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Conseils jardinage et plantes

Le semis du rhododendron

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Les amoureux de rhododendrons sont des collectionneurs dans l'âme, désirant toujours plus de ces beaux arbustes. Mais il n’est pas toujours possible de trouver telle ou telle variété en jardinerie, alors que les graines ouvrent bien des possibilités. Et la récupération de graines d’un rhododendron établi permet de faire de petites expériences horticoles qui, allez savoir, donneront peut être naissance à des sujets exceptionnels !

Le semis du rhododendron

Comment récupérer les graines du rhododendron?

Ce bel arbuste, roi des sols acides, fait partie de la famille des Éricacées. Ce genre est important, comptant au moins un millier d’espèces et plus de 25 000 variétés horticoles. Le semis de rhododendron, relativement aisé à réussir, offre la possibilité de multiplier des variétés rares en jardineries. C’est à partir du mois d’octobre que les fleurs du rhododendron disparaissent, remplacées par des capsules de taille variable. De forme allongée, elles peuvent être droites ou courbes, et l’on peut reconnaître celles qui sont pleines de graines par leur embonpoint, bien que ce ne soit pas toujours un signe de “stérilité” pour les plus minces ! Il est important d’attendre que les capsules commencent à s’ouvrir, car cela est l’indication de leur maturité. La période est très variable, puisqu’elle dépend tout autant des variétés que des conditions climatiques. Généralement, il faut attendre les premiers froids. Ces graines sont plates et dotées d’une petite aile. Elles sont minuscules, ressemblant presque à de la poussière pour les plus petites, les plus grosses faisant seulement 3 mm. Une fois vos graines récupérées, vous pourrez les stocker durant 5 ans. Elles doivent être séchées au préalable, et rester idéalement à une température moyenne de -2°.


Comment semer le rhododendron ?

Le semis

C’est entre la mi-décembre et la fin février que se situe la période idéale pour semer le rhododendron. C’est en effet à ce moment là que les capsules se vident dans la nature, trouvant alors une humidité suffisante pour germer, et ce de manière constante. Les basses températures, voire le gel, ne sont alors pas un frein. Vous prêterez donc une attention particulière à l’humidité de vos semis. Le substrat pour le semis de rhododendron est également important. Préparer un mélange basé sur la terre de votre jardin permettra une meilleure acclimatation des jeunes rhododendrons lors de leur mise en place. Vous y ajouterez en même quantité un matériau qui fournira un bon drainage :

  • La mousse de sphaigne est un bon médium de culture, qui peut être mélangée à de la perlite pour améliorer encore son drainage.

  • Le terreau de feuilles, l’écorce broyée, un compost réalisé à base d’aiguilles de pin sont des matériaux à privilégier car très proches de l’environnement originel des rhododendrons.

  • La tourbe par contre est moins recommandée car elle se gorge d’eau, cependant certains l’utilisent sans problème à condition d’un très bon drainage du pot. Elle pourra aussi être utilisée comme un paillage facile à garder humide.

Avant de remplir les godets du substrat réalisé, vous en garnirez le fond de gravier. La tourbe blonde enfin sera mise en dernier, en couche de moyenne épaisseur. Laissez tremper vos godets afin que tout s’imprègne correctement puis égouttez-les avant de semer vos graines. Très fines, celles-ci sont difficiles à doser avec précision, il sera plus simple d’éclaircir si nécessaire mais si possible semez clair. Le substrat devra être maintenu humide jusqu’à la levée. Pour éviter les arrosages quotidiens, installez vos godets dans un bac que vous emplirez d’eau jusqu’à quelques millimètres du bord des godets, leur substrat s’imbibera alors par capillarité.

Astuce : des spécialistes du rhododendron recommandent d’utiliser des pots de petite taille et individuels. Vous éviterez une grosse perte en cas de fonte des semis et un petit récipient laisse mieux passer l’air.

Les plantules



Les plantules pourront être repiquées à partir du stade 2 paires de feuilles, mais si possible attendez qu’elles en aient au moins 3 paires pour des plants plus robustes. Utilisez le même mélange que pour les semis du rhododendron, avec un drainage de gravier au fond. Soyez très délicat, afin de ne pas blesser les jeunes racines. Pour plus de sûreté, transplantez le godet entier et éclaircissez pour ne garder que le plant le plus vigoureux. Vous placerez vos plants à l’extérieur durant la journée dès le mois de mai, à l’ombre, et vous les rentrerez à l’abri la nuit. Offrez-leur une pulvérisation quotidienne d’eau non calcaire.

Pour la suite, lisez nos conseils sur la plantation et l'entretien du rhododendron.


Rhododendron

Combien de temps met le rhododendron pour fleurir après le semis ?

Suivez bien le développement de vos plants : une fois que les racines ont envahi le pot entier, il est temps de leur offrir un contenant plus grand. Vous agrandirez ainsi progressivement l’espace racinaire de vos jeunes rhododendrons durant 2 ans. Ils seront alors prêts à être mis en place définitivement. Cette plantation se fera de préférence au mois d’octobre.

La floraison peut être longue à venir en fonction des espèces et des conditions de culture, en tous les cas il vous faudra attendre plusieurs années après le semis pour voir fleurir vos rhododendrons.


Rhododendron

D’autres méthodes de multiplication du rhododendron

La bouture

Elle se réalise en fin d’été. Sélectionnez des rameaux de l’année, qui commencent à peine à se lignifier dont vous taillerez des tronçons de 10 centimètres. Supprimez les feuilles pour n’en garder que 2 paires à l’extrémité de chaque bouture, afin de limiter l’évapo-transpiration et ôtez une bande d’écorce de chaque côté à leur base. Vous installerez ces boutures dans un substrat constitué du même mélange ou bien de tourbe et vous les garderez à la lumière mais abritées des rayons directs du soleil, à une température de 20 à 25°. Environ 4 mois plus tard, vous pourrez placer vos boutures en pots individuels pour une mise en place définitive l’année suivante. Pour en savoir plus, lisez nos conseils pour réaliser une bouture de rhododendron.


La marcotte

Le marcottage est la méthode la plus sûre pour réussir vos rhododendrons. Durant l’été, couchez au sol des branches basses du sujet choisi, dans un lit de terre mélangée à du terreau de feuille. Vous réaliserez une petite entaille sous les rameaux à marcotter pour faciliter l’émission de racines puis vous les maintiendrez en place à l’aide de cavaliers. Leur extrémité sera placée à la verticale, soutenue par un tuteur. Recouvrez puis arrosez. Vous devrez attendre que les marcottes aient bien raciné pour les séparer du pied mère.


La greffe

La greffe du rhododendron se pratique au début du mois d’août. Il vous faut un greffon et un porte-greffe du même diamètre, et le greffon sera débarrassé de la moitié de ses feuilles. Taillez porte-greffe et greffon en sifflets inversés afin que ce dernier s’installe exactement sur le porte-greffe, il est nécessaire que le cambium de chacun coïncide avec l’autre. Fixez soigneusement les 2 avec un adhésif large ou tout simplement des pinces à linge. Vaporisez l’ensemble puis couvrez avec un sac plastique dont l’intérieur a également été humidifié. Refermez et installez à l’ombre. Vous pourrez vérifier la prise de la greffe 1 mois plus tard.

Conclusion Le rhododendron n’est pas forcément un végétal facile car il n’est pas très “souple” dans ses exigences. Sa multiplication ne fait pas exception, demandant rigueur et moultes attentions. Mais quand on aime, on ne compte pas n’est-ce pas ? Et puis, le résultat en vaut vraiment la peine : Non seulement de nouveaux arbustes, mais qui en plus sont uniques, contrairement à la multiplication végétative qui ne donne “que” des copies du pied mère.