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Fini le bruit de la tondeuse qui agace les voisins et qui fait fuir insectes et oiseaux ! La solution : le mouton, qui va agréablement remplacer cet outil. Cette méthode est écologique, respectueuse de l’environnement, et regarder paître des moutons dans son jardin est remarquablement apaisant. Il est vrai cependant que tout le monde ne peut pas élever un mouton dans son jardin, car certaines conditions sont nécessaires à son accueil. Quelle surface de terrain pour un mouton ? Quel mouton choisir et comment l’élever ? Voici quelques réponses pour vous aider à vous lancer dans l’écopâturage !
Où élever un mouton dans son jardin ?
Accueillir un mouton demande tout d’abord un certain espace, puisque 300 m² minimum sont nécessaires pour un animal, auxquels vous ajouterez une centaine de mètres carrés pour un animal supplémentaire. Cependant vos moutons seront bien plus heureux s’ils disposent de 1000 m² par tête.
Et bien sûr par terrain il s’entend un terrain herbeux. L’herbe naturelle convient tout à fait au mouton, et s’il trouve des ronces, des orties, du petit bois, il s’en occupera sans problème pour vous laisser une belle prairie !
Il apprécie cependant encore plus les fleurs de vos massifs ou les plantes potagères ! C’est une des raisons pour lesquelles l’espace que vous allez lui octroyer doit être clôturé (1 m minimum de hauteur), autant pour l’empêcher de s’échapper pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs que pour le protéger d’éventuels prédateurs. Si vous avez de jeunes arbres dans l’enclos, pensez à engrillager le tronc pour le protéger.
Un abri, bien que non obligatoire la plupart du temps, reste judicieux. Votre mouton pourra s’y réfugier au besoin, en cas de pluie, de vent violent, de soleil trop brûlant.
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Quelle race choisir ?
C’est en fonction de sa spécialité que vous allez tout d’abord faire une sélection. Les races de mouton sont en effet nombreuses, même si moins de 50 d’entre elles sont présentes en France.
Dans la majorité des cas, le mouton est choisi pour entretenir un grand jardin, en plus bien sûr du plaisir de vivre avec un animal si sympathique - il faut bien qu’il s’occupe et qu’il se rende utile quand même ! Et il se rend effectivement très utile, plus besoin de sortir la tondeuse à gazon et vous disposez à demeure d’un excellent engrais pour le potager, à condition de le laisser se décomposer avant utilisation. Vous aurez dans ce cas le choix entre des races rustiques diverses :
Le mouton d’Ouessant a beaucoup de succès, notamment grâce à sa petite taille, moins de 50 cm au garrot pour un poids de 18 kg maximum pour une brebis (c’est d’ailleurs le plus petit mouton du monde). Il est également très rustique, ce qui le rend très résistant. Il demande de ce fait très peu de soins. Il boit très peu et se contente d’une herbe pauvre, rare.

La Jacob est une belle bête qui affiche 4 ou 6 cornes.

La Thônes et Marthod est elle aussi aussi belle que rustique, en plus de produire beaucoup de lait.
La Racka possède de superbes cornes en spirales.

La Zwartbles est particulièrement sociable et affectueuse.

La Grivette est un mouton moyen sans corne. Calme et docile, elle est facile à élever et est très adaptable. C’est également une très bonne laitière.
La Rava est une race de montagne, équipée d’une laine épaisse qui la protège du froid. Elle a l’habitude de se nourrir d’une herbe coriace, n’a pas peur des reliefs, de la marche.

Les races rustiques vivent plus longtemps, du fait de leur robustesse, jusqu’à une quinzaine d'années, que les races plus “sophistiquées” qui souvent ne dépassent pas les 6 ans. Parmi les races plus spécialisées, on trouve la Lacaune, célèbre pour son lait qui donne le fameux Roquefort, ou encore la Mérinos, la star de la laine.
Le saviez-vous ? Il est possible aujourd’hui de louer un mouton pour quelques heures, idéal pour ceux qui n’ont pas nécessairement vocation à élever un mouton ou qui n’ont tout simplement pas le temps de s'en occuper.
Il est par contre déconseillé d’élever un mouton seul dans son jardin. Comme de nombreux animaux de pâturage, c’est un animal grégaire qui ne supporte pas d’être seul. Vous lui octroierez au moins la compagnie d’un âne, d’une chèvre, ou d’un autre mouton, l’idéal étant un petit troupeau de 4 à 5 bêtes. Mais dans ce cas attention : si vous avez opté pour un mâle, accompagnez-le de 2 brebis minimum, ou bien avec un autre mâle. Il est déconseillé d’avoir plusieurs mâles avec des femelles, cela entraîne toujours des bagarres.
Où trouver son mouton ?
Il n’est pas très difficile de trouver un mouton pour son jardin. Vous pouvez bien sûr vous tourner vers les éleveurs ou les bergers !
Si vous vous rendez chez un éleveur, vous pourrez vérifier les conditions de vie des moutons sur place, attention aux élevages intensifs et où les bêtes ne voient jamais l’herbe. Chez le berger, qui est le compagnon et le protecteur de ses moutons, les animaux sont en général bien traités et bien soignés.
Lors de la vente (ou du don), le vendeur doit vous fournir un document de circulation.
La réglementation
Suite au décret paru le 13 décembre 2005, toute personne possédant un ou plusieurs ovins doit avoir un numéro national d’exploitation. Pour ce faire, vous devez vous déclarer auprès de l'Établissement Départemental de l’Élevage, qui vous fournira ce numéro de cheptel ainsi qu’un identifiant de marquage pour vos bêtes. Chaque animal de plus de 6 mois doit en effet être marqué par 2 boucles à son oreille qui l’identifient (en plus d’un marquage électronique) et tout nouvel animal doit être déclaré dans les 7 jours (comme le départ d’un animal). Vous devrez de plus fournir une fois par an un recensement du cheptel.
Autres obligations : tenir un registre d’élevage, désigner un vétérinaire, faire appel à un service d’équarrissage en cas de mort d’un de vos moutons, obtenir une qualification “officiellement indemne de brucellose” (sauf pour ce dernier point si vous êtes considéré comme un petit détenteur, avec moins de 6 moutons).
À savoir : il peut y avoir des différences entre départements ou régions, vous pouvez vérifier la réglementation auprès de la Direction Départementale de la Protection des Populations de votre département.
Quel animal choisir ?
Comme avec tous les animaux, il est conseillé de les prendre jeunes, juste après le sevrage afin qu’ils s’habituent facilement à un nouvel environnement et à de nouveaux compagnons. Ils sont déjà très habitués à l’homme puisqu’ils ont été nourris au biberon.
Pour autant, il est tout à fait possible d'accueillir un mouton déjà adulte, les brebis de réforme sont peu coûteuses et vous accompagneront des années s’il s’agit de races rustiques.
Le sexe de l’animal est également à réfléchir, chacun présentant des avantages et des inconvénients. Le bélier est un animal vigoureux, et qui dégage une odeur puissante pour marquer son territoire, qui peut déranger. Sa force et son poids peuvent effrayer, et certains sont un peu “agressifs”. La brebis est souvent plus douce, et plus petite et légère qu’un mâle de la même race, par contre elle est souvent victime de grossesses nerveuses qui la perturbent. Le bélier castré est un bon compromis si vous souhaitez éviter ces inconvénients, qui sera plus calme et doux.
Quel entretien ?
Le mouton n’est pas un animal très exigeant, d’ailleurs vous pourrez facilement le laisser seul quelques jours, avec bien sûr tout ce dont il a besoin, en demandant quand même autour de vous une visite quotidienne, au cas où.
La santé
Les moutons sont des animaux sensibles aux parasites, un traitement vermifuge est nécessaire, réalisé en général au moment de la tonte. Un traitement contre la gale et/ou les poux peut être adjoint à ce traitement.
Le duvet laineux du mouton finit par le gêner, il est important de le tondre régulièrement pour éviter nombre de désagréments, notamment le poids qui handicape l’animal et la saleté conjuguée à l’humidité, source de parasites. La tonte se fait le plus souvent en faisant appel à un professionnel, à moins que vous vous en chargiez vous-même. Elle s’organise au printemps, mais en fonction du climat, il ne faut la prévoir ni trop tôt, pour que le mouton n’attrape pas froid, ni trop tard, là c’est de la chaleur qu’il souffrirait. Les onglons seront taillés en même temps, si besoin, en tout cas au moins une fois par an. Vous en profiterez pour examiner les parties cachées : les aisselles, le ventre, les tétines et pour vérifier la présence de parasites externes dans la laine.

L’abri sera abondamment paillé en hiver, pour le nettoyage vous aurez seulement à ôter les crottins que vous voyez, le reste contribue à chauffer la litière. Par contre, il faut veiller à ce que le sol soit toujours bien sec.
Lorsque le temps redevient doux, il est temps de faire un nettoyage sérieux, en vidant toute la paille pour pouvoir curer le sol et passer l’ensemble de l’abri à la chaux.
L’alimentation
De l’eau fraîche à volonté doit être laissée à disposition, et changée quotidiennement. Un mouton peut boire jusqu’à 10 L d’eau par jour.
N’oubliez pas l’indispensable bloc de sel, qui apportera au mouton les sels minéraux nécessaires.
Votre mouton aura certainement besoin d’un complément dans son alimentation durant l’hiver ou dans le cas d’une brebis qui a mis bas, l’herbe est moins fournie et moins nutritive. Le foin et les céréales sont donnés au quotidien à ces périodes, dans une mangeoire. Préférez les mangeoires amovibles, cela évitera un sol très tassé qui devient une mare de boue tout autour.
Les avantages d’élever un ou plusieurs moutons pour entretenir son grand jardin sont nombreux : c’est écologique, cela favorise la biodiversité, c’est très pédagogique, autant pour les enfants que pour les adultes d’ailleurs. Et c’est terriblement efficace ! Choisissez sa race avec soin, en fonction du terrain, de votre climat, de vos habitudes, vous verrez ainsi longtemps trotter dans votre jardin un mouton heureux.
