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Vous désirez savoir comment chauler votre sol au jardin ou dans votre potager. L’apport de chaux est appelé chaulage ; cette action est bénéfique pour divers types de sols dans le jardin, mais attention, pas tous les sols ! Car cet amendement est calcaire, donc c’est à un sol acide qu’il doit être appliqué. Quand et comment corriger une terre acide pour obtenir un sol riche et souple, idéal pour le potager comme pour les massifs de fleurs ?
Une terre acide c’est quoi ?
Un sol acide est un sol généralement peu apprécié par les jardiniers. Il montre une faible présence de vie, tant au niveau des micro que des macro-organismes : bactéries en berne, vers de terre aux abonnés absents, entre autres. La matière organique y est peu et mal dégradée, ce qui rend les éléments nutritifs absents ou non assimilables par les plantes tandis que l’aluminium y est rendu plus facile à assimiler alors qu’il est toxique pour les végétaux. Les plantes s’y développent mal et elles sont plus sensibles aux maladies. Excepté bien sûr les plantes de terre de bruyère qui ont besoin de cette acidité.
L’acidification est cependant un phénomène normal, dû à l’activité biologique des végétaux, au lessivage lorsqu’il s’agit d’un sol léger (sableux, limoneux), et/ou encore à la minéralisation de la matière organique (la dernière phase de transformation de la matière organique en éléments assimilables par les végétaux).
Une histoire de pH
Un sol acide a un pH (pour potentiel hydrogène) bas, au-dessous de 7, 7 étant la neutralité, un sol au pH supérieur à 7 étant un sol basique ou alcalin (on dit souvent calcaire mais c’est un défaut de langage - même si les sols basiques sont très souvent calcaires). Un sol basique est un sol riche en bases, c’est-à-dire en atomes ou molécules capables de capturer des protons ou de fournir des électrons. Le sol le plus bénéfique pour l’activité microbienne et de la faune qui vit sur et sous le sol est un sol neutre.
Acide ou pas acide ?
Il y a cependant des sols acides qui ne demandent pas à être améliorés.
Les terres très riches en humus sont souvent légèrement acides, affichant un pH de 5,5 à 6.
On peut également se trouver en présence d’un sol certes acide mais pour autant riche en bases. C’est parce qu’elles sont non actives que ce sol est acide, mais leur présence permet aux végétaux basicoles (qui ont besoin d’un sol basique) d’y pousser.
Comment connaître son sol ?
Les végétaux qui poussent (quand ils sont dominants) sur un sol sont des indicateurs précieux de sa nature. La pâquerette pousse dans un sol acide et argileux. La renoncule, l’oseille, le rumex, la pensée sauvage, la camomille romaine, le genêt à balai aiment également les sols acides.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les mauvaises herbes : des plantes bio-indicatrices et très utiles.

Un petit test peut aussi vous éclairer sur votre sol : prélevez une poignée de terre et versez de l’eau déminéralisée, mélangez. Versez ensuite du bicarbonate de soude. Si une réaction se produit, c’est que votre sol est acide.
Mais pour avoir une connaissance plus précise, indispensable pour réaliser ensuite une bonne correction, vous trouverez en jardinerie des kits vous permettant de connaître avec précision l’acidité de votre sol.
À savoir : le pH du sol varie en fonction des saisons, veillez donc à toujours faire vos tests à la même période de l’année.
Pourquoi chauler le sol du jardin ?
L’amélioration d’un sol trop acide va se faire, très logiquement, en y apportant de la matière calcaire. Cet apport va avoir plusieurs effets bénéfiques :
Alléger le sol, ce qui favorise la circulation de l’air et de l’eau mais aussi des organismes vivants.
Rendre l’aluminium moins toxique.
Favoriser l’assimilation des éléments minéraux par les végétaux.
Améliorer la structure du sol, celui-ci va devenir plus stable et moins susceptible de former une croûte de battance avec les précipitations.

Une carence en calcium peut de plus être néfaste directement pour les végétaux. Il joue un rôle important dans la formation de la plante, dans le développement des graines puis des fruits, et il permet son équilibre hydrique. Une plante carencée en calcium ne sera pas capable de résister à une sécheresse.
La chaux au jardin
Plusieurs amendements de ce type peuvent être utilisés : la dolomie, le calcaire broyé, la marne, la cendre de bois, le lithothamne. Mais c’est la chaux, quelle que soit sa forme, qui est privilégiée et utilisable en grande quantité.
La chaux vive est obtenue grâce à la cuisson très haute température de la pierre calcaire.
Le lait de chaux est fait avec de la poudre de chaux vive à laquelle on ajoute de l’eau, ce qui produit une réaction exothermique. On peut le trouver tout prêt dans le commerce.
La chaux éteinte ou fleur de chaux est moins agressive, elle est issue de la réaction eau + chaux vive, présentée sous forme de poudre.
La chaux magnésienne ou dolomitique est une chaux éteinte à laquelle est additionnée du magnésium. Une chaux additionnée de magnésium va non seulement corriger une carence existante en magnésium mais aussi empêcher une carence future, car un apport de calcium (en l'occurrence ici la chaux) a tendance à entraîner lors de son assimilation dans le sol une carence en magnésium.
La période de l’année à laquelle est fait cet apport et la quantité sont très importants, il ne s’agit pas d’en mettre en grosse quantité ni n’importe quand, au risque de voir son sol être complètement déséquilibré.
Ces amendements vont être apportés modérément en plusieurs fois. Il faut garder à l’esprit que la modification du pH ne doit pas dépasser 0,5 point chaque année. Une modification plus rapide est néfaste pour la vie du sol. Du fait des modifications chimiques qu’elle entraîne, et parce qu’elle élimine tous les insectes et micro-organismes vivants.
La chaux pour le gazon
Il arrive, après l’hiver ou dans des zones ombragées et humides, que de la mousse se développe dans le gazon. Cette présence de mousse est le résultat d’une acidification de la zone. Les graminées qui composent votre pelouse peuvent être étouffées par cette mousse, fragilisées par de nombreuses carences en nutriments.
Pour vous aider, lisez aussi nos conseils sur : la chaux magnésienne : comment l'utiliser au potager, quand et comment répandre la chaux vive, et comment utiliser la chaux au potager.
Quand et comment chauler ?
Le chaulage est un apport de matières organiques ou minérales basiques. Il a des atouts car il favorise le développement de la vie microbienne. Ainsi, le chaulage permet d’accroître la décomposition de toutes les matières organiques pour créer de l’humus. La chaux rend ces matières organiques facilement assimilables et sous la forme de nitrates.
Toutefois, avant de procéder au chaulage, vous devez suivre une règle importante, il ne faut pas apporter de grosses quantités de chaux sur des terres acides, en une seule fois. Il faut procéder par étapes successives, sinon vous pourriez détruire l’équilibre chimique du sol.
En connaissant le pH de votre terre, vous pourrez ensuite corriger correctement l’acidité pour obtenir un pH plus proche de la neutralité. Attention, dans le cas d’un sol seulement un peu acide, vous réaliserez uniquement un chaulage d’entretien et non un chauffage de redressement qui n’aura lieu que si le sol est vraiment acide et décourage toute forme de culture.
Pour un sol acide et argileux : apportez à l’automne 350 g de chaux éteinte par m2. Il ne faut pas l’enfouir dans le sol. Recommencez une fois par an, jusqu’à ce que le sol atteigne un pH neutre. Pour stabiliser cet état, renouvelez l’apport tous les 3 à 5 ans. Il est important d’apporter de la matière organique 6 à 8 semaines avant ou après le chaulage, fumier ou compost, qui va rétablir la richesse en azote du sol. Suivez nos conseils pour jardiner en terre argileuse.
Pour un sol acide et limoneux : l’apport est de 200 à 400 g / m2. Suivez nos conseils pour préparer un sol limoneux.
Pour un sol acide et sableux : l’apport est de 40 à 80 g / m2. Suivez nos conseils pour améliorer une terre sableuse.

Sachez que l’effet complet d’un chaulage n’est visible que 3 ans plus tard environ mais que l’état d’un sol sableux se modifie plus rapidement.
La chaux est intégrée au sol par griffage, excepté pour un sol argileux. Dans ce cas, elle doit rester en surface, elle ne pourrait pas être dégradée une fois enfouie.
Testez votre sol régulièrement et passez à un chaulage d’entretien, avec de très petites quantités, dès lors que le pH atteint 6,5. La dose est de 15 g au m2.
À savoir : la chaux est un produit très corrosif. Il est plus que conseillé de porter un équipement adéquat pour se protéger : vêtements à manches et jambes longues, chaussures fermées, gants, lunettes.
Pour le gazon, vous réaliserez un chaulage au printemps ou en automne, après une scarification. Vous épandrez de manière uniforme environ 100 g de chaux dolomitique par m2 de pelouse. Sachez néanmoins qu’il vous faudra traiter la cause de l’acidification (ombrage trop important, sol mal drainé…), faute de quoi la mousse reviendra régulièrement.
Une terre acide n’est pas une terre très accueillante pour une grande majorité de végétaux. Ni pour la majorité des êtres vivants d’ailleurs, notamment toute la pédofaune, la faune du sol. Heureusement ce type de sol est plus facile à ramener à la neutralité qu’un sol basique. Certes cela demande de régulièrement faire des apports de matières calcaires, de la chaux le plus souvent, mais une fois le sol rétabli, ces applications seront plus espacées et vous garderez un terrain ameubli, aéré, dans lequel vous pourrez cultiver facilement.
