une tranchée sous une branche de l’année.
Faites une incision au niveau d’un nœud sur la face qui sera en contact avec le sol puis ployez la branche et maintenez-la au sol à l’aide de cavaliers.
Redressez l’extrémité de la branche et maintenez-la à la verticale à l’aide d’un tuteur.
Recouvrez de tourbe additionnée de sable et arrosez avec de l’eau non calcaire.
Le marcottage aérien Si aucune branche n’est suffisamment basse ou souple, vous devrez réaliser un marcottage aérien.
Récupérez un sac de terreau de 50 litres que vous enfilerez sur la branche.
Fixez-le à sa base par un nœud serré à l’endroit voulu.
Réalisez 4 incisions de 10 centimètres autour de la branche.
Remplissez le sac de tourbe mêlée à de l’écorce de pin et à de la mousse.
Percez le sac de plusieurs trous de drainage.
Refermez le haut du sac en faisant un entonnoir, pour diriger l’eau de pluie à l’intérieur du sac.
Vous devrez maintenir le sac à l’aide d’une perche, car il sera trop lourd pour l’arbuste une fois gorgé d’eau.

Planter les rhododendrons
Vous planterez vos jeunes arbustes lorsqu’ils auront 1 an, lorsqu’ils se seront bien fortifiés. La plantation du rhododendron est délicate, il est important de respecter les étapes pour obtenir des arbustes vigoureux. Le rhododendron est un végétal de terres acides, légères, bien drainées et ombragées. Évitez cependant les zones d’ombre dense, la lumière lui est indispensable pour fleurir. L’orientation idéale pour le rhododendron est nord-nord-ouest, avec un emplacement à l’abri du vent. Leur plus grand ennemi est l’eau stagnante, qui entraîne des maladies cryptogamiques critiques.
En sol calcaire, vous devrez créer une “poche acide” : creusez un trou profond et tapissez ses parois à l’aide d’un feutre géotextile épais. Vous remplirez ensuite cette fosse de terre de bruyère. En sol déjà acide, vous réaliserez un trou de 2 fois au moins la taille de vos mottes et vous remplirez le fond avec des billes d’argile, sur une couche de 20 centimètres, pour que le drainage soit parfait.
Vous ôterez toutes les racines, cailloux et autres déchets de la terre ôtée du trou pour obtenir un substrat très fin. Vous y apporterez un peu de corne broyée. Sur la couche de drainage, vous monterez un dôme avec la terre ainsi tamisée. Il doit être assez haut pour que la motte, une fois posée dessus, dépasse de la surface. Faites-la tourner légèrement plusieurs fois pour aplatir le dôme afin qu’elle s’y installe correctement en en laissant dépasser à peu près le ⅕ . Cette méthode oblige le rhododendron à développer de nombreuses et profondes racines, il sera ainsi bien plus robuste. Remplissez ensuite le trou de plantation en créant une pente au pied de l’arbuste, englobant le haut de la motte. Tassez légèrement. Les jeunes rhododendrons doivent être arrosés régulièrement (à l’eau de pluie) les 2 premières années après leur mise en place, surtout en été durant les périodes sèches. Vous attendrez également 2 ans avant de pailler leur pied, toujours pour les forcer à faire des racines profondes. Vous ne commencerez à les fertiliser qu’à partir de la troisième année.
L’entretien du rhododendron
Réalisez une fois par an, au printemps, un apport de compost.
Installez un paillage au pied pour maintenir la fraîcheur indispensable au rhododendron, ou mieux, installez y des petites vivaces.
Les arrosages se font uniquement à l’eau de pluie, tous les 15 jours environ.
Les fleurs fanées sont supprimées juste après la floraison.
Le rhododendron ne se taille pas mais vous pouvez le rafraîchir à la fin de l’été pour rééquilibrer sa silhouette. Vous pourrez également, quand le besoin s’en fait sentir, effectuer un nettoyage des rameaux morts.
Un rabattage à 1 mètre peut être effectué pour les vieux sujets.
Conclusion Certains végétaux sont des plus faciles à cultiver et à multiplier, et c’est pour ça qu’ils sont appréciés. Le rhododendron n’en fait pas partie, mais il n’est pas moins aimé pour autant ! Bouturer un beau sujet n’est pas simple, il est important de prélever au bon moment, de bien choisir les futures boutures, de leur fournir substrat et environnement adaptés. Obtenir, quelques années plus tard, un magnifique arbuste couvert de fleurs est une belle récompense !
