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Comme de nombreuses famille de plantes potagères, la famille des choux est victime de ravageurs. On passe sur les limaces et autres gastéropodes comme sur les terribles altises pour s’intéresser aux chenilles du chou, toutes plus voraces les unes que les autres. Qui sont-elles, comment les reconnaître et surtout, comment vous en débarrasser ?
Une chenille des choux très vorace : la piéride
Description et symptômes
La piéride du chou, Pieris brassicae, est un joli papillon, assez courant en France. Tout blanc avec l’angle extérieur des ailes antérieures noir (les points noirs sur les ailes antérieures diffèrent selon que l’individu soit un mâle ou une femelle) ce papillon voltige dans les jardins au printemps lorsqu’il fait beau et chaud, se nourrissant du nectar offert par vos fleurs. La femelle pond ses œufs fusiformes jaune vif par groupes sous les feuilles des plantes potagères de la famille des crucifères, notamment les choux, choux-fleurs, brocolis, radis et navets.
Après 4 à 10 jours, les œufs de ce papillon éclosent, mettant au monde des chenilles poilues jaune pâle avec une bande blanche sur le dos et des taches noires sur cette bande se reproduisant à l’identique sur chaque segment. Elles restent en troupeau sur les feuilles, visibles entre avril et novembre. Leur forme hivernante est une chrysalide jaune pâle piquetée de points noirs. La saison commence assez tôt en France, surtout dans le sud où les hivers sont doux, car la dernière génération pondue l’année passée n’a pas été détruite par le froid.

Les larves consomment d’abord l’épiderme des feuilles, puis, plus grandes, elles s’attaquent à l’épaisseur entière de la feuille.
Très voraces, ces chenilles peuvent ne faire que quelques trous dans les feuilles extérieures du chou durant les premiers stades de leur développement, comme elles peuvent les grignoter entièrement, perçant jusqu’au cœur lorsqu’elles sont plus grandes et ne laisser que des nervures sur les feuilles.
On compte 3 à 4 générations de piérides dans une année, ces lépidoptères sont présents du mois d’avril au mois d’octobre et c’est à la fin de l’été qu’il y a une explosion du nombre de chenilles.
Lutte
Favoriser la biodiversité dans un milieu, ici un jardin, est une méthode éprouvée pour réguler le nombre de ravageurs grâce à la présence de prédateurs naturels ou autres parasites.
Tout d'abord, appliquez des mesures préventives : installez un filet de protection au-dessus des choux. Il peut être placé dès le début, une fois réalisés vos semis ou plantés les jeunes pieds de chou puisqu’il laisse passer air, eau et soleil. Il empêchera les femelles de pondre leurs œufs sur les choux.
Retirez les chenilles à la main, si elles sont encore peu nombreuses. Portez des gants pour ce ramassage et mettez-les dans une boîte que vous pourrez ensuite aller vider dans l’enclos de vos poules ou loin de votre potager. Faites ce ramassage tous les jours si les chenilles sont nombreuses. Vérifiez également qu'il n'y ait pas d'œufs de piérides sur les feuilles, détruisez-les si vous en voyez.
Si les chenilles sont trop nombreuses, appliquez un traitement : des pulvérisations de Bacillus thuringiensis (Bt), un microbe très efficace qui tue exclusivement les chenilles. N’utilisez ce traitement naturel contre les chenilles du chou qu’en cas d’attaque importante, une résistance à ce traitement a été décelée chez les piérides.
Il est aussi possible de cultiver entre vos pieds de choux des plantes qui éloigneront les piérides afin que vos cultures ne soient pas touchées. Vous pourrez donc planter à proximité de la sauge officinale, du romarin ou de la bourrache..
À savoir : les capucines, également de la famille des Brassicacées, vont au contraire attirer les piérides. Il est possible d’en semer pour éloigner ces ravageurs de vos choux.
Une chenille très discrète : la noctuelle
Description et symptômes
La noctuelle du chou, Mamestra brassicae, est un papillon brun gris avec des traces noires et blanc crème sur les ailes. Il n’est actif que la nuit, recherchant pour se nourrir les fleurs riches en nectar. Le nombre de générations se succédant dans l’année varie selon les conditions climatiques, en général on peut voir des papillons entre mai et octobre.
La femelle dépose ses œufs blanc jaune en plaques de 20 à 150 oeufs sur l’envers des feuilles de l’hôte. Ces œufs foncent peu à peu jusqu’au moment de l’éclosion. De ces œufs sortent des chenilles sans poils affichant durant les premiers stades des teintes vert jaune à gris puis elles deviennent vertes, avec une bande dorsale grise et une bande jaune pâle sur chaque côté, au dernier stade elles sont vertes, brunes ou noires.

Polyphage, la larve de la noctuelle s’attaque à un grand nombre de végétaux différents, même si elle est tout d’abord un ravageur des choux et autres Brassicacées cultivées. Au départ, les chenilles restent groupées et grignotent le bord des feuilles où elles sont nées. Plus tard, elles vont se disperser, principalement sur les jeunes feuilles qu’elles mangent en entier, ne laissant que les nervures et leurs excréments sur les restes souvent troués du chou, ce qui rend le légume inconsommable.
Quand le froid arrive, les chenilles tombent au sol pour s’y enterrer sous la forme d’une nymphe.
Lutte
Plus vous aurez de diversité dans votre jardin, plus les attaques de ravageurs sur vos choux et autres légumes seront limités, régulés, par des prédateurs ou parasites.
Dès que vous apercevez des feuilles portant des œufs ou attaquées par des chenilles, arrachez les plants et détruisez-les.
Le filet de protection est une méthode efficace pour protéger les choux des femelles noctuelles.
Installez des pièges à phéromones pour attraper les mâles.
Après une attaque, comme les hivernantes s’abritent dans le sol au pied des choux pour attendre le printemps, n’hésitez pas à biner le sol entre l’automne et l’hiver. Les nymphes, exposées au gel et aux prédateurs, ne feront pas long feu.
Les produits à base de Bacillus thuringiensis sont également efficaces contre les larves de la noctuelle aux premiers stades.
Les trichogrammes, les punaises Macrolophus pygmaeus et les nématodes Steinernema carpocapsae, prédateurs ou parasites, s’utilisent aussi contre les larves de noctuelle, ils doivent être lâchés à l’envol des adultes.
Une fausse chenille : la tenthrède
Description et symptômes
La tenthrède, Athalia rosae (tenthrède est le nom vernaculaire donné à toutes ces petites mouches) est un hyménoptère, donc de la famille des abeilles et des fourmis, c’est d’ailleurs une petite mouche (la mouche à scie). Sa larve n’est donc pas une chenille, pourtant elle y ressemble beaucoup.
Cette tenthrède est très reconnaissable avec son corps orange, sa tête noire et ses ailes transparentes. Elle a également deux caractéristiques bosses noires sur le dos, juste au-dessus de là où s’attachent les ailes. Les adultes prennent leur envol vers les mois de mai ou juin, et les femelles peuvent pondre jusqu’à 300 œufs sur les feuilles. Lorsque ces œufs éclosent, moins d’une semaine plus tard, apparaissent des larves sombres, le corps rayé longitudinalement par des raies grises et kaki qui foncent au fur et à mesure du développement de ces larves. Trois générations se succèdent dans l’année.

Elle ronge l’épiderme du revers des feuilles durant son premier stade, avant de ronger le bord et de terminer le travail à partir de leurs galeries creusées dans l’épiderme, jusqu’à ne laisser, encore une fois, que les nervures de ces feuilles. Lorsqu’elles sont nombreuses sur un chou, elles peuvent le ravager entièrement, et comme elles vivent en colonies, les dégâts sont souvent rapides et importants.
À savoir : comment reconnaître une vraie chenille d’une fausse ? Tout d’abord les ocelles, qui sont des sortes d'oeil, bien visibles sur les côtés de la tête. Une fausse-chenille possède une seule ocelle par côté tandis qu’une chenille en possède plusieurs. Par ailleurs, une fausse-chenille affiche au minimum 12 fausses paires de pattes abdominales tandis que la vraie chenille n’en a que 10 au maximum.
Lutte
Les méthodes de lutte contre la larve de la tenthrède, diffèrent un peu des méthodes à utiliser pour les vraies chenilles.
Favoriser la biodiversité afin de multiplier les possibles prédateurs de la tenthrède.
Biner le sol en hiver car ces fausses-chenilles y passent l’hiver avant de passer au stade adulte.
Même si d’autres méthodes s’emploient avec succès pour éliminer les chenilles des choux, vraies ou fausses, favoriser la vie et la diversité dans un jardin est un moyen efficace et, qui plus est, d’une efficacité très polyvalente, que l’on parle de ravageurs de toutes sortes ou de pollinisation des arbres fruitiers et autres cultures, entre autres bénéfices.

