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L’un des légumes les plus consommés et les plus cultivés est la tomate. Fruit du soleil, elle enchante les papilles durant tout l’été et nous offre une magnifique diversité. La cultiver est simple, même si elle a ses exigences, de plantation et d’arrosages notamment, et elle se montrera fort productive pour peu qu’elle ait suffisamment de soleil et de nutriments. Étaler un paillis pour les tomates est d’ailleurs très judicieux pour cette productivité : bien choisi, il va limiter les besoins en arrosages, apporter des nutriments au cours de sa dégradation, protéger les pieds des fortes précipitations et des changements brutaux de température, entre autres bénéfices !
Tout d’abord, pourquoi pailler les tomates ?
La nature a horreur du vide
Ne jamais laisser un sol nu est un des principes de la permaculture mais pas seulement, et ce principe se répand partout, du moins dans les jardins ! Il suffit en effet de regarder autour de soi pour s’apercevoir qu’un sol dans la nature n’est jamais nu (excepté dans les déserts mais l’on ne peut pas considérer ce milieu comme fertile… !), soit il est occupé par des végétaux, soit par des débris végétaux, notamment par des feuilles, ainsi que des racines sous terre. Ces débris vont se dégrader, grâce aux innombrables organismes et insectes qui vivent juste à la surface voire sous la surface du sol. Ils vont se transformer peu à peu en nutriments, essentiels pour le développement des végétaux qui vont pousser sur ce lit fertile. Toute cette dégradation forme l’humus. Ce cycle continu de la nature est la base pour un sol qui va produire et c’est l’évidence du processus qui pousse aujourd’hui la majorité des jardiniers à pailler leurs plantations. En effet, une couverture permanente du sol offre de multiples bénéfices :
Elle limite l’érosion des sols.
Elle restreint l’évaporation due au soleil : chaleur, absence de précipitations, le sol souffre régulièrement en été et les végétaux qui y sont souffrent également. L’humidité s’évapore, le sol sèche voire se craquelle. Le paillis évite que cette humidité s’échappe aussi vite, le sol en-dessous reste frais plus longtemps et les végétaux en profitent. Par la même occasion, vous en profitez également car vous avez moins besoin d’arroser !
… et le tassement dû aux pluies violentes : le phénomène de battance est mauvais pour le sol. En effet, il se forme plus ou moins rapidement une croûte à la surface du sol qui se révèle imperméable aussi bien à l’eau qu’à l’air. Lorsque cette croûte reste en place longtemps, la vie en-dessous est littéralement étouffée, qu’il s’agisse de cette fameuse pédofaune ou bien du système racinaire de vos plantations.
Ces pluies abondantes et fortes entraînent le lessivage des éléments nutritifs, notamment en automne, période où le processus de minéralisation est très important. La présence du paillis modère grandement ce lessivage car il absorbe l’eau comme une éponge et la recrache ensuite mais plus doucement, progressivement, et à la fois dans le sol et dans l’air.
Elle régule les changements brutaux de température : un paillis forme un tampon sur le sol, qui va “absorber” les changements de température mais sans les transmettre immédiatement. De ce fait, les plantations ressentent moins elles aussi ces à-coups, du moins leur système racinaire. La pédofaune elle aussi en est protégée. Et lorsque l’automne arrive, un bon paillis va conserver longtemps la chaleur dans le sol, ce qui va aider les derniers légumes d’été à produire encore un peu.
En se décomposant, elle fournit les nutriments indispensables aux végétaux.
Elle favorise la présence de tous les vivants “travailleurs de l’ombre” qui concourent à la qualité et à la richesse du sol : les vers de terre l’aèrent et digèrent des matières organiques, les champignons, les nématodes, les cloportes et autres sont des décomposeurs, les champignons mycorhiziens sont associés aux végétaux et favorisent leur nutrition.
Elle gêne le développement des adventices, car une couche épaisse les prive de lumière.
Mulch ou paillis ?
On voit apparaître un peu partout ces 2 termes, souvent employés pour décrire la même chose. Certains les emploient indifféremment tandis que d’autres font une distinction de temporalité, parlant de mulch pour une couverture permanente du sol tandis que le paillis serait une couverture temporaire. En fait il s’agit tout simplement du même mot, en anglais et en français, donc il s’agit bien de la même chose !
Tout savoir sur le paillage des plantes.
Choisir le bon paillis pour les tomates

Les matériaux composant les paillis sont très variés, certains s’achètent en jardinerie tandis que d’autres seront directement ramassés dans le jardin voire dans la nature, les seconds étant les moins énergivores. Bien sûr vous préférerez les seconds tant que vous en disposez en quantité suffisante !! On trouve aussi dans le commerce des paillis en films ou en feutres, dont certains sont biodégradables voire totalement naturels (les aiguilletés). Le choix est vaste et donc difficile : quels sont les bons paillis pour les tomates, quelles sont leurs besoins ? Les tomates apprécieront un sol toujours frais et seront également satisfaites d’un taux d’humidité relativement stable. Elles sont en effet fort sensibles aux à-coups d’humidité qui entraîne à coup sûr la maladie du “cul noir” (la nécrose apicale”) sur les fruits. La présence d’un paillis pourra aussi protéger les fruits et feuilles les plus bas de l’humidité du sol. Vous pourrez mettre en place un paillis constitué de matériaux trouvés dans votre jardin. La richesse lors de la décomposition sera d’autant plus grande, et sa texture sera plus aérée. Réalisez dans ce cas une couche épaisse, entre 5 et 10 cm. Les matériaux carbonés seront bénéfiques pour les tomates car ils limitent bien les effets de la sécheresse. Ce sont eux qui produisent la plus grande partie d’humus, l’azote se transformant en nitrates qui sont soit absorbés par les plantes soit lessivés dans le sol.
Les paillis “locaux”
Les tontes de gazon : très (trop) riches en azote, elles ont en plus l’inconvénient de ne pas rester perméables à l’air et à l’eau quand elles sont en couche épaisse. Il est préférable de ne pas les utiliser seules et de les laisser sécher 2 ou 3 jours avant de les utiliser. Leur teneur en azote peut cependant être bénéfique juste après la plantation. À ce moment là, vous éviterez par contre de mettre une couche épaisse car cette teneur en azote peut brûler les jeunes plants. Ces déchets de tonte seront parfaits mélangés à un paillis riche en carbone, la paille ou le broyat par exemple. Vous pouvez à ce moment là mélanger les 2 pour la couche en contact avec le sol, et ajouter une couche uniquement de paille pour un paillis durable et très efficace.
Les déchets de fin de culture : riches et variés, ils peuvent par exemple être mêlés à des tontes de gazon qu’ils aéreront. Selon la plante, ils seront laissés entiers ou découpés en tronçons. Quant à leurs racines, à moins qu’elles ne gênent vos plantations, il est fortement conseillé de les laisser en terre où elles se décomposeront tranquillement !
La paille : majoritairement composée de cellulose, la paille peut provoquer une faim d’azote si le sol en manque (puisque sa décomposition demande de l’azote), il est préférable d’utiliser ce matériau en couverture de sol hors saison (en automne) ou bien de le placer au-dessus d’une couche de compost ou de déchets de tonte. C’est idéal pour les vers de terre et autres décomposeurs !
Le foin : il se décompose rapidement et il présente un bon rapport C/N (carbone/azote). C’est intéressant pour les tomates car trop d’azote provoquerait un développement du feuillage au détriment des fruits. Pour autant il en faut quand même car ce sont les feuilles qui permettent le processus de photosynthèse ! Les fougères gardent le sol bien frais et sont riches en potasse. Fraîches, elles semblent avoir un rôle répulsif contre certains ravageurs. Elles sont un bon régulateur thermique.
Le BRF : c’est un bon paillis pour les tomates à qui il donne plus de goût. Le Bois Raméal Fragmenté est issu de jeunes rameaux de moins de 2 ans (encore mieux du bois de moins de 1 an), donc peu ou moyennement lignifiés, très riches en nutriments.
Le broyat de bois : riche en lignine, il se décompose lentement car il est très riche en carbone et favorise énormément la vie du sol et donc une bonne nutrition aux pieds de tomates. Cependant il ne sera pas employé seul, notamment en été car comme le BRF ou la paille il provoquerait une faim d’azote qui pénaliserait les tomates.
Les feuilles mortes : vous pouvez facilement les stocker dans un coin du jardin pour les utiliser en paillis durant l’été. Attention, le chêne ou le platane ont des feuilles à forte teneur en carbone, dont la décomposition sera donc plus longue, tandis que les feuilles de fruitiers ou de frêne ont un rapport C/N analogue à celui du foin, donc à décomposition très rapide.
Le compost : pour pailler avec du compost, il faut en disposer d’une grande quantité, mais bien sûr si c’est le cas n’hésitez pas ! Sa couleur noire captera les rayons du soleil et fournira aux tomates un sol bien chaud, et son apport en nutriments boostera la croissance des pieds et des fruits en plus de leur donner un goût inimitable. Sachez en plus que les tomates tolèrent parfaitement un compost à demi mûr.
Les paillis “importés”
Le paillis de lin : fort efficace pour protéger les racines des variations de températures, il présente également l’avantage de rendre plus légers les sols collants. Il est par contre très léger, à ne pas utiliser dans les endroits ventés ! Pour le rendre plus “stable”, arrosez juste après sa pose pour qu’il s’agglomère. Le paillis de lin pour les tomates sera étalé en couche de 6 cm, jusqu’à 10 cm pour bien contrôler la repousse des adventices.
Les coques de fèves de cacao : riches en potasse et en azote, elles sont esthétiques en plus d’être utiles. Elles se révèlent cependant un peu chères et peuvent être toxiques pour vos chats et chiens (présence de théobromine). Disposez-les en couches de 4 à 5 cm d’épaisseur.
Les cosses de sarrasin : elles se décomposent rapidement, ont une texture qui, bien que fine, révèle un fort pouvoir de rétention de l’eau et limite aisément la pousse des adventices. Et en plus elles ont une belle teinte !
Les coques de coco : très ornementales, elles ont l’avantage d’êtres lourdes et donc de ne pas s’envoler par grand vent. Elles ont une décomposition lente.
Quel entretien pour les tomates ?
Avant tout, comment planter les tomates ?
C’est fin février que vous pouvez commencer à semer vos tomates, mais il est préférable d’attendre la mi-mars, voire la fin du mois. En effet, le peu de luminosité de cette période va donner des plants filants, maigrichons et blancs. Si par contre vous attendez un peu, ils seront plus robustes et ils rattraperont rapidement des plants semés plus tôt ! N’oubliez pas que les graines de tomates ont besoin d’une température de 20° minimum pour germer, vous les placerez donc à l’intérieur, près d’une source de chaleur, le temps de la levée seulement. Par la suite la chaleur sera moins importante que la lumière. Si vous avez semé en bacs, pensez au repiquage dès que les jeunes tomates ont 2 feuilles. Si vous achetez des plants, sélectionnez les plus vigoureux, à la tige épaisse : une quinzaine de centimètres de hauteur, 50 mm au moins de diamètre de tige. Avant de les mettre en place définitivement, faites-leur prendre le soleil auquel ils ne sont pas habitués, cela évitera au feuillage de prendre un coup de chaleur. Vous pouvez par exemple les mettre à l’extérieur la journée et les rentrer le soir, tant que les saints de glace ne sont pas passés. Vous pourrez alors les planter.
Astuce : les tomates ont la particularité de facilement émettre des racines à partir de leur tige. Profitez-en pour les planter profondément et penchées, voire presque horizontalement, elles se redresseront bien vite et surtout elles développeront un système racinaire dense et important, ce qui les rendra plus vigoureuses et leur apportera de nombreux nutriments.
Les tomates aiment le soleil, un sol riche et profond, et être à l’abri du vent. Dans les régions du nord de la France, le meilleur emplacement pour les tomates est contre un mur exposé au sud, qui renverra la chaleur et aidera au mûrissement des fruits. Il vous faudra placer les tuteurs au moment de la plantation pour ne pas abîmer le système racinaire et installer le paillage après le premier arrosage (à moins qu’il n’y soit déjà si vous êtes un adepte du couvert permanent). Espacez bien vos pieds de tomates, que chacun ait suffisamment de place pour se développer sans gêne et avec une bonne circulation de l’air. En général il est conseillé de laisser 50 cm entre les pieds et 80 cm entre chaque ligne.
Astuce : en permaculture, vous disperserez vos pieds parmi d’autres plantes potagères (hors autres Solanacées), des aromatiques et même des fleurs pour limiter l’expansion des parasites et autres pathogènes spécifiques.
Comment bien arroser les tomates ?
Le plus important, c’est de leur procurer des arrosages abondants au début, l’eau s’infiltrera ainsi profondément et cela les forcera à émettre des racines profondes pour aller la chercher. Après quelques arrosages de ce genre, elles seront capables d’aller chercher de l’eau là où il y en a. Avec un paillage épais qui protège le sol d’une évaporation trop rapide, les arrosages pourront être limités. Lorsque arrosage il y a, réalisez-les seulement au pied des plants, sans éclabousser le feuillage. Autre point important, la température de l’eau : une eau glacée lorsqu’il fait très chaud est l’une des causes de la nécrose apicale.
Suivez nos 2 astuces pour bien arroser vos tomates
Faut-il nourrir les tomates ?
Comme dit précédemment, les tomates apprécient un sol riche qui leur offre beaucoup d’éléments nutritifs.
Il n’est pas pour autant obligatoire de fertiliser les tomates, cela va dépendre des cultures qui les ont précédé et/ou du paillage que vous avez utilisé le cas échéant. On conseille de planter les tomates après des légumes-feuilles ou bien après un engrais vert qui peut être considéré comme un paillis vivant (du moins avant son fauchage !). La phacélie, la moutarde et la vesce de printemps sont des engrais verts que l’on sème souvent au printemps (et même à la fin de l’hiver, au mois de mars) car ils ont une croissance rapide. La biomasse qu’ils produisent est importante. Vous les faucherez début mai, 2 à 3 semaines avant de planter vos pieds de tomates, en laissant toute la végétation au sol. Et pour que le sol soit vraiment prêt à nourrir des plantes gourmandes comme les tomates, vous aurez déjà gardé votre sol couvert tout l’hiver, soit avec un mélange de paillis (carbone + azote), soit vous aurez semé après les dernières récoltes de l’année d’autres engrais verts : la vesce d’hiver et le seigle sont rustiques, parfaits pour cette saison. Ils apportent beaucoup d’azote et leur enracinement profond est un avantage important pour les cultures suivantes. Un paillage à base de feuilles d’ortie peut également être intéressant à la plantation.
À savoir : mettre les orties dans le trou de plantation n’est pas judicieux. En effet, comme avec toute matière organique, les organismes décomposeurs ont besoin d’oxygène pour décomposer les orties.
Sans couvert, il vous faudra offrir à vos tomates des amendements, du fumier en automne puis du compost (il n’a pas besoin d’être totalement décomposé) avant la plantation.
Purin d’ortie et vinasse de betterave, en alternance, sont de bons apports, à utiliser en alternance.
Un engrais organique riche en potassium et en phosphore sera sinon apporté à la plantation, qui fournira progressivement ses éléments aux pieds de tomates. Un apport supplémentaire pourra être fait vers le mois d'août ou septembre (environ un mois avant que vous ne récoltiez les derniers fruits).
Et la taille ?
Tailler les pieds de tomate est souvent conseillé mais ce n’est pas la seule façon d’agir, vous avez également la possibilité de conduire vos pieds plus librement. En effet, la taille reste un traumatisme et peut se révéler plus nocive que bénéfique. Quand ne pas tailler les tomates :
Dans les régions du sud de la France, les tomates ont toujours le temps de parvenir à maturation, le pincement est donc moins utile.
Si vous disposez de beaucoup de place et que vos pieds de tomates sont bien espacés, ils pourront s'épanouir sans gêner. Certes les fruits seront un peu plus petits, mais ils seront aussi plus nombreux et les maladies ne disposeront d’aucune porte d’entrée.
Conservez 2 ou 3 tiges principales (voire toutes si vous pouvez les attacher !) et laissez-les pousser. Par contre les gourmands pourront être supprimés dès leur apparition.
Lorsque le pied atteint le haut du tuteur, plutôt que de le pincer, palissez-le à l’horizontale !
Le saviez-vous ? comme les arbres par exemple, les tomates ont une taille maximum déterminée par leurs gènes, en fonction des variétés. Renseignez-vous avant l’achat pour sélectionner celles dont la taille correspond à vos attentes.
Par contre dans les régions plus fraîches ou si vos rangs sont serrés, vous aurez certainement besoin de tailler vos tomates :
Surveillez l’aisselle des tiges pour en ôter les gourmands lorsqu’ils apparaissent.
Pincez la tige lorsque les plants atteignent la hauteur suffisante (celle supportée par vos supports !).
Trop de feuillage peut empêcher le soleil d’atteindre les fruits, particulièrement en fin de saison. Si c’est le cas, pensez à supprimer quelques feuilles (pas trop car ce sont elles qui assurent la photosynthèse). Ce geste est à éviter dans les régions chaudes où le soleil est plus agressif pour l’épiderme des tomates.
Quant aux tomates de gros calibre, le pincement de la première fleur du bouquet sera bénéfique pour les fruits restants.
Suivez nos conseils pour pincer, égourmander et effeuiller vos tomates
Conclusion Les recherches scientifiques autant que les expérimentations sur le terrain et le simple bon sens basé sur l’observation montrent que le sol doit être couvert pour se montrer fertile et en bonne santé. Les plantes potagères bénéficient largement de ces paillis, notamment les tomates qui sont gourmandes à la fois en nutriments et en eau. Installer un paillis pour les tomates permet de les rendre plus robustes, de leur éviter la sécheresse, et même de leur donner plus de goût ! Les matériaux pour pailler sont nombreux et se trouvent facilement dans le commerce, mais dans un but de recyclage et d’économie, il est bien plus judicieux de les trouver dans son propre jardin !
