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Jardinage au naturel

Comment se débarrasser des rats taupiers ?

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Quel que soit le petit nom qu’on lui donne, ce mammifère reste un nuisible, abhorré des jardiniers et agriculteurs à cause des dégâts qu’il fait dans les cultures. Comment le reconnaître parmi tous ses cousins rongeurs ? Et surtout, comment éliminer le rat taupier dans le jardin ? Est-il possible de seulement l’éloigner ?

Comment se débarrasser des rats taupiers ?

Qui est le rat taupier ?

Comment reconnaître ce petit mammifère, comment vit-il, est-ce que le rat taupier creuse des galeries, comment repérer celles-ci ? Portrait d’une petite bête un peu trop affamée pour être vraiment sympathique !


Description

Le rat taupier, également appelé "campagnol terrestre” (Arvicola terrestris), est un petit mammifère fouisseur. Ce rongeur mesure entre 12 et 20 cm, longueur à laquelle il faut ajouter celle de sa queue qui est cela dit plutôt courte, environ 6 cm. Il est d’un joli brun roux, plus clair sur le dessous, avec une silhouette rondelette et un museau également arrondi accompagnant de petites oreilles et de petits yeux. Il possède des incisives très longues et courbées qui le font ressembler à un castor. Ses pattes sont dotées de 4 doigts à l’avant et de 5 orteils à l’arrière.

Il aime les sols frais et humides et se rencontre aussi bien dans les vergers, parmi les arbres et arbustes fruitiers, qu’en prairie et dans les jardins. Il est particulièrement présent dans le nord et l’est de la France, dans les massifs montagneux jusqu’à 2000 m d’altitude : Alpes du nord, Jura, Massif Central, Pyrénées.

Le rat taupier n’est pas seul, il vit en famille, et la femelle peut donner naissance à 48 petits, en 5 ou 6 portées entre mars et octobre, avec une gestation de 21 jours. Petits qui sont autonomes à 4 semaines et sexuellement matures à 8 semaines. Donc à partir d’1 seul couple installé au mois de mars sur une parcelle, la population peut atteindre une centaine de rats taupiers au mois d’octobre de la même année. Un rat taupier vit environ 8 mois.

D’autres campagnols peuvent faire des dégâts dans les jardins ou les vergers : le campagnol provençal, très présent dans la région méditerranéenne, est plus petit, 10 cm de long sans la queue ; le campagnol des champs et le campagnol agreste sont plus rares dans les zones habitées mais il arrive d’en trouver dans les vergers. Le campagnol des champs vit la majorité du temps à la surface, contrairement à son cousin, et il se nourrit de graines, d’herbe et de petits insectes. Même s’il fait lui aussi des galeries, il se distingue par de nombreuses galeries ouvertes.


Ses habitudes

Monticules de rats taupiers

Le rat taupier creuse ses galeries souterraines grâce à ses incisives terriblement efficaces et à ses pattes, d’abord avant puis arrière, qui l’aident à repousser la terre. Ces galeries peuvent être distinguées de celles des taupes grâce à leur entrée qui descend en oblique dans le sol, contrairement à celles de taupes qui s’enfoncent verticalement. Autre différence : la terre de l’entrée y est plus éparpillée et plus fine. De plus, les tumulus dus au rat taupier sont de petite taille, 10 cm de haut pour 15 à 25 cm de diamètre, alors que le monticule fait par la taupe mesure de 20 à 30 cm de haut pour 30 à 50 cm de large. En sol sec, vous verrez plutôt des orifices que des monticules, entourés d’herbe coupée.

Les galeries sont très longues, s’étendant sur plus de 50 m de long, sur plusieurs niveaux jusqu’à 1 m de profondeur, et totalement anarchiques.

Le rat taupier peut sans vergogne emprunter les galeries des taupes, d’ailleurs c’est souvent via un terrier de taupe qu’il débute ses propres galeries. Celles-ci lui servent de nid, qu’il va remplir d’herbe sèche et de mousse. L’adulte passe la grande majorité de son temps dans les galeries et les nids. Ce sont les petits qui s’aventurent plus à l’extérieur pendant la nuit.

Les galeries sont également aménagées avec des réserves de nourriture très importantes et bien rangées.


Ses méfaits

Les galeries servent à ce vorace végétarien à atteindre les racines des végétaux qu’il peut dévorer en paix. Et c’est bien là le problème. Il s’attaque à tout, des légumes racines aux racines des arbres, autant dire que son passage est fort peu apprécié du jardinier. Il raffole des carottes, navets, pommes de terre, betteraves, poireaux, oignons, pissenlits, trèfles, légumineuses, mais il apprécie aussi les bulbes de tulipes et d’autres fleurs ainsi que des rhizomes. Les signes de sa présence : salades et autres légumes feuilles qui flétrissent, légumes fruits (courgettes, courges) mous, feuillage qui disparaît, pommes de terre et autres légumes racines à moitié dévorés...

Il ne mange pas les racines des arbres entièrement, elles sont trop grosses et dures, mais il les grignote peu à peu, ce qui fait dépérir l’arbre rapidement, mais lorsque les dégâts deviennent visibles il est déjà trop tard. C’est souvent durant la saison froide qu’il s’attaque au verger. Protégé par l’herbe haute, voire par la neige, il peut également grignoter l’écorce à la base de l’arbre. Il semble avoir une préférence pour les pommiers et les poiriers.

Son alimentation journalière correspond à son poids en végétaux, par contre il ne boit pas.

Ce ne sont pas les seuls dégâts qu’il provoque : la quantité et la profondeur de ses galeries peut faire s’affaisser les berges des cours d’eau.

Autre problème de la présence de ce campagnol : il est vecteur de bactéries et virus qui peuvent être transmises aux animaux de compagnie, qui sont des porteurs sains ; ils peuvent aussi, directement ou indirectement, transmettre ces pathogènes à l’homme, provoquant des maladies graves comme l’échinococcose, la leptospirose ou la tularémie.

À savoir : ne touchez jamais un animal sauvage à mains nues, qu’il soit mort ou vivant, équipez-vous toujours de gants.


Comment se débarrasser des rats taupiers ?

Comment faire pour se débarrasser des rats taupiers une fois qu’ils ont élu domicile dans un jardin ? Plusieurs méthodes existent bien qu'aucune ne soit pleinement satisfaisante. Quelle que soit la méthode choisie, il est important d’agir dès les premiers signes de présence du campagnol terrestre, car l’agrandissement de la colonie est très rapide. Et pour plus de réussite, préférez multiplier les méthodes.


Lutte biologique et prévention

L’introduction de prédateurs n’est pas ici une méthode très courante pour se débarrasser du rat taupier, car les prédateurs en question font partie du monde sauvage et ne s’approchent pas des jardins. Il s‘agit principalement de rapaces (notamment des buses, des chouettes, des busards), de lynx et de loups, de belettes, fouines, hermines, putois, blaireaux.

Reste le chat, qui est bien évidemment un grand prédateur de ce genre de petits mammifères, et le renard roux. Mais lorsque celui-ci s’approche des jardins c’est plutôt parce qu'il y a repéré des poules ! Laissez donc vagabonder votre chat dans le jardin pour qu’il y fasse du ménage, de plus sa présence seule peut être dissuasive.


Chat

À savoir : la raréfaction des prédateurs de ce type de petit rongeur explique la pullulation de ceux-ci dans les campagnes. Le renard en particulier est un gros chasseur de petits rongeurs, un seul individu peut en consommer jusqu’à 10 000 dans l’année. Malheureusement le renard est volontairement abattu dans de nombreuses régions.

En pleine campagne, vous pouvez garder au fond du jardin des tas de bois ou de pierres qui peuvent abriter belettes ou hermines. Des nichoirs à chouettes et des perchoirs pour rapaces tant diurnes que nocturnes peuvent aussi être installés. La présence de haies variées est favorable aux prédateurs qui peuvent y circuler à l’abri et fournir de la nourriture à ceux des prédateurs qui ont plusieurs sources d’alimentation.

Les racines de certaines plantes semblent déplaire au rat taupier : armoise, tanaisie, rue officinale, euphorbes, incarvillées, ricin, peuvent être dispersées dans le potager, parmi vos planches. À défaut d’éloigner ces petites bêtes, au moins aurez-vous le plaisir d’avoir des fleurs variées qui attireront des insectes pollinisateurs et qui agrémenteront cet espace.

Ils peuvent être dérangés par des vibrations continuelles. Plantez profondément dans le sol des fers à béton ou autres tiges rigides et enfilez des bouteilles en plastique dur, type eau gazeuse. Avec le vent, celles-ci tourneront et s’agiteront sur les tiges, provoquant de légères vibrations dans le sol.

Le travail du sol, qui doit certes être limité pour favoriser la biodiversité, a un effet nettement défavorable aux rats taupiers dont les galeries sont dérangées lors de ce travail. Il est possible, lorsque l’on souhaite limiter le plus possible cette perturbation du sol, de travailler des petites zones en mosaïque qui vont former des barrages contre les rats taupiers. Les essais très variés qui ont lieu pour lutter contre les ravages des rats taupiers dans les champs ont montré que la présence des troupeaux faisait beaucoup diminuer le nombre de rats taupiers. S’en est suivi l’invention d’une machine qui reproduit le piétinement d’un troupeau grâce à des plots de 10 cm de haut qui percent le sol, tassant voire détruisant les galeries. Pourquoi ne pas imiter ce principe à l’échelle d’un jardin en faisant des trous aussi bien dans la pelouse que dans les massifs et planches potagères ?

Ne gardez pas l’herbe trop haute dans le jardin, qui lui permet de se dissimuler aux yeux de ses prédateurs. Les fruits et légumes au sol après la saison doivent être supprimés, ils représentent une source de nourriture appréciée.

Certains étalent du gravier sur une large zone autour des arbres pour empêcher le campagnol terrestre de creuser.


Lutte physique

Les pièges

Piège

Comment trouver la galerie du rat taupier pour le piéger ? Commencez par repérer un monticule puis dégagez la terre avec une pelle. Vous pouvez alors voir une ou plusieurs galeries qui partent de ce trou. Le rat taupier a horreur de sentir de l’air dans sa galerie, il va rapidement venir la fermer, ce qui vous permettra de confirmer sa présence et la galerie qu’il utilise. À l’aide d’une sonde et à partir de cette entrée, repérez la galerie en enfonçant la sonde tous les 5 cm, de 10 à 20 cm au moins dans le sol. Vous pourrez agrandir un peu le trou pour y passer un doigt et vérifier la direction de cette galerie.

À savoir : mettez toujours des gants lorsque vous touchez un de ces pièges, vous éviterez de déposer une odeur étrangère qui pourrait alerter.

Le piège pinces, également appelé fer à taupes, est très utilisé. Creusez à l’endroit de l’entrée pour ouvrir la galerie et débarrasser la terre. Posez et armez le piège et remettez de la terre. Un repère peut être posé pour trouver facilement le piège.

Le piège à cylindre (ou à guillotine) est souvent employé, il se montre très efficace. Ce type de piège dispose de 2 entrées et se place directement dans une galerie. Une fois que vous aurez découvert le tracé de la galerie, percez un trou traversant à l’intérieur à l’aide d’une tarière. Attention à ne pas abîmer la galerie ni à l’écraser. Tassez bien la terre au niveau du trou puis installez le piège avec ses 2 entrées dans le sens de la galerie. Refermez bien la terre autour, il ne doit pas y avoir de lumière qui pourrait alerter le campagnol, puis armez le piège. Il ne vous reste plus qu’à ouvrir à nouveau l’entrée pour faire venir la petite bête.

Par contre, une des victimes courantes de ce type de piège est l'hermine ; elle est un prédateur spécifique du rat taupier et rentre dans ses galeries pour le chasser.

Attention : n’oubliez pas que ce ravageur vit en couple et qu’il a beaucoup de petits, donc il vous faut poser plusieurs pièges ou le faire plusieurs fois pour vous débarrasser du rat taupier.

Une méthode à éviter, aujourd’hui réglementée : le poison. Certes cela peut vous débarrasser des rats taupiers, mais cela peut également tuer l’un ou l’autre de ses prédateurs qui sont au contraire à protéger. Les chats et les chiens faisant partie des potentielles victimes car ces campagnols ne meurent pas forcément dans leur nid...

Les tourteaux de ricin, très toxiques, sont employés par de nombreux jardiniers autrement que comme engrais. Il faut les enfoncer dans les galeries afin qu’ils ne soient accessibles que par les rats taupiers et pas à vos animaux de compagnie. Mélangez-les à des pommes coupées en dés et refermez la galerie. Ils peuvent également être mis dans les trous de plantation, protégeant les plants sans être à disposition du chien ou du chat de la famille.

Bien que la solution préférable soit souvent de gérer les populations de nuisibles par les méthodes douces, il arrive malheureusement que la solution ne puisse passer que par la méthode forte. C’est le cas avec le rat taupier, dont il faut se débarrasser à l’aide de pièges pour éviter une surpopulation dangereuse pour les plantations au jardin et au verger.