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Les pucerons, ces tout petits parasites sont très variés et attaquent des hôtes souvent spécifiques. Ils peuvent y causer de grands dommages, nuire à la production, voire tuer les végétaux envahis. De la lutte biologique à des recettes maison, les méthodes sont nombreuses pour lutter contre ces nuisibles. Le vinaigre blanc est très utilisé contre les pucerons, c’est un remède de grand-mère courant dont les recettes s’adaptent aux diverses espèces. Pour autant, il est préférable de le remplacer par d’autres moyens de lutte, à la fois plus efficaces et plus propres pour l’environnement.
Utiliser le vinaigre blanc au jardin, une bonne idée ?
Le vinaigre blanc est issu de la transformation en alcool du sucre de betterave ou de maïs. On l’appelle également vinaigre de cristal ou vinaigre de ménage. Son taux d’alcool est aux alentours de 2° et il a un pH de 2, donc très bas. Il peut être dilué dans de l’eau et additionné de savon, de Marseille par exemple. Il désinfecte les outils du jardinier qui seront mis à tremper dans un mélange tant pour tant d’eau et de vinaigre blanc.
L’usage très courant de ce produit qui l’est tout autant n’est pourtant pas à conseiller au jardin. En effet, ses propriétés fortement acidifiantes ne sont certainement pas sans impact sur l’environnement, c’est d’ailleurs pourquoi il n’a pas reçu d’Autorisation de Mise sur le Marché comme produit de biocontrôle.
Privilégiez les moyens de prévention pour éviter des attaques massives de pucerons, et ayez le réflexe d'utiliser des solutions naturelles comme faire appel à leur prédateur naturels.
À savoir : la chaîne alimentaire est la base de la biodiversité. Les pucerons sont la nourriture de nombreux auxiliaires, insectes, oiseaux. En supprimant une source de nourriture, vous défavorisez la vie de cette faune. N’attaquez les pucerons que s’ils portent préjudice à vos cultures. Au contraire, si vous les laissez mener leur vie de pucerons, vous verrez arriver dans votre jardin de nombreux insectes utiles qui se chargeront bientôt de réguler cette population.
Assurez-vous que vos plantes se développent dans de bonnes conditions de culture. Les plantes affaiblies sont plus souvent victimes de parasites ou de maladies. Choisissez vos végétaux en fonction du terrain, du climat. Offrez leur une bonne fertilisation et suffisamment d’espace.
Quel dosage de vinaigre blanc contre les pucerons verts ?
Contre les pucerons, la recette de grand-mère est de 10 cuillères à soupe de vinaigre blanc dans 4 litres d’eau et ajoutez 1 à 6 cuillères à soupe de savon noir ou de savon de Marseille (selon la densité des colonies). Cette préparation est à pulvériser matin et soir sur les parties colonisées, plutôt tôt le matin ou le soir pour ne pas risquer de brûler les feuilles lorsque le soleil est trop haut. Toutefois, nous ne connaissons pas l'impact de cette préparation sur les plantes voisines, sur le sol, sur la plante traitée. Est-ce que cette solution est vraiment efficace sur les pucerons ? Aucune étude ne l'a encore prouvée, tout comme son impact sur l'environnement.
C'est pourquoi dans la suite de cette article, nous vous donnerons d'autres méthodes pour éliminer les pucerons verts de votre jardin en fonction du type dont il est question.
Le puceron vert et rose de la pomme de terre
Macrosiphum euphorbiae est un puceron vert ou rose, pourvu de longues antennes. Il est présent dès le printemps sur beaucoup de légumes (concombres, betteraves, laitues, poivrons…) et sur des plantes à fleurs (souci, rose trémière, glaïeul, dahlia…) et apprécie les plantes sous abri. Il nuit au bon développement des plants, déformant feuilles et pédoncules floraux. Il est vecteur de maladies : mosaïque du freesia, de la laitue, du haricot, virus Y de la pomme de terre.
Autres moyens de lutte
Les guêpes parasitoïdes sont des auxiliaires fréquemment utilisés en lutte biologique.
Plantez auprès de vos pommes de terre des œillets d’Inde, de la menthe poivrée, du thym.
Le puceron vert du pêcher
Myzus persicae est de teinte vert clair ou jaune vert. Ce parasite privilégie les arbustes et arbres de la famille des Prunus : pêchers, amandiers, cerisiers, pruniers... mais en leur absence, ce sont de nombreuses plantes potagères (carottes, tomates, épinards, pommes de terre, poivrons, chicorées) et ornementales (bégonias, tulipes, fuschias, œillets). Il est présent tout au long de l’année sur ses hôtes secondaires et il cause beaucoup de dégâts. Il est responsable de plusieurs maladies : sharka du pêcher, virus B du chrysanthème, mosaïque du concombre…
Autres moyens de lutte
Les syrphes, les coccinelles, les chrysopes, les guêpes parasitoïdes sont utilisées en lutte biologique.
Installez des fleurs et des aromatiques autour de vos arbres fruitiers : œillets d’Inde, absinthe.
Le puceron cendré du chou
Brevicoryne brassicae est gris vert recouvert de duvet blanc ou gris. Il apprécie les températures clémentes et sèches et arrive en masse en mai juin. Les Brassicacées sont ses hôtes principaux, dont il suce la sève. Entre les colonies très importantes, les piqûres et le miellat qu’il produit, il entraîne un arrêt du développement avant la mort du plant. On repère souvent des feuilles crispées, des hampes florales déformées. Il est porteur de plusieurs mosaïques : chou-fleur, navet.
Autres moyens de lutte
Les parasitoïdes sont employées en lutte biologique. Les purins de tanaisie, de fougère, de tomate sont des insecticides ou insectifuges naturels.
Le puceron vert du rosier
Macrosiphum rosae est vert ou rose à brun, au corps brillant, avec des antennes et les articulations des pattes noires. Il apparaît dès le début du printemps, sur les feuilles et les boutons floraux des rosiers. Il y provoque des déformations, des dépôts de fumagine, les rosiers s'affaiblissent. Ses hôtes secondaires sont les scabieuses, les knauties, d’autres Rosacées (fraises, poiriers, pommiers, framboisiers, ronces…). Il est vecteur de maladies, notamment sur les fraisiers.
Autres moyens de lutte
La coccinelle employée en lutte biologique est très efficace contre ce puceron, comme les parasitoïdes. Plantez au pied de vos rosiers des plants de lavande et de sauge qui perturberont fourmis et pucerons.
Le puceron cendré du pommier
Dysaphis plantaginea est assez gros, gris vert mais parfois rose vineux. Il se regroupe en colonie sur les feuilles, les jeunes rameaux, les fruits en formation des pommiers. Le feuillage devient rapidement gaufré et déformé, les fruits ne grossissent pas et sont bosselés. Ce puceron produit beaucoup de miellat ce qui entraîne beaucoup de fumagine. Son hôte secondaire est le plantain.
Autres moyens de lutte
Les parasitoïdes sont couramment employées en lutte biologique.
Contre les pucerons noirs
Contre les pucerons noirs, la recette de grand-mère est 1 dose de vinaigre blanc pour 10 doses d’eau (préférez toujours de l’eau de pluie ou reposée), à pulvériser abondamment à température ambiante sur les extrémités des tiges et des rameaux colonisés par les pucerons noirs. Même à faible concentration comme dans cette recette, le vinaigre peut avoir un effet néfaste sur les plantes, le sol et les insectes auxiliaires. Tant qu'aucune étude n'aura été menée, le principe de précaution nous dicte de ne pas utiliser les "recettes de grand-mère". Nous vous proposons d'autres moyens de lutte face aux pucerons noirs.
Le puceron noir de la fève
Aphis fabae est de couleur noire ou brune et montre des taches blanches sur son abdomen. Ce puceron très polyphage se trouve en début de saison sur les fusains, viornes obier, seringats, mais dès le mois de mai il s’attaque à de nombreuses plantes du potager : fèves, haricots, artichauts, betteraves, pommes de terre, carottes, ainsi qu’aux capucines. Il est vecteur de nombreux virus comme la jaunisse de la betterave.
Autres moyens de lutte
Les guêpes parasitoïdes sont de bons auxiliaires en lutte biologique, grands prédateurs du puceron noir. Réalisez une macération d’ail, à pulvériser sur les fèves et autres légumes. Plantez des capucines autour des végétaux sensibles, qui seront sacrifiées pour sauver vos plantes potagères.
Le puceron noir du cerisier
Myzus cerasi est noir à brun sombre. Il attaque les cerisiers et merisiers. Les feuilles se crispent, se dessèchent et les fruits sont abîmés. Il part ensuite vers des hôtes secondaires : véronique, gaillet, aspérule.
Autres moyens de lutte
La coccinelle est employée en lutte biologique. On peut aussi essayer l’huile blanche.
Contre les pucerons jaunes
La recette de grand-mère est 1 dose de vinaigre blanc pour 4 doses d’eau, à pulvériser sur les plants envahis le matin, tant qu’il ne fait pas trop chaud. Ce dosage de vinaigre blanc peut être suffisant pour polluer le sol de votre jardin, agir sur les plantes alentours... Dans le doute, mieux vaut s'abstenir d'utiliser le vinaigre blanc pour éliminer les pucerons, son efficacité n'étant pas prouvée à ce jour.
Le puceron du melon
Aphis gossypii est jaune, parfois vert sombre. On le trouve majoritairement sous abri sur tout hôte, notamment les Cucurbitacées. Il aime les températures chaudes et sèches. Il affaiblit la plante en suçant sa sève et en provoquant l’apparition de fumagine et se révèle très destructeur. Il est vecteur de maladies : mosaïque du concombre, tristeza des agrumes. Autres moyens de lutte On procède à des lâchers de guêpes parasitoïdes en lutte biologique.
Contre les pucerons lanigères
Faites un mélange de 100 millilitres de savon noir et d’1,5 litre de vinaigre blanc à diluer dans 9 litres d’eau. Pulvérisez sur l’arbre au printemps, sur toutes les branches.
Eriosoma lanigerum est brun pourpre, et produit des sécrétions filamenteuses blanches. Le puceron lanigère est très fréquent sur le pommier. Il est présent aussi bien sur les parties aériennes que dans le système racinaire. Ses piqûres provoquent des galles qui empêchent la sève de circuler et qui peuvent se transformer en chancres. D’autres hôtes sont l’aubépine ou encore le cognassier.
Autres moyens de lutte
La guêpe parasitoïde Aphelinus mali est souvent employée dans les vergers. Ce puceron a d’autres prédateurs : chrysopes, coccinelles, cécidomyies.
L’huile blanche, une huile minérale paraffinique, peut être appliquée à l’automne sur l’ensemble de l’arbre.
Fléau du jardin malgré sa petite taille, le puceron tire sa force du nombre. Qu’il soit vert, noir, jaune ou d’une autre couleur, lorsqu’il colonise une plante il est fort probable qu’elle va subir des dommages, parfois légers ou bien très graves. Les prélèvements de sève affaiblissent le végétal, ralentissent sa croissance, avortent les boutons floraux et la fructification. Les méthodes pour lutter contre ces parasites sont heureusement nombreuses, et certaines font appel à des produits à la fois peu coûteux et tellement courants que tout le monde en a dans son placard. Le vinaigre blanc fait partie de ces produits à utiliser contre les pucerons. Une fois dilué avec du savon noir, il est même redoutable. Il sera d’ailleurs employé avec discernement, afin de ne pas nuire à des insectes utiles.

