Aller au contenu

🌺 Jusqu'à -65% sur notre sélection jardin ! J'en profite

Jardinage au naturel

Comment concevoir un jardin économe en eau ?

Partager

Interview de la SNHF

Ce mois-ci, notre partenaire la Société Nationale d'Horticulture de France (SNHF) a rencontré Dominique Douard, entrepreneur du paysage à Perpignan. Il nous livre ses secrets pour concevoir un jardin économe en eau.

Comment concevoir un jardin économe en eau ?

Société Nationale d'Horticulture Française : En tant qu’entrepreneur du paysage à Perpignan, vous êtes habitué à travailler en tenant compte du climat. Le manque d’eau est-il une contrainte si difficile ?

Dominique Douard : Effectivement, nous sommes habitués depuis longtemps à gérer le manque de pluie, mais les conditions climatiques actuelles, déjà difficiles pour le jardin, vont encore s’aggraver. Les experts prévoient une élévation des températures dans les prochaines années. Pour la première fois, cette année, le préfet des Pyrénées Orientales a pris un arrêté de restriction interdisant notamment l’arrosage complet des pelouses. Cet arrêté est resté en vigueur du 1er août au 15 octobre. Nous devons nous attendre à la multiplication de tels arrêtés à l’avenir. Il va falloir trouver de nouvelles solutions.

SNHF : Comment faire face à cette situation sans remettre en cause la réalisation de jardins d’agrément et la place prééminente du végétal ?

D.D.: Dès l’origine du projet, il convient de réfléchir à la conception d’un jardin économe en eau. Ce n’est pas simplement une technique, mais aussi une vraie philosophie, une version différente de la relation avec le jardin. Par exemple, il faut réduire les surfaces engazonnées irriguées qui « consomment » environ 1 m³ d’eau par m² et par an, en plus des précipitations naturelles et faire accepter l’idée qu’un gazon peut être jaune en été, pour reverdir aux premières pluies.

SNHF : Y a-t-il dans la gamme des plantes méditerranéennes, des plantes peu exigeantes en eau, et en même temps résistantes au vent et à la chaleur ?

D.D.: Oui, bien sûr. Parmi les espèces les plus intéressantes, nous avons : l’olivier, le chêne vert, le caroubier, le camphrier, le brachychiton, le jacaranda, le Lagunaria patersonii, le faux poivrier, le frêne méditerranéen, le lilas des Indes, le sophora du Japon, le platane d’Orient, l’albizzia, le micocoulier de Provence, le murier à feuilles de platane, le chêne blanc. Vous avez aussi du choix dans les palmiers : Chamaerops humilis, palmier dattier, washingtonia, palmier des Canaries, Cordyline, Cycas. Dans les arbustes, je vous recommande les yuccas, le phormium, le tamaris, l’arbousier, le buis de Mahon, le callistemon, le cotonéaster, l’Eleagnus, l’escallonia, le Pittosporum, le rosier paysager, le laurier rose, le teucrium, la myrte, le figuier de Barbarie, le laurier noble, le genévrier, l’olearia, le perovskia, le grevillea, le photinia et les cactées en général.


Jardin sec

SNHF : Peut-on mettre des plantes vivaces dans des régions à climat chaud et sec ?

D.D.: Oui, c’est même souhaitable et il est possible d’échelonner les floraisons pour avoir des fleurs toute l’année ! Je vous conseille de planter des armoises, de la lavande, du phlomis, des agaves, des Aloe, du bergenia, des bulbines, des valérianes, du liseron, du lierre, du tulbaghia, des pervenches, des sauges, de la santoline, du romarin, de la verveine, de la vipérine, des euryops, du gaura, des nepeta, lantana, des erigeron, du thym, des anthemis, du chèvrefeuille, des oenothères.

SNHF : Est-ce que la nature du terrain a une influence sur la résistance à la sécheresse ?

D.D.: La capacité d’un végétal à résister à la sècheresse est bien sûr liée à la qualité de son enracinement. Il convient donc de travailler profondément le sol avant la plantation pour que les plantes puissent s’enraciner rapidement dans un support bien drainant.

SNHF : Avez-vous des conseils à nous donner pour les plantations ?

D.D.: Les plantations de végétaux en racines nues sont de plus en plus réduites, au profit du godet, du conteneur, du bac, pour favoriser les reprises malgré la sècheresse. La sagesse veut que les végétaux soient plantés en petites tailles afin de faciliter la reprise et limiter les besoins immédiats en eau.

SNHF : On parle de plus en plus de l’importance de pailler. Qu’en pensez-vous ?

D.D.: Le paillage, qui est un ancien procédé remis au goût du jour, protège le sol des agressions du vent, des pluies battantes et de l’ensoleillement trop violent. Il limite le développement des adventices et retient l’humidité du sol en été. Dans les régions très ventées, le paillage minéral est préférable au paillage végétal (Pouzzolane, galets, graviers…).

SNHF : Toutes ces précautions permettent-elles d’espérer une économie d’arrosage substantielle ?

D.D.: Le choix judicieux des végétaux, associé à la généralisation des méthodes de paillage, permet effectivement une réduction appréciable des apports d’eau d’arrosage.

Dans toute la mesure du possible, évitez de prélever l’eau dans les réseaux urbains d’eau potable. Il est préférable de faire des forages, des puits, de pomper l’eau dans les canaux d’arrosage ou de recueillir l’eau de pluie qui est gratuite, non calcaire et ne contient pas de chlore.

SNHF : Comment bien arroser ?

D.D.: L’arrosage doit se concevoir de manière différenciée. Pour les arbres et les « plantes fortes », pas de goutte-à-goutte. Revenez aux méthodes d’arrosage manuelles traditionnelles : constituez une cuvette de terre autour du tronc qui pourra recueillir une quantité d’eau significative. Arrosez copieusement mais en espaçant les fréquences. L’eau doit pénétrer dans le sol pour créer une fraîcheur de fond vers laquelle les racines doivent descendre. Par la même occasion, bassinez le feuillage, en fin de journée, pour laver les poussières et les embruns. Les plantes adorent….

Pour les arbustes et certaines plantes vivaces, le même principe s’applique mais l’installation d’arrosage par goutte à goutte hors sol est envisageable, avec ou sans programmation. Bien que très utile pour le jardinier, l’arrosage par goutte à goutte présente l’inconvénient de favoriser l’enracinement superficiel de la plante. Il est donc vivement conseillé de couper périodiquement l’installation pour contraindre la plante à développer ses racines en profondeur.

Pour les plantes vivaces et les couvre-sols du jardin sec, les arrosages ne doivent pas être systématiques, mais occasionnels, pour aider les plantes à traverser une période difficile : sécheresse trop prolongée, période excessivement ventée, ensoleillement intense…

SNHF : Que souhaitez-vous délivrer comme message de conclusion ?

D.D.: L’entretien du jardin ne doit pas être une contrainte, mais un plaisir. Ne soyons plus « esclave » des haies taillées au cordeau, des plantes à traiter en permanence, des bêchages éreintants, de la pelouse à tondre absolument avant l’arrivée des amis ce week-end… Faisons en sorte de pouvoir partir en vacances en toute tranquillité, le jardin doit pouvoir se débrouiller sans nous pendant notre absence… Disons « Non » aux factures d’eau exorbitantes dont le prix ne fera qu’augmenter !

Le jardinier de doit jamais oublier le vieux proverbe cité par Francis Bacon : « On ne commande à la nature qu’en lui obéissant »  

Retrouvez l'article complet sur le site de la SNHF : Concevoir un jardin économe en eau