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Conseils jardinage et plantes

Le nouveau virus de la tomate

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La tomate est un des légumes les plus consommés, 14 kg par an et par personne en France, et la moitié de la production y est imputée aux potagers. Les conséquences pourraient donc être désastreuses, tant pour les professionnels que pour les consommateurs, si ce nouveau virus, apparu l’an dernier chez nous, n’était pas rapidement éradiqué. Mais d’où vient-il, ce ToBRFV au nom mystérieux ? Comment le reconnaître sur les plants de tomates, de poivrons ou encore de piments ? Et surtout qu’y a t’il à faire pour éviter la contamination, existe-t’il des traitements pour soigner les plants touchés ?

virus tomate

Quelle est l’origine du virus de la tomate ?

Ce virus menaçant tomates et poivrons a fait sa première apparition en Israël et dans reste du bassin méditerranéen (Jordanie et Arabie Saoudite) en 2014, a été ensuite repéré en 2018 sur le continent américain (Mexique et États-Unis) ainsi qu’en Europe (Italie et Allemagne), pour se propager en 2019, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Espagne et en Grèce. Il a également atteint l’Asie.

C’est à la mi-février 2020 que la présence du virus de la tomate a été confirmée en France, dans une exploitation bretonne qui cultive des tomates sous serre. Les plants infectés provenaient de graines produites en Hollande achetées par des producteurs du Royaume-Uni.

Son nom est “Tomato Brown Rugose Fruit Virus”, ToBRFV, ce qui signifie “virus des fruits bruns et rugueux de la tomate”. Il s’agit d’un tobamovirus, un virus qui se multiplie dans les cellules d’une tomate infectée, se propage autour de lui dans les autres cellules, puis infecte toute la plante via les tissus vasculaires. Un pied de tomate infecté est donc contagieux dans toutes ses parties.

ToBRFV pénètre dans la plante par une blessure, qui peut être de taille microscopique. Il se transmet via les semences, les plants et les fruits, par simple contact avec un support le portant : insectes pollinisateurs ou ravageurs, oiseaux, outils de travail, mains, vêtements, matériel varié, autres plantes, eau… Il se propage de ce fait très rapidement dans les rangées de tomates et peut détruire la totalité des plants.

De plus, ce type de virus survit plusieurs mois voire plusieurs années à l’air libre ou dans le sol et garde ses propriétés infectieuses.

Il n’y a aujourd’hui aucun traitement contre le virus de la tomate, et toutes les variétés y sont sensibles.

L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur “le risque élevé de dissémination du virus”, autant chez les professionnels que dans les potagers des particuliers.

À savoir : le virus de la tomate ne fait courir aucun risque de transmission à l’homme. Les tomates, poivrons ou piments infectés peuvent ếgalement être consommés sans aucun risque. Par contre les fruits infectés perdent presque toutes leurs qualités gustatives.


Quels sont les symptômes de ce nouveau virus ?

Ce virus qui touche tomates, poivrons et piments montre des symptômes variés et dont l’intensité peut différer selon les variétés, selon l'âge des plants, leur état de santé, les condition météo… De plus, certaines plantes peuvent être infectées et ne pas montrer de symptômes.

Ceux-ci commencent à se développer plusieurs jours après l’infection.


Les symptômes chez la tomate

  • Des taches sur les feuilles rappelant la chlorose ou la mosaïque, des marbrures, les nervures devenant jaunes, des feuilles plus petites. Les feuilles supérieures sont plus particulièrement touchées.


virus

  • Des taches noires de pourrissement sur les pétioles des feuilles, les pédoncules des fleurs ou des fruits.

  • Le calice des fleurs ou fruit peut prendre une teinte brune.

  • On peut voir sur les fruits des taches jaunes ou brunes montrant que leur maturation n’est pas homogène. Les fruits peuvent aussi être déformés, plus petits, en moins grand nombre, certains peuvent avorter. Le plus caractéristique est l’apparition de rugosités sur leur surface mais ce signe est le plus rare.

Les symptômes chez le poivron et piment

  • Les feuilles montrent des taches de type mosaïque et des boursouflures.

  • Les pédoncules des fleurs ou fruits ont des taches de pourrissement.

  • Les fruits peuvent être déformés, mûrissent de façon irrégulière, avec des taches jaunes ou brunes, des rayures vertes parfois, des taches de pourrissement, des zones rugueuses (comme pour les tomates, ce signe pourtant spécifique n’apparaît pas souvent).

Les plants malades doivent être arrachés et brûlés, en veillant soigneusement à ne pas contaminer les autres plants et à éviter tout contact, par exemple en les enfermant immédiatement dans un sac poubelle. Il est important de signaler les cas à la DRAAF de votre région (la Direction régionale de l’alimentation, l’agriculture et la forêt).


Tomates malades

Les précautions à prendre pour vos plants de tomates

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation préconise les règles suivantes :

  • Vérifiez avant d’acheter des graines que celles-ci sont certifiées. Une décision d’exécution européenne de septembre 2019 définit des mesures d’urgence pour éviter la propagation du virus, notamment des contrôles sur l’introduction et les mouvements dans l’Union Européenne des graines et plants (en effet, une grosse proportion des graines importées sont originaires de pays d’Asie ou du bassin méditerranéen, dont Israël). Les mesures à suivre dans les exploitations sont très surveillées.

  • N’achetez que des semences et des plants français. Si vous achetez en ligne à l’étranger, les plants ou graines doivent être accompagnés d’un passeport phytosanitaire.

  • Lavez-vous soigneusement les mains avant d’aller au jardin, ne serait-ce que pour récolter, arroser, ou vous détendre ! Lavez-vous également les mains après être allé au jardin. Il est en effet tout à fait possible de simplement transmettre le virus d’une tomate achetée (tous les pays fournisseurs sont touchés) à un plant de tomate dans le jardin.

  • Désinfectez vos outils et matériel divers après chaque utilisation avec un produit adapté, l’eau de javel par exemple.

  • Ne déplacez pas les végétaux que vous pensez malades.

  • Vous pouvez demander conseil à votre jardinerie en cas de doute sur la santé de vos plants de tomates, poivrons ou piments mais n’emmenez aucune partie de plante, infectée ou non, dans la jardinerie. Emmenez une photo en envoyez-la par email.

L’Allemagne, tout comme les États-Unis, a réussi à éradiquer le virus de la tomate. Comment a-t-elle fait ? C’est en novembre 2018 que le virus a été confirmé en Allemagne, ce qui a été une chance car dans les serres c’est la fin de la production, accompagnée d’un nettoyage complet et d’une désinfection totale des serres et du matériel. Des mesures drastiques d’hygiène ont également été mises en place et le restent : sas de désinfection avant d’entrer dans une serre de production, vêtements de travail qui restent sur place, protection sur les cheveux, désinfection systématique des outils et du matériel après chaque utilisation, suppression systématique des adventices telles que la morelle noire ou le chénopode qui pourraient être des hôtes pour le virus.

Conclusion

Ce nouveau virus de la tomate a malheureusement toutes les qualités d’un bon virus : il se transmet très facilement à partir de tout et n’importe quoi, il peut infecter les plantes et ne pas développer de symptômes, il résiste très longtemps partout, aucune variété de tomates ne lui résiste, et bien sûr il n’existe pas de traitement. Tout ce qu’il reste à faire c’est de bien suivre les règles d’hygiène préconisées, professionnels comme particuliers, ou de définitivement arrêter la tomate… ah mais non, ça n’est pas une option envisageable !