Partager
Lorsque l’on élève des poules, une question est assez fréquente : pourquoi donc est-ce que cette poule ne pond pas ou ne pond plus ? Les raisons qui peuvent entraîner cet arrêt sont variées. Certaines sont naturelles, normales, dues à une raison physiologique telle que l’âge, la période de l’année ou le cycle de ponte. D’autres sont anormales, provoquées par un problème à résoudre : stress, maladie, manque d’espace… Comprendre les raisons d'une absence de ponte au poulailler est le premier pas, et voici quelques conseils pour aider vos poules à retrouver un rythme normal de ponte.
Qu'est-ce qui empêche les poules de pondre ?
Il peut y avoir beaucoup de raisons pour lesquelles une poule ne pond pas ou ne pond plus.
L’âge
Les jeunes poules commencent à pondre entre 18 et 24 semaines. Néanmoins, la race de la poule joue un rôle important. Certaines races sont connues pour leur précocité, telles que les Rhode Island Red ou les Leghorn, qui peuvent commencer à pondre à l’âge de 16 semaines, tandis que d’autres ont une ponte tardive, à 24 semaines ou plus, comme la Brahma ou la Orpington. Sachant que des conditions de vie idéales font démarrer la ponte plus tôt et que l’âge de la poule lorsqu’arrive la mauvaise saison peut retarder ce démarrage.
La poule est à maturité à 6 mois, c’est à partir de là que son rythme de ponte est optimal, et ce pendant quelques mois.
C’est à partir de 24 mois que les poules commencent à avoir un rythme de ponte plus bas, mais la baisse est lente, et en moyenne c’est vers les 6 ou 7 ans qu’une poule ne pond plus du tout. Mais comme pour l'âge du début de ponte, la race de poule joue sur l’âge de fin de ponte. Les races qui ont été sélectionnées pour la production d’œufs vont pondre beaucoup les trois premières années mais s’arrêter de pondre plus tôt. Il s’agit notamment de la poule rousse et de la Leghorn. Les races sélectionnées pour être polyvalente pondront un peu moins pendant leurs premières années mais pondront plus longtemps, la ponte commençant à baisser vers leurs 4 ou 5 ans. La Sussex par exemple est dans cette catégorie. Quant aux poules d’ornement, elles pondent peu mais cela dure longtemps, bien que sporadiquement.
Le saviez-vous ? Il y a des signes qui ne trompent pas pour savoir si une jeune poule va bientôt pondre : elle va explorer régulièrement les pondoirs, sa crête et ses barbillons deviennent rouge vif à cause des hormones de ponte, et elle s’accroupit quand vous vous approchez d’elle, signe de soumission devant le coq et ponte proche.

La saison
Il est normal que la ponte soit moins importante, voire carrément absente, durant l’hiver. Le froid, accompagné d’une luminosité plus basse et plus courte, provoque cette baisse plus ou moins drastique en fonction des races de poules et du climat. ll faut une luminosité de 12 heures par jour au moins et de 5 à 25° ainsi qu’une humidité “normale” pour que les conditions soient réunies pour une bonne ponte.
La baisse est progressive, suivant un cycle de ponte lié à la saison : la ponte est importante au printemps, elle baisse en été, d’autant plus s’il fait très chaud, redémarre éventuellement un peu en automne s’il fait beau, puis baisse quand les températures baissent, jusqu’à stopper durant l’hiver. Excepté pour les races résistantes au froid qui pondent même en hiver.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur le poulailler en hiver.
Un cycle physiologique
La mue : ce processus au cours duquel les poules perdent leurs plumes d’été pour enfiler un plumage plus chaud entraîne une grande dépense d’énergie. C’est donc une période pendant laquelle elles pondent moins, qui débute entre la fin de l’été et le début de l’automne et qui dure entre 30 et 60 jours.
La couvaison : une poule qui couve ne pond plus pendant tout le temps de la couvaison, une fois qu’elle a pondu tous les œufs de sa couvée. Et il arrive souvent qu’une poule se mette à couver alors que ses œufs n’ont pas été fécondés. Dans le premier cas, c'est normal et la poule se remettra à pondre une fois que ses poussins seront assez grands, à peu près deux ou trois mois après l’éclosion. Dans le second, il faut absolument remettre les choses en ordre car il va de soi que les poussins n'arriveront jamais, et la poule peut aller jusqu’à ne plus manger ni boire pendant qu’elle couve.

Une maladie
Que ce soit à cause des ressources monopolisées pour combattre la maladie ou du fait du stress engendré par cette maladie, les poules pondent peu quand elles sont affaiblies par une bactérie, un parasite ou autre pathogène : gale des pattes, gale déplumante, coryza, poux rouges…
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur les 13 maladies des poules les plus courantes.
Le stress
La promiscuité due à un poulailler ou un enclos trop petit, le manque d’espace à parcourir pour picorer, la présence de prédateurs, parasites, picage, les raisons d’être stressées ne manquent pas pour les poules. Et plus elles sont stressées, moins elles vont pondre.
L’alimentation
La nourriture peut être inadaptée et entraîner des carences qui vont réduire, voire empêcher, la formation des œufs. Une bonne alimentation comprend des protéines et du calcium en quantité suffisante.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur que mangent les poules : la meilleure alimentation.

Comment faire quand il y a une poule qui ne pond pas ?
Il va sans dire que si c’est l’âge, la saison ou encore un cycle physiologique qui fait qu’une poule ne pond pas encore ou ne pond plus, il n’y a pas grand chose à faire, hormis attendre dans le premier cas ! Par contre, lorsque la cause est “anormale”, car due à un problème, il n’y a que la disparition du problème qui pourra relancer la ponte !
Alors, comment inciter une poule à pondre ?
Comment stopper une couvaison inutile ?
Faire sortir la poule du poulailler et fermer la porte pour qu’elle ne puisse pas retourner dans le pondoir.
Installer la poule à l’écart dans un poulailler annexe ou une cage durant quelques jours.
Lui enlever systématiquement les œufs (attention au bec !).
Quelle alimentation pour les poules pondeuses ?
Une alimentation équilibrée est bénéfique pour la santé des cocottes et pour la ponte.
Des vitamines, minéraux et oligoéléments.
Suffisamment de calcium pour former la coquille des œufs.
Pas trop de matières grasses.
Une alimentation adaptée à chaque saison et de bonne qualité.
Une alimentation variée : légumes, céréales, insectes, déchets de la cuisine, beaucoup d’herbe. Au niveau des céréales (qui doivent former 70 % de l’alimentation), vous leur donnerez un mélange de blé, maïs et avoine, associées à des graines, pois, tournesol, colza, soja). Les poules pondeuses ont besoin d’une nourriture assez énergétique.
En quantité, 150 à 200 grammes au moins par poule et par jour en automne et en hiver, 100 à 150 grammes au printemps et en été.
De l’eau propre et fraîche en permanence.
Deux mangeoires (ou plus, selon le nombre de poules), pour que toutes puissent manger correctement.
Sans oublier le grit, du gravier ou du sable grossier qui leur permet de broyer les aliments. Les poules n’ont toujours pas de dents !
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur les meilleures graines pour les poules.
Espace et sécurité : quel environnement offrir à vos poules ?
Pour ne pas provoquer une promiscuité stressante, chaque poule a besoin de 20 à 30 centimètres de perchoir dans le poulailler, d’un pondoir qu’elle peut partager avec une ou deux poules et d’un vaste espace extérieur avec de l’herbe : un minimum de 10 m2 est recommandé, mais plus elles sont d’espace mieux elles se portent ! La présence de végétation arborée est un plus, qui leur permet de se percher pour se reposer. Les poules ont besoin de gratter le sol, de picorer, d’avoir assez d’espace pour s’éloigner de leurs congénères si elles veulent. De plus, une surface trop petite sera rapidement pelée, sans plus aucun brin d’herbe.
Par ailleurs, un poulailler et un enclos bien sécurisés, c’est bon pour le moral de vos poulettes.
Un poulailler résistant avec une ouverture qui se ferme parfaitement.
Un grillage autour de l’enclos, de bonne hauteur et installé de manière à également empêcher un renard de creuser pour passer dessous.
Des buissons, arbustes, arbres dans l’enclos, pour permettre aux poules de se dissimuler de prédateurs venus du ciel.
Ou un filet anti-oiseau.

Comment leur assurer une bonne santé ?
L’entretien du poulailler et les soins donnés aux poules permettent de limiter les risques de maladies.
La litière est renouvelée entièrement une fois par semaine.
Le poulailler et ses équipements sont nettoyés une fois par semaine.
Deux fois par an, le poulailler est totalement vidé, nettoyé et désinfecté.
Vous pulvériserez trois à quatre fois par an de la terre de diatomées ou un autre anti-parasite au sol et contre les parois.
Les poules sont vermifugées deux à quatre fois par an, principalement au printemps et en automne.
Pour qu’une poule ponde normalement, il est essentiel que ses besoins fondamentaux soient remplis, et chaque détail compte, de l’alimentation à l’environnement. Au printemps, une poule en âge de pondre et qui n’est pas en train de couver doit pondre. Si cette poule ne pond pas, c’est qu’il y a un problème. Une petite période d'observation vous permettra sans nul doute de trouver le point faible et de rétablir les choses pour que toutes vos poules soient heureuses !
