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Conseils jardinage et plantes

5 bons mariages de légumes au potager

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Les associations de légumes et autres végétaux ont tout bon au potager ! N’hésitez pas à mélanger des légumes variés et autres végétaux sur vos planches de culture, qui pourront ainsi bénéficier des propriétés de leurs voisins. Certains émettent en effet de subtils composés chimiques qui déplaisent aux ravageurs, tandis que d’autres vont profiter des pollinisateurs accourus en nombre sur d’attractives fleurs.

5 bons mariages de légumes au potager

Pourquoi marier les végétaux entre eux ?

Le mariage entre différents végétaux repose notamment sur le principe de l’allélopathie : les plantes interagissent entre elles au niveau biochimique en émettant des molécules (alcaloïdes, acides phénoliques, flavonoïdes, quinone, terpène). Ces composés peuvent avoir des effets bénéfiques ou au contraire défavorables sur la croissance, la reproduction ou encore la vie des plantes voisines, ou bien sur la présence des ravageurs et des organismes pathogènes. Ils peuvent être dégagés aussi bien par les racines que par les parties supérieures de la plante, voire via son parfum.

Le saviez-vous ? Un exemple d’allélopathie connu depuis des millénaires est celui du noyer, sous lequel rien ne peut pousser. En effet, les racines de l’arbre émettent une substance toxique pour certains végétaux, la juglone, qui est un inhibiteur de la respiration des végétaux.

Mais ce n’est pas la seule justification à ces associations, les plantes peuvent profiter de leur voisines de diverses manières, par exemple :

  • Les insectes pollinisateurs attirés par l’une fécondent les fleurs de telle autre qui va pouvoir fructifier.

  • L’ombre apportée par les plus hautes soulage les plus basses des ardeurs du soleil.

  • Une tige haute va servir de support à une grimpante.

En règle générale, la monoculture est une mine pour les ravageurs spécialisés tout comme pour les organismes pathogènes, qui se précipitent sur un tel garde-manger si facile à repérer. Les cultures (très) diversifiées, par contre, ne sont pas assez attractives pour eux, et le sont encore moins si les végétaux voisins sont de vrais repoussoirs !!


1 - Carotte et oignon


Carotte et oignon

Chacun se montre un répulsif efficace contre la mouche qui attaque l’autre :

  • La mouche de la carotte (Psila rosae) est repoussée par toutes les Alliacées, oignon, ail, ciboulette, échalote, … : le soufre, très présent chez de nombreux membres de cette famille de végétaux, perturbe l’odorat de certains insectes, dont cette petite mouche. C’est vers la fin avril - mai qu’elle sort de son hibernation et va voler autour des plantations pour repérer sa cible à l’odeur. Évitez par contre de planter d’autres Apiacées (persil, céleri, panais) auprès des rangs de carottes, qui sont également les victimes de Psila rosae.

  • La mouche de l’oignon (Delia antiqua) est perturbée par l’odeur forte des feuilles des Apiacées, notamment par celle des carottes. Tant mieux, car elle fait beaucoup de dégâts dans les bulbes d’oignons et peut donner naissance à plusieurs générations (jusqu’à 5 dans le Sud de la France) entre le printemps et l’automne.

2 - Ail, tomate et laitue

Tout comme chez le poireau, les propriétés allélopathiques de l’ail sont nombreuses grâce aux composés soufrés qui émanent d’eux. Ils sont notamment réputés pour être de puissants nématicides contre les nématodes Meloidogyne, qui sont des nématodes à galles s’attaquant à de nombreuses plantes potagères. Ce sont particulièrement les Cucurbitacées, les Solanacées et les Composées qui sont victimes de ces anguillules : courgettes, melons, tomates, poivrons, laitues, ...

Les laitues ont peu d’ennemis au potager, et sont donc utiles à plus d'un titre. Auprès des tomates et de l’ail, elles ombrageront le sol, évitant qu’il ne reste nu et ne croûte, ce qui rend son aération et son arrosage plus difficiles. De croissance rapide, vous aurez le temps d’en semer plusieurs fois le temps que vos tomates ne donnent plus, sans occuper une planche qui pourrait servir à une autre culture.


3 - Haricot à rame et épinard


Haricot à rame et épinard

Les plantes de la famille des Fabacées ont une symbiose avec des bactéries, leur permettant de fixer l’azote de l’air. Il est pour cela fort recommandé, lorsque la culture des légumineuses est terminée, de laisser les résidus au sol afin qu’il s’y décomposent et l’enrichissent. Mais cet azote n’est pas présent que dans les racines, il l’est également dans le sol, aux alentours des racines du fait de la rhizodéposition (libération par les racines de composés azotés et carbonés durant la phase de croissance de la plante). Cet azote souterrain peut donc profiter aux autres légumes qui se développent en même temps.

L’épinard, lui, est un légume très gourmand, notamment en azote pour le développement de ses feuilles. D’ailleurs, lorsqu’il en manque, son feuillage jaunit et il monte à graines très rapidement. Réalisez vos semis d’épinards au pied de vos rames de haricots. Ils profiteront non seulement des apports fertilisants de ces derniers mais aussi du léger ombrage apporté par leur végétation. Les haricots, eux, bénéficieront d’une bonne couverture à leur pied, qui maintiendra une certaine fraîcheur du sol. L’idéal est de semer épinards et haricots en même temps, ou bien les épinards après les haricots dans les régions les plus au Nord, afin que les feuilles des premiers ne gênent pas la levée des seconds. Installez les haricots sur tipis, notamment dans le Sud où la protection contre le soleil sera ainsi meilleure pour les épinards.


4 - Tagète et pomme de terre


Tagète et pomme de terre

Les œillets d’Inde sont connus pour leur action nématicide. Quelques pieds plantés en alternance avec vos pommes de terre éloigneront les nématodes qui mangent leurs racines, en plus d’apporter de la couleur au potager ! Attirant de nombreux insectes pollinisateurs, les tagètes vont également faire venir parmi ceux-ci quelques prédateurs qui se régaleront des pucerons et autres acariens présents sur vos cultures.

Ce sont des composés, le α- terthienyl et le bithyenyl, qui sont responsables de l’effet nématicide. Ces substances semblent être émises par les racines du Tagète lors de l’attaque de certains nématodes.

Choisissez Tagetes patula, qui a en plus la réputation de repousser le liseron, contre les Pratylenchus, Rotylenchus et Tylenchorhynchus. Le Tagetes minuta est lui aussi nématicide, contre Meloidogyne, Helicotylenchus, Hoplolaimus, Tylenchulus, Pratylenchus, Rotylenchus et Tylenchorynchus.


5 - Bourrache et courgette


Bourrache et courgette

La courgette est une plante dite monoïque, c’est-à-dire qu’elle produit des fleurs des 2 sexes. La pollinisation doit donc être assurée par un “agent” externe, principalement les insectes pollinisateurs. Afin d’attirer ceux-ci en grand nombre autour de vos fleurs de courgettes, plantez ou semez des fleurs entre les pieds !

La bourrache produit durant des mois une grande quantité de fleurs très convoitées par les divers pollinisateurs, qui se feront un plaisir de passer par les grandes fleurs jaunes des courgettes avant de repartir. De plus elle ne demande aucun entretien et se ressème seule, offrant de jolies tâches bleues dans le potager.

N’hésitez pas à multiplier le nombre de variétés de fleurs : capucines, tagètes, soucis...