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Florent, autoproducteur dans les Hauts de France, s’est offert une serre pour ses trente ans dans son jardin de ville. Et elle a un rôle bien défini à chaque saison ! Florent nous partage aussi sa philosophie du jardin : intervenir le moins possible, laisser la place à la nature pour s’exprimer, tout en la guidant quand même un peu. En effet, Florent est quelqu’un d’organisé et son potager est à son image. Il en a réduit la taille pour continuer à s’en occuper malgré un emploi du temps surchargé. Car jardiner, c’est aussi se faire du bien, décompresser, passer du temps à l’extérieur pour se détendre, parmi la faune sauvage : insectes, papillons, chenilles, et même hérissons !
Une année dans la serre de Florent
La petite serre de 3-4m² de Florent fait toute sa fierté. Un beau cadeau qu’il s’est offert pour ses 30 ans, alors que la France était en plein confinement à cause du Covid...
En hiver, quand débute une nouvelle année, la serre est avant tout un espace de stockage : outils, bacs pour semis... Le mobilier y a aussi sa place, mais non pas empilé sous une housse, plutôt pour s’y installer et profiter d’une pause dans la serre. A la fin de l’hiver, quand commencent les semis en intérieur, ceux-ci rejoignent la serre après avoir levé sous la véranda.
Au printemps, c’est le grand nettoyage... de printemps ! Florent vide sa serre pour y installer tous ses semis jusqu’à la maturité des pieds. Puis au fur et à mesure que les plants rejoignent la pleine terre du potager, les fleurs les remplacent et envahissent la serre. Il y entrepose aussi outils de jardin et arrosoir pour avoir tout à portée de main lorsqu’il jardine.
Enfin, au fil de la saison estivale puis automnale, tout retourne petit à petit dans la serre. Les fleurs laissent place au mobilier de jardin et aux gros outillages qu’on entrepose à l’abri du froid en prévision de l’hiver qui arrive.
La serre joue donc un rôle aussi pratique qu’esthétique : “Elle est là pour apporter du joli, du beau, de l'agréable. Et sinon, elle a vraiment 3 grandes utilités : le stockage, les semis et les fleurs. “
Comment Florent a-t-il aménagé sa serre ? Le sol est recouvert de paille et toutes les parois de la serre sont exploitées avec de petites étagères en métal. A côté des petits outils manuels, Florent y expose aussi des nains de jardin et autres petites décorations charmantes ainsi que des fleurs, bien évidemment. Dans le fond de sa serre, une balconnière sur pied accueille des fleurs ou des outils. La serre est assez grande et suffisamment bien aménagée pour pouvoir se déplacer à l’intérieur et s’y installer pour jardiner : "Parfois quand il pleut, je peux aussi faire des choses à l'intérieur. J'ai optimisé l'espace pour que ce soit pratique pour moi et puis aussi pour avoir le maximum de choses au jardin. Enfin, j'aime bien qu'elle soit colorée. Après, évidemment, lors des grosses chaleurs, je retire tout parce que sinon en une journée, il n’y a plus de fleurs ! “

Réduire la taille du jardin à cultiver pour pouvoir toujours en faire
Quand Florent a commencé son potager, il avait installé 5 carrés potager. Malheureusement, avec un emploi du temps professionnel bien chargé, il n’arrivait pas à les exploiter comme il l’aurait souhaité : “Il y avait trop d’entretien, on arrivait au mois d’octobre, et le jardin n’était pas superbe. Je n’étais pas satisfait, je me disais “J’ai loupé la saison”.
Florent a revu à la baisse l’espace des cultures, aujourd’hui il n’a qu’un grand carré de 2m50 sur 2m50. Il a également revu ses techniques de jardinage : du paillage pour moins désherber et moins arroser, des récupérateurs d’eau de pluie sur place, pour éviter de longs et pénibles allers-retours jusqu’à la maison... Il ne reste qu’un peu d’entretien, des récoltes de légumes et le plaisir de lire un livre dans le bain de soleil, entouré de nature... En pleine ville !
“Pour moi, le jardinage, c’est avant tout une question de bien-être. Je veux que mon jardin soit agréable et coloré, que j’ai envie d’y aller et d’y rester. ”

Intervenir le moins possible dans le jardin
Florent est quelqu’un d’organisé voire de très organisé. Il aime quand son jardin est bien tondu, que les bords soient bien dessinés : “J’aime quand c’est droit, quand c’est bien taillé : je tonds avec le coupe-bordure et après je finis aux ciseaux pendant 2h00... J’aime bien passer du temps au jardin, ça me détend.”
Pour autant, il respecte le jardin et la nature. Pour préserver la biodiversité, il attend le mois de mai pour tondre, afin de laisser les pollinisateurs profiter des fleurs de la pelouse, même si c’est moins esthétique. Il sauve les primevères échappées au milieu de la pelouse et les repique en bordure de ses massifs : “Parce qu'au milieu de la pelouse, forcément, ça va être tondu et piétiné. Je ne tonds pas sur les côtés du jardin : il y a des glaïeuls, des pieds de menthe...”
Lorsque le mildiou s’attaque à ses tomates, il ne traite pas, quitte à perdre une partie de sa récolte. Il cherche à avoir de belles tomates sans produits. De même, il n’apporte pas d’engrais à sa terre. “Je ne touche à rien et me dis que c'est la meilleure façon d'être dans l'écologie. Et j'ai quand même beaucoup d'hérissons dans mon jardin. Et quand on voit un hérisson dans son jardin, c'est la preuve qu'on respecte au mieux l'environnement, non ?”
Sa démarche ne s’arrête pas là. Pour décorer son jardin, il mise sur la seconde main : “J'achète beaucoup de choses en ressourcerie comme des nains de jardin et surtout je ne jette pas.” Contre les oiseaux qui pillent les fruits, Florent mise sur des CD accrochés dans les branches plutôt qu’à un filet anti-oiseaux neuf du commerce. Pour tuteurer les hautes tiges de maïs, les tuteurs à spirales des tomates chinés en brocante font l’affaire !
De même, il récupère les graines des cultures qu’il prévoit de faire l’année prochaine afin d’éviter d’en racheter !

Une passion et un lien immuable avec son père !
La passion du jardin et du jardinage lui a été transmise par son père. Ce dernier passait 3 à 4 heures chaque jour sur un terrain immense où il cultivait son potager. Il partageait également avec plaisir ses récoltes avec son entourage. Florent l’y a accompagné dès son plus jeune âge !
Il y a un an, son père a déclaré la maladie d’Alzheimer. Résidant en EHPAD, il y cultive un petit bout de potager. Quand il est chez Florent, c’est dans le jardin que le fils retrouve son père. “Ça me renforce dans l'idée qu’il faut que mon jardin soit beau car quand il vient, en fait, c'est dans le jardin que la mémoire lui revient le mieux. C'est le seul lien qui nous unit encore. "

Son conseil à ceux qui veulent se lancer dans l’autoproduction
“Il ne faut pas avoir peur de l’échec, c’est facile”. Florent encourage tous ceux qui veulent commencer un potager en les rassurant sur la facilité à produire ses propres légumes tout en respectant la nature (et son portefeuille). Car ce n’est pas aussi compliqué qu’il n’y paraît. Et lorsque l’envie est là, on peut tout produire soi-même de manière écologique, à son échelle.
Même sur un balcon, dans une jardinière, on peut cultiver des tomates, des fraises, des aromatiques... Ne vous mettez aucune limite d’espace comme de temps.
Vous craignez ne pas trouver de temps à consacrer à cette nouvelle activité ? Florent partage son expérience : “Il y a 2 ans, je me suis dit : est-ce que je continue le potager ? Car je ne trouvais plus le temps de le faire alors que c’est ma passion ! Donc j’ai cherché des solutions pour gagner du temps : j'ai installé plusieurs récupérateurs d'eau pour avoir l’eau à proximité pour l’arrosage, j’ai réduit le nombre de carrés potager. Et j’ai pu continuer !”
Vous pensez que ce n’est pas pour vous ? Commencez par vous plonger dans cet univers, en suivant des comptes de jardiniers sur les réseaux sociaux, en trouvant des conseils sur internet comme auprès des vendeurs de votre jardinerie préféré !
Merci Florent !
