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Jardinage au naturel

Un blaireau au potager : que faire ?

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Ce petit ours à la tête rayée est l’un des mammifères les plus mal aimés. Le blaireau est-il dangereux ? Qui est-il et quel est son mode de vie ? Apprenez à connaître le blaireau pour vous en accommoder, ou le faire fuir lorsqu’il fait trop de dégâts. Car le blaireau au potager est tout à la fois un auxiliaire utile et un ravageur affamé !

Un blaireau au potager : que faire ?

Deux mots sur le blaireau

Petit mammifère corpulent à courtes pattes, doté d’un long museau et d’un caractéristique pelage bicolore : corps gris et tête blanche marquée de bandes noires, le blaireau, Meles meles, fait partie de la famille des Mustélidés. Il pèse en moyenne 12 kg et peut mesurer jusqu’à 90 cm de long avec la queue.


Mode de vie

Cet animal principalement nocturne a tendance à vivre dans des milieux fermés, protégés : forêts ou lisières, haies, bosquets. Il vit en petits clans de moins de 10 individus dans des galeries qu’il creuse, formant un terrier commun. Celui-ci peut être monumental, jusqu’à 2000 m², et descendre à 4 m de profondeur. Il est constitué de plusieurs niveaux et de chambres pour chacun : les chambres de femelles allaitantes et les chambres de repos pour tous, équipées de lits de végétaux que les petites bêtes changent régulièrement. Le blaireau privilégie pour ce terrier les zones peu fréquentées, si possible en pente pour évacuer facilement la terre des galeries, dans une terre meuble et drainante, non inondable. Cet habitat est transgénérationnel, il peut servir durant des dizaines d’années !


Terrier de blaireau

Il y a également des terriers secondaires situés près des lieux où se trouve de la nourriture, et qui peuvent servir de refuge.

Les blaireaux du clan marquent leur territoire d’une centaine d’hectares en moyenne avec leur odeur. Le terrier est équipé de latrines, des trous ronds dans le sol creusés sur le pourtour du terrier, qui font partie du système de délimitation du territoire. Autour des villes et zones peuplées cependant beaucoup d’individus sont solitaires et ne marquent pas leur territoire.


Alimentation


Blaireau

Un blaireau au potager ?

Le blaireau est omnivore, il se nourrit de petits mammifères, amphibiens ou reptiles, de fruits frais et secs et de champignons, de gastéropodes, d’insectes et de leurs larves. Il adapte son alimentation aux ressources saisonnières présentes sur son territoire. En hiver, il se nourrit principalement de lombrics mais c’est une période où il passe beaucoup de son temps à se reposer, au printemps et en été il est plutôt carnivore et en automne fructivore.

C’est pourquoi il peut être présent au printemps et en été dans les jardins, pour y chercher de la nourriture. Il y gratte la surface du sol avec ses puissantes griffes. Et lorsque la nourriture vivante se fait rare, c’est au potager que le blaireau peut se sustenter, en se rabattant principalement sur les légumes-racines du potager.


Le blaireau est-il un animal nuisible ?

Le blaireau est un animal très utile : il participe au travail d’aération des sols, il remonte à la surface des graines enfouies, il enrichit le sol en nutriments, notamment en azote, il dissémine les graines des fruits qu’il ingère, il régule les populations de larves, campagnols et autres ravageurs, ses terriers servent souvent à abriter d’autres espèces animales.

La femelle fait peu de petits, en moyenne 0,3 par an et elle est mature sexuellement à l’âge de 2 ans, avec une durée de vie moyenne de 5 ans à 10 ans pour un blaireau en liberté (plutôt 30 ans pour les individus en captivité). Les blaireautins sont de plus très nombreux à mourir avant d’atteindre l’âge adulte. C’est en partie ce qui explique la diminution importante de sa population, avec la chasse, le gazage des terriers et la circulation routière. Le blaireau est protégé en Angleterre, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Italie, Grèce. En France il est classé comme “gibier” et chassé 10 mois par an, notamment par déterrage.

Question : est-ce que le blaireau est dangereux ? Le blaireau est un animal paisible, discret et craintif, qui ne sort que la nuit, voire au crépuscule en début d’été. Donc il n’y a rien à craindre de lui, sauf bien sûr si vous l’attaquez de front et qu’il est acculé. Préférez l’observer au sortir de son terrier, lorsqu’il fait sa toilette avant de s’aventurer dans le grand monde ou lorsque les petits jouent.


Vivre avec ou pas ?

Les dégâts du blaireau au potager

Comment savoir si vous avez un blaireau dans votre potager ou dans le jardin ?

  • La présence de coups de griffes sur le sol ou sur des arbres, jusqu’à 1,40 m de haut (le blaireau ne va pas dans les arbres, il ne sait pas grimper).

  • Des tas de terre en cônes qui marquent les entrées des terriers (1 ou 2 pour les secondaires, beaucoup plus pour le principal), plutôt cachés dans des fourrés, ou bien des coulées (sentiers creux dont la végétation est écrasée) qui relient les terriers secondaires au principal ou aux zones de nourrissage.

  • Débris d’herbes et de feuilles sèches devant ces entrées (aération ou changement de litière) par ailleurs très propres.

  • Des sortes de petits bols creusés dans la terre avec des crottes à l’intérieur.

  • Du paillis ou de la terre retournée sans ménagement par les fortes pattes du coquin et par sa truffe. La terre retournée est en plus grande quantité en période sèche, car les lombrics et les larves sont alors profondément enfouies dans le sol.

  • Ses empreintes ressemblent à celles d’un ours miniature : 6 cm de large environ, talon bien marqué, 5 doigts à peu près parallèles et griffes visibles sur les pattes antérieures.


Empreinte de pattes de blaireau et de renard

Les dégâts du blaireau au potager sont variables mais peu fréquents. Il peut complètement détruire de jeunes plantations ou retourner tout le paillis pour y chercher d’éventuels campagnols, mais généralement les plantations plus anciennes ont peu à redouter.


Les solutions

Voici quelques techniques pour dissuader ce petit animal de venir grignoter les tubercules péniblement obtenus (!!) et de retourner vos plantations.

Quelles astuces utiliser pour l’éloigner du potager ?

  • Adoptez un chien. Celui-ci est un des prédateurs occasionnels du blaireau, sa présence sera en elle-même suffisamment dissuasive. 

  • Installez une clôture enterrée ou électrique autour du potager. Dans le cas de la clôture électrique, de 6 à 8 kV, placez un premier fil à 10 cm du sol, un deuxième à 20 cm, et si besoin un dernier à 30 cm. Il est judicieux d’ajouter un ruban visible. Ce système peut également être installé sur une petite longueur, là où le blaireau pénètre dans le jardin. Les clôtures type petit bétail, à mailles et électrifiées semblent être efficaces. Pour une clôture simple, sélectionnez un modèle à mailles de 10 cm maximum, avec un fil de 1,5 mm minimum, une hauteur de 130 cm dont 100 en hauteur et 30 enterrés vers l’extérieur.

  • Du grillage à poule posé au sol avant vos semis, c’est très désagréable sous les pattes.

  • Installez des lampes solaires à leds autour du potager, fixes ou qui se déclenchent au mouvement. Le blaireau est craintif, il aime la nuit qui le dissimule.

  • Il adore les fruits tombés au sol. Si vous avez un arbre fruitier, laissez les fruits au sol, cela suffira pour le nourrir et il n'ira pas chercher autre chose.

  • Si vous repérez seulement un trou dans la clôture qui ferme votre propriété, placez une grosse pierre juste devant.

  • Contactez votre mairie, il peut y avoir des associations locales qui se chargent de les déplacer.

Quels répulsifs pour les blaireaux ?

  • Entourez le potager d’un tissu ou simplement d’une ficelle placée à 10 cm de hauteur, que vous aurez préalablement aspergée de parfum (un parfum bon marché bien sûr !) ou d’huile essentielle de citronnelle, de tea tree ou de lavande.

  • Il existe des répulsifs olfactifs pour blaireaux et renards, composés d’actifs naturels particulièrement odorants et piquants. Il est d’ailleurs indiqué de porter des lunettes, un masque et des gants lors de la pulvérisation. Vous pouvez pulvériser ainsi du tissu (coton) à placer autour du potager, ou bien en mettre dans le terrier et tout autour ainsi que le long des coulées.

  • Les odeurs humaines peuvent également être de bons répulsifs : cheveux, urine. Changez régulièrement d’odeurs pour éviter qu’ils ne s’habituent.

  • Vous pouvez fabriquer votre propre répulsif, à base de savon noir et de piment.

Si vous ne trouvez près du potager que des latrines sans autres traces, il s’agit d’un marquage externe du territoire de la famille de blaireaux que vous avez pour voisins. Dans ce cas n’y touchez pas, ce marquage éloignera d’autres blaireaux et comme il s’agit de l’extrémité du territoire vous ne devriez pas avoir d’autres nuisances. Et pour dissimuler ces trous peu appétissants, plantez des arbustes à croissance rapide juste devant !

Et dans tous les cas, si la proximité d’un terrier, qu’il soit principal ou secondaire, ne pose pas de gêne importante, il est préférable de laisser l’animal tranquille. Ne serait-ce que parce qu’il refera un terrier dans les environs, puisque c’est son territoire, et le prochain risque d’être plus gênant. De plus, le blaireau n’a pas tendance à pulluler et la taille du terrier, tout comme celle du clan, est stable.

La présence d’un blaireau près d’un potager n’est pas forcément signe de nuisances, car il s’avère être un sérieux danger pour larves, limaces, coléoptères, campagnols et mulots qui peuvent ravager les plantes du potager. Cependant, le blaireau cause parfois des dégâts au potager, mais dans ce cas il est relativement aisé de l’en éloigner. Et pour plus d’efficacité, n’hésitez pas à combiner les méthodes !