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L’appellation de biostimulant est assez floue car elle regroupe un grand nombre de produits aux qualités variées. Ce sont en fait des fertilisants, qui donnent aux végétaux les capacités de mieux se nourrir pour être plus résistants, en meilleure santé et de bonne qualité. Ils sont autorisés en agriculture biologique car entièrement naturels et se libèrent progressivement dans le sol. Ils seront utilisés au potager comme sur le gazon ou au pied des arbres et arbustes, en entretien comme lors de la plantation, ils sont même capables d‘activer le compost ! Alors, on biostimule ?
Qu’est-ce qu’un biostimulant ?
Le biostimulant n’est pas un engrais mais un fertilisant. La Commission Européenne en donne cette définition : ce sont “des fertilisants qui stimulent le processus de nutrition des végétaux indépendamment des éléments nutritifs qu’ils contiennent, dans le seul but d’améliorer une ou plusieurs caractéristiques des végétaux (l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs, la tolérance au stress abiotique et la qualité du végétal cultivé)”.
Les biostimulants stimulent la croissance, le développement, ont des fonctions de phytostimulants, biofertilisants, activateurs du sol. Il existe des biostimulants à base d’organismes vivants, bactéries et champignons notamment. Les bactéries, selon leur type, peuvent fixer l’azote, solubiliser le phosphate ou le potassium, rendre disponible le fer… Les champignons sont tout aussi importants, encourageant le développement des racines et donc l’aptitude des plantes à se nourrir. On trouve également dans le commerce des biostimulants non vivants, composés de minéraux, d’acides aminés, d’algues, d’acides humiques…
Qu’en dit la réglementation ?
En France, les biostimulants sont classés dans la catégorie des MFSC (Matières Fertilisantes et Supports de Culture). Selon les éléments utilisés, ils auront une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) en tant que stimulateur de croissance et de développement, ou bien de substances humiques, ou encore de préparations microbiennes. En Europe, leur mise sur les marchés dépend pour le moment des normes en vigueur dans chaque pays visé, mais une harmonisation est en cours de négociations.
À savoir : le site Académie des Biostimulants est le site de référence des biostimulants, qui s’adresse autant aux professionnels qu’aux particuliers aussi bien en terme d’utilisations de ces fertilisants que de leurs principes de fonctionnement et de la réglementation.
Fertiliser différemment
Comment fertiliser avec des biostimulants ? Les éléments nutritifs nécessaires aux plantes sont souvent présents dans le sol, sans pour autant pouvoir être assimilés par les végétaux. Ce sont tous les organismes vivant dans le sol, les champignons, bactéries, levures, vers de terre et autres insectes qui se chargent de dégrader les matières organiques, les transformant petit à petit en précieux humus. Une fois transformés, ces déchets sont décomposés en nombreux éléments, dont beaucoup sont assimilables par les végétaux. Ce processus se nomme minéralisation. Il est en conditions normales de l’ordre de 1 à 2 % en 1 année de décomposition. Plus les déchets sont nombreux et en équilibre, plus les organismes décomposeurs sont nombreux et actifs, mais cette mise en place du processus est longue et très progressive lorsque ce précieux équilibre a été perdu (suite à l’utilisation de produits chimiques, à un travail de la terre trop agressif, un sol laissé nu de longs mois…). Pour se dispenser du rétablissement de ce processus, on utilise soit des engrais, qui apportent directement au sol les éléments nutritifs assimilables dont les végétaux ont besoin, soit des fertilisants organiques qui vont être lentement et progressivement décomposés pour fournir aux végétaux ces fameux nutriments. Les biostimulants sont le plus souvent des micro-organismes (levures ou bactéries) avec un support constitué de sels minéraux variés. Ils vont stimuler la vie du sol pour que la décomposition se fasse plus vite et libère ces éléments nutritifs indispensables aux végétaux. Grâce à leur action :
Les macro et micro-nutriments (azote, potassium, phosphore, calcium…) sont rendus disponibles et mieux assimilés par les plantes.
L’enracinement est favorisé
et la résistance face aux agressions abiotiques (excès ou manque d’eau, gel…) est accrue.
La qualité des fruits et légumes est améliorée.
Mais aussi :
Le sol est amélioré, ameubli et allégé car les matières organiques s’y dégradent correctement. Sa capacité à retenir l’eau est également améliorée. L’utilisation de ces biostimulants est particulièrement appréciable en terres argileuses.
L’utilisation d’engrais est inutile et l’impact sur l'environnement est très faible.
On valorise les apports à base de matières organiques (fumiers, compost) qui sont réalisés.
Les levures (par exemple Saccharomyces cerevisiae) stimulent la minéralisation de l’azote dans le sol (5 g / m2 pour Wake). Introduites dans un compost ou dans toute matière organique fraîche, elles en augmentent la quantité de micro-organismes très rapidement (+ 32 % en 24 h). Elles favorisent aussi la quantité d’éléments minéraux disponibles dans le sol et la qualité de celui-ci.
Les bactéries favorisent le développement racinaire. Les végétaux peuvent aller plus loin dans le sol pour y chercher ce dont ils ont besoin, notamment le phosphore. Les bactéries en question se nourrissent de ce que les racines rejettent et solubilisent le phosphore qui sera ensuite absorbé par les racines. Le Bacillus amyloliquefaciens par exemple sécrète des phytases qui lui permettent cette action. Cette augmentation du volume de terre exploré et du nombre de radicelles composant le chevelu racinaire entraîne une meilleure alimentation des végétaux en nutriments et en eau, une meilleure utilisation des apports et une meilleure résistance aux stress.
Les sels minéraux indispensables à la vie des végétaux sont souvent présents dans le sol mais sous une forme qu’il leur est impossible d’assimiler. D’autres sont également présents mais rapidement lessivés par les précipitations, notamment la magnésie et le soufre, c’est pourquoi ils font généralement partie des composants des biostimulants ou doivent être fournis par ailleurs.
Le soufre est important pour que les protéines se synthétisent, il joue donc un rôle majeur dans le processus de photosynthèse ainsi que dans la formation des systèmes racinaires.
La magnésie influence la transformation en sucres et elle participe également à l’activité de la chlorophylle. Elle favorise aussi la respiration des végétaux et leur croissance.
La potasse : ce support minéral des levures et des bactéries permet aux végétaux de mûrir plus vite. Plus riches en sucres, les fruits et légumes offrent une meilleure qualité gustative, montrent une meilleure résistance face aux chocs, aux agressions et ils se conservent plus longtemps. Le sulfate de potasse limite l’évapotranspiration de l’humidité contenue dans le sol.
À savoir : il est important pour la culture des plantes potagères de vérifier que la potasse fournie bénéficie du label Qualité SK, informant de la faible teneur en chlore du produit.
Écologique
Les biostimulants sont autorisés en agriculture biologique, car sans danger pour la faune et la flore. Les éléments nutritifs libérés le sont progressivement, donc aucun risque de lessivage par les pluies et donc d’accumulation.
Efficace
Les apports de biostimulants font se développer la flore microbienne du sol très rapidement (en quelques heures). En 3 mois, 5 % d’azote sera libéré.
Du fait du développement important du chevelu racinaire des végétaux, celui-ci explore une grande partie du sol et peut absorber plus de nutriments minéraux. La plante se développe mieux, résiste plus facilement au stress.
Les biostimulants dopent l’action de décomposition de la matière organique par les micro-organismes. Il paraît donc tout à fait judicieux de les utiliser pour activer le compost.
Comment utiliser les biostimulants ?
Les biostimulants Fertevie se présentent sous forme de granulés qui s’épandent sur le sol au pied des végétaux. Préférez attendre une température d’au moins 10 ° au sol pour que les micro-organismes contenus dans le fertilisant puissent agir, et souvenez-vous qu’un sol riche en matières organiques favorisera l’action de ces bactéries et levures !
Au potager
Le biostimulant Fertevie pour le potager est composé à la fois de levures et de bactéries. Il sera utilisé entre le début du printemps et le début de l’automne, à raison de 2 poignées (100 g) par m2. En période sèche, réalisez un bon apport d’eau avant d’appliquer le biostimulant, et son efficacité sera meilleure si en parallèle sont effectués des apports de matières organiques. Il est aussi nécessaire de prévoir d’apporter du soufre et de la magnésie, souvent absents dans le sol car facilement lessivés.
Pour les plantations
Les biostimulants sont très bons pour les plantations car riches en bactéries, les jeunes plants, en pleine croissance, étant particulièrement gourmands. Le produit s’incorpore à la terre avant la plantation, à une dose de 100 à 175 g / m2 selon le type de végétal (arbres, légumes, vivaces, rosiers…). Il peut aussi être utilisé en entretien, à l’automne et au printemps pour les arbres. Les plantes potagères, elles, en profiteront quelque temps avant d’être repiquées. Le biostimulant pour les plantations est également idéal pour donner un coup de boost à des arbustes qui viennent d’être taillés.
Pour le gazon
La composition du biostimulant pour gazon Fertevie montre une grande proportion de levures par rapport aux bactéries. Leur support est constitué de sulfate de potasse qui a une action positive sur la capacité de rétention en eau du sol. Les bactéries, elles, vont fournir azote et potasse aux graminées qui composent le gazon pour en améliorer la résistance et la qualité. Le gazon profite des apports en se montrant bien vert et dense et il résistera mieux aux périodes de sécheresse. Le feutre qui se forme souvent à la surface en l’absence d’aération du gazon s’élimine seul.
Pour le compost
Les déchets verts et de cuisine déposés dans le compost se transforment plus rapidement par l’action des levures qui font très rapidement évoluer la densité des bactéries présentes dans le compost. Grâce à cette augmentation, le compost obtenu est particulièrement riche en éléments nutritifs assimilables par les végétaux.
L’apport de l’activateur Fertevie se réalise par couches, en alternant 10 cm (maximum) de déchets verts et ménagers avec 250 g d’activateur par m3. Il est important que le tas de compost ne dépasse pas 1 m de hauteur. On l’utilisera entre mars et octobre, toujours pour des raisons de températures. Pensez à arroser votre compost en périodes sèches, un manque d’humidité ralentit drastiquement l’activité des micro-organismes.
Attention : protégez-vous lors de l’épandage en portant un masque et des gants, ces organismes peuvent parfois provoquer des “réactions de sensibilisation”.
