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Dans votre jardin, vous êtes confronté à une invasion de chardons et vous ne savez que faire pour vous en débarrasser. Il est vrai que le chardon est assez envahissant et peut ainsi proliférer chaque nouvelle année, si aucune intervention n’est effectuée. Mais il faut rendre à César ce qui appartient à César : le chardon n’a pas que des défauts et peut se montrer très utile. En présence d’un sol dénaturé, profitez de ses propriétés pour obtenir plus tard un jardin des plus beaux ou des plus productifs.
Pourquoi donc une invasion de chardons au jardin ?
Pourquoi j'ai des chardons dans mon jardin ? Le chardon des champs, Cirsium arvense, peut en effet se révéler très envahissant. Très répandu en France, il préfère les sols fertiles, argileux et frais mais tolère très bien les terres pauvres. Il aime également les sols compactés et avec un pH très élevé ou bien les sols remués, trop travaillés et qui sont régulièrement gorgés d’eau, avec des matières organiques mal compostées, mal décomposées, qui ont donc un rapport carbone/azote très déséquilibré.
Le chardon a donc une prédilection pour des sols à problèmes, souvent dus à des erreurs de culture. Dans ce type de sol, l’oxygène et le phosphate sont bloqués et ne peuvent servir aux végétaux tandis que d’autres éléments, eux, sont libres mais sous une forme toxique.
Il tend à s’installer dans les prairies bien sûr, mais aussi dans les vergers et autres cultures permanentes. Il sera fréquemment accompagné du pissenlit qui a les mêmes goûts.
La force du chardon, qui fait de lui cet envahisseur, c’est son mode de propagation.

Non seulement il produit énormément de graines (5 000 par pied) mais il dispose en plus d’un système racinaire particulièrement efficace, constitué de racines verticales très profondes et de rhizomes latéraux horizontaux qui émettent de nouvelles pousses et sont des réserves.
C’est pour cela qu’il faut éviter d’utiliser la motobineuse sur un terrain envahi, vous multiplieriez le nombre de morceaux de rhizomes, chacun provoquant de nouvelles pousses.
Il faut du coup reconnaître au chardon une utilité importante : ces racines si fortes et profondes offrent des bénéfices insoupçonnés.
Comment se débarrasser efficacement et naturellement des chardons ?
Le chardon commun aimant des sols très particuliers, qui offrent des conditions favorables à la levée de ses graines, c’est en rétablissant des conditions plus “normales”, et donc défavorables aux chardons, que vous pourrez durablement éviter toute future invasion de chardons. Car même s’il est possible de les éliminer manuellement, avec un travail de longue haleine, tant que le sol restera tel quel, ils seront susceptibles de revenir à n'importe quel moment.
Des gestes efficaces pour éliminer le chardon
Vous aurez à agir dès le printemps, notamment lors de la croissance de vos plants au potager ou dans vos massifs. Il est en effet crucial d’agir avant la montée en graines. L’arrachage est inutile, voire contre productif. Car les rhizomes produiraient aussitôt de nouveaux bourgeons. La meilleure méthode est le fauchage, à répéter régulièrement. En privant les rhizomes de la photosynthèse des parties aériennes qui renouvellent leurs réserves, ceux-ci vont peu à peu s’affaiblir. Pour être efficace, ce fauchage doit se faire à certains moments clé :
le stade bouton, le pied mesure alors 15 à 20 cm de haut,
le stade bouton floral, vers mai-juin, le pied a alors épuisé la plus grande partie de ses ressources.
Si la météo est à la pluie, il faudra laisser faire car les tiges se remplissent d'eau, entraînant le pourrissement de la plante. En cas d’absence de pluie, vous remplirez les tiges avec de l’eau en arrosant.
Évitez par contre de faucher au moment où la rosette se forme, cela ne ferait que doper la production de nouveaux bourgeons.

Vous êtes envahi par les chardons ? Essayez le désherbage thermique, il peut se révéler très efficace.
Si par chance l’invasion en est à son début, vous pouvez arriver à l’enrayer en semant un engrais vert qui va l’étouffer. Vous sèmerez du ray-grass d’Italie, de la vesce, de la luzerne ou encore du seigle à l’automne. Et au printemps, réalisez un faux-semis.
Certaines plantes sont capables de décompacter le sol en profitant des excès des sols aimés par le chardon. Semez en quantité du ray-grass, du radis, du daïkon japonais.
Éviter les chardons envahissants au jardin
Comment éviter l’invasion de chardons dans son jardin en lui proposant un sol riche mais équilibré, plus léger et aéré ? En travaillant le sol de manière plus légère et superficielle, voire en cessant de le travailler et en utilisant un paillis épais qui va l’assouplir, en l’amendant de manière adaptée en fonction de sa nature et du climat.

Néanmoins, il reste une troisième alternative : laissez le chardon travailler pour vous !
Il a la capacité, et c’est une des rares plantes à l’avoir, de débloquer le phosphore dans le sol. Celui-ci, très utile pour le développement des plantes, va redevenir disponible pour elles.
Ses très profondes racines vont loin dans le sol pour chercher les nutriments qui lui sont nécessaires. Lorsqu’il meurt, il rend au sol ces nutriments mais à une profondeur accessible pour les autres végétaux. Il faut bien sûr pour cela laisser les chardons se décomposer sur place. Ce faisant, il rend un certain équilibre au sol.
Autre bénéfice apporté par ce système racinaire : elles décompactent le sol en profondeur et permettent à l’eau de s’évacuer dans les nappes phréatiques, limitant ainsi l’engorgement.
Le chardon a également des propriétés détoxifiantes pour les métaux lourds souvent en quantité dans les sols hydromorphes et compacts.
Et l’on comprend du coup ce vieux dicton “Terre à chardons, terre à millions” : un terrain inutilisable qui se couvre de chardon sera ensuite des plus riches et équilibrés pour les cultures, et sans avoir à lever le petit doigt pour se débarrasser de cette vivace pas si indésirable.
Le saviez-vous ? En Sardaigne est née une initiative pour utiliser le chardon pour produire des bioplastiques. Poussant tout seul là où on le laisse faire, il n’a besoin ni de fertilisation ni d’irrigation et il vit 4 à 5 ans. Sa graine produit de l’huile et aussi de la farine pour nourrir les moutons qui en raffolent, le reste des parties aériennes produisent l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’usine. Et les reliquats retournent au sol. L’huile peut être raffinée pour être transformée en bioplastique.
Le chardon, considéré comme une plante envahissante, a cependant quelques mots à dire pour sa défense. Car il joue un rôle important dans la reconstruction de sols déséquilibrés, où peu de plantes peuvent s’épanouir. Donc même si vous vous sentez démuni en constatant l’invasion de votre jardin par des chardons, prenez patience, dès que le sol sera redevenu propre à la culture, il disparaîtra de lui-même et vous prendrez plaisir à cultiver sur une terre meuble et fertile.
