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Le fumier est depuis toujours une bénédiction pour les cultures, auxquelles il offre de nombreux nutriments, tout comme pour les sols qui en sont grandement améliorés. Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre beaucoup de qualités fort intéressantes. Alors comment bien utiliser le fumier de cheval dans le potager ?
Pourquoi le fumier de cheval ?
Le fumier est un bon amendement pour le sol, composé à la fois de déjections animales, d’urines et de matières végétales (paille ou déchets). Il est donc constitué comme un parfait compost : un mélange de matières sèches, ligneuses et donc riches en carbone et de matières humides et riches en azote.
Lors de sa décomposition, il offre au sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligoéléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus. La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ (argileux ou sablonneux), un grand bénéfice pour tous les organismes vivant dans le sol. Il est plus aéré, donc l’air et l’eau y circulent mieux, l’eau y est plus facilement retenue. Tout ceci est bien sûr extrêmement profitable aux plantes cultivées dans le potager.
Parmi les différents fumiers, l’utilisation du fumier de cheval pour le potager est un bon choix. Il est bien équilibré, grâce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes, argileuses, qu’il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote.
Le fumier frais

Le fumier frais présente quelques inconvénients :
il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante ;
il peut contenir des restes de traitements médicamenteux, vermifuges par exemple ;
il peut contenir des pathogènes (bactéries ou autres), cependant sa rapide montée en température et la présence d’oxygène vont assez rapidement les détruire ;
il est assez conseillé de ne pas l’épandre juste avant de faire des plantations, il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant ; la quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines de vos plantations et risque de brûler leurs racines. Le fumier de cheval est néanmoins assez fibreux, et moins chargé en azote que d’autres fumiers.
L’utiliser frais a par contre l’avantage de doper l’activité biologique du sol. Et après 1 mois environ, le fumier de cheval pourra tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes (tomates et courges). Par contre ne l’utilisez pas frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, les éventuels agents pathogènes qui pourraient s’y trouver seraient encore actifs et pourraient contaminer votre production.
Le fumier décomposé

Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK (N pour azote, P pour phosphore, K pour potasse). Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium. Il ne fait donc courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux qu’une forte quantité d’azote peut brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables. Vous pouvez donc l’épandre en quantité sans crainte, les doses conseillées étant de 1 à 3 kg par m2 par an.
Pour bien mener ce compostage, plusieurs choses sont importantes :
Ne réalisez pas de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement.
Installez-le sur des branchages, qui permettront à l’air de passer en-dessous et qui favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition.
Ou bien retournez-le au moins 3 fois au cours des 6 mois.
Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille. Cela évitera le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie.
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Utilisation du fumier de cheval pour le potager
Le fumier de cheval est bon pour tout au potager, enfin presque ! Il sera utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les cas.

Il faut l’apporter aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines…). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté.
Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse.
Les salades peuvent aussi en profiter, mais ne leur donnez que du fumier bien décomposé.
Évitez par contre de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits que vous avez enrichi avec du fumier (ou autres matières organiques d’ailleurs), elles ont horreur de ça !
À savoir : le fumier de cheval en sac pour potager est du fumier déjà composté, que vous pouvez donc utiliser dès l’achat.
Sur les planches de culture
Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à -dire exposé à l’air.
À quel moment ?
Quand mettre du fumier dans le potager ? C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage, une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les microorganismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres vont faire leur travail et l'incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé.
Vous le grifferez légèrement avant d’y faire vos plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol, de l’enrichir, sans pour autant nuire à la vie indispensable qui s’y cache. Et non seulement vos légumes y trouveront les nutriments dont ils ont besoin pour une bonne croissance, mais en plus votre terre sera améliorée.
La couche de fumier de cheval doit être épaisse, et il est judicieux de couvrir cet amendement avec par exemple toutes les feuilles mortes ramassées dans votre jardin.
Astuce : si vous êtes dans une zone ventée, fixez un filet sur les feuilles, vous serez sûr qu’elles ne risquent pas de s’envoler !
Alternative printanière
Autre possibilité : utiliser le fumier de cheval pour le potager au printemps. Lorsqu’il est bien décomposé, cette matière organique peut tout à fait être apportée sur les planches un peu avant les plantations. Au début du mois de mars, il faut faire une couche de 6 cm environ et patienter une quinzaine de jours. Vous aurez juste ensuite à l’enfouir superficiellement et planter ou semer comme vous le faites habituellement.
À savoir : le fumier frais peut être apporté sur des cultures, mais veillez à n’en mettre qu’une très petite quantité.
Une approche permaculturelle
Plutôt que vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu, celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, entendez par là de matières composées de lignine (substance organique qui, associée à la cellulose, compose le bois), par exemple de la paille, des feuilles, du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter vos légumes sans avoir à travailler le sol.
Comme couche chaude
Il est très simple de faire une couche chaude au potager, où elle servira pour les semis et jeunes plants frileux à planter plus tard. Le fumier de cheval est tout à fait approprié à la confection de ces couches chaudes, car il monte rapidement en température.
Vous pouvez la construire directement sur le sol mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres, cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent.
Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, type tontes de gazon ou encore du BRF et recouvert d’une couche de compost.
Sans fosse, fabriquez un cadre en bois de 30 cm environ de hauteur qui sera posé sur le tas, le cadre doit être un peu plus petit que le tas de fumier. Étalez du terreau par-dessus et attendez une semaine.
Passé ce délai, la température sera plus douce, environ 20°, et vous pourrez y installer vos semis et jeunes plantes potagères.
Et le fumier déshydraté ?
Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, il est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Le fumier déshydraté a de plus l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits…
Vous l’emploierez aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance de vos plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m2.
Quelle quantité et quelle fréquence ?
Quel est le dosage de fumier de cheval pour le potager ? En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium, par an et par m2.
Cependant, ces besoins sont en partie apportés par d’autres biais : la décomposition du paillage lorsqu’il est organique, le compost, l’utilisation d’engrais verts. Alors quelle quantité de fumier de cheval apporter au m2 ? La première année, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose, puis 1 kg par m2 la deuxième année.
En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. Vous pourrez apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m2.
Quelle que soit sa forme, utilisez le fumier de cheval pour votre potager qui vous le rendra bien sous forme de beaux et bons légumes. Mais ce n’est pas le seul avantage que vous en retirerez. Les apports de fumiers vont améliorer votre sol au fil des années, qui deviendra plus facile à travailler. Et vous pouvez aussi vous inspirer des méthodes de permaculture pour jardiner sans travail du sol !
