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Le jardinier peut parfois se demander pour qui il cultive ses plantes potagères, car son foyer est loin d’être le seul à qui profite les récoltes, les ravageurs divers et variés y trouvent également leur compte. Parmi ces ravageurs courants du chou se trouvent les pucerons, dont une espèce est particulièrement dangereuse et peut mettre en péril toute la récolte. Comment se débarrasser des pucerons sur les choux ?
Le puceron cendré du chou
Le puceron que l’on trouve le plus souvent sur les choux est le puceron cendré, Brevicoryne brassicae. Comment le reconnaître et quels dégâts entraîne sa présence sur les choux et autres membres de la famille des Brassicacées ?
À savoir : on trouve également sur le chou le puceron vert mais il est nettement moins nuisible.
Portrait
Ce puceron est vert mais il est recouvert d’une sorte de poudre blanche, une pruine, qui lui donne une teinte grisâtre. Grâce aux hivers moins froids, les œufs pondus par les adultes en automne sur le revers des feuilles de chou éclosent en février. Les pucerons cendrés, comme d’autres espèces, peuvent se reproduire de façon non sexuée, par parthénogénèse. Ces premiers individus sont des femelles qui vont donner naissance à des larves à croissance très rapide.
C’est au niveau des feuilles du cœur du chou que la colonie va se développer. En effet, les jeunes feuilles sont très tendres, plus accessibles que les feuilles de l’extérieur.
Lorsque la colonie est trop importante par rapport aux ressources, des pucerons ailés naissent, vert plus sombre recouverts de pruine grise. Ils vont pouvoir voler jusqu'à d’autres hôtes, se reproduire pour former une nouvelle colonie. C’est entre avril et octobre que la pression sur les plantes est la plus forte.
Vers l’automne, des pucerons sexués éclosent qui vont se reproduire et donner naissance à la génération suivante.
Les Brassicacées les moins touchées sont les choux-fleurs et les choux pommés car ils ne passent pas l’hiver au jardin. Les choux de Bruxelles par contre peuvent subir de très gros dégâts. Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur l'entretien des pieds de choux de Bruxelles.

Symptômes
Ces parasites se voient très bien à l'œil nu, et les oeufs également pour peu que vous souleviez les feuilles des choux d’hiver. Au début ces pucerons sont cependant peu visibles, car encore cachés sous les feuilles, mais leur présence peut être devinée car le rebord de ces feuilles va commencer à s’enrouler. Les feuilles vont également se bosseler et se marquer de taches jaunes.
Le puceron est un piqueur-suceur. Grâce à son rostre, il transperce l’épiderme de la feuille et suce la sève pour se nourrir. Les piqûres et le défaut de sève, importants lorsque la colonie est grande, provoquent le dépérissement des feuilles infestées.
Mais le puceron est la cause de dégâts supplémentaires : il excrète du miellat, qui est formé par les résidus non digérés de la sève absorbée, en l’occurrence des sucres. Ce miellat, très collant, finit par former sur les feuilles une couche que vont rapidement coloniser des champignons. Cette espèce de moisissure noire et collante est la fumagine. En quantité importante sur les feuilles, elle empêche la photosynthèse, contribuant ainsi à l’affaiblissement des feuilles du cœur du chou qui vont dépérir puis mourir.
Protection et traitement
Comment se débarrasser des pucerons sur les choux ? Et surtout comment éviter qu’ils ne s’installent sur vos choux, choux-fleurs, brocolis et autres choux de Bruxelles ?
Comment protéger les choux contre ces parasites ?
Pour protéger les choux des pucerons, rien de mieux que la prévention.
Favorisez dans votre jardin l’installation des prédateurs naturels des pucerons qui se chargeront de maintenir la population de ce ravageur dans des limites plus tolérables : coccinelles, syrphes, chrysopes…
La présence d’un paillis vivant et varié (des plantes qui forment une couverture du sol) attire de nombreux auxiliaires, notamment des parasites des pucerons (généralement de minuscules hyménoptères) qui vont contribuer à faire diminuer la présence des pucerons.
Plantez à l’écart de vos rangées de choux des plantes qui les attirent, par exemple de la moutarde ou du colza. Une fois ces plantes bien colonisées, arrachez-les et détruisez-les avec leurs parasites.
Quel traitement contre ces pucerons ?
Il n’y a pas de traitements contre le puceron cendré du chou, les méthodes de lutte sont préventives. Offrez à vos choux des conditions de culture qui leur sont bien adaptées pour de bonnes défenses et évitez les excès d’engrais azotés.
Quelques astuces vous permettront quand même de limiter la colonisation.
À l’apparition des premiers symptômes/pucerons visibles, arrosez les feuilles hôtes au jet d'eau, en évitant d’agir un jour de grand soleil. Cela devrait éliminer une partie de la population. Recommencez régulièrement pour ne pas laisser la colonie croître.
Pulvérisez de l’eau additionnée de savon noir sur les feuilles couvertes de miellat pour les nettoyer, cela évitera que la fumagine ne s’installe. Évitez l’application lorsqu’il pleut. Vous rincerez bien les feuilles ainsi nettoyées avant de les consommer.
Une fois la saison finie, ne jetez pas la végétation restante après la récolte au compost, vous risqueriez de voir revenir ce ravageur dès l’année prochaine. Il est préférable de la détruire ou de l'expulser du jardin.

Les autres ravageurs du chou
Une bonne manière de lutter contre les ravageurs du choux et autres plantes potagères est de favoriser la biodiversité dans votre jardin. Plus la vie y sera variée, plus vous aurez de chance que des prédateurs des ravageurs en fassent partie, qui, à défaut d’éliminer totalement la menace, la rendront beaucoup moins importante.
Les limaces
Cette bête noire du jardinier s’attaque principalement aux jeunes pousses dont elle aime la tendreté. Et les choux, quels qu’ils soient, ne sont pas épargnés. Plutôt actives la nuit, les limaces peuvent faire de gros dégâts dans les rangées de choux. Vous pouvez faire un tour au potager à ce moment là avec une lampe pour les ramasser à la main et vous en débarrasser. Évitez d’arroser le soir, l’humidité va les attirer encore plus.
Pour vous aider, suivez nos astuces pour lutter contre les limaces.
La mouche du chou
La larve de cette mouche, présente entre le début du printemps et la fin de l’été, provoque sur les plants atteints un ralentissement de la croissance, on peut également observer des feuilles flétries. Ces symptômes sont dus au fait que ces larves creusent des galeries dans la base des plants. Installez une collerette rigide autour de chaque plant et arrosez vos rangées de chou par aspersion.
La piéride du chou
Cette chenille éclot sur les feuilles du chou et s’en nourrit, y faisant des trous et y laissant ses excréments noirs. Cette chenille est présente entre avril et octobre, du fait des nombreuses générations qui se succèdent. Un filet au-dessus des plants est la meilleure solution pour empêcher ces dégâts.
Pour vous aider, suivez nos remèdes naturels contre la piéride du chou.

Les altises
Les altises sont des petits coléoptères à la carapace noire et brillante. Ils sont capables de sauter de feuilles en feuilles et dévorent les feuilles de chou, y perçant de petits trous. Ils s’attaquent également aux tiges, affaiblissant le pied. Présentes au potager entre mai et juin, elles sont particulièrement dangereuses pour les jeunes pieds. Les altises ont horreur de l’humidité. Un sol bien frais et des arrosages réguliers pourront les tenir à distance. Par ailleurs, vous ferez au mieux pour planter vos choux le plus tôt possible, tant que le temps est à l’humidité. Comme les altises passent l’hiver dans le sol ou sous les feuilles, pratiquez la rotation des cultures.
La noctuelle du chou
Il est assez rare de voir la noctuelle sur le chou. Cette chenille grise se nourrit des feuilles, y laissant trous et excréments. Placez un filet au-dessus des choux dès le printemps.
Pour vous aider, suivez nos conseils pour éliminer les chenilles des choux.
Les tenthrèdes
Ce sont surtout les larves de ce ravageur qui sont dangereuses. Gloutonnes, elles se nourrissent des feuilles du chou entre mai et l’automne, pour n’en laisser que les nervures lorsqu’elles sont en nombre. Peu de solutions existent mis à part ramasser les larves à la main.
Les pucerons du chou sont un des problèmes que peut rencontrer le jardinier au potager. Se développant très rapidement, ces pucerons entraînent non seulement un affaiblissement de la plante touchée mais aussi l’apparition d’une maladie cryptogamique qui va contribuer au dépérissement de la plante. Une observation quotidienne de l’état des plantes potagères permet d’agir au plus tôt, sans oublier des conditions de culture adaptées pour une défense efficace de la plante par elle-même.
