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L'alimentation des poules est importante pour avoir de beaux œufs, et des poules en bonne santé. Elle doit être variée : grains, herbes, fruits, insectes, et même déchets de cuisine... pour leur apporter tout ce dont elles ont besoin, et qu'elles n'aient aucune carence. Comment nourrir vos poules, quels sont leurs besoins, qu'est-ce qu'on peut, ou pas, donner à manger aux poules ?
Quels sont les besoins alimentaires des poules ?
La nourriture des poules a une incidence importante sur leur santé, sur leur bien-être et, bien sûr, sur la ponte !
La nourriture
La poule est omnivore, son alimentation est très variée, constituée d’insectes, d’herbe, de fruits, de graines, de céréales. Cette alimentation varie selon la saison, plus riche en hiver pour avoir l’énergie suffisante pour que l’organisme se tienne au chaud.
En termes de nutriments, elles ont besoin de :
glucides, qu’elles trouvent dans les céréales, mais aussi dans les fruits et quelques légumes ;
protéines, pour leurs muscles et les œufs, présents dans les insectes, viandes, poissons ;
lipides, présents dans les graines ;
minéraux, oligoéléments et calcium.
On considère que, pour nourrir une poule adulte, les céréales et les lipides doivent correspondre à 70% de leur ration quotidienne, les 30% restants étant composés de protéines pour assurer une bonne ponte.
L’eau
Les poules ont également besoin d’une eau claire tous les jours, donc à renouveler tous les matins (ou tous les soirs). Elles boivent environ 10 % de leur poids, donc 250 ml pour une poule rousse adulte, néanmoins, les besoins varient selon la température, l’alimentation, mais aussi selon l’état général de chaque poule.
Cet abreuvoir est nettoyé très régulièrement pour éviter les dépôts.
Quelle quantité doit manger une poule par jour ?
Une poule consomme entre 120 et 250 g d’aliment par jour (comprenant les éléments trouvés sur le parcours et les aliments complets distribués par l’éleveur). Il est conseillé de ne pas dépasser cette dose pour éviter les restes qui attirent les nuisibles et également pour empêcher la prolifération de bactéries.
Idéalement, vous irez nourrir vos poules deux fois par jour, à heures fixes.
Bien nourrir une poule : les différents types d’aliments
La poule est capable de se nourrir entièrement de ce qu’elle trouve, à condition qu’elle vive dans un milieu riche et diversifié, et qu’elle soit en totale liberté. Les limites de la surface herbeuse qu’elles occupent en tant que locataires de nos poulaillers entraînent une alimentation fragmentée, composée de plusieurs types d’aliments afin de leur offrir l’alimentation omnivore, variée, dont elles ont besoin.
Le parcours herbeux
Ce qui leur convient le mieux en termes d’aliments est le parcours herbacé, le top pour les poules. Comptez 10 à 15 m² pour des poules naines et 20 à 25 m2 pour des grandes poules, surface où elles peuvent gratter, chercher des larves, des insectes et manger de l’herbe. Cet espace est absolument crucial pour les poules, tant au niveau alimentaire qu’au niveau de leur bonne santé cognitive.

L’idéal est d’avoir au moins deux parcours les uns à côté des autres pour effectuer une rotation, comme au potager. L’herbe y est en effet très vite consommée et la terre se retrouve à nu. Accessoirement, la rotation évite aussi la saturation du sol en fientes. Avec deux parcours, vous pouvez alterner toutes les six à dix semaines, en fonction de la saison et du nombre de poules. L’autre possibilité est de fonctionner avec un parcours mobile, qui est déplacé dès que l’herbe commence à s’y raréfier.
Dans un enclos de taille plus réduite, apportez quotidiennement aux poules autant de verdure que possible, comme les mauvaises herbes du jardin par exemple.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils pour créer le parcours des poules : plantation, superficie, sécurité.
Les aliments complets et les céréales
La verdure et les insectes et larves picorés ne suffisant pas dans une surface limitée, les céréales et graines formeront l’alimentation de base pour nourrir vos poules.
Vous trouverez des aliments complets – mélanges de céréales spéciales poules (ou des granulés qui évitent le tri et répondent à l’ensemble de leurs besoins nutritionnels). Ces mélanges sont généralement basés sur le blé, l’avoine ou le maïs − ce dernier pas à plus de 30 %, hormis en hiver, parce qu’il entraîne l’engraissement. Les céréales sont en grains ou grossièrement concassées.
Pour bien nourrir les poules, ces céréales sont complétées par des graines oléagineuses (lin, soja, colza, tournesol) entières qui leur apportent des protéines, des lipides, et de la méthionine, un acide aminé essentiel ; et des graines protéagineuses (pois, lupin, féverole, lentilles…) pour la lysine qu’elles contiennent, généralement broyées finement pour être assimilées.
Les acides aminés peuvent être notamment apportés par des levures, une proportion de 2 % de levures dans l’aliment complet est très bénéfique.
Ces aliments sont notamment destinés aux poules qui vivent dans un enclos ou petit parcours fermé, dans lequel la nourriture du sol est vite épuisée. Les graines et céréales doivent, pour elles, représenter environ 70 % de leur ration quotidienne.
Au contraire, les poules élevées en liberté ou en semi-liberté se suffisent presque à elles-mêmes, les céréales et graines ne sont alors qu’un complément, qui est cependant généralement indispensable.
Il existe des gammes variées d’aliments qui prennent en compte l’âge de la poule et ses besoins spécifiques, une poule pondeuse n’a pas les mêmes besoins que des poussins ou des jeunes poules et aura des besoins particuliers durant la période de mue ou en hiver.
Le grit et le calcium
Bien nourrir ses poules ne suffit pas, il faut qu’elles arrivent à assimiler leurs aliments. Apportez un fond de gravier et de sable à l’alimentation, nécessaire aux poules pour faciliter le travail du gésier et participer au broyage des aliments. Elles vont trouver une partie de ce que l’on appelle le “grit” dans le sol, mais il est bon d’en rajouter dans les portions de graines ou dans une gamelle séparée.
Pour former la coquille de leurs œufs, les poules ont besoin de calcium. Il est particulièrement judicieux de leur apporter ce calcium avec la ration du soir, car c’est au cours de la nuit que se forme la coquille des œufs à venir.
Les aliments du commerce en contiennent, mais on peut aussi utiliser les coquilles des crustacés, des moules ou des huîtres. Il suffit de les passer dans le feu de cheminée. Une fois bien calcinées, cassez-les en petits morceaux avec un marteau et ajoutez-les à la ration de graines quotidienne. On peut aussi utiliser les coquilles d’œufs mais attention : faites-les sécher longtemps au soleil avant de les intégrer à la ration quotidienne et réduisez-les en poudre, sinon les poules prendront goût à leurs coquilles et finiront par manger leurs propres œufs.

Les restes de cuisine
Sans pour autant prendre nos poules pour des composts sur pattes, car nos restes doivent leur être donnés raisonnablement et de manière équilibrée, elles sont très amatrices de nos aliments et ceux-ci peuvent participer à la variété dont elles ont besoin. Vous pouvez leur donner :
La majorité des épluchures et des restes des fruits et légumes. C’est mieux si ceux-ci sont bio, pour limiter l’ingestion de traitements chimiques. Et la quantité d’épluchures ne doit pas être trop importante, un excès de cellulose provoque des diarrhées.
Le pain, les pâtes et le riz cuits, en petite quantité.
Les restes de poisson et de viande cuits.
Les restes de plats cuisinés, si possible peu salés ou en très petites quantités.
Les mets préférés des poules : herbe fraîche avec pissenlits et trèfles, fruits bien sucrés (fraises, pommes, melons…), lentilles, pâtes et riz cuits, betterave panais, concombres, carottes, pâtées tièdes avec pain et légumes, croûtes de fromage.
Les compléments alimentaires
Il y a des périodes durant lesquelles les poules ont des besoins spécifiques, qui peuvent être apportés par des compléments alimentaires pour poules, certains sous forme de friandises. Évitez par contre de donner en même temps des compléments et des aliments complets spécifiques (hiver, mue…) pour ne pas surdoser certains éléments.
Pour les protéines, des insectes séchés et des vers de farine à picorer, notamment quand le sol est gelé − ils leur apportent également des acides aminés, du phosphore et des omégas 3/6, très bons pour le plumage, entre autres.
Pour le calcium, des coquilles marines, de la farine d’arêtes, des granulés de carbonate de calcium − à apporter même si vous donnez un aliment complet riche en calcium à vos poules, une carence en calcium pouvant entraîner une ostéoporose. Il est conseillé qu’il y ait constamment du calcium du printemps à l’automne à disposition de vos poules, dans une gamelle à part qui doit être remplie régulièrement pour qu’elles n’en manquent jamais.
Des vitamines (A, B1, B2, B6, B12, D3, E et K3) souvent sous forme liquide, à diluer dans l’eau de boisson − une carence en vitamine D entraîne la production d’œufs à coquille molle.
Un peu d'ail en poudre, qui a des propriétés antiseptiques et antibiotiques.
Du vinaigre de cidre, efficace pour lutter contre les problèmes intestinaux, à donner en cure d’une semaine tous les mois, à diluer dans l’eau de boisson.
De l’argile verte ou du charbon de bois, pour une meilleure digestion et pour favoriser le transit intestinal.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils pour choisir les compléments alimentaires des poules.
Le menu des poules par saison
Lorsqu’il y a un changement de menu entre deux saisons, ce changement doit être progressif et suivre le changement réel des conditions.
Le menu de printemps
Le printemps est synonyme d’une belle herbe verte et fraîche, très riche en vitamines et en fibres, et des premières générations de l’année chez les insectes, de quoi allécher vos poulettes ! Tant mieux parce que la ponte redémarre également.
La ration quotidienne se rééquilibre. Il s’agit particulièrement de réduire les apports en lipides et en éléments très caloriques tels que le maïs, mais d’augmenter la proportion de protéines et de glucides qui restent essentiels à cette période, les vitamines et les acides aminés participent à la formation des œufs.
Par contre, il faut leur donner à nouveau du calcium en fin de journée, en plus de celui apporté par la ration quotidienne.
Les parasites revenant avec le redoux, donnez-leur un mélange d’ail et d’orties pour renforcer leurs défenses immunitaires.

Le menu d’été
Affectées par la chaleur, les poules mangent moins et boivent beaucoup plus, même si cela varie avec la résistance de certaines races à la chaleur.
Pour garder l’eau fraîche, vous placerez l’eau à l’ombre, et un renouvellement biquotidien n’est pas de trop, car elle s’abîme très vite. Vous pouvez mettre dans le réservoir glaçons ou, encore plus efficace, une bouteille d’eau congelée. Pensez à multiplier les points d’eau pour que vos poules trouvent facilement de quoi s’hydrater. Leur donner des fruits ou légumes gorgés d’eau comme les melons, les pastèques, les concombres, est un bon moyen pour qu’elles ne se déshydratent pas, et qui leur apporte également des vitamines et des fibres.
Limitez les apports de lipides et conservez une alimentation pour poule riche en protéines.
Pensez à nourrir vos poules à des heures décalées pour qu’elles puissent manger en dehors des heures les plus chaudes, pendant lesquelles il est fort probable qu’elles bouderont leur mangeoire. Une petite ration d’aliment complet peut être donnée très tôt le matin, et le soir, une belle ration juste avant qu’elles aillent dormir sera assimilée pendant la nuit et concourra à la fabrication de beaux œufs.
Dans le cas d’une canicule avec une chaleur supérieure à 35°, vos poules risquent d’être en hyperventilation, pour évacuer la chaleur. Ça provoque une perte de minéraux (notamment sodium, potassium et bicarbonate de calcium) qui va, entre autres conséquences, perturber la ponte et la formation des coquilles des œufs. Procurez-vous des suppléments d’électrolytes et vitamines à diluer dans l’eau en cas de stress thermique.
Les menus d’automne et d’hiver
L’hiver est la période la plus difficile pour les poules, qui trouvent fort peu au sol des éléments nutritifs dont elles ont impérativement besoin.
Les aliments complets pour poules sont souvent enrichis par des coquilles d’huîtres ou de la farine d’arêtes qui apportent des minéraux, par des vitamines A, D et E, par du magnésium. Les céréales et les graines oléagineuses y sont en plus grande proportion que dans l’aliment complet de base, notamment le maïs.
Les lipides sont essentiels de l’automne à l’hiver, pour l’énergie mais aussi pour former une couche de graisse protectrice.
Pour compenser le manque de protéines animales, tournesol, lin et colza ou bien insectes séchés à donner en friandises ou à disperser au sol. La mue, qui se produit entre la fin de l’été et le cœur de l’automne, consomme également beaucoup de protéines pour remplacer les plumes.
La quantité de calcium peut baisser, parallèlement à la baisse de la ponte. Vous pouvez par exemple réduire ou supprimer l’apport de calcium via des compléments alimentaires, car il y en a toujours dans les aliments pour poules.
On y trouve fréquemment des granulés d’herbes, pour les fibres.
Par grand froid, vous pourrez nourrir vos poules avec des pâtées tièdes au riz ou à la semoule cuite, mélangés à des légumes telles que des haricots ou lentilles, carottes, courges…
Vous veillerez à ce que l’eau ne gèle pas : abreuvoir en plein soleil, eau tiède deux fois par jour et, petite astuce, placez un petit objet flottant dans cet abreuvoir, les mouvements incessants qui l’animeront empêcheront l’eau de geler.
Vous avez un verger ? Laissez vos poules se balader et se nourrir parmi vos arbres fruitiers, elles vous débarrasseront par la même occasion des parasites qui nuisent à vos fruitiers. Pour en savoir plus, suivez nos conseils et lâchez vos poules dans le verger.
Les bonnes pratiques pour nourrir les poules
Pour bien nourrir vos poules, quelques principes de base sont à connaître :
Elles doivent pouvoir manger en même temps pour éviter la cohue et les bagarres. Notez qu’une poule a besoin d’un espace de 12 à 15 cm sur une mangeoire. Si vous pouvez, disposez plusieurs mangeoires (et abreuvoirs) sur le parcours ou dans l’enclos, vous éviterez un stress inutile pour les poules les plus soumises qui peuvent être empêchées d’accéder à la nourriture par les dominantes.
La nourriture doit toujours être propre et sèche.
Il est conseillé de disperser de la nourriture çà et là, notamment dans l’enclos ou en hiver quand la nourriture est rare, elles adorent picorer et cela les empêche de s’ennuyer.
Laissez la nourriture à disposition dans la journée, mais une fois les poules rentrées pour la nuit, fermez hermétiquement les mangeoires pour éviter d’attirer des nuisibles (rats et souris notamment).
La nourriture de vos poulettes doit de toute façon être protégée de ces petites bêtes qui peuvent être porteurs de maladies ou de bactéries (pour les poules ou pour les humains qui mangent leurs œufs, la salmonelle par exemple) et de l’humidité pour éviter les mycotoxines.
Distribuez toujours la nourriture à heure fixe : la poule est une routinière, elle est réglée comme une horloge !
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur les poules et leurs routines.
Quels sont les aliments à ne pas donner aux poules ?
Pour nourrir vos poules sans risque !
Les aliments interdits
Quelques aliments interdits faisant partie des déchets verts sont à bannir du menu des poules, pour leur bonne santé :
les pelures d’oignons, de poireaux,
les pommes de terre crues,
les avocats,
les haricots secs crus,
les trognons de choux,
le chocolat,
les aliments sucrés,
les peaux de bananes, d’agrumes et de kiwis,
la viande crue,
les restes trop salés ou épicés.
Pour en savoir plus, découvrez les 10 aliments interdits aux poules.

Les plantes toxiques
Picorant toute la journée, les poules peuvent par inadvertance tomber sur une plante toxique, même si, en général, elles savent les éviter : ricin commun, fougère, feuilles de lierre, raifort, muguet, rhododendron, tulipe, oseille crépue.
Pour bien nourrir ses poules, il est important de connaître leurs besoins selon les saisons et du fait de circonstances particulières. Vous appuyer sur les propositions d’aliments complets pour les poules est judicieux, car ces aliments sont formulés pour répondre à ces besoins et conditions. En cas de doute ou si vous avez besoin de conseils, votre vétérinaire est le meilleur interlocuteur. Grâce à ces bons soins, vos poules resteront en pleine forme !
