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Bel arbre fruitier répandu au bord de la Méditerranée, on ne s’attend pas à voir l’abricotier sous le crachin breton. Et effectivement l’humidité de ce climat, bien qu’assez doux pour lui, n’est pas sa tasse de thé ! Cependant, grâce à des précautions quant à son entretien et à un bon choix de départ de la variété et du porte-greffe, la culture de l’abricotier peut y être tentée. Bien protégé, il pourra vous donner des kilos de beaux fruits joufflus mais n’attendez quand même pas la production et la longévité d’un abricotier installé dans le sud-est de la France !
Quelles variétés d’abricotier ?
Cet arbre fruitier très présent près de la Méditerranée est donné pour s’installer dans toutes les régions, mais il préfère les climats méridional et continental à ceux plus humides qui règnent le long de la côte Atlantique. Pour autant, en sélectionnant avec soin variété et porte-greffe, il peut tout à fait être possible de cultiver des abricotiers en Bretagne. Cette région se caractérise par une longueur de côtes importante, plus de 1000 km, par la présence de marais salants et de landes, de granit et de limon. Le climat y est tempéré, avec des hivers extrêmement pluvieux, des températures rarement négatives et des étés doux. La côte sud est plus ensoleillée et sèche que la côte nord, en proie aux vents dominants orientés au nord-ouest. La proximité du Gulf Stream y crée des zones de microclimat. Il est important de choisir le cultivar d’abricotier qui sera le plus résistant en Bretagne, face à ce climat océanique et à son sol. Bien qu’au-dessus de la Loire, le climat doux de la Bretagne permet aussi bien la plantation de variétés tardives que de variétés précoces. Étant donné l’ensoleillement relativement limité, les variétés précoces en fructification auront plus de temps pour mûrir. Par contre, une floraison plutôt tardive est préférable pour éviter l’humidité excessive du printemps qui favorise entre autres la moniliose.
L’abricotier ‘Polonais’ est l’un des mieux adaptés à la Bretagne car il aime les climats doux mais sans chaleur excessive. Il se plaît en sols calcaires et bien drainés. Il y fleurit entre avril et mai. Cette variété ancienne autofertile est relativement vigoureuse et offre une bonne productivité et des fruits de bonne taille. Ceux-ci sont d’un orange clair, fermes et fondants à la fois, bien parfumés.
Le ‘Précoce de Saumur’ est également un bon choix. Plus rustique que le précédent, ses fruits très parfumés et fondants sont précoces. Il est également autofertile.
L’abricotier ‘Bergeron’ est moins adapté à la Bretagne, préférant les climats méridionaux chauds et secs, il pourra cependant trouver sa place sur la côte sud et dans certains microclimats bretons.
L’abricotier nain se plaira en Bretagne, car sa petite taille permet de le cultiver à l’abri sur un balcon ou dans une serre, ou encore dans une cour ou un petit jardin, où il sera mieux protégé des vents et de la pluie. Choisissez par exemple la variété ‘Aprigold’ qui offre de gros fruits parfumés matures au mois de juillet.
La variété n’est pas le seul critère à prendre en compte lors du choix, le porte-greffe de l’abricotier est au moins aussi important. Pour des sols collants, limoneux ou argileux, optez pour Myrobolan, ce porte-greffe est le plus employé car très polyvalent, ou bien Saint-Julien. Les porte-greffes francs ou bien les amandiers et les pêchers sont envisageables mais à réserver aux sols secs et calcaires.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les variétés d'abricotier
Comment cultiver l’abricotier en Bretagne ?
La plantation de l’abricotier
L’abricotier se présente sous 2 formes dans le commerce : le scion en conteneur ou bien en racines nues. Une troisième possibilité peut être envisagée, qui est de semer un noyau d’abricot après l’avoir stratifié, mais peu de variétés peuvent être ainsi multipliées (principalement les variétés anciennes). Vous installerez votre abricotier dans une zone ensoleillée, le plus possible à l’abri du vent, généralement fort le long des côtes. La période entre le début de l’hiver et le début du printemps est généralement conseillée et convient aussi bien aux sujets en conteneurs qu’en racines nues. Vous sélectionnerez un emplacement suffisamment vaste, un diamètre libre de 6 m minimum est nécessaire pour l'abricotier car son port est souvent assez étalé. Les sols légers et bien drainés sont parfaits pour cet arbre originaire d’Asie qui supporte mal l’humidité excessive, le drainage est crucial en Bretagne du fait de sa pluviométrie importante. Malgré la préférence de l’abricotier pour les sols sablonneux, il s’adapte bien en tout sol ordinaire, neutre à calcaire. Si possible, placez un autre abricotier d’une variété différente (ou bien un pêcher, un amandier…) à proximité, cela favorisera la pollinisation même dans le cas où l’abricotier est autofertile (c’est-à-dire le plus souvent).
Réalisez un trou de plantation profond, afin de bien ameublir la terre et d’y mêler du sable et de la matière organique. En terrain argileux, ajoutez au fond du trou une importante couche de drainage composée par exemple de gravier.
Installez le tuteur avant le jeune arbre, vous éviterez ainsi d'abîmer ses racines. pour en savoir plus, lisez notre article sur le tuteurage d'un arbre.
Placez la motte bien humidifiée dans le trou que vous remplirez peu à peu afin de pouvoir tasser correctement. Une cuvette formée autour du tronc facilitera la bonne diffusion des eaux d’arrosage.
Pour vous aider, suivez nos conseils sur la plantation de l'abricotier
Entretenir un abricotier
L’abricotier n’a pas besoin d’arrosages excepté les 2 années suivant la plantation, d’autant moins lorsqu’il est installé dans une région pluvieuse. L’abricotier nain en pot sera par contre arrosé régulièrement, ayez soin cependant de laisser sécher la terre sur 5 cm environ avant un nouvel apport. Un paillage est appréciable durant l’été, par contre n’oubliez pas de désherber régulièrement le pied de l’abricotier ! Des apports de fumier ou de compost bien décomposés peuvent être réalisés à l’automne, tandis que vous préfèrerez la cendre de bois au printemps, fort utile pour la fructification grâce à la potasse dont elle est riche. Intégrez la matière par griffage mais attention aux racines superficielles de certains porte-greffes.
Astuce : la corne broyée, la poudre d’os, et mieux, le guano en ressource locale sont également de bons fertilisants pour l’abricotier en Bretagne. Le guano est idéal pour son effet coup de fouet sur un arbre un peu faible grâce à sa richesse en potasse, azote et phosphore, à apporter au printemps.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur l'entretien de l'abricotier
La taille de l’abricotier est légère et se pratique tous les 2 à 3 ans seulement car l’abricotier est sujet à la gommose, comme nombre de fruitiers à noyaux. La taille consiste seulement à équilibrer la silhouette et à supprimer les branches qui se croisent ou qui sont abîmées. L’automne est la bonne saison pour agir, mais uniquement si l’arbre est robuste, vigoureux. Un sujet un peu fragile sera plutôt taillé en fin d’hiver. En Bretagne, l’abricotier sera de préférence taillé en vert après la récolte. Cette taille sera également utile pour aérer la ramure et permettre ainsi aux fruits d’être mieux exposés. Ne taillez que par temps sec. Lors de la floraison, la suppression de quelques unes des fleurs dans les bouquets évitera de fatiguer l’arbre outre mesure et limitera le phénomène d’alternance dont l’abricotier est coutumier. Les abricotiers palissés sont par contre taillés tous les ans, après la récolte.
À savoir : l’éclaircissage et l’aération du cœur de l’arbre sont particulièrement judicieux pour un abricotier planté en Bretagne, le soleil profitera à un plus grand nombre de fruits et les conditions seront moins favorables aux champignons pathogènes.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur la taille de l'abricotier
Ce fruitier est assez fragile face à certaines maladies (selon les variétés), notamment le coryneum, la cloque et la moniliose d’autant plus fréquentes chez lui du fait d’une humidité importante. L’abricotier planté en Bretagne pourra être protégé par des pulvérisations hebdomadaires de mélange cuprique en alternance avec du purin de prêle dès le moment du débourrement jusqu’à ce que les feuilles soient formées (il faut par contre cesser les applications de cuivre durant la floraison) et à la chute des feuilles. La gommose est aussi relativement fréquente chez l’abricotier. Il s’agit d’un symptôme plus que d’une maladie, provoqué le plus souvent par une mauvaise adaptation de l’arbre à ses conditions de culture ou bien d’une blessure ou encore d’une agression par un parasite. La gomme doit être supprimée pour laisser apparaître en-dessous les parties abîmées qui seront grattées puis bouchées grâce à un mastic cicatrisant.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les maladies de l'abricotier.
La multiplication de l’abricotier se réalise principalement par greffage, la méthode en écusson, pratiquée en été, étant la plus courante. L’abricot se récolte lorsqu’il est mûr, car le phénomène de maturation cesse dès que le fruit est cueilli. Fragile, il pourra rester quelques jours au réfrigérateur et sera transformé pour être conservé plus longtemps : congélation, séchage, conserves, confitures, compotes…
Le saviez-vous ? Malgré son nom latin Prunus armeniaca qui remonte aux appellations des grecs et des romains, c’est de Chine que l’abricotier est originaire. De là, il s’est répandu en Asie Centrale où il est devenu une espèce subspontanée, puis en Europe.
Un abricotier sous serre ?
La culture sous serre protège les végétaux des effets du climat, cela peut donc être une solution pour installer des abricotiers en Bretagne. Vous y planterez plutôt des abricotiers nains. Les soins à leur apporter sont les mêmes qu’à l’air libre, hormis pour les arrosages qui devront être réguliers.
Conclusion La plantation et la culture d’un abricotier en Bretagne est certes tout à fait possible et donner des résultats satisfaisants, mais l’abricotier reste un arbre très sensible à l’humidité. Il sera difficile de le protéger à long terme des maladies cryptogamiques qui trouveront là un climat par trop favorable à leur développement. Les pluies printanières sont de plus préjudiciables à la pollinisation des fleurs. Un sol très bien drainé, un emplacement totalement abrité du vent et des tailles adéquates permettront à une variété adaptée de s’épanouir, les clés du succès !

