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Pouvant rapidement se propager dans des conditions favorables, les boutons d’or, par ailleurs de fort mignonnes petites fleurs, peuvent envahir tout votre gazon ou vos massifs. Mais ces conditions favorables sont des signes de problèmes au niveau du sol. Comment interpréter la présence de cette petite renoncule ? Comment la désherber ou comment éviter qu’elle ne s’installe ?
Petit portrait du bouton d’or
Le bouton d'or, Ranunculus acris (renoncule âcre), est une plante vivace qui fait partie de la famille des Renonculacées. Il forme une touffe de tiges creuses dressées, de 40 à 80 cm de hauteur, qui se ramifient en hauteur. Les feuilles du bas sont très découpées, montrant jusqu’à 5 lobes dentés, tandis que les feuilles supérieures ne montrent que 3 lobes sans dents.
Il fleurit longtemps, du printemps jusqu’au début de l’automne. La petite fleur jaune du bouton d’or, 15 à 25 mm, est composée de 5 pétales arrondis bien détachés les uns des autres, avec un cœur très fourni en étamines jaunes. Elle a été le jeu de nombre d’enfants, le pollen bien jaune se déposant sur le menton étant le signe incontestable d’un amour du beurre. Les fruits du bouton d’or sont des akènes qui se disséminent par le vent ou grâce aux insectes.
La renoncule âcre se développe notamment par ses stolons (on connaît bien ceux des fraisiers qu’il faut supprimer et que l’on replante pour obtenir un fraisier supplémentaire), ces longues tiges qui permettent à une plante de s’enraciner de loin en loin. Les fleurs émettent bien sûr des graines, et la durée importante de sa floraison est une bonne méthode pour envoyer un très grand nombre de graines dans la nature. De plus, ses racines sont résistantes et peuvent donner un nouveau plant si elles sont cassées sous terre.
Le bouton d’or est une plante toxique pour l’homme et pour le bétail, qui peut cependant la consommer sans risque une fois sèche. La plupart des renoncules émettent une substance toxique, la proto-anémonine, lorsqu’elles sont blessées, une réaction de défense contre les herbivores.
La renoncule âcre est une plante bio-indicatrice. Très commune dans les prairies et pâturages, les terrains vagues, les milieux humides, les bords de route, cette fleur sauvage se plaît sur une terre lourde, argileuse, à tendance acide et riche en nutriments. Néanmoins, c’est son nombre, relatif à celui des autres plantes qui est important. Un terrain majoritairement peuplé de cette petite renoncule est un terrain à la limite de l’engorgement. Le complexe argilo-humique commence à être saturé et le milieu est près de l’asphyxie.
Bien que seule la renoncule âcre soit le vrai bouton d’or, il existe deux autres renoncules que l’on nomme couramment ainsi du fait de leur ressemblance importante avec Ranunculus acris. La renoncule rampante, Ranunculus repens affiche des tiges souvent couchées de 10 à 60 cm de long et a des fleurs un peu plus grandes, de 2 à 3 cm de diamètre. Elle se rencontre à peu près aux mêmes endroits mais aussi dans les jardins dont elle apprécie les sols compactés.

Elle est plus résistante à la sécheresse que sa cousine âcre qui la supporte mal. Elle a les mêmes modes de reproduction par stolons et graines. La renoncule bulbeuse, Ranunculus bulbosus, présente à la base de sa touffe un petit renflement, comme un bulbe un peu sorti de terre, d’où son nom. Ses tiges sont dressées mais plus courtes, 10 à 50 cm et son feuillage est duveteux. Ses grandes fleurs, 2 à 3 cm, montrent des sépales orientés vers le bas, au contraire des deux autres dont les sépales sont collés aux pétales. Elle aime les zones assez sèches et plutôt pauvres, à tendance calcaire, et très compactées. Elle se multiplie seulement par graines.
Comment se débarrasser de cet indésirable ?
Cette plante n'est pas facile à éliminer car elle a deux moyens de multiplication, par stolons et par graines. Surtout, évitez de la piétiner car elle adore les sols bien tassés et cela ne fera que la répandre dans votre jardin.
Ce qui ne marche pas ou partiellement
La tondeuse : les stolons enracinés parfois loin de la plante mère et à des endroits où la tondeuse ne passe pas forcément maintiennent la plante en place dans votre jardin. La seule action de la tondeuse va être de tailler les fleurs et donc de limiter le nombre de graines.
La bêche ou tout autre outil coupant va trancher les racines et les stolons et il sera bien plus difficile de tous les ôter.
Espérer qu’elle va être éliminée par des ravageurs ou des maladies. Elle est très résistante et les agresseurs habituels ne s’en approchent pas.

Ce qui marche
Il est possible d’éliminer manuellement ces envahissantes renoncules à condition d’agir avec les bons outils et au bon moment. Agissez de préférence lorsque les plantes sont jeunes, en fin d’hiver (si la terre n’est pas gelée bien entendu) ou au printemps, et lorsque le sol est bien humide, après une période pluvieuse. En sol sableux, vous attendrez 2 jours après une pluie, lorsque le sol a évacué la pluie.
L’arrachage grâce au bêchage est une méthode efficace pour éliminer cette adventice sur une grande zone. En effet, il est important de retirer totalement ses fortes racines pour éviter qu’elles ne puissent se reproduire et se nourrir en profondeur. Soulevez la terre avec une fourche-bêche ou une grelinette et récupérez des mottes entières pour en ôter toute racine ou stolon.
L’arrachage des racines à l’aide d’une gouge ou d’un couteau désherbeur est certes long mais efficace sur les petites zones. L’outil doit être utilisé en douceur pour ne pas casser les racines de la renoncule.
Dans les deux cas vous amènerez vos déchets à la déchetterie plutôt que de les jeter dans le compost.
En tout dernier recours vous pourrez aussi employer des désherbants mais en prenant le soin de ne pas les faire entrer en contact avec vos fleurs et autres plantes. Utilisez de préférence un pinceau pour une application ciblée. Sachant que ces produits ont des effets néfastes sur la faune comme sur la flore et le sol.
En prévention
Les méthodes préventives peuvent également être curatives dans la mesure où l’amélioration d’un sol favorable aux renoncules va finir par le leur rendre défavorable.
Limitez autant que possible les piétinements qui compactent les sols et offrent des conditions favorables à la prolifération de ces renoncules. Mais aussi de travailler le sol lorsque le temps est pluvieux, ce qui contribue également à sa compaction.
Un sol bien couvert par de nombreux végétaux va être plus difficile à coloniser pour les renoncules. Plantez des engrais verts sur vos planches potagères nues et des couvre-sol vigoureux dans les massifs et endroits peu enherbés.
Si votre sol est vraiment très humide, il est important de bien le drainer et vous verrez que les boutons d’or ne s’installeront pas ou se feront beaucoup plus rares s’ils étaient déjà là.
Un sol trop riche est déséquilibré, il peut attirer ce genre de plantes adventices envahissantes. Évitez de sur-fertiliser.
Après avoir fait une analyse du sol pour connaître précisément son pH, vous pouvez, épandre de la chaux pour diminuer l'acidité du sol.
Faut-il vraiment l’éliminer ?
Tout dépend peut-être de l’endroit où il pousse. S’il envahit votre beau gazon, c’est assez dommage et c’est normal de vouloir s’en débarrasser. Néanmoins, s’il envahit votre gazon, celui-ci ne fera de toute façon pas long feu si vous ne vous attaquez pas frontalement au problème.
Par contre, dans les massifs ou au verger, et même dans le potager, excepté, encore une fois, s’il devient envahissant, il peut peut-être être considéré comme une jolie fleur qui égaie arbres fruitiers ou plants de légumes et qui habille le pied de vos arbustes et plantes à fleurs. Il est de plus apprécié des abeilles.

Cette petite plante bio-indicatrice qu'est le bouton d’or peut redevenir une jolie petite fleur sauvage dès lors que le sol où elle pousse est amélioré, équilibré. Dès lors, donc, que les plantes que vous cultivez sont plus à leur aise, vigoureuses et en bonne santé. Le jardinier a donc tout bénéfice de chercher à améliorer son sol plutôt que de s’évertuer à arracher une plante finalement plutôt utile.
