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Il est assez rare d’avoir dans son jardin une terre idéale. Elle est le plus souvent trop ceci ou pas assez cela. Une terre sableuse est par exemple trop légère et pas assez fertile, entre autres défauts. Il ne faut cependant pas trop la dénigrer, car elle a aussi des qualités bienvenues. La rendre plus fertile est pourtant nécessaire pour de bonnes cultures, alors comment enrichir une terre pauvre naturellement ? Comment améliorer une terre sableuse afin qu’elle puisse nourrir tout un potager ? Voici quelques conseils et astuces.
Quelles sont les caractéristiques d’un sol sableux ?
Tout sol est composé de matières minérales, argile, sable et limon, ainsi que du calcaire, en proportions variées, et de matière organique (humus, bactéries, champignons, insectes).
D’aspect granuleux, totalement désagrégé, le sol sableux est composé à plus de 60 % de silice, c’est-à-dire de vrai sable. Ses grains peuvent en être plus ou moins gros (entre 50 µm et 2 mm) mais ils sont les plus gros de tous les éléments qui peuvent constituer un sol et ils ne peuvent pas s’agglomérer car les particules n’ont aucun lien entre elles, ce qui rend ce sol très instable et sans structure.
Un sol sableux calcaire sera plus fertile qu’un sol sableux pauvre en calcaire qui perdra beaucoup plus de matière organique, ce dernier cas étant assez fréquent.
Comment savoir si votre sol est calcaire ou acide sans test ? Pour tester l’acidité, utilisez le bicarbonate de soude : prélevez un peu de terre et mélangez-la avec de l’eau déminéralisée (vous en trouverez facilement en pharmacie). Versez du bicarbonate de soude, s’il y a réaction, c’est que la terre est acide.Pour tester l’alcalinité, utilisez le vinaigre blanc : il suffit d’en verser un peu sur le sol. Plus la réaction est vive (effervescence), plus le sol est calcaire.Une absence de réaction dans les 2 cas indique un sol neutre.
Vous y trouverez notamment, poussant spontanément, le rumex (ou petite oseille), le pâturin annuel, le pourpier potager, la mercuriale annuelle ou encore l’oxalis pied-de-chèvre.
Découvrez aussi nos conseils pour bien connaître son sol avant semer et de planter.
Les avantages
Il est très facile à travailler du fait de son manque total de cohésion.
Pour la même raison, les racines des plantes s’y développent sans aucune difficulté.
Il se réchauffe très vite, les plantations peuvent donc être précoces au printemps et les récoltes pourront l’être aussi. Les risques de gel y sont plus rares.
Il est très bien drainé car il y a beaucoup d’espace entre chaque particule, l’eau n’y stagne pas du tout lorsqu’il y a des fortes précipitations, donc aucun risque de pourriture des racines ou du collet.
Il a dans des conditions normales un pH neutre, entre 7 et 8, donc adapté à la plupart des plantes cultivées.
Les inconvénients
Il est trop bien drainé, l’eau s’écoule immédiatement vers les couches profondes et ne profite pas aux végétaux. Des arrosages réguliers mais en petite quantité sont cruciaux pour la bonne santé des végétaux cultivés.
Sa porosité laisse également filer les éléments nutritifs à la moindre pluie, des apports fréquents de matière organique sont donc indispensables pour la plupart des cultures.
Sa rapidité à se réchauffer est moins avantageuse en été lorsqu’il fait très chaud, les racines peuvent en pâtir. Il est de ce fait indispensable de pailler en couche épaisse, pour protéger sol et racines de cette chaleur, et d’arroser régulièrement pour apporter de la fraîcheur.
Un sol aussi léger et aéré peut également se refroidir très rapidement. Comme il est courant d’y cultiver les légumes assez tôt, le risque de dégâts est plus important au printemps en cas de gelées tardives.
Dans certaines conditions (zone pluvieuse notamment), un sol sableux va être trop acide.
Quelles cultures faire en sol sableux ?
Tous les légumes du potager n’ont pas besoin d’un sol fertile, certains se plaisent même beaucoup dans un sol pauvre et sableux.
Vous y installerez les alliacées, ail, oignon, échalote, ciboule et ciboulette, vous pourrez également y semer/planter les légumes racines : carottes, betteraves, radis et panais, navets, céleri-rave, salsifis, pommes de terre, crosnes… Les asperges, les pois, certains haricots, le fenouil, les salades, les fraisiers, font partie des plantes potagères cultivables dans un sol sableux, à condition néanmoins d’ajouter de la matière organique.
Les plantes à bulbe en général se plaisent également dans un sol aussi léger, tout comme les plantes de terre de bruyère, ainsi que de nombreuses plantes méditerranéennes.
Pour en savoir plus, découvrez notre article : Quels légumes cultiver en sol sableux ?

Comment améliorer une terre sableuse ?
Plusieurs méthodes existent, il est cependant fortement conseillé de les mettre toutes en pratique, pour plus d’efficacité. Mais une fois que vous saurez comment améliorer une terre sableuse, n'espérez pas modifier totalement votre terre sableuse !
Quelques gestes importants à faire lorsque l’on a ce genre de terrain :
Il est (encore plus) important de ne jamais laisser une zone nue : paillage, cultures, engrais verts, toute couverture est utile pour limiter le lessivage et protéger le sol.
Évitez autant que possible de tasser le sol, aussi légèrement que ce soit.
Travailler le sol le moins possible.
Apporter sous forme d’engrais à action rapide les nutriments qui sont importants pour vos plantations, notamment de l’azote.
Pailler au pied des végétaux pour maintenir autant d’humidité que possible.
Arroser très peu à la fois, pour éviter de lessiver les rares nutriments présents.
Privilégier les végétaux adaptés à ce type de sol, notamment ceux qui ne craignent pas la sécheresse.
Notre sélection pour nourrir la terre du potager :

Apporter de la matière organique
Comment améliorer une terre sableuse, pauvre, trop légère ? Grâce à un apport régulier de matières organiques et de la patience. Il faudra en effet plusieurs années pour modifier un tel sol. La matière organique a un double effet positif sur ce type de sol : elle améliore ses propriétés biologiques sans pour autant modifier ses propriétés physiques avantageuses, en l’occurrence son aération et sa texture qui le rend si facile à travailler.
L’apport de matière organique va structurer le sol à long terme, car celle-ci va progressivement former un humus. L’humus est le constituant des sols forestiers, résultat d’ajouts constants de MO sous forme de bois, de feuilles, de déjections animales… Il est très stable car il est composé de matières qui s’agglutinent sans pour autant être compactes. Le sol reste donc bien aéré sans risquer de s'éroder rapidement. De plus, il retient tout aussi bien l’eau que les éléments nutritifs.
Le compost, fumier bien composté ou autre matière est apporté en petite quantité mais fréquemment, tous les 3 mois environ. Toute matière est bonne à prendre, vous pouvez mettre sur le sol tout ce dont vous disposez : feuilles mortes, déchets verts ou ménagers, résidus de tontes, broyat…
Le fumier favorise l’activité microbiologique du sol et apporte du potassium, ainsi que du phosphore et de l’azote, bien qu’en moindre quantité.
Le compost de déchets verts est important pour la teneur en carbone
Le broyat de bois améliore lui aussi l’activité microbiologique, et bien sûr, il enrichit le sol en carbone.
Découvrez aussi notre article : Comment faire du broyat de bois pour paillage ?
Il est déconseillé d’intégrer les matières au sol, les organismes décomposeurs vont s’en charger. Ils s’en chargent d’ailleurs très rapidement dans un tel milieu, il est coutume de dire que “le sable brûle la matière organique”.
Il est tout à fait possible de planter ou de semer dans cette couche.

Apporter des matières minérales
Comme nous l’avons vu, un sol sableux acide retient encore moins les nutriments qu’un sol sableux calcaire. Corriger cette acidité ne peut donc pas faire de mal. Mais ces matières minérales ont plus d’un tour dans leur sac ! Comment améliorer une terre sableuse avec des matières minérales ?
L’argile bentonite affiche une grande capacité de rétention d’eau (20 fois son volume), mais elle a également la capacité de fixer aussi bien les particules qui forment l’humus que les particules minérales. Vous en apporterez 40 à 80 g par mètre carré en fin d’hiver.
Le basalte est souvent recommandé pour les terrains sableux et il est vrai que cette roche volcanique riche en oligoéléments a une action positive sur la vie microbienne et sur les capacités de rétention d’eau. Elle ne peut cependant être utilisée qu’en complément, car elle se désagrège très lentement. Un apport de matières organiques réalisé en même temps améliorera l’activité microbienne et accélèrera le processus. L’apport est de 40 à 120 g par mètre carré, à faire en plusieurs fois dans l’année.
La dolomie est une roche riche en calcaire. Elle ne sera donc utilisée que dans le cas d’un sol acide. Réaliser tous les 3 ans un apport calcaire sous forme de dolomie, entre le début de l’automne et le début du printemps. Le lithothamne est une autre possibilité.
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Planter des engrais verts
Les engrais verts ont la capacité de former une biomasse importante. Ils vont capter les nutriments présents, les retenir (ces nutriments ne seront donc pas lessivés par les pluies), et ils les libéreront à la fin de leur vie. Pour cela, il faut les laisser en place. Quand ils atteignent leur taille adulte, généralement avant la floraison ou du moins avant la montée à graines, ils sont fauchés, leurs racines restent dans le sol tandis que leurs parties aériennes sont quant à elles laissées sur le sol. Elles peuvent alors être broyées pour que les vers de terre et autres travailleurs aient plus de facilité à s’en occuper. Ils incorporeront progressivement les restes dans le sol.
Certains végétaux cultivés comme engrais verts ont des racines qui s’enfoncent profondément dans le sol, capables de ce fait d’aller chercher des éléments nutritifs dans les couches profondes. Une fois décomposés après leur fauchage, les végétaux rendront ces éléments au sol mais ils seront alors disponibles pour les végétaux.
Il faut cependant être prudent dans l’emploi d’engrais verts dans un sol sableux, car ils puisent dans les maigres ressources du sol et peuvent de ce fait faire parfois plus de mal que de bien !
Quels engrais verts pour améliorer un sol sableux ?
Le sarrasin est une céréale mais il ne fait pas partie des graminées. Sa richesse en carbone est intéressante et il pousse bien dans les sols légers et pauvres.
La phacélie n’a pas pour elle que d’afficher de charmantes fleurs, elle produit aussi beaucoup d’humus une fois fauchée.
Le trèfle incarnat, comme toute légumineuse, apporte beaucoup d’azote, surtout une fois détruit. Ces plantes ont en effet la particularité de stocker dans leurs racines de l’azote puisé dans l’air. De plus, il fournira alors beaucoup de matière organique au sol.
Comme les 2 précédents engrais verts, le seigle apporte une biomasse importante.
C’est principalement avant l’hiver que vous sèmerez ces engrais verts.
Envie d'en savoir plus ? Retrouvez notre guide d'utilisation des engrais verts
Ajouter de la bonne terre
Il s’agit là d’une méthode alternative : plutôt que de chercher à savoir comment améliorer une terre sableuse définitivement, terre qu'il sera difficile et long de rendre fertile, ajoutez directement une terre de bonne qualité en couche épaisse sur le sable, au moins 20 cm.
Toute modification de la nature d’un sol demande de la patience et de la ténacité. Mais bien que très peu fertile, une terre sableuse peut recevoir nombre de cultures à condition de régulièrement apporter de l’eau et de quoi remplacer ce qu'ont absorbé les plantes, en petites quantités à la fois pour que tout soit utilisé. Comment améliorer une terre sableuse ? Apport constant de matières organiques, sol toujours couvert et jamais travaillé, sont les clés pour un sol plus riche et moins sec.
