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La moniliose est une maladie cryptogamique qui peut rapidement attaquer vos poiriers et autres arbres fruitiers. Les symptômes de la moniliose sont caractéristiques et faciles à reconnaître. Sur les fruits, on observe l'apparition de taches brunes, souvent circulaires et concentriques, qui se développent rapidement et entraînent la pourriture de la chair. Les blessures causées par la taille, les insectes ou la grêle constituent des portes d'entrée pour le champignon. Il est important d’adopter le bon traitement, et ce dans les plus brefs délais, pour limiter les dégâts et sauver votre récolte de poires ! D’autant plus que les attaques répétées affaiblissent l'arbre et le rendent plus vulnérable aux autres maladies et aux parasites.
La moniliose du poirier : description et symptômes
La moniliose du poirier est due à un champignon réellement ravageur, qui provoque notamment le pourrissement avancé des fruits. Ce champignon parasite, (Monilia fructigena), s’attaque en réalité à plusieurs arbres fruitiers, outre le poirier : le pommier bien sûr, qui est très proche de ce dernier, mais aussi le prunier, le cognassier et le cerisier.
C’est au cours de printemps humides que ce champignon trouve les conditions favorables à son développement dans les arbres fruitiers, mais la période à risque s’étend du mois de mai au mois d’août. Il passe facilement d’un arbre à l’autre car ses spores voyagent autant grâce au vent et à la pluie que grâce à des insectes ou par les outils du jardinier. La présence de blessures est indispensable à la germination des spores dans l’organisme de l’arbre : grêle ou forte pluie, gelées tardives, plaies de taille, attaques d’insectes ou d’oiseaux,... sauf lorsque le champignon pénètre par le style des fleurs. Si la blessure est sur les rameaux, la maladie touche le rameau entier qui va brunir et se dessécher, avec ses organes (feuilles, fleurs, fruits). Si le champignon pénètre par les fleurs, c’est à partir de chaque fleur touchée que s’étend la maladie.
Les feuilles du poirier se dessèchent ainsi que les rameaux. Des chancres peuvent se développer sur ces derniers, qui produiront des spores l’année suivante, spores qui poursuivront la contamination sur le même arbre et qui pourront se répandre sur d’autres sujets. Les fleurs brunissent et peuvent former avec des feuilles des masses brunes et sèches.
Quant aux fruits, ils se marquent de taches brunes parsemées de coussinets blanchâtres constitués de spores qui se développent en cercles concentriques à partir de la blessure initiale, taches qui s’étendent jusqu’au pourrissement total du fruit. Les fruits momifiés restent en place sur l’arbre.

Le champignon de la moniliose hiverne dans l’écorce de son hôte, comme dans ses feuilles et fruits atteints tombés au sol ou encore sur l’arbre. Ses spores, formés au début du printemps, sont alors à pied d’œuvre pour infecter l’arbre de nouveau.
En prévention, que faut-il faire ?
La lutte contre la moniliose du poirier - Pyrus communis - est d'abord préventive, certaines pratiques peuvent en effet réduire les risques de contamination.
Choisissez des variétés résistantes à la maladie : les poires de conservation, telles que ‘Conférence’ ou les poires de curé, sont des poires à la peau épaisse, elles seront donc moins fragiles face aux blessures et au champignon. Les poires ‘William’ et autres variétés que l’on ramasse dès septembre sont par contre plus sensibles.
À la plantation, évitez les zones de votre jardin où le sol est mal drainé et veillez à laisser une bonne distance entre vos fruitiers. Une bonne aération limite la stagnation de l’humidité au niveau des branches. C’est pourquoi une taille aérée est également recommandée. Vous trouverez plus d'informations sur le sujet dans l’article de conseils pour bien planter un poirier.
Apportez une fertilisation équilibrée et modérée, de préférence basée sur des amendements organiques.
Pulvérisez une décoction de prêle au moment du débourrement des bourgeons (lorsqu’ils commencent à s’ouvrir), puis lorsque les pétales des fleurs tombent. Vous pouvez alterner avec une décoction d’ortie.

Repensez votre stratégie de taille de votre poirier de façon à rabattre ou supprimer seulement des rameaux de petit diamètre et appliquez un mastic cicatrisant, notamment si vous vivez dans une régions où les printemps sont généralement humides. Et si un rameau de votre fruitier se casse par accident, réalisez une coupe bien nette et appliquez également un mastic. Suivez nos conseils sur la taille du poirier.
La taille d’éclaircissage des fruits est un bon moyen de limiter la contagion de fruit à fruit puisqu’ils sont moins proches. De plus, cet éclaircissage évite aussi que les fruits se cognent les uns aux autres occasionnant des blessures.
Veillez à désinfecter vos outils de taille après chaque arbre fruitier.
Surveillez attentivement les fruits au cours de la période de mûrissement qui est une période à haut risque de contamination de ces fruits. Retirez immédiatement ceux qui sont blessés par des oiseaux ou des insectes et ceux qui commencent à montrer des taches brunes.
L’installation d’un filet autour de l’arbre ou d’une protection autour des fruits évite les coups de becs des oiseaux.
Quand vous récoltez vos poires, veillez à ne pas leur faire subir de choc. Pendant la durée du stockage, supprimez aussitôt le moindre fruit pourri, la moniliose peut en effet démarrer une fois les fruits cueillis. Il vous faut donc inspecter très régulièrement les fruits stockés, car l’infection peut se propager très rapidement à l’ensemble de la cagette.
Quelles solutions pour lutter contre la moniliose ?
Un fongicide peut être appliqué sur les fruits dès l’apparition des premiers symptômes.
Les traitements d’hiver sont indispensables après une attaque de moniliose, pour éliminer les formes hivernantes du champignon qui se trouve notamment dans l’écorce du fruitier. Faute de quoi l'attaque au printemps suivant ne pourra qu’être très importante. Sachant que certains de ces traitements peuvent aussi bien être utilisés en prévention, sans qu’une moniliose ne se soit déclarée au printemps précédent, que pour éliminer les champignons présents. Vous trouverez par exemple des traitements à base d’acide salicylique et de silice organique (saule et prêle) qui vont autant stimuler les défenses de l’arbre que détruire les champignons. Ces traitements sont à appliquer en 2 fois, une au début de l’hiver et une en toute fin d’hiver.
Pour éviter que votre poirier ne soit de nouveau atteint après une année à moniliose, supprimez et détruisez régulièrement tous les fruits, rameaux et feuilles touchés, à terre comme sur l’arbre. Et comme la taille d’éclaircissage, cela limite, pendant une attaque, la contagion d’un organe malade à un orange sain.
À l’automne, rabattez drastiquement l’arbre qui a été attaqué en supprimant au moins 1 branche sur 2 et veillez à ce qu'aucun rameau ne se croise.
Les autres maladies cryptogamiques du poirier
La tavelure est une maladie particulièrement courante chez le poirier - Pyrus. Elle se développe entre mai et septembre, comme la moniliose, et comme elle, elle provoque des taches brunes sur les fruits. Mais celles-ci ne peuvent pas être confondues avec la moniliose du poirier : elles n’ont pas une forme régulière et sont caractérisées par des dessins, comme un réseau de fil clair qui parcourt ce brunissement. Les feuilles peuvent aussi présenter des taches sombres. L’aération au niveau de la plantation comme de la ramure de vos arbres fruitiers est indispensable pour limiter l’humidité et des pulvérisations de décoction de prêle peuvent être faites au printemps. Une fertilisation modérée et sans excès d’azote est ici aussi recommandée.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article : “Maladie du poirier : feuilles noires”.
L’oïdium est aussi une maladie cryptogamique courante, mais qui a beaucoup moins d’incidence sur la fructification et sur les fruits en eux-mêmes que les autres maladies provoquées par un champignon. Comme sur les feuilles des légumes, l’oïdium se repère grâce au feutrage caractéristique qui se développe sur les feuilles. Espacez bien vos arbres fruitiers à la plantation.
La maladie du corail est très facile à reconnaître, les pustules qui se développent sur les branches sont de cette couleur corail. Les rameaux atteints se dessèchent et meurent. Ce sont les arbres faibles qui sont touchés par cette maladie, apportez à vos poiriers un bon amendement organique tous les ans et taillez correctement avec des outils préalablement désinfectés.
Le pourridié est une maladie grave provoquée par un champignon qui s’attaque aux racines de l’arbre. Celui-ci va dépérir peu à peu et le seul symptôme visible est la couleur pourpre du feuillage automnal.
La rouille grillagée est une maladie du feuillage. Les feuilles se couvrent de taches orange au centre brun rouge. Elles correspondent sur le revers du feuillage à des taches rouges. Elle s’installe au début de l’été. Supprimez les feuilles et les branches atteintes.
La moniliose du poirier est une maladie cryptogamique redoutable qui peut causer d'importantes pertes de récolte. En comprenant les mécanismes de cette maladie et en adoptant des pratiques culturales adaptées, il est possible de limiter considérablement son impact, voire de prévenir les attaques de ce champignon : taille régulière, élimination des fruits momifiés, traitements préventifs à base de produits naturels et choix de variétés résistantes sont autant de mesures à mettre en œuvre pour protéger vos poiriers et vos récoltes !
