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Jardinage au naturel

Peut-on désherber avec du sel ?

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On entend souvent dire que le sel peut-être utilisé pour désherber au jardin, aussi bien dans les massifs qu’au potager ou pour nettoyer une allée ou une terrasse... Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Saviez-vous que le sel n’est pas nocif que pour les indésirables ? Il l’est tout autant pour les végétaux alentours, pour la vie du sol, pour le sol lui-même. Préférez utiliser d’autres méthodes plus propres, qui rendront plus net votre jardin sans le stériliser pour autant !!

Peut-on désherber avec du sel ?

Pourquoi ne faut-il pas désherber avec du sel ?

Comment le sel désherbe t-il ?

Le sel n’agit pas que d’une seule manière sur les végétaux.

  • Il les déshydrate : le sel provoque une augmentation de la pression osmotique dans le sol, avec pour résultat une rétention d’eau dans le sol. Les végétaux n’ont alors plus de possibilité de s’hydrater et finissent par mourir.

  • Il perturbe leur absorption des minéraux contenus dans le sol : les ions libérés par le sel ont tendance à remplacer les autres ions contenus dans le sol, y compris les ions indispensables aux végétaux tels que le potassium, le calcium ou le magnésium. Ceux-ci seront lessivés par les pluie car plus fixés par les plantes.

  • Il provoque l’accumulation d’ions toxiques.

  • Il entraîne un stress oxydatif important.

Les symptômes possibles sur les végétaux d’une intoxication au sel : jaunissement des feuilles, chlorose, brûlures, nécroses, dessèchement du feuillage, enroulement des feuilles, mort des jeunes tiges...

À savoir : en conditions normales, l’organisme des végétaux est un milieu hypertonique, dont la concentration en sels minéraux est plus importante que dans le sol, milieu hypotonique. La pression osmotique est alors plus forte dans le végétal, l’eau sera donc attirée vers les racines de ce végétal. Cette situation s’inverse en cas d’ajout de sel. La teneur en sels minéraux augmente dans le sol qui devient hypertonique, l’eau est alors attirée vers le sol car la pression osmotique y est plus forte.

De ce fait, il est prudent de n’utiliser ce désherbant au sel que sur les parties non cultivées de votre jardin : allées, cour, terrasse. En effet, il va “stériliser” le sol et vous ne pourrez plus y faire aucune plantation, excepté de plantes halophiles ! Le problème est que même utilisé ainsi, une fois dans la terre, le sel va se disséminer et être capté par d’autres végétaux.


Les risques dus au sel

Le sel a une influence nocive sur les végétaux, et il a également une influence nocive sur le sol : non seulement il détruit les micro-organismes qui y vivent, mais il modifie également sa structure : le sol se tasse et perd en perméabilité.

Autre point négatif : il ne se dégrade pas. Il peut donc être absorbé par des végétaux situés à proximité et les affecter. Les arbres notamment ont des systèmes racinaires qui mesurent plusieurs kilomètres. Lorsque le chevelu racinaire capte du sel, il va le stocker. Au-delà d’une certaine quantité, l’arbre va mourir.

Le sel peut également s’infiltrer dans les nappes phréatiques et y provoquer des perturbations.

À savoir : les substances qui ne disposent pas d’une AMM (Autorisation de Mise sur le marché) ou qui ne font pas partie de la liste des substances de base des produits autorisés au jardin ne doivent pas être utilisées comme désherbant. Le chlorure de sodium fait partie de cette liste, mais uniquement comme fongicide et insecticide. Dans les recommandations que le concernent, il est dit ceci : “Précautions : Prendre en compte la salinité préexistante du sol, afin d’éviter tout effet négatif sur la fertilité et la structure du sol. Application : Ne pas pulvériser chaque année, uniquement dans les cas d’urgence.”


Comment bien désherber ?

Le désherbage manuel


Désherber

Certes contraignant et fatiguant, le désherbage manuel reste très efficace, et s’il est réalisé avec beaucoup de régularité il devient de moins en moins nécessaire. On dit d’ailleurs que plus on désherbe moins on désherbe !

Pour être vraiment efficace il faut respecter quelques règles :

  • Désherber à la bonne saison : le printemps est l’un des moments les plus judicieux pour désherber. Les adventices sont alors à peine levées et faciles à arracher d’une terre humide. Plus vous en supprimerez à ce moment là plus le reste de l’année sera tranquille. L’automne est également une bonne période. Le sol est chaud et humide, ce qui favorise la levée de nombreuses indésirables. Les ôter à ce moment là vous facilitera le travail au printemps.

  • Désherber au bon moment : vous travaillerez de préférence le matin de bonne heure, lors d’une journée ensoleillée.

  • Le bon geste pour désherber : pour réellement supprimer les indésirables vivaces, il est important d’arracher leur racine en même temps que les parties aériennes, et en totalité. En effet, elles ont la fâcheuse propriété de pouvoir se développer à partir d’un petit bout de racine. Pour les adventices à stolons comme le trèfle et les orties, il est important de tirer doucement ces tiges enracinées pour en supprimer le plus grand nombre. Les adventices annuelles, elles, doivent être supprimées avant la floraison pour éviter les semis spontanés toujours très nombreux.

  • Le bon outil pour désherber : le chiendent nécessite l’utilisation d’une fourche-bêche qui permettra d’ôter la totalité de la souche. Le trèfle, l’ortie, les pissenlits, les chardons sont arrachés à l’aide d’un couteau à désherber.

Astuce : le faux-semis est une méthode souvent employée pour la création d’un massif ou au potager. Il consiste à préparer une surface (par temps doux) puis à l’arroser et à patienter quelques jours. Toutes les adventices présentes à l’état latent dans le sol vont alors lever et seront faciles à éliminer à l’aide d’un râteau ou d’un sarcloir.


Couvrir le sol

  • Si vous avez une surface entière à désherber, couvrir les adventices pour stopper leur accès à la lumière est un bon moyen pour s’en débarrasser. Tapis en fibres naturelles, cartons, nattes de paillage… peuvent être utilisés. Cette méthode très efficace demande par contre du temps, il est conseillé de laisser en place le couvert 6 mois pour une destruction totale des indésirables.

  • Lors de la création d’une allée ou d’une terrasse, pensez au feutre géotextile à placer sous votre revêtement : il formera une couverture invisible qui stoppera la repousse des indésirables.

  • Dans le gazon : évitez de tondre à ras, privilégiez une tonte haute qui va défavoriser les adventices. Elles seront obligées de lutter pour accéder à la lumière et pour leur espace et seront moins robustes, donc plus faciles à supprimer.

  • Les plantes couvre-sol sont souvent vigoureuses et peuvent étouffer toute adventice qui désirerait s’implanter à leur place. Pensez-y pour combler les espaces vides dans les massifs ou entre les dalles d’une allée.

  • Le paillage, qu’il soit organique ou minéral, permet de bien limiter le développement des adventices. De plus, comme il maintient le sol plus souple, elles s’arrachent plus facilement.

  • Entre 2 cultures au potager, pensez aux engrais verts. Ils occuperont le sol, empêchant qu’il soit envahi, et le nourriront de nutriments précieux pour vos plantes potagères.

Astuce : ne travaillez pas trop le sol de vos massifs ou du potager, ce travail de la terre fait remonter des graines d’adventices, leur permettant ainsi de germer.


Les produits de biocontrôle

Remplaçant les désherbants chimiques désormais interdits, les produits de biocontrôle utilisent les relations déjà existantes dans la nature pour limiter la présence d’un ennemi des cultures.

Pour le désherbage, on utilise pour le moment 3 substances naturelles : l’acide pélargonique, l’acide acétique et les acides caprique et caprylique. Ils agissent en détruisant l’épiderme des végétaux, cette couche superficielle qui les protègent des rayons UV. Leurs effets sont visibles très rapidement (bien qu’un peu moins rapides pour les acides caprique et capryliques qui demandent 24 heures) et il est possible de replanter tout de suite. Une fois secs, au bout de 6 heures environ, ils ne présentent plus aucune toxicité pour les animaux. Il s’utilisent par temps sec et assez doux, au moins 15° et sont plus efficaces sur des végétaux en état de stress hydrique, donc après un petit moment de sécheresse.


Le désherbage thermique

Sorte de chalumeau fixé au bout d’un long bras, le désherbeur thermique permet de détruire une plante en lui infligeant une très haute température durant quelques secondes. Les cellules explosent et la plante meurt très rapidement. On trouve des désherbeurs thermiques électriques ou à gaz, chacun présentant ses avantages et ses inconvénients :

  • Le désherbeur à gaz est puissant et permet un passage très rapide de plante à plante. Par contre, le jardinier doit faire suivre la bouteille de gaz qui l’alimente soit sur un petit chariot soit dans un sac à dos.

  • Le désherbeur électrique est plus confortable à l’utilisation, par contre il est moins puissant et demande un peu plus de temps pour une plante. Cela reste quand même rapide puisqu’il ne s’agit toujours que de secondes.

Même s’il n’est pas totalement propre puisqu’il utilise du gaz ou de l’électricité, le désherbage thermique a l’avantage de cibler uniquement les plantes “indésirées”, sans provoquer de dégâts au niveau du sol ou de la végétation alentour.

À savoir : les plantes indésirables le sont-elles vraiment ? Elles attirent et nourrissent nombre d’auxiliaires du jardin et on peut même en consommer certaines, tandis que d’autres offrent une très jolie floraison. La variété au jardin est garante d’une biodiversité importante et on préconise aujourd’hui de certes limiter ces adventices mais sans pour autant les éradiquer des jardins.


Quel sel utiliser pour désherber ?

Même si nos grands-parents utilisaient le sel pour désherber, aujourd'hui nous savons que celui-ci n'est pas sans effet sur l'environnement. Il n'est pas seulement mauvais pour les plantes dont il nuit à l'hydratation et au développement, il est aussi nocif pour la vie du sol. De ce fait, nous vous déconseillons vivement d'utiliser le sel pour désherber.


Du sel de cuisine ?

Désherber à l’aide de sel fin est très simple : il vous suffit de saupoudrer les herbes indésirables dont vous voulez vous débarrasser avec votre sel de cuisine. Soit vous agissez un jour où il va pleuvoir, soit vous arrosez après le saupoudrage.

Autre méthode, tout aussi simple : faites bouillir de l’eau salée, à raison de 200 g de sel pour 1 l d’eau et versez-la sur les adventices. Si elle est tiède ou froide, c’est uniquement le sel qui va agir, sinon il sera combiné avec l’action déjà agressive de l’eau bouillante. Pour bien justifier cette dépense d’énergie (et d’eau !), préférez utiliser de l’eau de cuisson salée de vos légumes, pâtes, riz, pommes de terre. L’amidon contenu dans ces derniers apportera lui aussi ses propriétés désherbantes.

Quel dosage pour désherber avec du sel de cuisine ? Dans de l’eau, vous mettrez 20% de sel fin. Pour un désherbage “à sec”, cela dépendra de la surface à désherber.


Du sel de déneigement ?

Désherber avec du sel de déneigement est tout à fait possible car il ne diffère pas du sel fin. Le sel de déneigement a l'avantage de se trouver en gros conditionnements, de 25 kg généralement. Comme le sel de cuisine, il est constitué de chlorure de sodium, mais on en trouve également à base de chlorure de magnésium ou de calcium qui sont moins agressifs, et donc ne pourront pas servir pour le désherbage.


Du gros sel ?

Utiliser le gros sel pour désherber est plus judicieux qu’utiliser le sel fin, car il est vendu en plus gros conditionnements et rend l’opération encore moins coûteuse. Vous pouvez, comme avec le sel fin, en disperser au pied des indésirables, ou bien le diluer dans de l’eau pour pulvériser de plus grandes surfaces.

Le dosage d’eau et gros sel pour désherber est le suivant : pour 1 litre d’eau, vous aurez besoin de 200 g de gros sel.


Du sel d’Epsom ?

Désherber avec du sel d'Epsom n’est pas possible, celui-ci est plutôt utilisé comme un engrais pour les cultures ! Le sel d’Epsom est composé de sulfate de magnésium, et le magnésium est un nutriment absolument nécessaire pour les végétaux.


Le sel et le vinaigre

Désherber avec du sel et du vinaigre est une “recette de grand-mère” très employée mais très radicale car elle combine 2 substances nocives pour les végétaux. Le vinaigre n’est d’ailleurs pas un produit autorisé en tant que désherbant. De ce fait, nous ne connaissons pas son impact sur l'environnement et il vaut mieux alors ne pas l'employer dans son jardin.

Conclusion Désherber avec du sel est une pratique qui, bien qu’efficace, ne doit pas être utilisée. Cette substance est nocive pour le sol et pour les organismes qui y vivent, et en plus elle peut être absorbée par des végétaux dont vous ne souhaitez pas du tout pas vous débarrasser ! Les méthodes de désherbage propre sont nombreuses et variées et vous pourrez y trouver votre bonheur, et les combiner pour plus d’efficacité et de confort ! Mais avant d’éradiquer tous les végétaux que vous n’avez pas plantés dans votre jardin, demandez-vous si parmi eux quelques-uns n’ont pas un petit intérêt, que ce soit pour vous ou tout simplement pour la biodiversité de votre environnement.