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Conseils jardinage et plantes

Les traitements du prunier

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Comme tous les arbres fruitiers, le prunier est sujet Ă  de nombreuses maladies ou attaques de parasites divers. Champignons, bactĂ©ries et virus, pucerons et autres insectes, heureusement des solutions existent la plupart du temps. Pour soigner le prunier malade ou infestĂ©, le bon traitement doit ĂȘtre appliquĂ© et au bon moment, pour une efficacitĂ© optimum !

Soigner le prunier : le bon traitement

Les traitements du prunier contre les maladies

De nombreux traitements du prunier contre ses agresseurs sont prĂ©ventifs, il est de ce fait primordial d’ĂȘtre attentif Ă  ces agressions pour les gĂ©rer au plus tĂŽt. Tous les pruniers seront soignĂ©s de la mĂȘme façon, il n’y a pas de traitement spĂ©cifique pour le prunier reine-claude, le prunier mirabelle ou le prunier quetsche.


Les maladies cryptogamiques

La rouille du prunier

Les champignons Tranzschelia sont responsables de cette maladie qui entraĂźne un affaiblissement de l’arbre et des dĂ©fauts de dĂ©veloppement des fruits. Elle provoque Ă©galement une hausse de la transpiration qui a de nombreuses consĂ©quences sur la physiologie du prunier : chutes de feuilles, dessĂšchement des organes, diminution de la taille et du nombre des fruits, sensibilitĂ© au froid, diminution du nombre de fleurs l’annĂ©e suivante. Les symptĂŽmes : les feuilles sont tachĂ©es de spores bruns sur leur revers et de taches jaunes sur l’endroit ; elles finissent par chuter. Les rameaux ont du mal Ă  terminer leur lignification. Il n’y a Ă  ce jour aucun produit de biocontrĂŽle efficace contre la rouille du prunier. C’est la bouillie bordelaise qui va ĂȘtre utilisĂ©e en traitement, en alternance avec le purin de prĂȘle. Vous pulvĂ©riserez ce mĂ©lange cuprique Ă  l’apparition des symptĂŽmes, puis 15 jours plus tard, et si nĂ©cessaire une troisiĂšme fois encore 15 jours plus tard. DĂ©truisez les feuilles tombĂ©es au sol et celles toujours sur l'arbre, qui sont des rĂ©servoirs Ă  spores.

Pour en savoir plus, lisez notre fiche maladie sur la rouille du prunier.

La moniliose

Le champignon Monilia laxa pĂ©nĂštre le plus souvent dans l’organisme de l’arbre par les fleurs, mais aussi parfois par une plaie. Les fleurs se dessĂšchent, tout comme les rameaux. Les fruits prĂ©sentent des cercles de pourriture brune entourĂ©s de coussinets de spores blancs. Ils finissent par se momifier sur l’arbre. La lutte contre la moniliose consiste Ă  effectuer des applications de bouillie bordelaise : un premier traitement du prunier au printemps, juste avant le dĂ©bourrement, puis avant que les fleurs ne soient ouvertes. Un dernier traitement peut ĂȘtre fait pendant que le prunier est en fleur, si le temps est propice au Monilia. Les organes malades doivent ĂȘtre supprimĂ©s et dĂ©truits, aussi bien sur l’arbre qu’au sol.

Pour en savoir plus, lisez notre fiche maladie sur la moniliose du prunier

La cloque

Taphrina pruni est un champignon qui s’attaque principalement aux fruits, provoquant leur dĂ©formation. Les prunes restent blanches et plates, sans noyaux, ressemblant Ă  des petits sacs, d’oĂč le nom de “maladie des pochettes” qui est donnĂ© Ă  cette affection. Un traitement du prunier Ă  la bouillie bordelaise est recommandĂ©, une premiĂšre application avant le dĂ©bourrement sera suivie par une application Ă  la chute des pĂ©tales. Vous supprimerez tous les fruits atteints.


Le coryneum Ă  criblure

Des taches rouge violacĂ© apparaissent sur les feuilles du prunier, provoquĂ©e par le champignon Coryneum beijerinckii. Les rameaux peuvent ĂȘtre atteints et laisser exsuder de la gomme. En cas de forte attaque, les feuilles jaunissent et tombent. Vous appliquerez de la bouillie bordelaise Ă  la chute des feuilles, en automne, puis juste avant le dĂ©bourrement. Le dosage de cuivre doit ĂȘtre lĂ©ger, entre 3 et 5 gr par litre d’eau.


La tavelure

Les signes les plus visibles de la prĂ©sence de Cladosporium carpophilum sont sur les fruits, des petites taches circulaires qui s’étendent, se rejoignent et deviennent liĂ©geuses. Le cuivre, sous forme de bouillie bordelaise notamment, est ici encore utilisĂ©. Les applications se font comme pour la cloque, une premiĂšre avant le dĂ©bourrement puis Ă  la chute des pĂ©tales.

Attention : la bouillie bordelaise est certes trĂšs efficace, mais son utilisation doit ĂȘtre limitĂ©e au plus juste, car elle est toxique pour l’environnement. Veillez Ă  ne jamais dĂ©passer les doses prescrites par le fabricant, voire Ă  les minorer. Le port de gants, masque et lunettes est nĂ©cessaire lors de l’application de ce mĂ©lange cuprique.


Les maladies bactériennes

Ce sont 2 bactĂ©ries qui provoquent les bactĂ©rioses, Ă©galement appelĂ©es “chancres bactĂ©riens”, qui sont des maladies du dĂ©pĂ©rissement du prunier :

  • La bactĂ©riose Ă  Pseudomonas : des taches circulaires se voient sur les feuilles, qui vont se nĂ©croser et former des trous, les bourgeons se dessĂšchent et peuvent exsuder de la gomme, des cloques apparaissent sur le tronc et les branches, qui vont par la suite se percer et laisser Ă©chapper de la gomme.

  • La bactĂ©riose Ă  Xanthomonas : les feuilles se marquent de taches grises et anguleuses, puis jaunissent et tombent, des chancres se dĂ©veloppent sur les jeunes rameaux, des lĂ©sions apparaissent sur les fruits, qui peuvent laisser Ă©chapper de la gomme.

Une solution cuprique doit ĂȘtre appliquĂ©e sur l’arbre lors de la chute des feuilles (une 2Ăšme application peut ĂȘtre nĂ©cessaire lorsque la chute des feuilles s’étale dans le temps), puis une application au printemps, avant le dĂ©bourrement.


Les maladies virales

La sharka

Ce sont des taches aux bords flous, jaune clair, sur les feuilles, qui dĂ©signent cette maladie. Les fruits peuvent se creuser de taches, prĂ©senter des nĂ©croses, ils sont moins sucrĂ©s. La sharka est provoquĂ©e par le Plum Pox Virus, qui va toucher principalement les pruniers amĂ©ricano-japonais. Ce sont les pucerons qui transmettent ce virus, ou bien l’homme par des outils infectĂ©s. Traiter le prunier contre la sharka se fait via le traitement contre les pucerons.


Traiter le prunier contre les parasites

Les pucerons

  • Les pucerons verts piquent les feuilles pour se nourrir, provoquant un enroulement caractĂ©ristique. Si les pucerons sont trĂšs nombreux, le mĂ©tabolisme de l’arbre peut ĂȘtre trĂšs affectĂ©. Les fruits vont alors se dĂ©former et jaunir, certains tombent. Ces pucerons sont Ă©galement des vecteurs de maladies virales, notamment de la sharka.

  • Les pucerons farineux sont moins frĂ©quents que les pucerons verts. Ils s’installent sur le revers des feuilles, gĂ©nĂ©ralement en importantes colonies et excrĂštent un miellat abondant qui va rapidement se couvrir de fumagine. L’arbre s’affaiblit, les feuilles tombent, les fruits se dĂ©veloppent mal et pourrissent.

Les traitements pour lutter contre la présence des pucerons sur le prunier sont variés :

  • Le savon noir : mĂ©langĂ© Ă  de l’eau, il se pulvĂ©rise directement sur les pucerons. Ceux-ci se dessĂšchent rapidement. Le traitement est Ă  appliquer Ă  chaque infestation.

  • Les dĂ©coctions d’ail, les infusions de menthe poivrĂ©e ou de lavande, ont une action rĂ©pulsive.

  • Les colliers de glu, Ă  mettre autour du tronc du prunier, empĂȘchent les fourmis de s’occuper des pucerons. Ils peuvent notamment ĂȘtre utilisĂ©s en complĂ©ment lors de l’utilisation d’auxiliaires prĂ©dateurs, car un des rĂŽles des fourmis dans cette association est la dĂ©fense des pucerons contre les agresseurs.

  • Les mĂ©thodes de biocontrĂŽle sont trĂšs efficaces : chrysopes et coccinelles sont des prĂ©dateurs voraces de pucerons, notamment leurs larves, et certains hymĂ©noptĂšres parasitoĂŻdes pondent dans ou sur leur proie pour que leurs larves s’en nourrissent.

Pour en savoir plus, lisez notre fiche maladie sur les pucerons


Les vers

L’hoplocampe (ver du cordonnier) est un petit hymĂ©noptĂšre qui dĂ©pose ses Ɠufs Ă  l’intĂ©rieur de la fleur du prunier. Sa larve, une sorte de ver blanc et dodu, mange l’amande du fruit, celui-ci tombe tout de suite aprĂšs. Le traitement du prunier contre le ver du cordonnier consiste Ă  dĂ©poser des piĂšges engluĂ©s sur le tronc du prunier, la pĂ©riode optimum Ă©tant la fin de la chute des pĂ©tales.


Les chenilles

  • Le carpocapse des prunes : ce lĂ©pidoptĂšre pond Ă  la surface des prunes. Ce sont les larves qui se nourrissent du fruit, creusant des galeries dans la chair. Les prunes peuvent exsuder de la gomme en rĂ©action Ă  ces perforations. Les fruits attaquĂ©s tombent ou bien sont abĂźmĂ©s. À son dernier stade, la larve est rose vif et les galeries Ă  l’intĂ©rieur des fruits sont souillĂ©es par les excrĂ©ments. Pour en savoir plus, lisez notre fiche maladie sur le Carpocapse du prunier

  • La petite tordeuse des fruits a une fonctionnement similaire Ă  celui du carpocapse. Les diffĂ©rences : la larve pĂ©nĂštre dans le fruit par une perforation en spirale (le trou est simple pour le carpocapse), elle est grise Ă  rose clair et rejette ses excrĂ©ments Ă  l’extĂ©rieur du fruit.

Les piÚges à phéromones sont couramment utilisés pour lutter contre les chenilles des fruits. Ils sont spécifiques aux espÚces.


Les cochenilles

Cochenille du cornouiller, cochenille rouge du poirier, pou de San JosĂ© peuvent ĂȘtre prĂ©sents sur le prunier, parfois les 3 en mĂȘme temps. Ils ont sensiblement les mĂȘmes effets : affaiblissement de l’arbre, dĂ©veloppement de nombreux gourmands, dĂ©pĂ©rissement de branches. Les fruits peuvent ĂȘtre affectĂ©s dans leur taille ou dans leur poids. De la fumagine peut apparaĂźtre. Le pou de san JosĂ©, plus rare, peut entraĂźner une mort rapide du prunier. Lorsqu’elles sont protĂ©gĂ©es par leur carapace, les cochenilles sont difficiles Ă  atteindre. Le traitement adaptĂ© est basĂ© sur la lutte biologique, en l’occurrence l’utilisation d’auxiliaires : certaines coccinelles ou des hymĂ©noptĂšres sont lĂąchĂ©s dans l’arbre attaquĂ©. L’utilisation d’un mĂ©lange eau + savon noir ou huile d’olive semble avoir une action asphyxiante.

Lisez notre fiche maladie sur les cochenilles

Les acariens

  • Les araignĂ©es rouges : elles piquent les feuilles, provoquant la chute prĂ©maturĂ©e de celles-ci et donc un affaiblissement de l’arbre. Avant de tomber, les feuilles peuvent prendre une coloration mĂ©tallique, jaune ou encore brune, selon l’acarien prĂ©sent.

  • Les phytoptes : les phytoptes Ă  galles provoquent le dĂ©veloppement de galles Ă  la base des bourgeons, entraĂźnant la dĂ©formation des bourgeons et donc des dĂ©fauts dans le dĂ©veloppement de nouveaux rameaux et dans la production de fruits. Les phytoptes libres causent des dĂ©colorations sur les feuilles Ă  partir du mois de juin, puis les feuilles brunissent et l’arbre se dĂ©feuille trĂšs rapidement Ă  partir du haut. Les jeunes pousses se dĂ©forment.

Le traitement contre les acariens sur le prunier consiste Ă  libĂ©rer des phytosĂ©iides, contre les araignĂ©es rouges et les phytoptes libres, ou des cĂ©cidomyies contre les phytoptes Ă  galles, qui sont des prĂ©dateurs naturels des acariens. L’application de soufre est efficace contre les phytoptes Ă  galles, au dĂ©but de la migration puis 15 jours plus tard.


Le phellin du prunier

Il s’agit d’un champignon lignivore, parasite en premier stade puis saprophyte, plus particuliĂšrement prĂ©sent chez les Prunus. Ce polypore forme une sorte de chapeau beige brun collĂ© Ă  l’écorce. Malheureusement, lorsqu’il devient ainsi visible, c’est qu’il est dĂ©jĂ  bien installĂ© dans les tissus de l’arbre, dĂ©composant le bois mort pour se nourrir. Il fragilise considĂ©rablement le prunier qui peut se casser partiellement voire totalement. Il n’y a pas de traitement contre le phellin du prunier. Il est installĂ© Ă  vie dans l’arbre, la seule chose Ă  faire est de supprimer peu Ă  peu les branches Ă  l’intĂ©rieur desquelles il s’installe pour Ă©viter les accidents.

Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les maladies du prunier

Conclusion Bien que le plus souvent des solutions existent pour soigner un prunier malade, ou du moins pour prĂ©venir une maladie, il est dommage que l’utilisation de la bouillie bordelaise, produit dangereux pour l’environnement, reste l’unique traitement efficace du prunier. Soyez plus que raisonnable dans son dosage, et prudent dans son utilisation, elle est aussi toxique pour l’homme.